Pollution de l’air en ville et sport : faut-il arrêter le sport en extérieur ?
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Faire du sport est bon pour la santé… Mais pratiquer une activité physique dans un environnement où l’air est pollué pourrait être nettement moins bénéfique. C’est ce que suggère une vaste étude scientifique internationale publiée fin novembre 2025 dans la revue BMC Medicine.
Plus de 1,5 million de personnes suivies pendant plus de dix ans
Pour arriver à ces observations, une équipe internationale de chercheurs, dont des scientifiques de l’University College London, a analysé les données de plus de 1,5 million d’adultes, suivis pendant plus de dix ans.
Les participants vivaient dans plusieurs pays, notamment au Royaume-Uni, aux États-Unis, au Danemark, en Chine et à Taïwan. Les chercheurs ont regroupé les résultats de sept grandes études, dont certaines encore inédites, afin d’obtenir une vue d’ensemble solide.
Les particules fines en cause
L’étude s’est concentrée sur un polluant bien connu : les particules fines PM2,5. Ces particules microscopiques, issues principalement du trafic routier, du chauffage et de l’industrie, sont si petites qu’elles peuvent pénétrer profondément dans les poumons et passer dans le sang.
Les chercheurs ont observé que les bienfaits du sport commençaient à diminuer lorsque la concentration annuelle moyenne de PM2,5 atteignait 25 microgrammes par mètre cube (µg/m³). Or, près de 46 % de la population mondiale vit dans des régions où ce seuil est dépassé.
Le sport reste bénéfique, mais moins protecteur
Globalement, les résultats confirment que bouger régulièrement est associé à une meilleure santé. Les personnes qui pratiquaient au moins 2 h 30 d’activité physique modérée à intense par semaine avaient un risque de décès réduit de 30 % par rapport aux personnes sédentaires.
Mais cet avantage diminue nettement lorsque l’air est pollué :
- Chez les personnes très actives vivant dans des zones où les PM2,5 dépassaient 25 µg/m³, l’effet protecteur du sport contre le risque de décès tombait à 12–15 %.
- Au-delà de 35 µg/m³, les effets positifs du sport diminuaient encore davantage, en particulier pour le risque de décès par cancer, où l’effet protecteur devenait incertain.
Et en Belgique ?
En Belgique, les concentrations moyennes annuelles restent relativement basses : environ 8,1 µg/m³ en Flandre, 7,4 µg/m³ à Bruxelles et 4,6 µg/m³ en Wallonie, selon une analyse provisoire de la Cellule Interrégionale de l’Environnement (Celine). Toutefois, il ne s’agit là que de moyennes calculées sur toute une région.
Des pics de pollution, notamment en hiver, aux heures de pointes, dans les grandes villes ou dans les zones industrielles, provoquent des hausses temporaires de PM2,5 qui dépassent souvent le seuil critique de 25 µg/m³.
Ces épisodes pourraient donc réduire ponctuellement les bienfaits de l’exercice physique en extérieur sur votre santé.
Faut-il arrêter de faire du sport dehors ? Non
Les chercheurs tiennent à rassurer : il ne faut pas renoncer à l’activité physique, même en milieu urbain. « L’exercice reste bénéfique, même dans un environnement pollué. Mais une meilleure qualité de l’air permettrait d’en amplifier les effets positifs », explique le professeur Po-Wen Ku, auteur principal de l’étude.
Les experts recommandent toutefois quelques ajustements simples :
- Consultez les indices de qualité de l’air avant une séance de sport en extérieur.
- Privilégiez des itinéraires moins fréquentés par la circulation.
- Réduisez l’intensité de l’effort lors des journées très polluées.
En Belgique, vous pouvez suivre les mesures et prévisions concernant la qualité de l’air de votre région sur le site d’IRCELINE.
Les limites de l’étude à prendre en compte
Comme toute étude, celle-ci comporte certaines limites. La majorité des données provient de pays à hauts revenus, ce qui rend les résultats moins directement applicables aux régions où la pollution est encore plus élevée, parfois au-delà de 50 µg/m³.
Par ailleurs, les chercheurs ne disposaient pas d’informations détaillées sur la qualité de l’air intérieur ni sur l’alimentation des participants. En revanche, de nombreux autres facteurs ont été pris en compte, comme le tabagisme, le niveau d’éducation, les revenus et les maladies chroniques.
En conclusion















