Impact de la ménopause sur le cerveau des femmes

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Le cerveau des femmes serait-il plus sensible, plus fragile ou câblé différemment de celui des hommes ? La neuroscience a prouvé que non. Toutefois, un facteur biologique majeur influence profondément le cerveau féminin : la ménopause. Mieux comprendre ce processus permet de protéger son cerveau.

Dans une conférence TED, Lisa Mosconi explique comment la ménopause modifie le cerveau féminin, pourquoi les femmes sont plus exposées à certains troubles neurologiques et comment protéger son cerveau. Voici un résumé. Vous pouvez visionner la conférence ci-dessous. 

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Pas de cerveau masculin ou féminin, mais des différences qui comptent

Le cerveau n'est pas « rose ou bleu », mais les femmes et les hommes diffèrent sur plusieurs points importants en matière de santé. Ainsi, les femmes présentent plus souvent :

  • de l’anxiété et de la dépression
  • des maux de tête et des migraines
  • et un risque nettement plus élevé de démence de type Alzheimer

La maladie d'Alzheimer est la forme de démence la plus courante au monde. La majorité des patients sont des femmes : deux sur trois. La question est : pourquoi ?

Voir aussi l'article : Démence : dix symptômes qui peuvent indiquer Alzheimer

La clé réside dans la ménopause

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© Getty Images

Les recherches en neurosciences montrent que le cerveau des femmes vieillit différemment de celui des hommes, et que la ménopause joue un rôle crucial dans ce processus.

Beaucoup considèrent le cerveau comme un organe distinct, mais c'est inexact. Le cerveau communique constamment avec le reste du corps, et notamment avec le système reproducteur. Cette communication s'effectue par l'intermédiaire des hormones.

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Hormones et cerveau : une étroite collaboration

Alors que les hommes conservent des taux de testostérone stables tout au long de leur vie, les taux d'œstrogènes chez les femmes chutent brutalement à la ménopause. Les œstrogènes (en particulier l'œstradiol) constituent une source d'énergie importante pour le cerveau.

Lorsque le taux d'œstrogènes diminue :

  • l’énergie cérébrale baisse ;
  • les neurones vieillissent plus rapidement ;
  • des plaques amyloïdes peuvent se former, un marqueur caractéristique de la maladie d’Alzheimer.

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Les symptômes de la ménopause commencent dans le cerveau

Bien que des symptômes tels que les bouffées de chaleur, les sueurs nocturnes, les problèmes de mémoire et l'anxiété soient souvent attribués aux ovaires, ils proviennent en réalité du cerveau.

Voir aussi l'article : Quels sont les symptômes de la ménopause ?

Quelles zones du cerveau sont impliquées ?

  • L'hypothalamus régule la température corporelle (bouffées de chaleur).
  • Le tronc cérébral régule le rythme veille/sommeil (insomnie).
  • L'amygdale et l'hippocampe sont responsables de nos émotions et de notre mémoire (sautes d'humeur, oublis).

Ces symptômes sont donc des symptômes neurologiques de la ménopause.

Que révèlent les scanners cérébraux ?

Les scanners PET montrent que le cerveau des femmes fonctionne de manière plus alerte et plus claire avant la ménopause. Pendant et après la ménopause, l'énergie cérébrale peut diminuer d'environ 30 %. Chez les hommes du même âge, cette énergie reste beaucoup plus stable. Ces changements sont liés à la transition hormonale, et non à l'âge en lui-même.

Important : Malgré ce déclin, les femmes continuent d'obtenir des résultats aussi bons que les hommes aux tests cognitifs.

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Ménopause et maladie d’Alzheimer : un lien inattendu

Les recherches sur le cerveau montrent que les femmes sont plus susceptibles de développer des plaques amyloïdes pendant la ménopause que les hommes. Cela ne signifie pas qu'elles développeront une démence, mais cela augmente le risque.

La maladie d'Alzheimer débute souvent 10 à 20 ans avant les premiers symptômes. Chez de nombreuses femmes, cette phase initiale coïncide avec la ménopause.

Ménopause chirurgicale : un point d’attention supplémentaire

Certaines femmes subissent une ménopause précoce à la suite d'interventions médicales telles que l'ablation des ovaires. 

Lorsque cela se produit avant la ménopause naturelle, le risque de troubles cognitifs et de démence semble plus élevé. Cela ne signifie pas qu'il faille éviter toute intervention, mais plutôt qu'un suivi et une information de qualité sont essentiels.

Voir aussi l'article : Ménopause artificielle, ménopause précoce : les différents types de ménopause ?

Que pouvez-vous faire pour protéger votre cerveau ?

1. Hormonothérapie

Le traitement hormonal substitutif (THS) peut soulager les symptômes de la ménopause tels que les bouffées de chaleur.

2. Le mode de vie comme soutien naturel

Vous pouvez faire beaucoup pour votre équilibre hormonal, et donc pour votre cerveau, sans médicaments.

Régime méditerranéen

Des études montrent que les femmes qui suivent un régime méditerranéen :

  • présentent moins de déclin cognitif ;
  • souffrent moins de symptômes dépressifs ;
  • ont un risque plus faible de maladies cardiovasculaires, d’AVC et de certains cancers ;
  • ont des bouffées de chaleur moins intenses.

Ce régime alimentaire est riche en phytoestrogènes (œstrogènes végétaux doux), que l'on trouve notamment dans les graines de lin, les graines de sésame, les légumineuses, les abricots secs, divers fruits et le chocolat noir.

Voir aussi l'article : Régime ménopause : que manger pour soulager les symptômes ?

Voir aussi l'article : Faut-il prendre des compléments alimentaires durant la ménopause ?

Réduisez le stress

Le cortisol (hormone du stress) et les œstrogènes s'équilibrent mutuellement :

  • En cas de stress accru, le cortisol augmente et le taux d'œstrogènes diminue.
  • En cas de stress réduit, le cortisol baisse et les œstrogènes se rétablissent

Ainsi, la réduction du stress améliore non seulement votre humeur, mais aussi votre cerveau.

Activité physique, sommeil et récupération

Une activité physique régulière, un sommeil suffisant et des moments quotidiens de détente aident le cerveau à mieux traverser la ménopause.

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Conclusion

La ménopause est bien plus qu’un changement hormonal : elle correspond à une véritable transition neurologique. La chute des œstrogènes influence l’énergie du cerveau, la mémoire, les émotions et le sommeil, expliquant de nombreux symptômes ressentis pendant cette période. Elle correspond aussi à une période charnière pour la santé du cerveau, notamment face au risque de maladie d’Alzheimer. Mieux comprendre ce qui se joue à ce moment-clé permet d’anticiper, de protéger le cerveau et de reprendre la main sur sa santé cognitive.

Source :

auteur : Sofie Van Rossom - journaliste santé

Dernière mise à jour: janvier 2026

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