Pourquoi les personnes âgées ont-elles moins soif ?
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De nombreuses personnes âgées ressentent moins la soif. Cela est dû à des changements physiologiques liés au vieillissement, qui font que le corps envoie des signaux moins clairs lorsqu’il faut refaire le plein de liquides.
Comment la soif est-elle régulée dans notre corps ?
- La soif est régulée par le cerveau, qui vérifie constamment si le corps est suffisamment hydraté. Pour ce faire, il contrôle notamment le taux de sels minéraux dans le sang. Lorsque l'on boit trop peu, le sang se concentre (par exemple, par la transpiration ou la consommation d'aliments salés). Ce phénomène est détecté par des capteurs cérébraux, qui déclenchent la sensation de soif. Simultanément, une hormone est libérée, incitant les reins à retenir davantage d'eau, ce qui réduit la quantité d'urine produite.
- Une baisse du volume sanguin ou de la pression artérielle – par exemple due à la déshydratation – peut également activer un signal de soif via les reins et le cerveau.
- Enfin, la sécheresse buccale joue également un rôle : en cas de déficit hydrique, on produit moins de salive, ce qui provoque une envie supplémentaire de boire.
Pourquoi les personnes âgées ont-elles moins soif ?
Les personnes âgées ressentent souvent moins la soif, principalement en raison d'une diminution naturelle de la sensation de soif liée à l'âge. De ce fait, elles ne ressentent pas toujours le besoin de boire, même en cas de déshydratation. Cela augmente le risque de déficit hydrique. Outre cette diminution de la sensation de soif, d'autres facteurs entrent également en jeu, tels que le déclin de la fonction rénale, une diminution du volume hydrique corporel et la prise de certains médicaments, comme les diurétiques, qui influent sur l'équilibre hydrique.
La diminution de la sensation de soif est étroitement liée à des modifications hormonales et neurologiques. Une baisse de la sensation de soif, également appelée hypodipsie ou adipsie, est notamment due à des variations des hormones qui régulent l'équilibre hydrique. Par exemple, une élévation du taux de vasopressine (en l'absence d'apport hydrique suffisant) et une diminution de l'activité du système rénine-angiotensine-aldostérone (SRAA) peuvent supprimer l'envie naturelle de boire. Ceci conduit souvent à une déshydratation inconsciente ou involontaire.
De plus, la diminution de la quantité totale d'eau corporelle joue un rôle important. La composition corporelle évolue avec l'âge : la proportion de graisse augmente tandis que la masse musculaire diminue. Les muscles contenant plus d'eau que les tissus adipeux, la quantité totale d'eau dans le corps diminue. Alors que les nourrissons sont composés d'environ 75 à 78 % d'eau, ce pourcentage se situe en moyenne autour de 50 à 55 % chez les personnes âgées.
Cette diminution des fluides corporels a diverses causes et conséquences. Par exemple, le volume sanguin diminue car le volume plasmatique et le volume des globules rouges diminuent. Le sang étant principalement composé d'eau, une réduction des fluides corporels entraîne automatiquement une diminution du volume sanguin circulant. La perte de masse musculaire (sarcopénie) joue également un rôle : une diminution du tissu musculaire signifie une réduction du débit sanguin et donc une diminution du volume sanguin total. De plus, la production de cellules sanguines peut diminuer en raison d'une disponibilité réduite de cellules souches hématopoïétiques. Par ailleurs, le volume sanguin est lié à la capacité aérobie (VO2 max), qui diminue d'environ 6 à 9 % par décennie avec l'âge.
Des facteurs comportementaux et pratiques contribuent également à un risque accru de déshydratation. Certaines personnes âgées réduisent consciemment leur consommation d'eau afin d'éviter des allers-retours fréquents aux toilettes, par exemple en cas d'incontinence. D'autres ont des difficultés à boire régulièrement en raison d'une mobilité réduite. De plus, les diurétiques, souvent prescrits pour les maladies cardiovasculaires, peuvent augmenter l'élimination des liquides et ainsi favoriser la déshydratation.
Voir aussi l'article : Hydratation des seniors : faut-il boire plus en vieillissant ?
Prévenir la déshydratation chez les personnes âgées
La déshydratation est donc fréquente chez les personnes âgées. On croit souvent, à tort, qu'il faut boire seulement lorsqu'on a soif. C'est faux : même sans avoir soif, il est important de boire suffisamment tout au long de la journée. Une recommandation pratique est d'environ 20 ml de liquide par kilogramme de poids corporel et par jour. Pour une personne de 70 kg, cela représente environ 1,4 litre. Ce liquide peut provenir de l'eau, mais aussi de boissons comme le café, le thé ou la soupe.
Il est conseillé de répartir sa consommation de liquides tout au long de la journée et de boire en petites quantités. Cela favorise non seulement l'hydratation, mais aussi l'élimination des déchets. Attention toutefois aux boissons caféinées comme le café et le thé : elles peuvent avoir un léger effet diurétique. Elles peuvent faire partie de l'apport quotidien, mais il est préférable qu'elles n'en constituent pas la part principale.
Un autre conseil consiste à boire principalement pendant la journée et à limiter sa consommation de liquides le soir, de préférence après 18 heures. Cela peut contribuer à réduire les mictions nocturnes et ainsi améliorer la qualité du sommeil.
- La diminution de la sensation de soif chez les personnes âgées résulte d'une combinaison de changements hormonaux et d'une diminution des fluides corporels.
- Bien que cela fasse partie intégrante du processus de vieillissement, il reste essentiel de boire suffisamment, même sans avoir soif.
- L'eau joue un rôle crucial dans le métabolisme, et une carence peut rapidement entraîner une déshydratation aux conséquences graves.
- Il est fortement recommandé de consommer quotidiennement une quantité suffisante de boissons peu caloriques (comme de l'eau, du café, du thé et de la soupe), réparties tout au long de la journée. Limitez votre consommation d'alcool le soir afin de préserver votre sommeil.
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