Cauchemars chez l’enfant : causes et quand s’inquiéter ?

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Les cauchemars font partie du développement normal de l’enfant. La plupart des enfants en feront à un moment ou à un autre, surtout entre 3 et 10 ans. Même s’ils peuvent être impressionnants pour l’enfant comme pour les parents, ils disparaissent généralement avec l’âge. Cependant, lorsque les cauchemars deviennent fréquents ou perturbent la vie quotidienne, ils peuvent révéler un mal-être plus profond.

Qu’est-ce qu’un cauchemar ?

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© Getty Images

Un cauchemar est un rêve effrayant qui réveille l’enfant, souvent avec des pleurs, de la peur ou de l’angoisse.

Ils surviennent surtout pendant le sommeil paradoxal (REM), une phase qui se produit davantage en deuxième partie de nuit, souvent tôt le matin.

Les thèmes sont variables :

  • monstres ou créatures effrayantes,
  • poursuites,
  • danger ou menace,
  • perte d’un parent,
  • harcèlement ou humiliation,
  • peur d’être abandonné.

Après un cauchemar, l’enfant est généralement bien réveillé, peut raconter son rêve et a besoin d’être rassuré. Son cœur bat souvent vite et il peut avoir du mal à se rendormir.

Voir aussi l'article : Les troubles du sommeil chez l’enfant

À quel âge les cauchemars apparaissent-ils ?

Les cauchemars sont rares chez les très jeunes enfants, car ils n’ont pas encore développé certaines peurs. Ils deviennent plus fréquents lorsque :

  • l’imagination se développe,
  • l’enfant comprend mieux le danger,
  • il peut raconter ses rêves.

Les études montrent que :

  • environ un enfant sur deux entre 3 et 6 ans fait régulièrement des cauchemars,
  • environ 20 % des enfants entre 6 et 12 ans en ont encore fréquemment,
  • ils touchent autant les garçons que les filles avant l’adolescence.

Ne pas confondre cauchemar et terreur nocturne

Les parents confondent souvent les deux, mais il s’agit de phénomènes différents.

Cauchemar Terreur nocturne
Survient en fin de nuit, souvent tôt le matin Survient en début de nuit, pendant le sommeil profond
L’enfant se réveille réellement et peut raconter le rêve L’enfant semble éveillé mais dort encore, ne se souvient pas du réveil
Pleurs, peur, recherche du réconfort parental Cris, agitation, mouvements automatiques, difficile à calmer
Souvenir du rêve le lendemain Pas de souvenir de l’épisode le lendemain
Rassurer l’enfant aide à se rendormir Il est souvent inutile d’interagir pendant l’épisode


Les terreurs nocturnes sont fréquentes entre 3 et 7 ans et disparaissent généralement avec l’âge.

Voir aussi l'article : Terreurs nocturnes chez l'enfant : c'est quoi et que faire ?

Causes des cauchemars chez l'enfant

Le sommeil sert à traiter les émotions et les expériences de la journée. Quand un enfant est stressé ou fatigué, ses rêves peuvent devenir plus anxieux.

Plusieurs facteurs favorisent les cauchemars :

  1. La fatigue et le manque de sommeil : un enfant trop fatigué a un sommeil plus instable, ce qui favorise les mauvais rêves.
  2. Le stress et les changements : Par exemple, la rentrée scolaire, un déménagement, une séparation, la naissance d’un frère ou d’une sœur, des tensions familiales.
  3. Les peurs normales du développement : entre 4 et 8 ans, l’imagination devient très active et les enfants ont parfois du mal à distinguer rêve et réalité.
  4. Les contenus effrayants : films, jeux vidéo, histoires ou informations anxiogènes avant le coucher peuvent nourrir les cauchemars.
  5. Un événement difficile ou traumatisant : le traumatisme ne correspond pas forcément à un événement extrême. Pour un enfant, cela peut être causé par un harcèlement scolaire, la perte d’un animal, une hospitalisation, un accident, un conflit, une peur intense vécue récemment. Le cerveau tente alors de traiter cette expérience pendant le sommeil.

Comment aider son enfant après un cauchemar ?

La meilleure réaction est de rester calme et rassurant.

Quelques conseils :

  • Rassurez votre enfant et rappelez-lui qu’il est en sécurité.
  • Laissez-le raconter son rêve s’il le souhaite.
  • Évitez de minimiser sa peur.
  • Encouragez-le doucement à se rendormir dans son lit.

Il est préférable d’éviter que l’enfant prenne l’habitude de dormir dans le lit parental, car cela peut augmenter sa peur de dormir seul.

Un doudou ou objet rassurant peut aider l’enfant à retrouver seul un sentiment de sécurité.

Voir aussi l'article : 10 ans, l’âge des gros cauchemars

Que faire en cas de cauchemars fréquents chez l'enfant ?

Lorsque les cauchemars reviennent régulièrement :

Parlez-en pendant la journée

Évitez d’aborder le sujet juste avant le coucher. Discutez calmement de ce qui le préoccupe.

Réécrire le rêve

On peut aider l’enfant à inventer une fin heureuse à son cauchemar :

  • le monstre devient gentil,
  • un super-héros apparaît,
  • l’enfant trouve un pouvoir magique.

Cette technique, appelée répétition d’imagerie mentale, aide certains enfants à reprendre le contrôle de leurs rêves.

Mettre en place une routine rassurante

Une routine stable aide beaucoup :

  • bain,
  • lecture calme,
  • lumière douce,
  • heure de coucher régulière.

Limiter les écrans et contenus effrayants le soir 

Les images vues avant le sommeil influencent les rêves.

Quand consulter en cas de cauchemars répétés chez l'enfant ?

Les cauchemars deviennent préoccupants lorsqu’ils perturbent durablement le sommeil ou la vie quotidienne.

Il est conseillé de consulter si :

  • l’enfant fait plusieurs cauchemars par semaine pendant plusieurs mois ;
  • il développe une peur intense du sommeil ou de la nuit ;
  • il refuse de dormir seul ;
  • il est irritable, anxieux ou fatigué la journée ;
  • ses résultats scolaires ou ses relations sont impactés;
  • il y a une régression (énurésie, anxiété de séparation, comportements plus infantiles ou inhabituels) ;
  • les cauchemars suivent un événement choquant ou traumatisant.

Un professionnel de santé pourra vérifier s’il s’agit d’un trouble du sommeil, d’anxiété ou d’un stress émotionnel nécessitant un accompagnement.

Dans certains cas, les cauchemars peuvent être liés à un traumatisme psychologique. Des approches comme la thérapie par répétition d'imagerie mentale (ou RIM) peuvent alors être proposées, avec de bons résultats, notamment chez les enfants plus grands. 

Thérapie par répétition d'imagerie mentale

En journée, on demande à l’enfant de raconter ou de dessiner son cauchemar, sans le forcer s’il ne veut pas. Ensuite, on invente une nouvelle version du rêve, moins effrayante ou positive. Chaque jour pendant quelques minutes, l’enfant imagine la nouvelle fin en détail : ce qu’il voit, ce qu’il entend, comment il se sent en sécurité. Cette répétition aide à remplacer l’ancien scénario. Le cerveau finit par intégrer cette nouvelle version et les cauchemars diminuent. 

En cas de cauchemars liés à un traumatisme, un tel accompagnement doit être effectué par un psychologue professionnel.

La thérapie par répétition d’imagerie mentale est surtout recommandée pour les cauchemars répétitifs, mais elle peut également aider un enfant qui a vécu un cauchemar isolé particulièrement marquant, en lui permettant de reprendre confiance et de réduire sa peur de dormir.

Points-clés : Cauchemars chez l’enfant


  • Les cauchemars sont normaux chez l’enfant.
  • Ils sont plus fréquents entre 3 et 10 ans.
  • Fatigue, stress et imagination active en sont les principales causes.
  • Une routine rassurante et un bon sommeil réduisent souvent le problème.
  • Des cauchemars fréquents ou associés à une détresse quotidienne doivent amener à consulter.
  • En cas de cauchemars liés à un traumatisme, des approches comme la thérapie par répétition d'imagerie mentale donnent de bons résultats.

Sources : 
https://www.sleepfoundation.org
https://health.clevelandclinic.org
https://www.childrenstreatmentcenter.com
https://www.msdmanuals.com
https://www.larevuedupraticien.fr

auteur : Olivia Regout - journaliste santé

Dernière mise à jour: février 2026

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