Le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (tdah)

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On parle ces dernières années de plus en plus du TDAH ou trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité. Pendant de nombreuses années, on a parlé d’enfants hyperactifs mais cette terminologie est désormais abandonnée.

Les troubles de l’attention avec ou sans hyperactivité toucheraient selon les estimations environ 1 enfant sur 20. Cela signifie qu’un enfant par classe souffrirait de ce trouble. C’est d’ailleurs le diagnostic qui est le plus souvent posé par un pédopsychiatre. Ce type de trouble occupe 25 à 30% de ses consultations.

Le tdah toucherait plus fréquemment les garçons que les filles. Mais on suppose que ce type de trouble serait moins visible chez les filles que chez les garçons, ce qui tendrait à faire croire qu’elles sont moins nombreuses à en souffrir.

De nombreux adultes ne se sont pas débarrassés du tdah et en pâtissent encore même lorsqu’ils sont déjà parents. On peut apprendre à apprivoiser ce trouble et à vivre avec. Néanmoins, 1% des adultes sont encore tellement touchés qu’ils fuient le travail, les études et même les relations personnelles. Dans certains cas extrêmes, on parle de comportement tyrannique.

Voir aussi l'article : Vidéo - TDAH : le trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité

Qu'est-ce qu'un trouble de l’attention avec hyperactivité ?

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Le tdah est considéré comme un trouble du neurodéveloppement qui se caractérise par un manque de concentration, une impulsivité accrue (puisque les patients agissent sans mesurer les conséquences) et une hyperactivité. Il peut s’agir de comportements normaux pris isolément ou de concert mais chez les personnes hyperactives, ils sont fortement développés et seront réellement handicapants dans la vie de tous les jours.

Trois types de tdah : la triade de symptômes

Type 1 : inattention dominante

Ce sous-type concerne principalement les problèmes de concentration, d’attention sans (ou dans une moindre mesure) hyperactivité ni impulsivité. C'est, pour résumer, le TDA sans H. 

Le type 1 n’est pas facilement identifiable. Les enfants apparaissent comme dans la lune, rêveurs et ils éprouveront énormément de difficultés à commencer un travail, à se mettre en action. Ils oublient vite et éprouvent des problèmes pour se concentrer et s’organiser. A l’école ou en matière de sport, ils se situent en dessous de leur niveau ce qui donne lieu à d’importants problèmes au niveau des études et un impact négatif au niveau de la confiance en soi ou du développement intellectuel, alors qu'ils ne sont pas moins intelligents que les autres. 

Voir aussi l'article : Césarienne : plus de risque d'autisme et de TDAH ?

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Type 2 : impulsivité et hyperactivité dominantes

Ce sous-type concerne l’impulsivité et l’hyperactivité avec un problème de concentration moins envahissant. On connaît encore très peu de choses sur ce sous-type surtout chez les enfants de moins de 7 ans, et surtout, le type 2 pourrait être un signe avant-coureur du type 3.

Voir aussi l'article : Difficultés scolaires : l’inattention, c’est le gros problème

Type 3 : mixte

Le troisième sous-type de tdah est une combinaison des problèmes de concentration, d’impulsivité et d’hyperactivité, les trois caractéristiques du tdah.

Voir aussi l'article : Troubles du comportement chez l’enfant : le TOP et le troubles des conduites

Les caractéristiques du tdah

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Distraction, tension nerveuse, comportement impulsif sont des phénomènes qui touchent les enfants souvent lorsqu’ils sont à bout, fatigués, lors d’une fête, d'un changement de routine (voyages, visites...) ou d’événements un peu stressants. Mais tous les enfants stressés ne souffrent pas de tdah.

La majorité des enfants tdah souffrent d’hyperactivité surtout quand ils sont très jeunes. Ils sont constamment en mouvement, ne savent pas rester assis dans un fauteuil, sur une chaise. Rester à table pour manger est, pour eux, très compliqué. En vieillissant leur hyperactivité sera moins visible et se limitera à bouger les pieds, à tourner en rond, à faire les cent pas, à chipoter des objets, etc.

Les enfants présentant un trouble de l’attention éprouvent souvent des difficultés avec des travaux de précision qui requièrent minutie et concentration… Ils perdent leurs affaires, décrochent en cours de conversation, coupent la parole et sont souvent confrontés à la réflexion : "tu peux le faire mais tu ne veux pas le faire… !" ou "Fais un effort" ou encore "Tu m'écoutes ?"

Le petit tdah n'écoute pas, parle souvent beaucoup, coupe la parole. On dit souvent que ce sont des enfants qui "prennent beaucoup de place", au sein du foyer ou dans un groupe (école, activité...).

Contrairement aux idées reçues, les tdah ne sont pas systématiquement hyperactifs ou inattentifs. Il y a des moments où ils parviennent à se concentrer par exemple lors d’un film, lors de jeux sur ordinateur, ou autres activités qui les intéressent. Parfois, c'est même l'inverse : votre enfant est ultra-concentré dans sa tâche, et vous avez du mal à l'en sortir. La concentration requiert simplement de leur part nettement plus d’énergie que pour d’autres enfants.

Voir aussi l'article : Trouble du spectre de l’autisme (TSA) : les symptômes et facteurs de risque

Impulsivité, opposition (TOP) et manque d'inhibition

L'impulsivité

Les enfants atteints de tdah sont très souvent impulsifs, ils répondent avant d’avoir fini de lire ou d’entendre la question, ils font facilement connaissance, ne sont pas timides, se disputent souvent, se mettent parfois en danger, agissent sans réfléchir… Ils fonctionnent comme si une force intérieure les poussait à agir, les animait sans qu’ils puissent la contrôler. Ils ne parviennent pas à s’organiser, à se modérer, à se contrôler.

Le manque d'inhibition

Leur impulsivité implique souvent d'un défaut d'inhibition. Les petits tdah peuvent se montrer trop familiers, ils ne sont pas timides et ne sont pas facilement impressionnés même par des adultes et figures d'autorité. 

Le TOP et son impact sur la famille

L'impulsivité est aussi dans la grande majorité des cas porteuse d'un trouble de l'opposition avec provocation (TOP). C'est bien souvent la "partie" la plus difficile à gérer pour les parents, qui se sentent très souvent jugés par leur entourage. "Laisse le moi une semaine, tu verras, il va obéir", entendent-ils souvent. Les parents, ou tuteurs de l'enfant, ressentent souvent une culpabilité, et ce que leur renvoie l'entourage peut être vécu de façon très négative. Ils sont alors, comme leur enfant, coincés dans une spirale négative, remettant en cause leur parentalité, et ayant parfois du mal à avoir un contact serein avec leur enfant.

L'intolérance à la frustration

Les enfants tdah sont vite frustrés, déçus. Tout les lasse très vite et ils sont intérieurement très anxieux. Ils peuvent également avoir un sommeil très agité, mais ça n'est pas systématique. 

La difficulté à planifier des tâches et s'organiser

Enfin, la plupart des enfants ne parviennent pas à se projeter dans le temps. Ils sont dans l'immédiateté, ce qui fait qu’ils arrivent souvent en retard, qu’ils estiment mal le temps dont ils vont avoir besoin pour effectuer une tâche, ont des difficultés à la planifier, etc. Bref, l’organisation n’est pas leur fort !

Voir aussi l'article : Mieux comprendre les troubles « dys »

Autres troubles associés au tdah

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Le tdah s’accompagne souvent de comorbidités, chez l'enfant et chez l'adulte (troubles dys, anxiété, troubles du sommeil ou du comportement alimentaire...). Ces troubles associés augmentent le risque d’échecs, de délits, de conflits à l'âge adulte. C’est pourquoi, on parle d’un syndrome psychiatrique et qu’une prise en charge est indispensable, lorsque le tdah est suffisamment envahissant pour avoir un impact négatif sur la vie quotidienne.

Les enfants tdah éprouvent aussi des problèmes au cours de leurs études. Ils ont peur de l’échec, ils ne se concentrent pas sur leurs devoirs, sont brouillons, peuvent rencontrer des problèmes moteurs et de psychomotricité.

Environ la moitié des enfants avec un tdah présenteront un comportement agressif, d'opposition voire des excès de révolte avec, pour près d’un quart d’entre eux, des symptômes d’ordre dépressif, des crises d’angoisse et des problèmes d’apprentissage scolaire avec un retard psycho-affectif, bien qu’ils soient tout aussi intelligents que les autres enfants… si pas davantage dans certains cas !

Voir aussi l'article : Apprendre à maîtriser les troubles « dys »

Aux Etats-Unis, environ 20% des enfants atteints de tdah ont un jour été impliqués dans un incendie dans leur environnement personnel, et plus de 30% d’entre eux étaient personnellement impliqués dans un incendie ou un vol.

Plus de 40% fument et boivent de l’alcool en grandissant et, à l’âge adulte, ils sont souvent impliqués dans des vols et accidents de voiture, et d’autres délits criminels ou des infractions plus ou moins graves. Pour autant, il n'y a pas de déterminisme : une prise en charge psycho-thérapeutique et/ou médicamenteuse permet de gérer son trouble et de mener une vie tout à fait normale.

Voir aussi l'article : Stress, sommeil, anxiété : les bienfaits de la couverture lestée

On peut, à côté, de tous ces troubles associés, ajouter des troubles du langage, des tics, de l’autisme dans 10 à 20% des cas et des troubles de la personnalité une fois arrivé à l’âge adulte.

Les causes du tdah

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On parlait autrefois de "Minimal Brain Dysfunction (ou Damage)" (MBD) ce qui sous-entendait qu’il y avait un endommagement cérébral survenu au fœtus lors de la grossesse ou à la naissance et qui justifierait l’apparition de tels troubles, mais la recherche n'a, à ce jour, établit aucun lien de causalité.

Néanmoins, des enfants prématurés ou nés par césarienne seraient plus fréquemment touchés. Il en va de même pour les enfants qui dès la naissance ont été confrontés au tabagisme ou pour le fœtus des mamans qui durant la grossesse ont abusé de drogues et d’alcool.

Voir aussi l'article : Le score d’Apgar, prédictif de l’hyperactivité ?

La recherche est parvenue à la conclusion que ces troubles du comportement seraient provoqués par un déséquilibre lors de la production de certains transmetteurs dans le cerveau comme la catécolamine et la dopamine.

Ces neurotransmetteurs sont indispensables au bon fonctionnement du cerveau. Des facteurs héréditaires joueraient un rôle dominant dans le tdah. Environ 75% des enfants tdah présenteraient des facteurs héréditaires prédisposant. Le risque qu’un frère ou une sœur d’un enfant tdah le soit aussi est augmenté par 3 ou 5 dans les familles touchées. Au second degré, le risque est deux fois moins élevé.

Voir aussi l'article : TDA/H : comment mieux soutenir l’enfant à l'école

Le tdah n’est absolument pas une cause d’échec d’éducation parentale. Les parents ne sont pas mis en cause au niveau de l’éducation donnée mais il s’agit souvent pour l'entourage d’une course effrénée contre l’insécurité, l’incertitude tant à la maison qu’à l’école, qui peut aggraver les symptômes. 

Le tdah a, la plupart du temps, un retentissement sur les relations intra-familiales.

Contrairement à de nombreuses croyances, le tdah n’est pas causé par des aliments comme le sucre, ou par les conservateurs, les additifs, les colorants, un manque de vitamines ou suite à des intolérances ou des réactions allergiques. Les écrans ne sont pas non plus responsables de l'apparition d'un tdah.

Les médicaments contre le mal des transports ni de mauvais mouvements oculaires ou encore la présence de champignons spécifiques comme les Candida albicans ne sont pas non plus à incriminer.

Voir aussi l'article : Causes de la dyslexie : que sait-on exactement ?

Comment le diagnostic est-il posé ?

Examens et diagnostic différentiel

La première étape est de prendre rendez-vous avec un médecin. Vous pouvez commencer par votre pédiatre ou médecin généraliste. Ensuite, ou à la place, vous pouvez vous orienter vers un spécialiste : neuropédiatre ou pédopsychiatre, en libéral ou en centre hospitalier. Ils seront les mieux placés pour établir un diagnostic en prenant soin d’éliminer certaines pathologies ou des troubles particuliers, comme une épilepsie, un trouble de la thyroïde (qui peut occasionner des troubles du comportement). Un électro-encéphalogramme (EEG) et une prise de sang sont donc très souvent prescrites. Si besoin, un test du sommeil sera réalisé.

Lors du premier rendez-vous, le médecin commencera par remplir un premier questionnaire, une sorte de petite enquête afin de voir si, en effet, il faut prospecter du côté du tdah... ou ailleurs.

Pour poser un diagnostic fiable, le praticien rassemblera un maximum d’informations et de données tant auprès des parents que du petit patient. Il établira une anamnèse, c'est à dire "l'historique" de l'enfant. Si besoin, il prendra éventuellement contact avec l’école, le médecin scolaire, l’infirmière scolaire, la logopède (orthophoniste), etc.

Si le trouble a un impact sur le développement normal de l’enfant, sur sa croissance, son poids, sa santé en général, le praticien prendra un peu de temps pour l'observer. Il demandera, s'il le juge nécessaire, à une équipe multidisciplinaire de procéder à des observations complémentaires : psychologue, neuropsychologue, pédiatre, psychiatre, etc.

Ensuite, le spécialiste demandera une série de tests : le test de l'attention, inévitablement, mais aussi, si besoin, un test de QI. Ces tests sont effectués lors de rendez-vous d'une à deux heures avec un neuropsychologue.

Pas de biomarqueurs du tdah

A ce jour, on ne peut pas poser un diagnostic de tdah sur base de scanner, d'IRM ou encore d’analyses sanguines. C’est avant tout le comportement de l’enfant qui compte. Une observation minutieuse s’impose donc.

On compare les données récoltées par les questionnaires, l'anamnèse et les tests avec les caractéristiques du tdah qui ont été identifiées et recensées par des pédopsychiatres, et qui apparaissent dans le manuel outil diagnostic des troubles psychiatriques américain : le fameux DSM (Diagnostic Statistical Manual of Mental disorders), régulièrement revu et corrigé. A ce jour, on en est à la 5e version. Si 6 symptômes sur 9 par domaine sont présents, il est probable que l'enfant ait bien un tdah. Les symptômes doivent être présents durant au moins 6 mois.

Errance diagnostique

Le DSM est largement critiqué et rejeté par certains professionnels de la santé mentale, surtout en France et en Belgique, par certains psychanalystes notamment, qui lui reprochent de ne pas prendre en compte la singularité de l'individu (enfant ou adulte).

Le tdah peut donc, en substance, être un trouble mal ou pas diagnostiqué, car certains praticiens le remettent purement et simplement en cause. Ils considèrent que le tdah est principalement l'expression d'une dépression sous-jacente de l'enfant et d'un conflit psychique, souvent consécutif à son histoire personnelle et familiale. Pour eux, il ne s'agit pas d'un trouble aux causes neurobiologiques, en tout cas dans la majorité des cas.

Les parents peuvent alors se retrouver confrontés à une errance diagnostique assez longue, et se sentir pointés du doigt par ces professionnels de la santé et/ou de la petite enfance. Dans les cas les plus extrêmes, cela peut conduire à une méprise et des signalements abusifs peuvent avoir lieu. On considère que c'est la faute des parents, et que l'enfant est en danger.

Voir aussi l'article : TDAH et TSA : un test de la rétine pour améliorer le diagnostic

Un seul test réalisé chez un neuropsychologue ne suffit pas. Un diagnostic doit être posé de façon sérieuse et complète par un médecin, et uniquement un médecin, en plusieurs rendez-vous.

A partir de quel âge peut-on faire un diagnostic de tdah ?

Une capacité de concentration plus faible que la norme, une anxiété et une impulsivité sont des symptômes qui sont présents dans d’autres troubles psychiatriques. Il convient donc de bien les distinguer du tdah lors du diagnostic, et de ne pas passer à côté d’une autre forme d’un trouble comportemental. C'est pour cette raison qu'on évite de diagnostiquer les enfants trop tôt. On conseille en général d'attendre au moins 6 ans, ou l'entrée dans les apprentissages soit la première année à l'école primaire.

Le tdah ne doit pas être confondu avec un trouble du spectre de l'autisme dans lequel on observe aussi des troubles du développement social et dans la communication.

Voir aussi l'article : Mon enfant est en opposition: comment gérer?

Traitement du tdah

Une grande partie des enfants entre 5 et 14 ans sont tellement affectés par leur tdah qu’ils sont mis sous traitement médicamenteux. Chez environ un tiers d’entre eux, les symptômes persisteront de manière envahissante à l’âge adulte. Le tdah ne disparait pas, mais les personnes qui en souffrent apprennent simplement à gérer leur trouble et à compenser.

Il n’existe pas de médicament miracle ou de thérapie qui guérit le tdah mais certaines molécules peuvent considérablement en atténuer les symptômes et les effets de ce trouble. Souvent, une thérapie médicamenteuse est adoptée de concert avec une thérapie comportementale très engageante pour les parents ou les personnes qui s'occupent de l'enfant.

Cela suppose un suivi médical rigoureux et une attention parentale de tous les instants. Si la thérapie comportementale n’a pas, après 6 mois de thérapie, donné de résultats efficaces, et que l'enfant souffre toujours de ses symptômes, le spécialiste pourra vous proposer de compléter la prise en charge avec des médicaments. On évitera néanmoins d'en prescrire aux enfants de moins de 5 ans. Les thérapies comportementales sont ici plus que jamais préconisées, et toujours proposées en première intention (sauf cas extrêmes ou une médication rapide peut grandement soulager, en parallèle d'une prise en charge psycho-thérapeutique).

Voir aussi l'article : Attention à la dépression chez le jeune enfant

Les médicaments

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Les médicaments ne seront généralement prescrits par le spécialiste, le pédiatre ou le médecin généraliste que si le diagnostic a été confirmé et établi par des experts en la matière.

Les médicaments ne pourront être prescrits et administrés qu’en combinaison avec une thérapie comportementale, avec des avis éducationnels et en accord avec l’école et les parents.

Voir aussi l'article : TDAH : l’étonnante efficacité du safran

La ritaline

On prescrit souvent des psychostimulants malgré les effets secondaires possibles. Il s’agit du méthylphénidate, une substance dérivée des amphétamines. C'est la fameuse ritaline (ou rilatine en Belgique), qui porte parfois d'autres noms (Medikinet, Quasym...).

Le méthylphénidate est un traitement suspensif : il suspend les symptômes le temps de son action, mais ceux-ci réapparaissent lorsque la molécule n'agit plus. L'avantage : il n'y a aucune accoutumance physique. On peut l'arrêter et le reprendre selon les besoins. Souvent, l'enfant est "médiqué" lors des activités qui demandent de la concentration ou des habiletés sociales : école, activités extra-scolaires, et sans médication lors des moments à la maison (en soirée, le mercredi, les week-ends et vacances...).

Il peut paraître curieux de prescrire des psychostimulants à un enfant qui est hyperactif en soi, pour le "calmer". On ne comprend pas bien pourquoi ce paradoxe fonctionne, mais ces molécules agissent comme des neurotransmetteurs tels que la dopamine et la noradrénaline, ce qui fait que certaines activités cérébrales qui permettent par exemple le rangement, l’organisation et la sélection de stimuli qui viennent de l’extérieur seront nettement mieux acceptés.

Les effets se font très rapidement ressentir environ une heure après la prise du comprimé, mais ils disparaissent environ 3 à 4 heures après. C’est la raison pour laquelle le traitement se compose généralement de 3 prises quotidiennes.

On constatera chez 70 à 80% des patients une amélioration notable. Par contre, les aptitudes scolaires ne changent en rien, on ne devient pas plus intelligent parce qu'on prend de la rilatine, on est simplement plus concentré.

Parmi les effets secondaires du traitement, on observe de la somnolence, une diminution de l’appétit, des malaises, des maux de tête (mais ils diminueront progressivement en intensité au cours du traitement), et, parfois, une légère incidence sur la courbe de croissance, mais qui disparaît dès l'arrêt de la médication. Dès lors, on ne constate pas d'adultes tdah traités au méthylphénidate plus petits que la moyenne.

Voir aussi l'article : Thérapie systémique : de quoi s'agit-il ?

Parmi les autres effets secondaires, on peut observer une aggravation des tics, une augmentation de la sensibilité émotionnelle et de la tension émotionnelle avec davantage d’agressivité, d’irritabilité…dans ce cas-là, on optera pour des dosages plus faibles.

Les autres médicaments

On prescrira aussi parfois des antidépresseurs (des tricycliques) quand les psychostimulants n’ont pas eu d’effets. On peut aussi se tourner vers ce qu'on appelle des Inhibiteurs Sélectifs de la Recapture de la Sérotonine (ISRS). Egalement de la clonidine, une substance utilisée en cas d’hypertension, mais qui peut entraîner une prise de poids considérable.

Voir aussi l'article : Vidéo : Les troubles du neurodéveloppement de l’enfant

Les thérapies comportementales

La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) consiste à contrôler les facteurs qui se manifestent typiquement lors des troubles et de récompenser les comportements lorsque l'enfant est compliant…

Il s'agit d'une thérapie pas à pas. Le professeur, les parents, la famille seront impliqués aux côtés du thérapeute. La méthode de monothérapie qui sous-entend "stoppe-pense-agis" et qui vise à ce que l’enfant analyse lui-même ce qu’il fait de bien ou pas n’est pas efficace avec les petits tdah, qui fonctionnement toujours dans l'immédiateté. De même, et les parents s'en rendent vite compte, les méthodes trop coercitives ne fonctionnent pas.

En général, on invite les parents (et co-parents) à suivre la méthode Barkley. Il s'agit d'une guidance parentale, visant à établir des habiletés parentales, pour améliorer les relations intra-familiales en renforçant positivement l'enfant, mais aussi les parents, souvent mis à mal dans le tdah. La méthode Barkley se suit en groupe, avec uniquement les parents, co-parents ou tuteurs de l'enfant, en une dizaine de séances d'environ deux heures. Un protocole bien précis est à suivre, avec des actions très concrètes à mettre en place au quotidien.

La psycho-éducation peut grandement aider l'enfant mais aussi les parents, et même la fratrie ou l'entourage proche (famille, amis, enseignant...).

La difficulté d’une thérapie comportementale c’est qu’elle se positionne sur le long terme et qu’il faudra veiller à ce que l’enfant ne devienne pas dépendant des personnes qui l’entourent et qui participent à cette thérapie comportementale. La TCC demande aussi, souvent, beaucoup d'énergie aux parents et entourage proche de l'enfant.

Bon à savoir : vous pouvez tout à fait entamer un travail de psycho-éducation (méthode Barkley ou rendez-vous en individuel...) pendant que le diagnostic - souvent long à établir - est en cours. Demandez conseil au praticien qui suit votre enfant. Pensez aussi aux associations et groupes Facebook dédiés.

Voir aussi l'article : Thérapies cognitivo-comportementales : c’est quoi et pour qui ?

Vivre avec un tdah

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Il ne faut pas mettre – du moins au début – la barre très haut sur les résultats scolaires de votre enfant. Soyez contents quand ils font leur devoir, travaillent mais n’exigez pas qu’ils deviennent les premiers de la classe. Parfois, sans pression et si la matière les intéresse, ils pourront vous surprendre.

Les relations sociales qui sont bien vécues sont essentielles. A l’école, de bonnes relations avec les profs, les autres élèves feront des merveilles. Ces enfants apprécient quelqu’un qui leur prédit ce qui va se passer, les questions qui seront posées, comment tout va se dérouler. Ils sont ainsi rassurés et envisagent des solutions au cas où ils rencontreraient un problème.

Il s'agit donc de les rassurer et d’anticiper pour eux. Les enfants tdah aiment ce qui est organisé, planifié même si cela paraît paradoxal. Dites à votre enfant ce que vous aimeriez qu’il fasse et pas ce que vous ne souhaitez pas. Mieux vaut éviter de le brusquer, sous peine d'arriver à un phénomène d'escalade. Restez positif sans pour autant constamment abonder dans le sens de votre enfant. Pratiquez le renforcement positif, et aménagez des temps particuliers avec lui, 15 minutes quotidiennes où c'est lui qui établit les règles du jeu suffisent.

Pour les ordres ou demandes (mets tes chaussures, range ta chambre...), les instructions doivent être claires, précises et concises. Si les tâches à exécuter sont complexes, divisez-les en petits « to do ». Par exemple, au lieu de "range ta chambre", dites "Commence par ranger tes Lego", et une fois que c'est fait "maintenant ramasse tes vêtements", etc.. Cela fonctionne très bien aussi au niveau des devoirs scolaires, et pour de nombreuses tâches du quotidien.

En tant que parent et fratrie, le tdah peut être particulièrement dur à vivre au quotidien. Choisissez vos batailles : mieux vaut lâcher du lest sur des choses "pas graves". Ignorez ce qui est ignorable. L'idée est aussi d'agir en amont, de repérer ce qui déclenche la crise - et ce qui vous énerve - pour éviter l'escalade. N'hésitez pas vous-même à vous faire aider, si vous en ressentez le besoin. Parlez en au spécialiste qui suit votre enfant, ou à votre médecin.

Voir aussi l'article : Toujours en retard : de la négligence ou une vraie maladie ?

Renforcement positif

Il s’agit de récompenser l’enfant dès qu’il a fait quelque chose de bien. C'est très bénéfique pour l'enfant (et pour toute la cellule familiale) car en général, ces enfants sont réprimandés à longueur de journée pour tout ce qu’ils ne font pas correctement, et se trouvent, ainsi que vous-même, dans une spirale négative.

Aménagements raisonnables à l'école

Les aménagements à l'école sont obligatoires. N'attendez pas pour parler du trouble de votre enfant et discuter des solutions possibles avec l'enseignant de votre enfant, mais aussi avec l'équipe pédagogique. Insistez auprès du professeur pour qu’en classe, l’enfant soit assis à l’avant à une place où il ne sera pas soumis aux distractions (par exemple pas à l’arrière, pas à côté de la porte ou de la fenêtre).

Il ne s'agit pas du bon vouloir du personnel scolaire, même si dans les faits c'est parfois compliqué, mais de dispositions prévues par la loi. N'hésitez pas à vous référer au PMS de l'établissement scolaire et/ou à l'assistante sociale, et cela est valable même quand les choses se passent tout à fait bien, d'ailleurs. 

Et côté régime alimentaire ?

On a souvent préconisé un régime alimentaire spécifique sans sucre ou produits laitiers mais ces mesures n’ont scientifiquement aucune preuve. Aucun supplément en vitamines ou minéraux n’a un réel effet sur le tdah. 

N’hésitez pas à contacter le pédiatre et le médecin généraliste dès que vous constatez les moindres troubles du comportement !

Voir aussi l'article : Sommeil de l’enfant, ronflements et hyperactivité



Dernière mise à jour: octobre 2022
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