Tout savoir sur le fer : rôle, stockage, carence, alimentation

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Le fer est un minéral essentiel qui contribue à un taux de fer sanguin normal et prévient l'anémie. Une carence en fer peut entraîner de l’anémie. Il s’agit du problème nutritionnel le plus répandu dans le monde. En Belgique, 1 personne sur 7 présente une forme d’anémie. Toutes les tranches d’âge sont concernées, bien que les enfants, les femmes enceintes, les femmes menstruées et les personnes sous dialyse soient les plus exposées.

Causes de l’anémie

L'anémie peut avoir diverses causes :

  • une affection sous-jacente
  • une carence en vitamine B12 ou en acide folique
  • une carence en fer
  • une destruction accrue des globules rouges, comme dans la thalassémie ou la drépanocytose (maladies héréditaires du sang).

Le rôle du fer dans le corps

Le fer est un composant essentiel de l'hémoglobine, la protéine des globules rouges qui transporte l'oxygène des poumons vers tous les tissus. En cas de carence en fer, le nombre de globules rouges diminue, ce qui réduit l'apport d'oxygène à l'organisme et provoque de la fatigue.

Le fer occupe également un rôle dans :

  • La myoglobine, qui stocke l’oxygène dans les muscles
  • Le développement et la croissance du cerveau chez l’enfant
  • La production et le fonctionnement normaux de différentes cellules et hormones.

Fer héminique et non héminique

Le fer issu de l’alimentation se présente sous deux formes :

Fer héminique

  • Uniquement présent dans la viande, la volaille et le poisson
  • Il est mieux assimilé par l’organisme
  • Il constitue de 10 à 15% du fer contenu de notre alimentation

Fer non héminique

  • On le trouve dans les aliments d'origine végétale tels que les céréales complètes, les noix, les graines, les légumineuses et les légumes à feuilles vertes.
  • On le trouve également dans la viande (les animaux consomment des aliments d'origine végétale contenant du fer non héminique) et dans les produits enrichis.
  • Il représente 85 à 90% du fer issu de l’alimentation

Stockage et transport du fer

Le corps stocke le fer sous forme de ferritine, essentiellement dans le foie, la rate, les tissus musculaires et la moelle osseuse. Le transport du fer est assuré par la transferrine, une protéine du sang qui se fixe au fer. Si le médecin soupçonne une carence en fer, il peut demander un bilan martial (bilan sanguin pour évaluer les réserves et le métabolisme du fer dans l'organisme), qui mesurera à la fois le taux de ferritine et de transferrine.

Voir aussi l'article : Ferritinémie : taux de ferritine trop haut ou trop bas

Quelle quantité de fer par jour ?

Le corps humain contient environ 3,5 à 5 grammes de fer, essentiellement dans l’hémoglobine. Il est essentiel de consommer suffisamment de fer, puisque nous en perdons tous les jours. Les besoins varient selon le sexe, l’âge, l'état nutritionnel, le niveau d'activité physique, la grossesse et l'allaitement. Ces besoins sont exprimés en AJR (Apports Journaliers Recommandés). Un excès de fer pouvant être nocif, une LSS (Limite Supérieure de Sécurité) est également établie.

Apport journalier recommandé (AJR) en fer

  • Adultes de 18 à 74 ans : hommes 9 mg/jour, femmes 15 mg/jour
  • Femmes enceintes et femmes allaitantes : 15 mg/jour (parfois plus élevé pendant la grossesse)
  • Adolescents de 14 à 17 ans : garçons 11 mg/jour, filles 15 mg/jour
  • Personnes âgées de plus de 74 ans : hommes et femmes 9 mg/jour, en tenant compte de la fin des menstruations ; certaines femmes suivent l’AJR pour les femmes plus jeunes jusqu’à la ménopause.

Limite Supérieure de Sécurité (LSS) en fer

Le Conseil Supérieur de la Santé se réfère aux directives internationales :

  • EFSA (2004) : n'a pas pu établir de limite supérieure de sécurité
  • NIH (États-Unis) : 40 mg/jour pour les enfants jusqu'à 14 ans, 45 mg/jour pour les personnes de plus de 14 ans

Il est important d'avoir un apport suffisant en fer et d'éviter le surdosage, notamment par le biais des compléments alimentaires.

Voir aussi l'article : Carence en fer : symptômes, personnes à risque, où trouver du fer ?

Alimentation riche en fer

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© Getty Images - aliments riches en fer

Sources de fer héminique :

  • Huîtres, palourdes
  • Foie de veau ou de poulet
  • Abas
  • Sardines en conserve
  • Viande de boeuf
  • Volaille
  • Thon en conserve

Sources de fer non héminique :

  • Céréales de petit-déjeuner enrichies
  • Haricots
  • Chocolat noir (au moins 45 %)
  • Lentilles
  • Épinard
  • Pomme de terre avec la peau
  • Noix, graines
  • Riz ou pain enrichis

Voir aussi l'article : Boudin noir : les bienfaits et les inconvénients pour la santé

Carence en fer

La carence en fer est plus fréquente chez les enfants, les femmes menstruées ou enceintes et les personnes suivant un régime alimentaire pauvre en fer. Elle se développe généralement par étapes :

  1. Phase bénigne : les réserves de fer stockées diminuent, souvent en raison d’un apport insuffisant ou d’une perte de sang excessive.
  2. Stade avancé : les réserves de fer s'épuisent davantage et le nombre de globules rouges diminue.
  3. Anémie ferriprive (AFI) : les réserves sont complètement épuisées et il y a une perte importante de globules rouges.

Les médecins dépistent l'anémie à l'aide d'une numération formule sanguine complète, incluant le dosage de l'hémoglobine, de l'hématocrite et des paramètres des globules rouges (volume et taille). Si des valeurs anormales sont détectées, des examens complémentaires peuvent être réalisés, tels que le dosage de la ferritine et de la transferrine, afin de confirmer ou d'exclure une anémie ferriprive. Ceci permet d'éliminer d'autres formes d'anémie non liées à une carence en fer.

Anémie par carence en fer (ferriprive)

Symptômes de l'anémie ferriprive (AFI)

  • Fatigue, faiblesse
  • Vertiges, perte de concentration
  • Sensibilité au froid
  • Essoufflement, rythme cardiaque rapide
  • Peau pâle

Chute de cheveux, ongles cassants

Traitement : L’anémie ferriprive est généralement traitée par une supplémentation orale en fer (150 à 200 mg de fer élémentaire par jour, selon la prescription médicale). Les patients à haut risque peuvent recevoir 60 à 100 mg par jour. Le taux de fer dans le sang doit être surveillé régulièrement et la posologie ajustée afin de prévenir les effets indésirables tels que la constipation.

Groupes à risque d'anémie ferriprive

  • Femmes enceintes : besoin accru en fer pour le fœtus ; risque d’accouchement prématuré ou de faible poids à la naissance.
  • Chez les femmes souffrant de règles abondantes : une augmentation des pertes de sang peut entraîner une anémie ferriprive.
  • Enfants : une croissance rapide nécessite beaucoup de fer.
  • Personnes âgées : risque lié à une mauvaise alimentation ou à des maladies chroniques.
  • Végétariens : le fer non héminique est moins bien absorbé ; il est recommandé de le combiner avec de la vitamine C.
  • Athlètes d'endurance : l'hémolyse et la perte de sang dues à l'impact au pied augmentent le risque, notamment chez les femmes menstruées.
  • Chez les personnes souffrant d'insuffisance rénale chronique ou sous dialyse : la réduction de la production d'érythropoïétine (EPO) et les pertes de sang pendant la dialyse augmentent le risque.

Excès de fer : rare mais dangereux

L’intoxication au fer est rare, car l'organisme régule l'absorption du fer et en assimile moins lorsque ses réserves sont suffisantes. Les excès proviennent souvent de doses élevées de compléments alimentaires sans nécessité médicale ou suite à une affection héréditaire qui entraîne une accumulation de fer.

Symptômes de l’excès de fer dans l’organisme

Les premiers symptômes sont souvent des troubles gastro-intestinaux, tels que :

  • constipation
  • nausée
  • vomissement
  • maux de ventre

En cas de surcharge importante, le fer peut s’accumuler dans des organes comme le cœur et les glandes endocrines, entraînant des lésions progressives mais irréversibles. Les symptômes cliniques peuvent être :

  • une augmentation des enzymes du foie et problèmes hématologiques
  • une pigmentation cutanée
  • une hypertrophie cardiaque, pouvant s'accompagner d'insuffisance cardiaque ou de troubles de la conduction.
  • une impuissance chez les hommes

Hémochromatose héréditaire

Certaines personnes souffrent d’hémochromatose, une affection héréditaire qui se caractérise par l’accumulation du fer dans l’organisme. Des traitements comme la phlébotomie (saignée) permettent d’éliminer l’excès de fer du sang. Ces patients doivent respecter un régime pauvre en fer et éviter les compléments de fer et de vitamine C.

En absence de traitement, l’hémochromatose peut entraîner de graves problèmes de santé tels que la cirrhose du foie, le cancer du foie et les maladies cardiovasculaires, en raison de l'accumulation de fer dans les organes vitaux.

Sources :

https://www.nice-info.be
Stein J, Hartmann F, Dignass AU. Diagnosis and management of iron deficiency anemia in patients with IBD. Nat Rev Gastroenterol Hepatol 2010 Nov;7(11):599-610
EFSA – European Food Authority. Opinion of the Scientific Panel on Dietetic Products, Nutrition and Allergies on a request from the Commission related to the Tolerable Upper Intake Level of Iron. The EFSA Journal 2004; 125:1-34.
Murray-Kolbe LE, Beard J. Iron. In: Coates PM, Betz JM, Blackman MR, et al., eds. Encyclopedia of Dietary Supplements. 2nd ed. London and New York: Informa Healthcare; 2010:432-8.
https://nutritionsource.hsph.harvard.edu
Hurrell R, Egli I (2010). Iron bioavailability and dietary reference values. Am J Clin Nutr ;91:1461S-7S.
National Institutes of Health Office of Dietary Supplements: Iron Fact Sheet for Health Professionals https://ods.od.nih.gov/factsheets/Iron-HealthProfessional/
Powers JM, Buchanan GR. Disorders of Iron Metabolism: New Diagnostic and Treatment Approaches to Iron Deficiency. (2019). Hematology/Oncology Clinics. Jun 1;33(3):393-408.
https://www.merckmanuals.com
Le CH. (2016). The prevalence of anemia and moderate-severe anemia in the US population (NHANES 2003-2012). PLoS One. Nov 15;11(11):e0166635.
https://www.leverpatientenvereniging.nl
https://www.mdlfonds.nl

Source: Dr.ir. Eric De Maerteleire auteur : Sofie Van Rossom - journaliste santé

Dernière mise à jour: mai 2026

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