Calculs rénaux : un régime riche en protéines augmente-t-il vraiment le risque ?

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Les protéines n'ont jamais eu autant la cote. Des barres et boissons protéinées aux yaourts et pains enrichis, de plus en plus de personnes cherchent à augmenter leurs apports pour perdre du poids, prendre du muscle ou vieillir en meilleure santé. Mais un tel régime riche en protéines comporte-il des risques ? Plusieurs études suggèrent qu'une consommation élevée de protéines (surtout d'origine animale) pourrait accroître le risque de calculs rénaux. Ce lien est-il vraiment solide ? Voici ce que dit la science.

Calculs rénaux : un problème de plus en plus fréquent

Les calculs rénaux, aussi appelés lithiase rénale ou néphrolithiase, sont de petits cristaux durs qui se forment dans les reins ou les voies urinaires. On estime que 5 à 15 % de la population y sera confrontée au moins une fois dans sa vie, et cette proportion semble augmenter partout dans le monde. Cette hausse s'explique en partie par l'évolution de nos modes de vie et de notre alimentation, avec notamment une consommation croissante de protéines animales, de sel et de produits ultra-transformés.

Un calcul se forme lorsque certaines substances présentes dans l'urine, comme le calcium, l'oxalate ou l'acide urique, deviennent si concentrées qu'elles cristallisent. En temps normal, des composés protecteurs comme le citrate et le magnésium empêchent ces cristaux de grossir jusqu'à former une véritable pierre. Mais lorsque cet équilibre se rompt, les cristaux peuvent s'agglomérer et donner naissance à un calcul rénal.

Les symptômes sont très variables : certaines personnes ne ressentent absolument rien, tandis que d'autres souffrent de douleurs soudaines et intenses dans le flanc ou le bas du dos, de sang dans les urines, de nausées, voire d'une infection urinaire.

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Les différentes sortes de calculs rénaux

Il existe différentes sortes de calculs rénaux. Ils sont classifiés en fonction de leur composition chimique.

  • Les calculs d'oxalate de calcium, de loin les plus fréquents, représentent 70 à 80 % des cas.
  • Les calculs de phosphate de calcium sont plus rares, mais résultent eux aussi d'un déséquilibre du métabolisme du calcium.
  • Les calculs d'acide urique constituent environ 5 à 10 % des cas et touchent plus souvent les personnes qui consomment beaucoup d'aliments riches en purines, comme la viande rouge et les abats.
  • Les calculs de struvite apparaissent généralement à la suite d'une infection urinaire bactérienne.
  • Les calculs de cystine, quant à eux, sont rares et liés à une maladie métabolique héréditaire.

Un régime riche en protéines cause-t-il vraiment des calculs rénaux ?

En résumé, la réponse est : non, pas automatiquement.

Les protéines restent un nutriment indispensable. Elles fournissent les acides aminés nécessaires à la construction et à la réparation des muscles, à la fabrication des enzymes et des hormones, ainsi qu'au bon fonctionnement du système immunitaire. Le corps ne peut pas fonctionner de manière optimale sans un apport suffisant de protéines.

Certaines recherches montrent toutefois qu'une consommation élevée et prolongée de protéines, en particulier d'origine animale (viande, poisson, certains produits laitiers), peut modifier la composition de l'urine. Chez les personnes prédisposées, ces changements peuvent favoriser la formation de calculs.

Ce n'est donc pas la protéine en tant que telle qui pose problème, mais bien sa quantité, son origine et, plus largement, l'équilibre global de l'alimentation.

Voir aussi l'article : Les barres protéinées, des en-cas sains ?

Pourquoi les protéines animales augmentent-elles le risque de calculs rénaux ?

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© Getty Images

Les chercheurs ont identifié plusieurs mécanismes qui expliquent pourquoi une alimentation riche en protéines peut augmenter le risque de calculs rénaux.

1. L'urine devient plus acide

Les protéines animales sont relativement riches en acides aminés soufrés, comme la méthionine et la cystéine. Leur dégradation produit des acides que les reins doivent ensuite éliminer.

L'urine peut alors s'acidifier. Or, dans une urine acide, certaines substances comme l'acide urique se dissolvent moins bien, ce qui favorise la formation de cristaux. Une urine acide peut également permettre aux cristaux d'acide urique de servir de « point d'ancrage » sur lequel viennent ensuite se déposer des cristaux d'oxalate de calcium.

2. Plus de calcium dans l’urine

L'un des principaux facteurs de risque des calculs calciques est une élimination excessive de calcium par les urines, un phénomène appelé hypercalciurie.

Un régime riche en protéines peut y contribuer de plusieurs façons. Sous l'effet de la charge acide accrue, davantage de calcium est libéré par les os, tandis que les reins en réabsorbent moins. La quantité de calcium présente dans les urines augmente alors, où il peut se lier à l'oxalate ou au phosphate et former des cristaux.

3. Moins de citrate, un agent protecteur naturel

Le citrate figure parmi les meilleurs alliés naturels contre les calculs rénaux. Il se lie au calcium présent dans l'urine, réduisant ainsi la quantité de calcium libre disponible pour former des cristaux. Il freine également la croissance et l'agrégation des cristaux déjà présents.

Lorsque la charge acide augmente, le taux de citrate urinaire diminue, car l'organisme le mobilise pour rétablir l'équilibre acido-basique. Moins de citrate signifie donc moins de protection contre la formation de calculs.

4. Plus d’acide urique

La viande rouge, les abats et certains poissons sont particulièrement riches en purines. Or, leur dégradation produit de l'acide urique.

Une consommation élevée de ces aliments peut donc faire grimper le taux d'acide urique dans les urines. Cela augmente non seulement le risque de calculs uriques, mais les cristaux d'acide urique peuvent aussi favoriser l'apparition de calculs d'oxalate de calcium.

5. Potentiellement plus d'oxalate

Certains acides aminés, comme la glycine, la tyrosine et le tryptophane, peuvent, au cours de leur métabolisme, contribuer à la production d'oxalate, l'un des principaux composants des calculs les plus fréquents. Ce mécanisme semble lui aussi jouer un rôle, même s'il paraît moins déterminant que les variations du calcium, du citrate et de l'acide urique.

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Toutes les sources de protéines présentent-elles le même risque ?

Non. La plupart des études indiquent que ce sont surtout les protéines animales qui augmentent la charge acide de l'organisme. Les sources végétales, comme les légumineuses, le soja ou les noix, semblent avoir un effet bien moindre.

Cela s'explique notamment par leur richesse en potassium et en anions organiques, que l'organisme transforme en bicarbonate, ce qui leur confère un effet plutôt alcalinisant. Les fruits et légumes apportent en outre des composés susceptibles d'augmenter la concentration de citrate dans les urines, ce qui contribue justement à freiner la formation de calculs.

Cela ne signifie pas pour autant qu'une alimentation entièrement végétale offre une protection automatique : certains aliments d'origine végétale sont eux aussi riches en oxalate. C'est donc bien l'équilibre global de l'alimentation qui compte le plus.

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Que disent les études sur les protéines et les calculs rénaux ?

Plusieurs études à grande échelle montrent que les personnes qui consomment beaucoup de viande rouge et d'autres protéines animales développent, en moyenne, davantage de calculs rénaux que celles qui suivent un régime plus végétalien.

Des études d'intervention révèlent par ailleurs que le fait de modérer sa consommation de protéines animales permet de réduire l'excrétion urinaire de calcium et d'acide urique. Parallèlement, une plus grande consommation de fruits et légumes tend à augmenter le taux de citrate et à rendre l'urine moins acide.

Certains travaux suggèrent même qu'une alimentation combinant un apport modéré en protéines, un apport suffisant en calcium et une consommation limitée de sel protège mieux contre la récidive des calculs rénaux qu'un régime axé uniquement sur la restriction du calcium.

Les protéines ne sont pas les seules coupables

Si les protéines peuvent jouer un rôle, les calculs rénaux résultent le plus souvent d'une combinaison de facteurs.

Le risque est également accru en cas de :

  • hydratation insuffisante,
  • consommation élevée de sel,
  • surpoids,
  • antécédent de calculs rénaux,
  • certains troubles métaboliques,
  • prédisposition héréditaire.

Une hydratation insuffisante reste d'ailleurs l'un des facteurs de risque les plus faciles à corriger. Plus l'urine est concentrée, plus la probabilité de formation de cristaux augmente.

Combien de protéines faut-il consommer par jour ?

Chez l'adulte en bonne santé, l'apport recommandé se situe autour de 0,83 gramme de protéines par kilogramme de poids corporel et par jour.

Ce besoin augmente avec l'âge, car l'organisme construit du muscle moins efficacement. Selon l'âge et l'état de santé, un apport de 1,1 à 1,5 gramme par kilogramme et par jour est souvent recommandé pour limiter la fonte musculaire, aussi appelée sarcopénie.

Les sportifs et les personnes en convalescence peuvent, eux aussi, avoir des besoins plus élevés. Cela ne veut pas dire pour autant que « plus on en consomme, mieux c'est ».

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Comment réduire le risque de calculs rénaux au quotidien ?

Pas besoin de bannir les protéines pour limiter le risque de calculs rénaux : il suffit de suivre quelques conseils alimentaires de bon sens.

  • Buvez suffisamment pour maintenir une urine bien diluée.
  • Limitez les grandes quantités de viande rouge et transformée.
  • Variez avec des sources de protéines végétales comme les légumineuses, le soja ou les noix.
  • Consommez chaque jour suffisamment de fruits et légumes.
  • Réduisez votre consommation de sel.

Veillez à un apport calcique normal via l'alimentation : consommer trop peu de calcium peut, paradoxalement, augmenter le risque de calculs d'oxalate de calcium, car davantage d'oxalate est alors absorbé par l'intestin.

Conclusion

Cela ne signifie pas pour autant qu'il faille éviter les protéines : impossible, d'ailleurs, puisqu'elles restent indispensables à notre organisme. Un apport protéique équilibré, une hydratation suffisante, un apport calcique normal, une consommation généreuse de fruits et légumes et une limitation du sel demeurent les meilleurs réflexes alimentaires pour réduire autant que possible le risque de calculs rénaux.

Sources :

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Source: Dr. ir. Eric De Maerteleire auteur : Sofie Van Rossom - journaliste santé

Dernière mise à jour: août 2026

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