Causes de la perte de cheveux chez la femme

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La chute de cheveux touche de nombreuses femmes, à des degrés très variables. Elle peut avoir des origines très diverses : hormonales, génétiques, nutritionnelles, auto-immunes, médicamenteuses, ou encore être liée au stress ou à un événement de vie comme un accouchement.

Dans de nombreux cas, l'interrogatoire et l'examen du cuir chevelu permettent d'identifier le type de chute et d'en rechercher la cause. Cela permet d'adapter la prise en charge et, lorsque c'est possible, de favoriser la repousse ou de stabiliser la situation.

Voici les principales causes de la chute de cheveux chez la femme et les signes qui doivent inciter à consulter.

Combien de cheveux perd-on normalement chaque jour ?

Le cuir chevelu compte en moyenne entre 100 000 et 150 000 cheveux. Chaque cheveu suit son propre cycle de vie, indépendamment de ses voisins :

  1. une phase de croissance (dite anagène), qui dure de 2 à 7 ans et pendant laquelle le cheveu pousse d'environ 1 cm par mois ;
  2. une courte phase de transition (phase catagène), de quelques semaines ;
  3. une phase de repos (télogène), d'environ trois mois, à l'issue de laquelle le cheveu tombe pour laisser la place à un nouveau cheveu.

À tout moment, 85 à 90 % des cheveux sont en phase de croissance.

Il est donc normal de perdre des cheveux chaque jour, souvent autour de 50 à 100 cheveux. Ce chiffre reste toutefois très variable selon les personnes et selon la fréquence des shampoings ou du brossage. Retrouver quelques cheveux sur une brosse, un vêtement ou dans la douche n'est donc pas, en soi, inquiétant.

Chute de cheveux normale ou alopécie : comment faire la différence ?

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Il n'est pas toujours facile d'évaluer une chute de cheveux simplement en comptant les cheveux perdus. C'est surtout l'évolution de la densité et la répartition de la chute qui doivent attirer l'attention.

Certains signes méritent une consultation :

  • des cheveux qui tombent beaucoup plus qu'auparavant, notamment par poignées lors du lavage ou du brossage,
  • une raie qui s'élargit progressivement ou un sommet du crâne qui devient davantage visible,
  • une queue de cheval qui paraît progressivement moins épaisse,
  • des plaques dégarnies, bien délimitées, sur le cuir chevelu,
  • une perte de cheveux associée à des rougeurs, des squames, des démangeaisons ou des douleurs.

Un test de traction peut parfois être réalisé par un professionnel pour rechercher une chute active, mais il ne permet pas, à lui seul, de poser un diagnostic. L'aspect du cuir chevelu, l'évolution de la chute et le contexte sont tout aussi importants.

Voir aussi l'article : Quelles maladies provoquent la perte de cheveux ?

Quelles sont les causes de la chute des cheveux chez la femme ?

Les causes sont multiples et peuvent parfois se cumuler chez une même personne. Voici les principales.

1. L'alopécie androgénétique féminine, une cause fréquente de  hute chronique

L'alopécie androgénétique féminine est l'une des principales causes de raréfaction progressive des cheveux chez la femme. Il s'agit d'une perte de cheveux progressive due à une prédisposition génétique et à l'action des hormones androgènes sur les follicules pileux. Elle peut apparaître à différents âges et devient plus fréquente après la ménopause. Les changements hormonaux liés à la ménopause peuvent contribuer à accentuer l'éclaircissement.

Contrairement à la calvitie masculine, elle ne se traduit généralement pas par une zone complètement dégarnie. Les cheveux s'affinent progressivement et leur densité diminue, surtout au niveau de la raie et du sommet du crâne. La ligne d'implantation frontale reste généralement relativement préservée.

2. L'effluvium télogène : cycle du cheveu perturbé

L'effluvium télogène correspond à une chute diffuse qui survient souvent quelques semaines à quelques mois après un événement ayant perturbé l'organisme.

Les causes possibles sont nombreuses : fièvre importante ou infection, opération, accouchement, perte de poids rapide, régime très restrictif, stress important ou choc émotionnel. Certains médicaments peuvent également être en cause.

Le mécanisme est assez simple : à la suite de cet événement, un nombre inhabituellement important de follicules passent prématurément en phase de repos. Les cheveux concernés tombent ensuite plusieurs semaines ou quelques mois plus tard.

3. La chute de cheveux après l'accouchement

La chute post-partum est une forme fréquente d'effluvium télogène. Pendant la grossesse, les changements hormonaux, notamment l'augmentation des œstrogènes, prolongent la phase de croissance des cheveux. Beaucoup de femmes ont ainsi l'impression d'avoir une chevelure plus dense.

Après l'accouchement, les concentrations hormonales diminuent rapidement et une partie de ces cheveux entre en phase de repos puis tombe, souvent entre deux et quatre mois après la naissance.

La situation est généralement temporaire : la repousse débute spontanément et la densité capillaire se rétablit progressivement en quelques mois. Il faut parfois 6 à 12 mois, voire davantage, pour retrouver une impression de densité habituelle.

L'arrêt d'un contraceptif hormonal peut également être suivi d'une chute temporaire chez certaines femmes.

4. La carence en fer

Une carence en fer peut favoriser la chute de cheveux. Le médecin peut la rechercher grâce à une prise de sang, notamment en dosant la ferritine, qui reflète les réserves de fer de l'organisme. En pratique, une ferritine inférieure à 30 µg/L évoque généralement des réserves insuffisantes. Entre 30 et 50 µg/L, elle peut également être considérée comme limite chez une femme qui présente une chute de cheveux, une fatigue ou des règles abondantes.

Une supplémentation en fer ne doit pas être prise sans avis médical : elle est surtout utile lorsqu'une carence est confirmée ou fortement suspectée.

Voir aussi l'article : Tout savoir sur le fer : rôle, stockage, carence, alimentation

5. Les autres déséquilibres nutritionnels

Une alimentation très pauvre en protéines, notamment dans le contexte d'un régime restrictif ou d'une perte de poids importante, peut perturber le cycle du cheveu. Une carence en vitamine D peut également être associée à certaines chutes de cheveux, sans que cela signifie automatiquement qu'une supplémentation favorisera la repousse.

Les compléments alimentaires ne sont donc pas systématiquement nécessaires. Les produits à base de biotine, très présents dans les compléments « anti-chute », ont surtout un intérêt en cas de déficit avéré, qui reste rare. À forte dose, la biotine peut fausser certains résultats d'analyses sanguines, notamment les dosages hormonaux et certains marqueurs cardiaques. Signalez-en la prise à votre médecin ou au laboratoire.

6. Un dérèglement de la thyroïde

Un dysfonctionnement de la thyroïde, qu'il s'agisse d'une hypothyroïdie ou d'une hyperthyroïdie, peut provoquer une chute diffuse des cheveux.

Selon les symptômes et le contexte, le médecin peut notamment prescrire un dosage de la TSH, qui permet d'évaluer le fonctionnement de la thyroïde.

7. Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK)

Le syndrome des ovaires polykystiques, aujourd'hui rebaptisé syndrome métabolique ovarien polyendocrinien (SMOP), est un trouble hormonal fréquent chez les femmes en âge de procréer. Il peut notamment s'accompagner d'un excès d'androgènes.

Parmi les manifestations possibles figurent des règles irrégulières, une pilosité excessive sur le visage ou le corps, de l'acné et, chez certaines femmes, une raréfaction progressive des cheveux de type androgénétique, avec un éclaircissement surtout visible au niveau du sommet du crâne ou de la raie.

Le diagnostic du SOPK repose sur un ensemble de critères médicaux et ne dépend pas uniquement de l'échographie des ovaires. Une consultation gynécologique ou endocrinologique peut être nécessaire.

Voir aussi l'article : C'est quoi le syndrome métabolique ovarien polyendocrinien (SMOP), anciennement SOPK ?

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Alopecia aerata, la pelade

8. La pelade ou alopécie areata : une maladie auto-immune

La pelade, ou alopécie areata, est une maladie dans laquelle le système immunitaire s'attaque par erreur aux follicules pileux. Elle provoque généralement une chute soudaine sous forme de plaques rondes ou ovales, bien délimitées.


Dans les formes limitées, une repousse spontanée est fréquente en quelques mois. Des traitements locaux, notamment à base de corticoïdes, peuvent également être proposés selon la situation.


Dans les formes sévères ou étendues, la prise en charge a beaucoup évolué ces dernières années. Des médicaments de la famille des inhibiteurs de JAK peuvent désormais être proposés dans certaines situations. Leur utilisation dépend notamment de la sévérité de la maladie, de l'âge, des antécédents et des recommandations et autorisations en vigueur dans chaque pays.


Ces traitements nécessitent une prescription et une surveillance médicales spécifiques. Le choix du traitement doit être discuté avec un dermatologue.

Voir aussi l'article : L'alopécie areata ou pelade : la perte soudaine des cheveux par plaques

9. Certains médicaments

De nombreux médicaments peuvent, dans certaines circonstances, provoquer ou favoriser une chute de cheveux. Parmi eux figurent notamment certains anticoagulants, bêtabloquants, antidépresseurs ou traitements agissant sur la tension artérielle. L'isotrétinoïne peut également être impliquée.

La chimiothérapie provoque fréquemment une chute de cheveux, car elle affecte les cellules qui se multiplient rapidement, notamment celles du follicule pileux. La radiothérapie du cuir chevelu peut également provoquer une chute, parfois durable lorsque les doses reçues sont importantes.

10. Les coiffures trop serrées : l'alopécie de traction

Les queues de cheval très serrées, certaines tresses, extensions ou coiffures qui exercent une tension répétée sur les cheveux peuvent provoquer une alopécie de traction.

La chute apparaît généralement dans les zones soumises aux tensions répétées, notamment au niveau des tempes et de la ligne d'implantation.

Lorsqu'elle est prise en charge suffisamment tôt, cette alopécie peut s'améliorer après l'arrêt des tensions. En revanche, une traction prolongée peut entraîner une atteinte définitive des follicules et donc une perte de cheveux irréversible.

Mieux vaut donc varier les coiffures et éviter de maintenir les cheveux constamment sous tension.

Voir aussi l'article : Alopécie de traction : ces coiffures qui peuvent causer la perte des cheveux

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© Getty Images - Les chignons tirés peuvent, à la longue, favoriser la perte des cheveux au niveau du front et des tempes, là où la tension est la plus forte.

11. Les infections du cuir chevelu

La teigne du cuir chevelu, une infection due à certains champignons, peut provoquer une chute localisée des cheveux, parfois accompagnée de démangeaisons, de rougeurs ou de squames.

Elle nécessite un diagnostic médical et un traitement antifongique, généralement par voie orale. Une prise en charge rapide est particulièrement importante chez l'enfant, car l'infection peut être contagieuse.

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© Getty Images - Teigne du cuir chevelu

Chute de cheveux : quand faut-il consulter ?

Il est conseillé de consulter un médecin, et si nécessaire un dermatologue, lorsque :

  • la chute persiste ou s'aggrave pendant plusieurs mois,
  • elle s'accompagne de plaques dégarnies,
  • le cuir chevelu présente des rougeurs, des squames, des douleurs ou des démangeaisons importantes,
  • la chute est très rapide ou particulièrement abondante,
  • elle touche également les sourcils ou les cils,
  • elle s'accompagne d'une fatigue inhabituelle, d'une variation importante du poids, de règles irrégulières ou d'une pilosité excessive,
  • une chute après l'accouchement ne semble pas progressivement s'améliorer.

Un diagnostic précis permet de déterminer le type d'alopécie et d'orienter la prise en charge. Le médecin peut notamment examiner le cuir chevelu à l'aide d'un appareil grossissant : c'est la trichoscopie.

Voir aussi l'article : Perte de cheveux chez l’homme : le sucre en cause ?

Quels examens le médecin peut-il prescrire ?

Les examens dépendent du type de chute et des symptômes associés. Une prise de sang peut notamment être proposée pour rechercher une carence en fer ou un problème thyroïdien, avec par exemple un dosage de la ferritine et de la TSH.

Un bilan hormonal, comprenant éventuellement la testostérone ou la DHEA-S, peut être envisagé lorsque certains signes font suspecter un excès d'androgènes : règles irrégulières, acné importante, pilosité excessive ou apparition rapide d'une alopécie.

Le dermatologue peut également réaliser une trichoscopie. Plus rarement, lorsqu'il existe un doute diagnostique, une biopsie du cuir chevelu peut être nécessaire.

Quels traitements existent contre la chute de cheveux chez la femme ?

Le traitement dépend avant tout de la cause de la chute. Une carence, un trouble thyroïdien, une maladie inflammatoire ou une alopécie androgénétique ne se traitent pas de la même manière.

Le minoxidil, un traitement de référence dans l'alopécie androgénétique

Le minoxidil appliqué sur le cuir chevelu est l'un des principaux traitements utilisés chez les femmes présentant une alopécie androgénétique. Les concentrations et les modalités d'utilisation dépendent du produit et des autorisations en vigueur dans chaque pays.

Le traitement doit être utilisé régulièrement et pendant plusieurs mois avant de pouvoir juger son efficacité. Une chute temporairement plus importante peut parfois être observée au début du traitement.

Des irritations du cuir chevelu ou une augmentation de la pilosité sur le visage peuvent survenir.

Le bénéfice se maintient généralement tant que le traitement est poursuivi : après son arrêt, les cheveux retrouvent progressivement leur évolution naturelle.

Les traitements antiandrogènes

Chez certaines femmes présentant une alopécie de type androgénétique, notamment lorsqu'il existe des signes d'excès d'androgènes, un dermatologue peut envisager un traitement antiandrogène.

La spironolactone est notamment utilisée dans cette indication dans certains pays, généralement hors de ses indications officiellement autorisées pour la chute de cheveux. D'autres traitements peuvent être envisagés dans certaines situations particulières.

Ces médicaments nécessitent un suivi médical et certains sont incompatibles avec une grossesse. Une contraception adaptée peut donc être nécessaire pendant le traitement.

Le minoxidil oral à faible dose

Le minoxidil peut également être prescrit par voie orale à faible dose dans certaines situations, notamment lorsque le traitement local est mal toléré ou insuffisant.

Cette utilisation est généralement hors AMM pour la chute de cheveux. Même à faible dose, le minoxidil oral peut provoquer des effets indésirables, notamment une baisse de la tension artérielle, des palpitations, une rétention d'eau ou une augmentation de la pilosité.

Il doit donc être prescrit et surveillé par un médecin, en particulier chez les personnes présentant des problèmes cardiovasculaires. Il n'est pas utilisé pendant la grossesse.

PRP, laser et mésothérapie : que valent ces traitements ?

Les injections de plasma riche en plaquettes (PRP) et les dispositifs utilisant des lasers ou des lumières de faible intensité font partie des traitements parfois proposés en complément.

Certaines études montrent des résultats encourageants, mais le niveau de preuve et les protocoles varient selon les techniques. Leur efficacité est donc plus difficile à prévoir que celle des traitements les mieux établis.

La mésothérapie est également proposée dans certains centres, mais les données disponibles restent limitées et les protocoles sont très variables.

Ces traitements sont généralement à la charge du patient et ne doivent pas faire oublier l'importance du diagnostic et du traitement de la cause.

Voir aussi l'article : PRP : injections de plasma dans le cuir chevelu pour stimuler la repousse des cheveux

La greffe de cheveux : une option pour certaines femmes

La greffe de cheveux peut être envisagée dans certaines formes d'alopécie lorsque les traitements médicaux ne permettent pas d'obtenir un résultat satisfaisant.

Elle est toutefois plus délicate chez la femme que chez l'homme. Dans l'alopécie androgénétique féminine, la raréfaction peut être diffuse et concerner une partie importante du cuir chevelu. La zone donneuse à l'arrière et sur les côtés de la tête peut donc elle aussi être affectée.

Une évaluation par un chirurgien spécialisé est indispensable avant d'envisager une greffe.

Voir aussi l'article : Traitements et médicaments contre la calvitie : avantages et inconvénients

Adapter sa coiffure et ses soins au quotidien

Certains gestes permettent de limiter la casse et les agressions du cheveu, même s'ils ne traitent pas directement une alopécie.

Il est notamment conseillé de :

  • éviter les coiffures qui tirent fortement sur les racines,
  • limiter l'utilisation excessive des appareils très chauds,
  • éviter les traitements chimiques répétés lorsqu'ils fragilisent le cheveu,
  • manipuler les cheveux mouillés avec douceur, car ils sont plus fragiles,
  • choisir une coupe qui donne visuellement davantage de volume si les cheveux se sont affinés.

Ces mesures peuvent contribuer à préserver la fibre capillaire, mais elles ne remplacent pas un diagnostic médical lorsque la chute est importante ou persistante.

Une chute de cheveux n'est pas toujours synonyme de perte définitive. Dans de nombreuses situations, la cause peut être identifiée et la chute peut être stabilisée ou s'améliorer avec une prise en charge adaptée. En cas de chute inhabituelle, persistante ou associée à d'autres symptômes, mieux vaut consulter plutôt que multiplier les compléments ou les traitements sans diagnostic.

Voir aussi l'article : Pourquoi la texture de mes cheveux change avec l’âge : causes et solutions

Sources : 

https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov
nejm.org
https://my.clevelandclinic.org
https://www.nhs.uk
https://dehuidkliniek.be
https://www.cbip.be

auteur : Olivia Regout - journaliste santé

Dernière mise à jour: septembre 2026

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