Le syndrome prémenstruel (SPM)

Dernière mise à jour: mars 2011 | 33164 visites

dossier Par syndrome prémenstruel (SPM), on entend l’apparition régulière voire cyclique de symptômes émotionnels, comportementaux et physiques durant la deuxième partie du cycle féminin.

Jadis, les femmes souffrant de SPM étaient souvent laissées à leur triste sort. On pensait que ces plaintes étaient normales et qu’elles faisaient parties intégrante de la vie d’une femme. Depuis, heureusement les temps ont changé et le syndrome prémenstruel est entouré d’attention et bénéficie d’un arsenal thérapeutique que ce soit au niveau médicamenteux (lutter contre la douleur) mais également au niveau psychologique.

Le syndrome prémenstruel ou SPM a été utilisé la première fois en 1931 par un certain Frank qui par cette terminologie décrivait les plaintes psychiques et physiologiques qui apparaissaient avant les menstruations. Depuis lors, la liste des plaintes s’est considérablement allongée puisque l’on ne dénombre pas moins de 150 symptômes répertoriés et plus de 327 traitements divers.

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Aujourd’hui, on définit le SPM comme l’apparition normale, cyclique de symptômes émotionnels, comportementaux et physiques durant la seconde moitié du cycle féminin. Ce qui est caractéristique, c’est que ces symptômes disparaissent après les règles et qu’ils sont suivis d’une période asymptomatique d’au moins 7 jours. C’est ce qui distingue le SPM de la dysménorrhée (règles douloureuses avec crampes abdominales lors des premiers jours des règles). Notez que le SPM et la dysménorrhée peuvent apparaître de concert.

Selon la définition donnée au SPM, environ 10 à 90% des femmes avec un cycle ovulatoire seraient touchées de près ou de loin par le SPM. Seules 5% des femmes ne souffriraient d’aucun symptôme de SPM. 5% en sont réellement fortement handicapées. La majorité des femmes se situe donc entre ces deux extrêmes ! Notez également qu’entre 20 et 40% sont tellement affectées par ce syndrome qu’elles ont été amenées à consulter un médecin ou gynécologue. Chez 3 à 5% d’entre elles, le SPM s’est même mué en une phase aiguë appelée ‘syndrome prémenstruel dysphorique’. Les symptômes les plus connus du SPM sont : les maux de tête, les tensions mammaires, les humeurs changeantes, l’irritabilité, la nervosité, l’anxiété, des problèmes de concentration, de la dépression et des troubles du sommeil mais on relève aussi parfois des maux de dos, des troubles de l’appétit avec par exemple une envie soudaine de sucré. Ces plaintes peuvent apparaître dès les premières règles à la puberté et durer jusqu’à la ménopause. Les femmes ne consulteront généralement qu’entre 30 et 40 ans. En effet, plus la ménopause approche, plus les symptômes seront invalidants. Ils disparaîtront à la ménopause mais également lors de la grossesse ou encore de l’allaitement.

Les symptômes

Les plaintes physiques : augmentation du volume mammaire avec tension des seins, sensation de ballonnement abdominal, œdème dans les mains et les chevilles, prise de poids, maux de tête, douleurs dorsales (lombalgies), maux d’estomac ou encore troubles gastro-intestinaux. Ces plaintes peuvent perturber les activités quotidiennes.
Les plaintes émotionnelles : changements d’humeur, irritabilité, angoisse, nervosité, manque de confiance en soi, crise de larmes, dépression, sentiments de se sentir « down » et augmentation de l’agressivité.
Les plaintes comportementales : manque de concentration, léthargie, fatigue générale, changement au niveau de la libido (moins envie ou au contraire davantage envie de sexe), rejet des activités sociales, modification des habitudes alimentaires comme par exemple une envie de chocolat.

Les causes

Les véritables facteurs prédisposant ne sont toujours pas connus mais on avance néanmoins les hypothèses suivantes :
Des variations du taux d’hormones féminines donc de la progestérone et des oestrogènes qui règlent la fertilité de la femme.
Le stress bien qu’il soit souvent considéré comme l’une des conséquences.
L’aspect psychologique : aucune étude n’a relevé un impact sur le SPM et une catégorie socio-économique ou par exemple après une dépression, un inceste, des abus sexuels etc.
Les facteurs allergiques voire nutritionnels : chocolat, caféine et alcool favoriseraient le SPM.
Une influence génétique est possible et le SPM se transmettrait de mère en fille mais on peut éventuellement se poser la question de savoir s’il ne s’agirait pas davantage d’un comportement qui se perpétuerait de génération en génération. A savoir que si une fille a toujours vu ou entendu sa mère se plaindre de SPM, elle ne développerait pas à son tour ce schéma en se souvenant ‘inconsciemment’ que les règles étaient perçues comme douloureuses chez sa mère.

Les hypothèses

L’hypothèse la plus plausible qui est pour l’instant avancée serait que le SPM est dû à un manque durant le cycle menstruel de certains neurotransmetteurs (substances qui servent de messagers pour transmettre une information d’une terminaison nerveuse à une autre) et de sérotonine (également un neurotransmetteur) qui joue un rôle essentiel dans l’apparition de la dépression et des crises d’angoisse. La sérotonine semble jouer un rôle important dans la régulation de l’appétit et donc sur l’aspect de besoins sucrés caractéristiques du SPM.

1.Traitements

Puisqu’aucune cause exacte n’est connue, il est difficile d’élaborer LE traitement adéquat et cela signifie qu’il s’agit de traiter les divers symptômes inhérents au SPM, au cas par cas puisqu’ils divergent d’une personne à l’autre. Il s’agira parfois d’anticiper la douleur en prenant des analgésiques typiquement développés pour ce problème et ce, avant l’arrivée des premiers symptômes.

Les médicaments

Il s’agira le plus souvent d’antidouleurs pour traiter quelques inconforts ou des maux de dos ou de tête.

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1.Traitement hormonal
• On peut contrôler le cycle menstruel via une pilule contraceptive prise en continu ou encore par la mise en place d’implants hormonaux.
• On a observé de bons résultats avec l’administration d’autres substances hormonales ou d’analogues GnRH qui suppriment le cycle menstruel mais ils ne sont pas dénués d’effets secondaires.
• On peut également recourir à un inhibiteur de la lactation qui donnera de bons résultats en cas de mastodynie (tensions mammaires, douleurs mammaires et augmentation du volume mammaire) mais vu les effets secondaires, le traitement ne sera que de courte durée.

2.Les antidépresseurs
Les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) ont un effet positif au niveau du SPM surtout au niveau des symptômes émotionnels et physiques et sont dès lors prescrits comme premier choix en cas de SPM aigu. Parmi les effets secondaires, on dénombre des nausées, de la somnolence, de l’insomnie et des troubles de la libido. On conseille une prise intermittente soit par exemple, deux semaines avant les menstruations. Il faut néanmoins tenir compte du risque de rechute à l’arrêt du traitement ce qui justifie un traitement à long terme. Mais à ce jour, aucune étude n’atteste de l’efficacité à long terme dans cette indication.

3.Les diurétiques
Ils peuvent être prescrits pour combattre le gonflement des chevilles et des doigts mais on préconisera souvent en première instance une alimentation pauvre en sel. Néanmoins, ils peuvent donner de bons résultats notamment aussi au niveau de la tension mammaire. Attention aux effets secondaires.

4.La vitamine E
• Elle peut agir au niveau de la mastodynie vu que le tocophérol a un impact sur la production de prostaglandines. L’huile d’onagre est également souvent préconisée puisqu’elle est riche en acides gras, en acide alpha-linoléique qui est transformé en prostaglandines. Néanmoins, l’efficacité de l’huile d’onagre n’a pas été prouvée scientifiquement dans le cas du SPM.

5.Les anti-inflammatoires non-stéroïdiens (AINS)
• On peut peser le pour et contre avant de prendre des AINS pour soulager le SPM surtout lorsque le syndrome prémenstruel va de pair avec une dysménorrhée, des contractures musculaires et des céphalées. C’est réellement au cas par cas mais ils permettent de soulager efficacement les douleurs sur une courte période et le traitement ne provoque aucune dépendance ou accoutumance.

2. L’alimentation

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On peut aussi via l’alimentation limiter la sévérité du SPM.
• Il convient ainsi de fractionner les repas afin d’éviter les grandes variations du taux plasmatique et donc de manger toutes les 4 heures des repas pauvres en protéines, graisses et sucres.
• Evitez la caféine, l’alcool et surtout le chocolat…ce qui peut être difficile puisque le SPM donne souvent envie d’en manger…
• En effet, le chocolat contient des concentrations élevées en phényléthylamine, une substance capitale dans la production de sérotonine.
• Afin de contrôler les envies irrépressibles de nourriture voire de boulimie, il convient de manger souvent de petites quantités. Cette boulimie occasionnelle est due à une chute de la concentration en sérotonine. En mangeant des sucres, l’organisme produira davantage de sérotonine ce qui peut notamment causer des variations importantes du glucose ce qui serait néfaste. On préconisera une alimentation pauvre en sels pour éviter les gonflements des seins, des doigts et des chevilles. On a longtemps préconisé la prise à long terme de vitamine B6 mais aucune étude scientifique n’a démontré sa réelle efficacité sur la prévention du SPM. Par contre, la prise de calcium pourrait avoir un effet bénéfique.

3. Bouger

On dénombre encore d’autres mesures hygiéno-diététiques comme par exemple la pratique d’une activité physique. En effet, de récentes études ont prouvé que des femmes qui faisaient régulièrement une activité physique avaient moins souvent des problèmes de céphalées, d’angoisse que les autres. Une activité physique modérée peut être bénéfique mais elle n’aura aucun effet sur la rétention d‘eau ni sur la tension mammaire. Encore faut-il bien entendu en avoir envie ces jours-là. Vélo, marche, natation …à son rythme peuvent être salutaires. Des exercices de relaxation peuvent donner de bons résultats : exercices respiratoires, massage, yoga,… etc.


publié le : 23/02/2011 , mis à jour le 17/03/2011
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