Le burn-out : le reconnaître et le surmonter

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Ne pas reconnaître un stress excessif constitue en fait le danger principal de développer un épuisement professionnel et un burn-out. Il est capital que l’on comprenne que chaque individu réagit d’une façon différente face au stress. C’est ainsi que chez les uns, un surcroît de stress engendrera des problèmes psychiques alors que chez les autres, il pourra occasionner des problèmes physiques ou les deux.

Notez que certaines personnes supportent très bien un stress continuel et qu’elles ne souffriront jamais d’une affection liée à un trop-plein de stress. Ces personnes ont une capacité de bien neutraliser le stress, de l’apprivoiser et de pouvoir recharger leurs batteries au bon moment.

Voir aussi l'article : Le burn out, maladie professionnelle ou pas ?

Qu’est-ce que le burn-out ?

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Il s’agit d’une forme spécifique de stress. On dénombre beaucoup de cas parmi les professions qui impliquent un contact étroit avec les gens comme l’enseignement, les soins de santé ou encore le management.

Burn-out signifie littéralement : brûlé, émotionnellement épuisé, éreinté. On relève trois caractéristiques spécifiques du burn-out :

  • Un épuisement émotionnel
  • Une dépersonnalisation
  • Un sentiment croissant de dévalorisation.

La différence essentielle entre le surmenage et le burn-out est que dans le cas d’un surmenage si on met le patient au repos loin de la source de son stress, il se rétablira en quelques jours. Ce qui n’est pas le cas pour le burn-out puisque ce dernier voit le jour suite à une juxtaposition de plusieurs facteurs de stress et de frustrations à long terme qui sont le résultat la plupart du temps de plusieurs années de vie en « déséquilibre ».

Il y a trois groupes de causes du burn-out :

  • le travail,
  • une situation personnelle,
  • des caractéristiques organisationnelles.

On rassemble les conséquences du burn-out en trois sous-groupes :

  • les conséquences physiques et émotionnelles,
  • les conséquences interpersonnelles,
  • les conséquences sur le comportement et l’attitude.

Voir aussi l'article : Quels sont les pires et les meilleurs métiers pour le sommeil ?

Qu’est-ce que le stress ?

Il s’agit d’une dénomination générique pour un dérèglement ou déséquilibre entre ce qu’on peut supporter et ce qu’on ne plus endurer…Le repos, la détente permettent généralement de retrouver cette mise en équilibre perturbée.

N’oublions pas qu’un stress peut être salutaire puisqu’il augmente les prestations. Par contre, quand le stress est trop élevé, il peut avoir l’effet contraire et diminuer fortement les performances.

Si le stress provoque un dérèglement permanent, on parle de stress chronique. Quelles sont les causes ou combinaisons de stress qui peuvent entraîner un burn-out et ce, que ce soit au travail ou dans la vie privée ? Ces causes peuvent occasionner des changements psychiques, comportementaux, physiologiques qui à la longue déboucheront sur diverses maladies.

Voir aussi l'article : Dépression et burn out : forte augmentation des incapacités de travail

Le surmenage

On parlera de stress lorsqu’il y a sur le long terme un équilibre perturbé entre les exigences environnementales ou personnelles et les capacités qu’a un individu pour y répondre. Cela peut, outre des symptômes somatiques (palpitations), entraîner des symptômes comportementaux (troubles du sommeil), des symptômes psychologiques (incertitude, angoisse) et de la dépression.

Tout ceci peut conduire au surmenage et/ou au burn-out. Lorsque la personne ne peut plus faire face, le stress donne lieu à du surmenage qui correspondra à un déséquilibre du système nerveux. On enregistre alors une augmentation du taux d’adrénaline, du rythme cardiaque, des contractures musculaires et de la tension artérielle.

Encore plus typique est le fait que si le patient ne consulte pas à temps, la situation va perdurer voire s’aggraver. On parlera donc de surmenage lorsqu’on attendra davantage de vous que ce que vous pouvez donner et ce, sur une courte période (2 à 3 mois). Une période de quelques semaines de détente, de repos est généralement nécessaire pour qu’un bon équilibre soit retrouvé !

Voir aussi l'article : Travail et sommeil : attention au cercle vicieux

Les signes du burn-out

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Troubles de l'humeur et du comportement

Le burn-out occasionne une série de symptômes, physiologiques et/ ou psychiques qui laissent à penser que le stress influence le comportement :

  • Troubles de la concentration,
  • De plus en plus de lenteur pour effectuer certaines tâches,
  • Emotivité,
  • Manque de prise de décision,
  • Cynisme,
  • Manque de confiance,
  • Problèmes sexuels,
  • Changements comportementaux,
  • Changements dans la manière de s’exprimer,
  • Diminution de la condition physique,
  • Accroissement du nombre d’heures de travail.

Si ces signaux et plaintes sont présents, prenez du recul vis-à-vis des facteurs de stress, parlez-en avec votre partenaire, votre famille, votre médecin ou le médecin du travail.

Symptômes physiques du burn-out

Le système hormonal ainsi que le système immunitaire sont touchés. Le stress a des répercussions sur l’ensemble de l’organisme, c’est en tous les cas ce qui résulte de recherches menées au niveau cardiovasculaire. Sous l’influence d’hormones de stress, le système immunitaire envoie des signaux qui, via une certaine action sur le cerveau, provoquent une fatigue intense.

Le burn-out peut donc conduire à de nombreux troubles physiques :

  • troubles digestifs (diarrhée, constipation, ballonnements, et même hémorroïdes...)
  • troubles de l'humeur (idées noires, apathie, dépression, anxiété, problèmes importants de concentration et d'attention...)
  • troubles du sommeil
  • consommation nouvelle ou plus importante de tabac, d'alcool ou autres substances (médicaments, drogues...)
  • vertiges
  • douleurs diverses (mal de tête, de dos, douleurs articulaires et/ou musculaires, etc.)
  • palpitations, etc.

C'est bien souvent l'un ou plusieurs de ces symptômes physiques qui "stoppent" celui ou celle qui en souffre dans son rythme effréné, et lui font prendre conscience de son burn-out. Un beau matin, il ou elle ne peut, tout simplement, plus se lever pour aller travailler.

Lorsque le burn-out est lié au travail, la personne peut, malgré tout, très vite retrouver du plaisir dans des activités extérieurs au cadre professionnel. C'est ce qui le différencie de la dépression nerveuse.

Voir aussi l'article : Brown out : l'impression d'être inutile au travail

Le burn-in

Souffrir d’un burn-out n’apparaît pas du jour au lendemain. Le processus a été enclenché bien souvent des années auparavant, c'est le burn-in. Dès que le processus de burn-out a démarré, il est irréversible et sera de longue durée. Il n’existe à ce jour pas de méthode toute faite pour appréhender, traiter le burn-out ni pour savoir comment le reconnaître à 100% ou le résoudre.

Avant ça, le burn-in envoie tous les signaux à la personne qui souffre d'épuisement. Heureusement, puisqu'alors il existe des clés pour s'en sortir, avant que le corps ne puisse tout simplement plus suivre et indique un burn-out.



Voir aussi l'article : Avant le burn out, attention au burn in

Le burn-out et l’entourage, l’environnement

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Avant que vous ne découvriez et ne preniez conscience que vous êtes atteint d’un burn-out, pas mal de temps se sera déjà écoulé ! Il convient de tenir compte de l’entourage et surtout du partenaire qui n’aura pas la vie facile… En effet, ce dernier aura bien souvent très vite vu que quelque chose cloche. S’il est averti, il aura pris conscience d’un burn-out. Seulement il est très souvent impuissant face à la maladie et surtout face au patient atteint de burn-out qui, lui, de son côté, nie tout en bloc, qui « refuse » la maladie. Malentendus, incompréhension, malaise… Telles sont les situations les plus fréquentes.

De plus, il faut tenir compte qu’à côté des problèmes du patient atteint de burn-out, le partenaire aura aussi ses problèmes à régler et que la tâche sera donc ardue pour lui/elle. Il est parfois très difficile de vouloir régler les problèmes d’un tiers surtout si ce dernier ne veut pas participer.

Il ne s’agit pas pour les patients en cours de thérapie de changer de personnalité mais simplement de comportement face à une situation précise. Inutile de se voiler la face, le burn-out au sein du couple n’est pas sans conséquences sur l’entente. Il en va de même pour l’entourage proche.

Malgré tout, c'est bien le soutien de l'entourage qui va aider la personne à s'en sortir, notamment lorsque le stress provient principalement du travail.

Voir aussi l'article : Stress et burn out : l'importance des amis et de la famille

Après le burn-out

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Ces dernières années, le terme « burn-out » a souvent été mis à la Une dans les médias. Et c’est très bien car la société a ainsi appris à connaître cette maladie. On en parle. Ce n’est plus tabou ! C’est essentiel pour les futurs ex-patients atteints de burn-out. Ils doivent être conscients qu’il existe un ‘après’, une vie après le burn-out.

Le terme "burn-out" est aussi sorti de sa définition initiale qui le rattachait au travail, et uniquement au travail. On parle notamment de burn-out parental.

Fort heureusement, surmonter un burn-out est tout à fait possible, et une fois "guérie", la personne :

  • apprend à relativiser,
  • prend une certaine distance avec son travail,
  • apprend à poser les priorités,
  • apprend à demander de l’aide (ce n’est pas un manque de force de caractère),
  • sera peut-être plus enclin à se tourner vers des professionnels de la santé,
  • aura appris à s’en sortir et à ne pas vouloir replonger.

Bref, à s’ouvrir à des changements. Le burn-out, à condition d’y travailler et de le vouloir, peut déboucher sur des choses réellement positives que ce soit au sein du couple, d’une relation, avec l’entourage, dans le travail… Il permettra de prendre de la distance quand il faut, de reconnaître ses limites, de savoir ce qui nous fait du bien, de dire « non » quand il faut.

Le retour au travail doit se faire en douceur et en collaboration avec les collègues et la hiérarchie. Une discussion pour l'adaptation de vos tâches sera souvent requise, afin de redémarrer dans les meilleures conditions. Dans ce cadre, n'hésitez pas à consulter la médecine du travail au moment de la reprise.

Voir aussi l'article : Burn-out parental : ce que le stress constant fait aux parents

Eviter les rechutes

On parlera de récidive ou de rechute lorsque des symptômes caractéristiques du burn-out touchent un patient précédemment atteint d’un burn-out et ce, après un traitement et une période de guérison voire de rémission qui aura au moins duré quelques mois.

Cette récidive survient après une période dite d’euphorie, le patient retombe très vite dans ses anciens travers.

Afin de minimiser les risques de rechute, il convient de savoir comment les traiter et comment éviter l'épuisement. La prévention d’une rechute est entamée durant le traitement initial. Il convient pour ce faire de bien adapter le traitement et d’analyser les causes qui ont conduit au burn-out et ce, afin de ne pas y être à nouveau confronté, de contrôler ces facteurs de risques.

Psychothérapie, identification de certaines aptitudes, élimination de situations à risques… permettent de limiter les rechutes. Le tout est de les identifier. Savoir reconnaître qu’une situation est trop difficile fait partie du processus qui permettra d’éviter le burn-out et sa rechute.

Cela demande introspection, réflexion, observation et contrôle des symptômes éventuels. Bref, en un mot dès qu’on reconnaît ce qui pourrait poser problème, le mettre sur le côté. C’est donc essentiellement du cas par cas. La complexité du traitement réside dans le fait de la multiplicité des facteurs qui peuvent entrer en ligne de compte : l’âge, les caractéristiques personnelles, la situation professionnelle, l’entourage au travail, la durée et la gravité des plaintes…

Une thérapie cognitivo-comportementale peut grandement aider un patient épuisé. Dans certains cas, une médication peut s'avérer nécessaire. On prescrit entre autres des anti-dépresseurs.

Consultez votre médecin généraliste et/ou la médecine du travail dès la reconnaissance des premiers symptômes.

Voir aussi l'article : Thérapies cognitivo-comportementales : c’est quoi et pour qui ?



Dernière mise à jour: novembre 2022
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