Les pastilles et sirops pour la toux : inefficaces et risqués
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Vous souffrez d’une toux grasse ou d’une toux sèche ? Rien ne sert de vous précipiter en pharmacie pour acheter un antitussif ou un expectorant. Les pastilles à sucer et les sirops pour la toux sont peu efficaces et parfois dangereux pour la santé. Il en va de même pour les remèdes à base de plantes (sirop, gouttes, sprays).
Selon les recommandations belges récentes du CBIP (Centre Belge d’Information Pharmacothérapeutique), la majorité des toux ne nécessitent d'ailleurs pas de traitement médicamenteux.
Si votre médecin traitant vous prescrit malgré tout un antitussif, respectez scrupuleusement la posologie : dosage, fréquence et durée du traitement. Ce dernier doit être le plus court possible.
Voir aussi l'article : Que faire contre la toux sèche et contre la toux grasse ?
Antitussifs : l'efficacité des sirops et pastilles n'est pas prouvée
Les antitussifs sont probablement inefficaces
Selon le CBIP, l’efficacité des antitussifs en cas de toux sèche n’est pas suffisamment étayée, tant chez l’enfant que chez l’adulte. Les substances les plus étudiées – codéine, dextrométhorphane, noscapine – n’ont fait l’objet que d’études limitées, avec des résultats peu convaincants.
Pour les autres antitussifs, les données scientifiques sont quasi inexistantes.
Les antitussifs sont à proscrire en cas de toux grasse
Les antitussifs n’ont aucun sens en cas de toux productive (toux grasse : quand vous crachez des glaires). La toux est alors un mécanisme de défense essentiel, permettant d’évacuer les sécrétions bronchiques du corps. La bloquer peut être contre-productif.
Effets indésirables des antitussifs
Par contre, ils peuvent engendrer des effets indésirables comme des vertiges, de la somnolence et des problèmes respiratoires. En outre, ils peuvent camoufler des affections plus graves comme l’asthme et le reflux et retarder leur dépistage.
Qui ne devrait pas utiliser d'antitussif ?
- Enfants : en Belgique, tous les antitussifs sont contre-indiqués chez les enfants de moins de 6 ans et déconseillés entre 6 et 12 ans (sauf avis médical).
- Seniors : les personnes âgées ainsi que les personnes souffrant d’insuffisance hépatique ou rénale doivent faire preuve de prudence. Elles peuvent souffrir d’effets indésirables plus prononcés. Il vaut donc mieux qu’elles consultent leur médecin traitant avant de prendre des antitussifs.
- Grossesse et allaitement : tous les antitussifs sont déconseillés pendant la grossesse et l’allaitement. Consultez votre médecin si vous voulez malgré tout en utiliser.
- Diabète : les diabétiques ne doivent pas oublier que certains sirops contre la toux contiennent beaucoup de sucre. Il est préférable d’utiliser une variante sans sucre.
- Les sirops sans sucre : Actifed New, Balsoclase Dextrometorphan, Balsoclase Antitussivum, Bisoltussin, Bronchosedal Dextromethorphan HBr, Dextromethorphan Teva, Sinecod.
- Pastilles : Lysotossil, Noscaflex, Nosca Mereprine, Touxium Antitussivum.
- Asthme et BPCO : demandez conseil à votre médecin traitant avant de prendre un antitussif si vous souffrez d’une maladie pulmonaire chronique comme l’asthme ou la BPCO.
Vigilance accrue avec certains antitussifs
- Codéine : la codéine est métabolisée par le corps en morphine et peut être à l'origine d’un usage abusif (en particulier chez les adolescents). Toutes les préparations à base de codéine ou un dérivé sont soumises à prescription : Bromophar, Bronchodine, Broncho-Pectoralis Codéine, Glottyl, Bronchosedal Codéine, etc. La codéine peut provoquer de la somnolence, une sédation ou une dépression respiratoire, surtout en cas de surdosage.
- Dextrométhorphane : le dextrométorphane a des propriétés semblables à celles des opioïdes. Il présente donc, lui aussi, un risque d'abus. Il peut également provoquer agitation, confusion, voire dépression respiratoire en cas de surdosage.
- Les antitussifs combinant plusieurs substances actives (par exemple un antitussif + un antipyrétique ou un vasodilatateur) sont considérés comme obsolètes. Leur efficacité n'est pas prouvée et le risque d'effets secondaires est plus élevés.
Voir aussi l'article : Mal de gorge : faut-il boire chaud ou froid ?
Voir aussi l'article : Toux : quand faut-il consulter un médecin ?
Antitussifs chez l’enfant : prudence maximale
En Belgique, tous les antitussifs sont contre-indiqués chez les enfants de moins de 6 ans et sont déconseillés entre 6 et 12 ans. Chez les adolescents, leur prescription doit rester exceptionnelle, en raison du rapport bénéfice-risque défavorable.
- Les antitussifs peuvent masquer les signes d’alerte d’une pneumonie ou d’autres complications graves, retardant ainsi le diagnostic.
- Les études cliniques disponibles chez l’enfant montrent que les médicaments contre la toux ne sont pas plus efficaces qu’un placebo.
- Des cas de dépression respiratoire sévère, d’hospitalisation et d’intubation ont été rapportés, notamment avec la codéine, parfois aux doses recommandées.
Voir aussi l'article : Comment calmer la toux de mon enfant la nuit ?
Expectorants : un intérêt très limité
Certains médicaments ne combattent pas la toux mais facilitent l’expectoration des glaires en les liquéfiant. Ces produits ne sont vraiment nécessaires que dans des cas très spécifiques, par exemple pour les enfants souffrant de mucoviscidose. Leur efficacité n’est pas prouvée en cas de simple toux. En Belgique :
- L’acétylcystéine, la carbocystéine et la bromhexine sont contre-indiquées chez les enfants de moins de 2 ans.
- Les expectorants contenant de la guaifénésine sont interdits aux enfants de moins de 6 ans. Il s’agit notamment d’Actifed New, Balsoclase Antitussivum, Lysotossil, Nortussine Mono, Vicks Expectorant...
- L’utilisation combinée d’antitussifs et d’expectorants sont à éviter absolument.
Suppositoires à base de dérivés terpéniques
Il n’existe pas de preuves scientifiques solides démontrant l’efficacité des suppositoires à base de dérivés terpéniques (camphre, eucalyptol, niaouli, thym sauvage, terpinéol, terpine, citral, menthol et huiles essentielles d'aiguilles de pin, eucalyptus et térébenthine) :
- ni dans la toux productive,
- ni dans la toux non productive,
- ni dans les affections bronchiques aiguës légères.
Ces suppositoires sont :
- contre-indiqués chez les enfants de moins de 30 mois,
- contre-indiqués en cas d’antécédents de convulsions ou d’épilepsie,
- déconseillés avant 12 ans.
Des convulsions et troubles neurologiques graves ont été rapportés.
Voir aussi l'article : Thym contre le rhume : efficacité et contre-indications
Gouttes nasales
La toux s’accompagne souvent d’un rhume. Vous pouvez dégager votre nez avec une solution saline (sérum physiologique).
Voir aussi l'article : Rhume des foins : quels médicaments sont efficaces ? |
Sources :
https://www.afmps.be
https://www.cbip.be/fr/chapters/5?frag=3897
https://www.cbip.be/fr/articles/query?number=F26F09D












