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C'est quoi le syndrome métabolique ovarien polyendocrinien (SMOP), anciennement SOPK ?
- Pourquoi le SOPK a-t-il changé de nom ?
- Qu'est-ce que le SMOP ?
- Quelles sont les causes du SMOP ?
- Quels sont les symptômes du syndrome métabolique ovarien polyendocrinien ?
- Évolution des symptômes et complications du SMOP
- Comment le diagnostic de SMOP est-il posé ?
- Quel est le traitement du syndrome métabolique ovarien polyendocrinien ?
dossier
Près d'une femme sur dix serait concernée par le syndrome métabolique ovarien polyendocrinien (SMOP), anciennement appelé syndrome des ovaires polykystiques (SOPK). Cette affection hormonale fréquente peut perturber l'ovulation, affecter la fertilité et avoir des répercussions importantes sur la santé physique et psychologique.
Cycles irréguliers, acné, pilosité excessive, difficultés à concevoir ou prise de poids : les manifestations du SMOP sont très variables d'une femme à l'autre.
Voir aussi l'article : Témoignage | Un bébé, malgré mon syndrome des ovaires polykystiques
Pourquoi le SOPK a-t-il changé de nom ?
En mai 2026, des experts réunis lors du Congrès européen d'endocrinologie ont proposé de remplacer l'appellation « syndrome des ovaires polykystiques » par « syndrome métabolique ovarien polyendocrinien » (SMOP). L'objectif est de mieux refléter la réalité de cette maladie. En effet, contrairement à ce que son ancien nom laissait penser, les femmes concernées ne présentent pas de véritables kystes ovariens. Les images observées à l'échographie correspondent en réalité à de nombreux petits follicules immatures qui n'achèvent pas leur développement. Les spécialistes estiment que l'ancien terme pouvait être source de confusion, conduire à des diagnostics imprécis et faire oublier les dimensions hormonales et métaboliques du trouble. |
Qu'est-ce que le SMOP ?
© Getty Images - SMOP et accumulation de follicules dans l'ovaire
Le «syndrome métabolique ovarien polyendocrinien (SMOP) est un trouble complexe impliquant plusieurs hormones. Il se caractérise souvent par une production excessive d'androgènes, des hormones généralement présentes en plus faible quantité chez la femme.
Cette perturbation hormonale peut empêcher l'ovulation de se dérouler normalement. Les follicules qui se développent dans les ovaires ne parviennent pas toujours à maturité et s'accumulent. À l'échographie, l'ovaire présente alors un aspect caractéristique avec de nombreux follicules de petite taille ou un volume ovarien augmenté.
Le SMOP est également fréquemment associé à une résistance à l'insuline, un phénomène qui favorise les troubles métaboliques et peut contribuer à l'excès d'androgènes.
Quelles sont les causes du SMOP ?
Les causes exactes restent mal connues. Les chercheurs pensent qu'il s'agit d'une maladie multifactorielle résultant de l'interaction entre plusieurs éléments :
- des facteurs génétiques,
- des facteurs hormonaux,
- des facteurs environnementaux,
- des facteurs épigénétiques,
- certains facteurs liés au mode de vie.
La composante familiale semble importante. Les femmes ayant une mère ou une sœur atteinte présentent un risque plus élevé de développer la maladie.
Le surpoids ou l'obésité peuvent aggraver les symptômes chez certaines patientes, notamment en augmentant la résistance à l'insuline. Toutefois, de nombreuses femmes atteintes du SMOP ont un poids normal. Le surpoids n'est donc pas la cause de la maladie.
Comme les mécanismes exacts ne sont pas encore totalement compris, il n'existe actuellement aucun moyen reconnu de prévenir l'apparition du SMOP.
Voir aussi l'article : Quels traitements pour lutter contre l’endométriose ?
Quels sont les symptômes du syndrome métabolique ovarien polyendocrinien ?
Les symptômes varient fortement d'une femme à l'autre. Certaines présentent peu de manifestations tandis que d'autres sont fortement impactées dans leur vie quotidienne.Les signes les plus fréquents sont :
- des cycles menstruels irréguliers ou absents,
- une ovulation rare ou absente,
- des problèmes de fertilité,
- une https://www.passionsante.be/rubrique/acne" target="_blank">acné persistante,
- une perte de cheveux,
- une hyperpilosité sur le visage ou le corps (https://www.passionsante.be/article/soins-de-la-peau-et-des-cheveux/hirsutisme-que-faire-contre-ces-exces-de-poils-chez-la-femme-29688" target="_blank">hirsutisme),
- une prise de poids ou des difficultés à perdre du poids,
- une fatigue importante,
- des https://www.passionsante.be/rubrique/insomnie-troubles-du-sommeil" target="_blank">troubles du sommeil,
- une perte d'énergie,
- de l'anxiété,
- des symptômes dépressifs,
- d'une baisse de l'estime de soi liée aux manifestations physiques de la maladie.
Voir aussi l'article : Qu'est-ce que le syndrome métabolique ?
Évolution des symptômes et complications du SMOP
Le SMOP ne se limite pas à des problèmes gynécologiques ou de fertilité.
À long terme, il est associé à un risque accru de :
- diabète de type 2,
- prédiabète,
- hypertension artérielle,
- anomalies du cholestérol,
- syndrome métabolique,
- maladies cardiovasculaires,
- stéatose hépatique non alcoolique (foie gras),
- apnée obstructive du sommeil.
Ces risques justifient un suivi médical régulier, même lorsque les symptômes gynécologiques semblent bien contrôlés.
Comment le diagnostic de SMOP est-il posé ?
Le diagnostic repose sur plusieurs éléments : l'histoire médicale, les symptômes, l'examen clinique, les analyses sanguines et parfois une échographie pelvienne.
Le médecin doit également exclure d'autres maladies pouvant provoquer des symptômes similaires.
Chez l'adulte, le diagnostic est généralement posé lorsqu'au moins deux des trois critères suivants sont présents :
- des troubles de l'ovulation ou des cycles menstruels irréguliers,
- des signes cliniques ou biologiques d'excès d'androgènes,
- un aspect ovarien caractéristique (morphologie ovarienne polykystique à l'échographie ou via un dosage de l'AMH, mesure de l'hormone antimüllérienne).
Le diagnostic peut être plus difficile à établir chez les adolescentes, car des cycles irréguliers et de l'acné peuvent également faire partie du développement normal après la puberté.
Voir aussi l'article : L'UZ Brussel ouvre une clinique SOPK
Quel est le traitement du syndrome métabolique ovarien polyendocrinien ?
À l'heure actuelle, il n'existe pas de traitement permettant de guérir définitivement le SMOP. La prise en charge vise à contrôler les symptômes et à réduire les risques de complications à long terme.
Le traitement est adapté à chaque femme selon son âge, ses symptômes, son projet de grossesse et son profil métabolique.
Modifier les habitudes de vie
Lorsqu'un excès de poids est présent, une perte de poids même modeste peut améliorer l'ovulation, réduire les taux d'androgènes et diminuer les risques métaboliques.
Une alimentation équilibrée, une activité physique régulière et un accompagnement psychologique lorsque cela est nécessaire font partie intégrante de la prise en charge.
Réguler les cycles et réduire l'excès d'androgènes
Chez les femmes ne souhaitant pas de grossesse, une pilule contraceptive oestroprogestative peut être prescrite afin de réguler les cycles menstruels et de diminuer certains symptômes liés à l'hyperandrogénie, comme l'acné ou l'hirsutisme.
Fertilité
Chez les femmes qui souhaitent concevoir, des traitements destinés à stimuler l'ovulation peuvent être proposés. Le letrozole est aujourd'hui considéré comme le traitement médicamenteux de première intention dans de nombreux cas. D'autres options existent lorsque ce traitement n'est pas efficace ou n'est pas indiqué.
Prendre en charge les symptômes gênants
Lorsque l'acné ou la pilosité excessive ont un impact important sur la qualité de vie, des traitements spécifiques peuvent être envisagés. Certains médicaments anti-androgènes nécessitent toutefois des précautions particulières et un suivi médical étroit.
Le choix du traitement doit toujours être discuté avec le médecin en tenant compte des bénéfices attendus et des éventuels risques.
Un trouble qui nécessite une prise en charge globale
Longtemps considéré comme un simple problème gynécologique, le syndrome métabolique ovarien polyendocrinien est aujourd'hui reconnu comme une maladie complexe qui touche à la fois les systèmes hormonal, reproducteur et métabolique.
Un diagnostic précoce et une prise en charge personnalisée permettent non seulement d'améliorer les symptômes, mais aussi de réduire le risque de complications futures et d'améliorer la qualité de vie des femmes concernées.
Voir aussi l'article : Ces femmes racontent ce que c'est vraiment de ne pas avoir d'enfants
Sources :
https://www.inserm.fr
https://www.msdmanuals.com
https://www.who.int
https://www.nhs.uk














