Migraine : douleurs pulsatiles à la tête et autres symptômes

dossier

La migraine provoque des douleurs pulsatiles d'un seul côté de la tête, souvent accompagnées de nausées ou d’une sensibilité à la lumière. Connaître ses déclencheurs, ses signes avant-coureurs et ses options de traitement est essentiel pour soulager les crises et prévenir leur apparition.

Qu'est-ce que la migraine ?

Getty_hoofpijn_migraine_2023.jpg

© Getty Images

La migraine est une affection neurologique chronique caractérisée par des crises récurrentes de maux de tête souvent situés d'un seul côté, derrière l'oeil ou au niveau de la tempe. Les douleurs sont intenses et parfois invalidantes. Il ne s'agit pas à un simple mal de tête : la migraine peut s’accompagner de nausées, de vomissements, sensibilité à la lumière et au bruit, ainsi que de troubles neurologiques temporaires appelés auras.

La migraine touche principalement les femmes et peut apparaître dès l’enfance ou l’adolescence. Si elle n’est pas prise en charge, elle peut fortement impacter la vie quotidienne, le travail et la qualité de vie globale.

Selon les études, la migraine affecte 2 à 10 % des hommes et 5 à 25 % des femmes.

Les 4 phases de la crise de migraine

Chez de nombreuses personnes, la migraine évolue en plusieurs phases successives, dont l’intensité et la durée varient d’un individu à l’autre. Toutes les personnes migraineuses ne traversent pas systématiquement toutes ces phases.

  1. La phase prodromique (signes avant-coureurs) : quelques heures à deux jours avant la crise, des signes peuvent annoncer la crise de migraine : fatigue, raideur de la nuque, fringales...
  2. La phase de l'aura : entre 5 et 60 minutes avant la douleur, cette phase n'apparaît que chez 15 à 25 % des migraineux.
  3. La phase de crise : elle dure généralement de 4 à 72 heures et se manifeste par les maux de tête, les nausées, la photophobie, etc.
  4. La phase postdromique (récupération) : pendant plusieurs heures à plusieurs jours, la récupération peut encore causer une fatigue ou un brouillard cérébral.

Symptômes de la phase de crise de migraine

La migraine se manifeste par des crises de 4 à 72 heures, dont l’intensité et les symptômes peuvent varier d’une personne à l’autre :

Douleur à la tête

  • Unilatérale : la douleur est souvent unilatérale, c’est-à-dire qu'elle ne se manifeste que d’un seul côté de la tête, mais elle peut parfois toucher les deux côtés. Elle se situe fréquemment : au niveau des tempes, du front, derrière l'oeil ou dans la nuque ou à la base du crâne. 
  • Pulsatile : la douleur est généralement pulsatile (battante) ou lancinante, mais peut aussi être continue ou écrasante.
  • Modérée à sévère : elle peut rendre les activités quotidiennes difficiles ou impossibles.
  • Aggravée par le mouvement : un effort léger, comme monter les escaliers ou se pencher en avant, peut intensifier la douleur. La douleur peut aussi s'intensifier avec la lumière (photophobie) ou le bruit (phonophobie).

Voir aussi l'article : Quels sont les différents types de maux de tête ?

Symptômes associés aux maux de tête

  • Nausées et vomissements, parfois sévères
  • Photophobie : sensibilité à la lumière, qui peut obliger à rester dans l’obscurité
  • Phonophobie : sensibilité au bruit, pouvant entraîner isolement ou repos forcé
  • Fatigue et confusion : après la crise, la récupération peut prendre plusieurs heures à plusieurs jours

Symptômes avant et après la crise de migraine

Signes avant-coureurs d'une crise de migraine : prodrome

La phase prodromique survient chez environ 1 personne sur 3. Les symptômes se manifestent quelques heures à deux jours avant la crise :

  • changements d'humeur (irritabilité, anxiété),
  • fringales : envie de gras, de sucre, de sel, de chocolat...,
  • perte d'appétit,
  • raideur de la nuque,
  • sensibilité à la lumière, au bruit, aux odeurs,
  • fatigue, bâillements, brouillard cérébral, difficulté à se concentrer,
  • besoin fréquent d'uriner...

Identifier cette phase peut permettre de prendre un traitement plus tôt et d'éventuellement limiter l’intensité de la crise de migraine qui va suivre. Toutefois, si cette phase prodromique est courante, elle n'est pas ressentie par tous les migraineux.

Aura

Dans 15 à 25 % des cas, la migraine est précédée d’une aura, un ensemble de symptômes neurologiques temporaires et réversibles qui apparaissent généralement 5 à 60 minutes avant la douleur.

  • Symptômes visuels (90% des migraines avec aura) : points scintillants, taches lumineuses, lignes en zigzag ou formes géométriques, zones d'ombre dans le champ visuel, vision floue, parfois une perte de vue temporaire et partielle. On parle de migraine ophtalmique.
  • Troubles sensoriels : engourdissement ou picotements dans une main, un bras, le visage ou autour de la bouche, parfois sensation de brûlure.
  • Autres symptômes neurologiques : difficultés d'élocution, sensation de confusion, désorientation, hallucinations (rares).

Tous les migraineux ne présentent pas d'aura, et certaines crises surviennent sans aucune phase préalable identifiable.

Récupération : postdrome

Après la phase de douleur, la majorité des personnes éprouvent une phase postdromique durant quelques heures ou une journée :

  • fatigue,
  • brouillard mental (tête lourde),
  • difficulté de concentration.

Getty_migraine_aura_2026.jpg

© Getty Images - La migraine avec aura peut être précédée par des symptômes visuels : points scintillants, taches, lignes en zigzag...

Voir aussi l'article : Mal de tête et migraine chez l'enfant : comment reconnaître les symptômes ?

Causes de la migraine

La migraine est une affection neurologique complexe, dont les causes ne sont pas entièrement élucidées. Il s’agit d’une interaction entre facteurs génétiques, neurologiques, vasculaires et environnementaux, qui rend certaines personnes plus sensibles aux crises.

1. Facteurs neurologiques et chimiques

La migraine est liée à un déséquilibre de neurotransmetteurs comme la sérotonine, la dopamine et la noradrénaline, qui régulent la douleur et les perceptions sensorielles. Lors d’une crise, ce déséquilibre entraîne une hyperexcitabilité cérébrale, activant excessivement les circuits de la douleur et provoquant des symptômes tels que nausées, fatigue et sensibilité à la lumière ou au bruit.

2. Facteurs vasculaires et inflammatoires

La migraine implique une interaction anormale entre les nerfs et les vaisseaux sanguins du cerveau. La dilatation des vaisseaux s’accompagne d’une libération de substances inflammatoires autour des nerfs, déclenchant la douleur. Cette inflammation neurogène, non infectieuse, contribue aussi à la photophobie, la phonophobie et les nausées.

3. Facteurs génétiques

La migraine présente une forte composante héréditaire : environ 60 % des personnes migraineuses ont un proche parent également atteint. Plusieurs gènes influencent la sensibilité des neurones, des vaisseaux et des neurotransmetteurs, augmentant la vulnérabilité aux crises. Certaines formes rares, comme la migraine hémiplégique familiale, sont liées à des mutations génétiques spécifiques.

4. Facteurs déclencheurs environnementaux et physiologiques

Une migraine peut être déclenchée par de nombreux facteurs :

  • changements hormonaux  : menstruations, ménopause, grossesse,
  • stress et émotions fortes,
  • alimentation : horaire des repas, déshydratation,
  • sommeil irrégulier,
  • lumière, bruit, certaines odeurs,
  • climat : vent, froid, orage...
  • activité physique trop intense,
  • certains médicaments...

Identifier ses propres déclencheurs aide à mieux anticiper les crises et, dans certains cas, à en réduire la fréquence.

Voir aussi l'article : Top 13 des déclencheurs de migraine et comment les gérer

Voir aussi l'article : Quelles odeurs sont les plus susceptibles de provoquer une migraine ?

Diagnostic de la migraine

Le diagnostic repose sur l’histoire des crises et les symptômes :

Migraine sans aura

Avoir présenté au moins 4 crises de migraine avec :

  • des douleurs qui ont duré de 4 à 72 heures ;
  • des douleurs unilatérales, pulsatiles, lancinantes ou aggravées par le mouvement ou l'activité physique ;
  • des nausées ou vomissements, intolérance à la lumière et au bruit.

Migraine avec aura

Au moins 2 crises avec :

  • Symptômes visuels, sensoriels ou troubles du langage réversibles,
  • Aura se développant progressivement sur 5 à 60 minutes,
  • Céphalée migraineuse survenant pendant ou dans l’heure suivant l’aura

Dans certains cas, des examens complémentaires (scanner ou IRM) sont réalisés pour exclure d’autres causes.

Voir aussi l'article : Migraine : quel rôle joue l’alimentation ?

Traitement de la migraine

123-depress-pijn-psy-moe-4-25.jpg

Le traitement de la migraine nécessite d’abord un diagnostic précis. Tenir un journal de maux de tête peut aider le patient et le médecin à confirmer le diagnostic et à identifier les facteurs influençant les crises.

Traitement de la crise de migraine

Il est important de traiter une migraine dès les premiers signes pour limiter sa durée et son intensité. Le choix du traitement dépend de la réponse de chacun :

  • Anti-inflammatoires (AINS) : des médicaments comme l’ibuprofène ou le naproxène sont généralement prescrits en première intention. Ils peuvent être associés à un traitement contre les nausées pour soulager pleinement la crise.
  • Paracétamol : il n’est utilisé que si les AINS sont contre-indiqués (ex. problèmes gastriques) ou si le patient n’a jamais essayé d’autre médicament.
  • Triptans oraux : si les AINS ou le paracétamol ne suffisent pas après quelques crises, le médecin peut prescrire un triptan, un médicament spécifique contre la migraine. Tous les triptans oraux se valent globalement ; le choix dépend surtout de la durée d’action. Une seconde dose pendant la même crise n’est pas recommandée, mais on peut parfois ajouter un AINS ou un autre analgésique si nécessaire. Pour les crises très fortes, le sumatriptan injectable peut être utilisé.
  • Dérivés de l’ergot : leur usage est limité car leur efficacité est moins prévisible et les effets secondaires plus fréquents. Aujourd’hui, seule l’ergotamine orale associée à la caféine est encore disponible pour certaines situations spécifiques.
  • Antagonistes du récepteur CGRP (ex. rimégépant) : ces médicaments plus récents peuvent être utilisés en traitement de crise, même chez les personnes pour qui les triptans ne suffisent pas. Ils peuvent également servir en prévention, mais les données restent limitées lorsqu’ils sont utilisés en même temps pour traiter et prévenir la migraine.

Enfants et adolescents

La migraine est fréquente chez les jeunes. L’ibuprofène a démontré une efficacité limitée pour la crise aiguë. Les formes nasales de sumatriptan et zolmitriptan sont indiquées chez les adolescents à partir de 12 ans, avec des preuves plus solides pour le sumatriptan que pour le zolmitriptan.

Maux de tête causés par la surconsommation de médicaments

Une utilisation trop fréquente de triptans ou d'analgésiques peut provoquer des céphalées chroniques induites par les médicaments. L’arrêt brutal peut entraîner des symptômes de sevrage temporaires, tels que nausées, vomissements, hypotension, tachycardie ou agitation.

Le Botox contre la migraine

Le Botox est utilisé pour prévenir la migraine chronique (c'est-à-dire 15 jours de maux de tête par mois, dont au moins 8 typiques). Il agit en bloquant certains signaux de douleur dans les nerfs de la tête et du cou, réduisant la fréquence et l’intensité des crises. Le traitement consiste en injections ciblées tous les 3 mois, avec effet maximal après 2 à 3 séances. Il est réservé aux patients pour qui les traitements classiques préventifs n’ont pas suffi. Les effets secondaires sont généralement légers : douleur ou gonflement au point d’injection, raideur musculaire, et rarement paupière tombante. En Belgique, le traitement est remboursé par l’Inami sous conditions strictes.

Voir aussi l'article : Le Botox contre la migraine : est-ce vraiment efficace ?

Prévention de la migraine : conseils pratiques

Pour limiter la survenue des crises, plusieurs stratégies peuvent être appliquées :

  • Identifier ses déclencheurs personnels (stress, fatigue, manque de sommeil, fluctuations hormonales, odeur, climat...) aide à mieux anticiper les crises et, dans certains cas, à en réduire la fréquence. Il n’est pas nécessaire d’éviter tous les déclencheurs à tout prix. L’objectif est de comprendre son corps, modérer son exposition aux stimuli et adopter des habitudes de vie saines.
  • Hygiène de vie : sommeil régulier, alimentation équilibrée, hydratation suffisante, activité physique adaptée.
  • Gestion du stress et relaxation : techniques de respiration, méditation, yoga ou thérapie cognitive comportementale.
  • Traitement médicamenteux préventif, lorsqu’il est prescrit par un neurologue, pour les crises fréquentes ou invalidantes.
  • Suivi médical régulier : tenir un carnet de migraine pour noter la fréquence, la durée, les symptômes et les déclencheurs afin d’ajuster le traitement.

Voir aussi l'article : Comment prévenir l'apparition d'une crise de migraine ?

Sources
https://www.aviq.be
https://www.inami.fgov.be
https://www.cbip.be
https://sfemc.fr
https://ebpnet.be
https://cephalees.be/

auteur : Olivia Regout - journaliste santé

Dernière mise à jour: janvier 2026

Vous voulez recevoir nos articles dans votre boîte e-mail ?

Inscrivez-vous ici à notre newsletter.

vous pourrez vous désinscrire quand vous le souhaiterez
Nous traitons vos données personnelles conformément à la politique de confidentialité de Roularta Media Group NV.
volgopfacebook

volgopinstagram