Témoignage | Un bébé, malgré mon syndrome des ovaires polykystiques

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dossier

Leila souffre de ce qu'on appelle le syndrome des ovaires polykystiques, ou SOPK pour les intimes. Comme beaucoup de femmes, c'est en essayant de faire un enfant qu'elle s'est découverte atteinte de ce syndrome. Elle raconte son histoire.

"Nous étions en couple depuis quatre ans quand les premières envies de bébé se sont fait sentir. C'est là que tout a commencé. J’ai arrêté la pilule en décembre 2018. On voulait laisser faire les choses, ne pas se mettre la pression. Seulement après l’arrêt de ma pilule, mes règles naturelles ne sont jamais revenues... Au bout d’un mois, je commençais tout doucement à me poser des questions et à me dire que c’était certainement dû à un dérèglement hormonal causé par la pilule, que ça allait revenir. Mais au fond de moi, j’avais l’impression que quelque chose clochait.

Une intuition

Après deux mois sans retour de règles, je me décide à prendre rendez-vous chez ma gynécologue mais, bien sûr, le rendez-vous n'était prévu qu'un mois plus tard, j’allais devoir patienter. Entre temps, toujours pas de règles. Étais-je enceinte? Les tests de grossesse me confirmaient que non les uns après les autres, et j’ai fait ce qu'on fait souvent dans ces cas-là: aller sur Internet pour consulter tous genre de forum et autres articles sur le sujet. C'est à ce moment-là que j’ai découvert le syndrome des ovaires polykistiques. Une part de moi se disait: "Et si j’étais une SOPK?" Et une autre part de moi pensait "mais non ce n’est pas ça, ce n’est qu’un bête retard de règles, et puis j’ai toujours été comme ça depuis mes premières règles, jamais elles n’ont été régulières" ...et je me disais à nouveau que, c'est sûr, quelque chose clochait. C'était très stressant. J'avais beau me dire que je verrais bien lors de mon rendez-vous chez la gynécologue, j’angoissais déjà sur le fait que, sans règles régulières, ça risquait d'être compliqué de concevoir un bébé.

Ce fameux rendez-vous tant attendu est arrivé, et le verdict avec lui. Lorsque j’ai aperçu à l’échographie tous les petits follicules sur mes ovaires, qui semblaient bien trop nombreux, j’ai tout de suite compris. La gynécologue a confirmé le diagnostic de SOPK, et, pour, moi le monde s'écroulait. Je pensais alors que c’était rare, que c’était tabou, que ça me faisait perdre une part de féminité et je l’ai vécu comme une honte. Mais je n’avais pas de symptômes flagrants, rien n’était visible mis à part ma peau à tendance acnéique. La prise de pilule avait simplement masqué le syndrome.

Mon intuition était la bonne: quelque chose clochait, mes ovaires ne fonctionnaient pas normalement et, de ce fait, je n’allais pas pouvoir tomber enceinte facilement. Je me suis sentie différente des autres femmes. Les ovaires polykystiques, c’est avoir des cycles complètement anarchiques, ne jamais savoir quand on va ovuler ni quand nos règles vont arriver. C’est aussi être facilement à fleur de peau et angoissée, les ovaires et les hormones y étant pour beaucoup.

Sacrés ovaires!

J'ai eu la chance d'avoir une gynécologue extraordinaire qui a essayé de me rassurer et a très vite abordé les solutions. À cette époque, je me sentais seule au monde, et ce n’est que bien plus tard, en en parlant, que j’apprenais que d'autres femmes de mon entourage souffraient du même syndrome. C'est bête mais ça fait du bien de se sentir un peu moins seule!

Nous avons donc tenté pendant trois cycles de faire revenir mes règles, mais elles ne pointaient le bout de leur nez que si elles étaient provoquées par une prise de pilule durant dix jours. Sacrés ovaires! Après trois mois d’essai de "retour de cycle", la gynéco me prescrit finalement du Clomid. Je découvre alors que c’est un stimulant hormonal qui pourrait me donner un petit coup de pouce pour tomber enceinte, chose que je désirais alors plus que tout mais dont je ne parlais pas.

Un traitement au Clomid se fait sous étroite surveillance gynécologique. Au mois de juin, on décide donc de provoquer à nouveau un cycle en prenant la pilule pendant dix jours, suivie d'une prise de Clomid pendant cinq jours précis du cycle. Au dixième jour du cycle, je dois impérativement voir la gynéco pour savoir si le Clomid fonctionne. Hélas, elle m’annonce lors de l'échographie qu'ovaires et follicules ont fort gonflé, et que donc que ça ne sera certainement pas pour ce coup-ci. Ce jour-là, le monde s’écroule une deuxième fois. J’ai alors décidé de lâcher prise et d'essayer de continuer à vivre ma vie normalement. Sauf que... sans le savoir, j’avais ovulé, et je ne l’ai su qu'à la fin du mois, quand mon endocrinologue (médecin des hormones) m’a annoncé que mes résultats hormonaux indiquaient une ovulation. Qui dit ovulation, dit règles qui arrivent! Mais une fois de plus, elles ne sont jamais arrivées. La gynéco m'avait dit que ça ne serait pas pour cette fois, mais j’ai quand même décidé de faire un test de grossesse, pour être sûre. Le destin en avait décidé autrement que ce que montrait l'écho, j'étais enceinte! Le test était bien positif, et le Clomid avait marché du premier coup pour moi, une "sopkette" qui avait arrêté la pilule seulement six mois plus tôt.

Bébé Clomid

J’ai vécu une superbe grossesse et mon "bébé Clomid" a été en pleine forme tout au long de la grossesse. Je suis devenue l'heureuse maman d'une petite Ella qui est mon rayon de soleil et mon petit miracle! Aujourd’hui, j’ai repris la pilule et je n’ai pas plus de symptômes que ceux qui s'étaient déjà manifestés: peau acnéique, perte de cheveux, irritabilité et toujours un peu trop de testostérone dans mes analyses. 

J'aimerais dire à toutes les sopkettes qui veulent un enfant de toujours garder espoir. Nos ovaires ne nous empêchent pas de vivre une vie normale, d'avoir la chance de devenir maman un jour, de pouvoir nous sentir femme malgré ce dysfonctionnement hormonal. Nous sommes fortes et surtout, nous sommes nombreuses. Il faut oser en parler, ne pas avoir honte. Soyons fières de nous et soyons fières de nos ovaires!"

Voir aussi l'article : Le syndrome des ovaires polykystiques, c'est quoi?

auteur : Amélie Micoud - journaliste santé

Dernière mise à jour: novembre 2023
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