Pourquoi le temps passe plus vite quand on vieillit ?

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Beaucoup d’adultes ont la même impression : les années semblent défiler de plus en plus rapidement avec l’âge. À l’inverse, l’enfance et l’adolescence paraissent, dans nos souvenirs, s’étirer longuement. Pourtant, le temps ne change pas. Ce qui évolue, c’est notre manière de le percevoir et de l’enregistrer dans notre mémoire.

Les chercheurs expliquent aujourd’hui ce phénomène par plusieurs mécanismes liés au fonctionnement du cerveau, à la mémoire et à nos habitudes de vie. 

Le rôle du cerveau dans notre perception du temps

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© Getty Images

Notre cerveau ne perçoit pas le temps comme une horloge. Il reconstruit plutôt la durée à partir des informations qu’il reçoit en permanence par nos sens : images, sons, odeurs, mouvements, émotions…

Chez les enfants, tout ou presque est nouveau : les lieux, les règles sociales, les apprentissages, les sensations. Le cerveau doit donc traiter une grande quantité d’informations et porter son attention sur de nombreux détails. Chaque journée laisse ainsi beaucoup de souvenirs distincts.

Avec l’âge, plusieurs changements interviennent :

  • les mouvements oculaires et la vitesse de traitement de certaines informations diminuent légèrement ;
  • les circuits neuronaux se simplifient et certaines connexions se dégradent avec le temps ;
  • nous devenons plus efficaces pour filtrer l’information.

Nous apprenons à ignorer ce qui n’est pas utile. Le cerveau traite moins de nouveautés, et la journée génère moins de souvenirs marquants. Résultat : lorsqu’on regarde en arrière, il semble s’être passé moins de choses, ce qui donne l’impression que le temps a accéléré.

Certains chercheurs comparent cela à un film dont on aurait retiré des images : plus il y a d’images, plus le film semble long ; moins il y en a, plus il paraît rapide.

L’effet des routines et du « pilote automatique »

Un autre facteur important est la routine. En vieillissant, notre quotidien devient plus prévisible : même trajet, mêmes tâches, mêmes habitudes. Beaucoup d’actions se font presque automatiquement.

Lorsque nous fonctionnons en « pilote automatique », notre attention diminue. Nous retenons moins de détails et nos journées deviennent moins mémorables. Avec moins de repères dans la mémoire, le temps semble s’être écoulé très vite.

C’est aussi pour cette raison que certaines journées paraissent interminables – lorsqu’il se passe beaucoup de choses nouvelles ou imprévues – alors que d’autres passent en un clin d’œil.

Pourquoi le temps semblait plus lent durant l'enfance ?

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© Getty Images - Chez les enfants, tout ou presque est nouveau (lieux, sensations, émotions). Chaque journée laisse beaucoup de souvenirs distincts.

Les souvenirs d’enfance donnent souvent l’impression que le temps était plus lent. Cela s’explique par le nombre d’expériences inédites vécues durant cette période : premières découvertes, nouveaux apprentissages, rencontres, émotions fortes.

Chaque nouveauté demande un effort cognitif important et crée des souvenirs riches en détails. Lorsque nous repensons à ces périodes, elles paraissent plus longues car notre mémoire contient davantage d’événements distincts.

Comment avoir l'impression que le temps passe moins vite ?

Il n’est évidemment pas possible de ralentir le temps réel. En revanche, on peut agir sur la manière dont il est vécu et mémorisé.

Plusieurs stratégies permettent de rendre les journées plus « denses » dans nos souvenirs et d'avoir ainsi l'impression que le temps passe moins vite :

  • sortir de la routine, même légèrement ;
  • essayer de nouvelles activités, loisirs, apprentissages continus ;
  • changer de trajet ou de décor ;
  • rencontrer de nouvelles personnes ;
  • voyager ou explorer de nouveaux lieux, même près de chez soi ;
  • être davantage attentif au moment présent, ce qu’on appelle la pleine conscience.

La pleine conscience ne doit pas être synonyme d’une longue méditation : il peut simplement s’agir de remarquer ce qui nous entoure, de prêter attention à nos sensations, aux paysages, aux conversations, plutôt que de fonctionner mécaniquement.

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La nouveauté, bonne pour la santé du cerveau

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© Getty Images - Sortez de la routine et essayez de nouvelles activités pour avoir l'impression que le temps passe moins vite.

Introduire de la nouveauté dans sa vie ne modifie pas seulement la perception du temps. Les activités nouvelles stimulent également :

  • l’attention,
  • la mémoire,
  • la motivation,
  • la flexibilité mentale.

Elles participent à améliorer ce que les spécialistes appellent la réserve cognitive, c’est-à-dire la capacité du cerveau à compenser les effets du vieillissement en utilisant de manière optimale les réseaux neuronaux existants ou en en développant de nouveaux. Le cerveau peut ainsi continuer à fonctionner efficacement et à mieux résister aux effets du temps. 

La nouveauté n’a pas besoin d’être spectaculaire : essayer une nouvelle recette, changer d’activité sportive, apprendre quelques mots d’une langue étrangère, écouter de nouvelles musiques, bricoler ou découvrir un nouveau quartier peuvent déjà enrichir la mémoire et donner l’impression d’un temps mieux rempli.

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Conclusion

Si le temps semble s’accélérer avec l’âge, ce n’est pas parce qu’il passe réellement plus vite, mais parce que notre cerveau enregistre moins de nouveautés et fonctionne davantage en mode automatique.

En cultivant la curiosité, la pleine conscience, le changement et la diversité des expériences au quotidien, il est possible de redonner de la « texture » à nos journées – et, au passage, d’avoir l’impression que le temps passe un peu moins vite.

Sources : 
https://news.virginia.edu
https://www.apa.org

auteur : Olivia Regout - journaliste santé

Dernière mise à jour: février 2026

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