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Impact des acides gras oméga-3 sur la santé mentale
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Les troubles cérébraux ne cessent d’augmenter dans notre société, pensons notamment à la maladie d'Alzheimer et à la maladie de Parkinson, mais aussi à la dépression. De plus en plus de recherches montrent que les acides gras oméga-3 ont un effet bénéfique sur la santé mentale. Comment est-ce possible ? Un complément alimentaire peut-il aider à lutter contre la dépression ? Nous avons interrogé le Dr Eric De Maerteleire, auteur de plusieurs ouvrages consacrés à la santé et la nutrition.
Les acides gras oméga-3 dont il est question sont l’EPA et le DHA ?
Exact. Les acides gras oméga-3 se trouvent principalement dans l’huile de poisson et certaines algues marines. Comme la dépression est moins fréquente dans les pays où l’on consomme beaucoup de poisson, les scientifiques se sont demandés si l’huile de poisson pouvait prévenir et/ou traiter la dépression et d’autres troubles de l’humeur. Parmi les acides gras oméga-3, l’acide eicosapentaénoïque (EPA) et l’acide docosahexaénoïque (DHA) semblent les plus prometteurs pour aider les personnes souffrant de troubles de l'humeur.
Il faut toutefois distinguer la prévention du traitement de la dépression. Les effets les plus favorables ont été observés en prévention. En effet, les acides gras oméga-3 jouent un rôle préventif important à tout âge.
Voir aussi l'article : Zoom sur les oméga 3 : bienfaits, alimentation, quantité, qualité
Les acides gras du poisson sont importants pour le développement du cerveau et pour une bonne vision. L’acide gras oméga-3 DHA est un composant important du cerveau et de la rétine. Une fois le cerveau arrivé à maturité, le besoin en DHA diminue et l’excès sera oxydé en dioxyde de carbone.
La consommation de poisson par la femme enceinte est donc très importante pour le développement du cerveau de l’enfant à naître ou du nouveau-né (pendant la période d’allaitement). Les recherches montrent en outre que les femmes qui ont plusieurs enfants à courte intervalle souffrent moins de dépressions postnatales si, entre les grossesses et pendant celles-ci, l’apport en acides gras de poisson est assuré de manière adéquate (900 mg/jour).
Chez les personnes âgées, on constate qu’un apport suffisant en oméga-3 réduit le risque de maladies neurodégénératives (démence, maladie d’Alzheimer, maladie de Parkinson), renforce les capacités cognitives et diminue le risque de dépression. La mémoire fonctionne mieux et l’on se sent plus alerte et de meilleure humeur. Une étude a par exemple montré que manger au moins 2 portions de poisson par semaine était associé à un risque de démence inférieur de 10 % et à un risque de maladie d’Alzheimer inférieur de 30 %. Une autre étude de 2020 a conclu que la consommation de poisson peut améliorer la mémoire, favoriser le fonctionnement cérébral et protéger la structure du cerveau chez les adultes en bonne santé.
Les effets chez les enfants ont également été assez bien étudiés. Dans des études en double aveugle contrôlées par placebo, on observe des effets favorables sur l’apparition et le développement du TDAH, de l’autisme, de la dyspraxie, de la dyslexie et de l’agressivité.
Voir aussi l'article : Saumon sauvage ou saumon d'élevage : quel est le meilleur pour la santé ?
Les oméga-3 peuvent-ils aussi servir de traitement contre la dépression ?
Plus de 30 essais cliniques ont testé différentes préparations d’oméga-3 chez des personnes souffrant de dépression.
- Lorsqu’ils sont utilisés en complément des antidépresseurs, l’effet est souvent limité.
- Les études portant sur les oméga-3 seuls utilisent généralement de l’EPA ou de l’EPA + DHA à des doses de 0,5 à 10 grammes par jour. À titre de comparaison, un apport quotidien de 1 g correspond à la consommation de 100 g de saumon trois fois par semaine.
- Les méta-analyses suggèrent une efficacité, mais les résultats varient en raison des différences de dosage et de proportions EPA/DHA.
- Les meilleurs résultats proviennent de formules contenant au moins 60 % d’EPA, surtout en traitement complémentaire de la dépression.
- suggèrent des bienfaits pour le TDAH, mais pas pour la schizophrénie. Les personnes dépressives en surpoids présentant une inflammation accrue, ainsi que les enfants et les adolescents, semblent tirer davantage de bénéfice de la thérapie à base d'EPA.
Même si les résultats sont contradictoires, le consensus général semble donc bien être qu’il existe un effet clair de la consommation d’acides gras oméga-3 sur la santé mentale.
Voir aussi l'article : Manger du yaourt contre le stress, l'anxiété et la dépression ?
Les acides gras oméga-3 peuvent-ils aussi aider à traiter d’autres troubles psychiques ?
Les acides gras oméga-3 ont fait l'objet d'études dans le cadre de divers troubles de l'humeur, comme la dépression post-partum, avec des résultats prometteurs. Dans le trouble bipolaire (psychose maniaco-dépressive), les acides gras oméga-3 pourraient être plus efficaces pendant la phase dépressive que pendant la phase maniaque. Leur utilisation a également été envisagée pour soulager ou prévenir d'autres affections psychiatriques, notamment la schizophrénie, le trouble de la personnalité limite, le trouble obsessionnel-compulsif et le trouble déficitaire de l'attention. Toutefois, les preuves scientifiques restent insuffisantes pour recommander les acides gras oméga-3 dans ces cas.
Les compléments alimentaires d’oméga-3 ont-ils aussi des effets secondaires ?
Les troubles digestifs et un goût de poisson sont les effets indésirables les plus fréquents, mais ils sont moins courants aujourd'hui grâce aux méthodes de production qui réduisent les impuretés. Les craintes antérieures concernant un risque accru de saignement lié aux acides gras oméga-3 ont été largement réfutées, mais la prudence reste de mise pour les personnes sous anticoagulants ou devant subir une intervention chirurgicale.
La prudence est également recommandée chez les personnes souffrant de trouble bipolaire afin d’éviter un passage en phase maniaque.
Comme les oméga-3 sont importants pour le développement du cerveau et que la grossesse épuise les réserves d’oméga-3 chez les futures mères, la prise de compléments pourrait en théorie bénéficier aux femmes enceintes et à leurs enfants. La consommation de poisson pendant la grossesse est soutenue par la FDA, mais comme nous ne disposons pas de données à long terme sur la sécurité ou le dosage optimal des acides gras oméga-3 pendant la grossesse, les futures mères doivent envisager prudemment la prise de compléments d’oméga-3. Pour ce groupe, manger des poissons gras reste donc une meilleure option.
Conclusions
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Sources :















