Ozempic, Wegovy… et grossesse : les premières recommandations internationales

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Les traitements comme Ozempic, Wegovy ou Mounjaro sont de plus en plus utilisés chez les femmes en âge de procréer. Mais leur utilisation avant, pendant et après une grossesse soulève encore de nombreuses questions  : que faire lorsqu'une femme sous traitement envisage une grossesse… ou découvre qu'elle est déjà enceinte ?

Pour la première fois, un groupe international d'experts, auquel ont notamment participé des chercheurs de la KU Leuven et de l'Université de Plymouth, vient de publier des recommandations de consensus destinées à guider les professionnels de santé. Leur conclusion est nuancée : ces traitements ne doivent toujours pas être utilisés pendant la grossesse, mais les données disponibles sont plutôt rassurantes lorsqu'une grossesse débute par inadvertance sous traitement.

La grossesse reste déconseillée sous GLP-1

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© Getty Images - Il est recommandé d'arrêter Ozempic, Wegovy ou Mounjaro dès la confirmation d'une grossesse.

Aujourd'hui, les recommandations sont claires : les agonistes du GLP-1 ne sont pas recommandés pendant la grossesse et leur utilisation pendant l'allaitement reste déconseillée faute de données suffisantes pour garantir leur innocuité.

Cette prudence repose principalement sur les résultats d’études animales, qui avaient soulevé des inquiétudes concernant le développement du fœtus. Chez l'être humain, les connaissances restent encore limitées, car les femmes enceintes sont rarement incluses dans les essais cliniques.

Concrètement, Ozempic, Wegovy, Mounjaro et les autres traitements de cette famille ne doivent pas être poursuivis volontairement pendant une grossesse. Si le traitement est toujours en cours lorsqu'une grossesse est découverte, il est recommandé de l'arrêter dès sa confirmation et d'en discuter rapidement avec son médecin.

Voir aussi l'article : Analogues du GLP-1 : pour qui et comment ça marche ?

Une exposition accidentelle ne semble pas augmenter le risque de malformations

Les chercheurs ont analysé 34 études comprenant des essais cliniques, des registres de pharmacovigilance, des études observationnelles et des cas rapportés. Au total, plus de 1 500 grossesses exposées à un médicament de type GLP-1 ont été analysées.

Résultat : les données disponibles n'ont pas montré d'augmentation du risque de malformations congénitales majeures lorsque le traitement a été pris par inadvertance en début de grossesse.

Autrement dit, une femme qui découvre qu'elle est enceinte alors qu'elle prenait de l'Ozempic, du Wegovy ou un autre GLP-1 ne doit pas paniquer.

En revanche, les experts recommandent d'arrêter le traitement dès que la grossesse est confirmée et d'organiser rapidement un suivi médical adapté.

Il est toutefois important de souligner que ces résultats ne signifient pas que les GLP-1 sont désormais considérés comme sûrs pendant la grossesse. Ils indiquent simplement que les données actuellement disponibles sont rassurantes en cas d'exposition accidentelle précoce, tout en restant insuffisantes pour recommander leur utilisation chez la femme enceinte.

Combien de temps faut-il arrêter les GLP-1 quand on envisage une grossesse ?

Par mesure de précaution, les fabricants des analogues du GLP-1 recommandent d'interrompre le traitement plusieurs semaines avant une grossesse, notamment parce que certains médicaments, comme le sémaglutide, restent longtemps dans l'organisme.

Les notices officielles conseillent ainsi de stopper Ozempic ou Wegovy deux mois avant d'essayer de concevoir, et Mounjaro un mois avant. Ces délais sont notamment repris par l'Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS).

Toutefois, les auteurs des nouvelles recommandations soulignent que ces délais reposent surtout sur les caractéristiques pharmacologiques des médicaments et non sur des preuves cliniques solides. Déterminer la durée optimale d'arrêt avant une grossesse constitue d'ailleurs l'une des principales questions auxquelles les recherches futures devront répondre.

Voir aussi l'article : Arrêt d'Ozempic : quelles sont les conséquences ?

GLP-1 : un coup de pouce pour la fertilité ?

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Ozempic, Wegovy ou Mounjaro peuvent améliorer la fertilité.

C'est un aspect encore méconnu des analogues du GLP-1. Chez certaines femmes souffrant d'obésité ou de syndrome métabolique ovarien polyendocrinien (anciennement appelé SOPK), la perte de poids et l'amélioration de la sensibilité à l'insuline obtenues grâce au traitement peuvent favoriser un retour de l'ovulation et améliorer la fertilité. Autrement dit, une grossesse peut survenir plus facilement qu'avant le traitement et ce, y compris chez des femmes qui ne la souhaitent pas.

Les experts insistent donc sur l'importance d'une contraception efficace chez toutes les femmes qui ne souhaitent pas tomber enceinte pendant leur traitement. Ce conseil est particulièrement important avec le tirzépatide (Mounjaro), qui provoque un ralentissement de la vidange de l'estomac : cela peut diminuer l'absorption de la pilule contraceptive orale et réduire temporairement son efficacité.

Pour le sémaglutide, le liraglutide, le dulaglutide ou l'exénatide, les études n'ont pas mis en évidence d'interaction pharmacologique directe avec la pilule. En revanche, des vomissements ou des diarrhées (fréquents en début de traitement) peuvent diminuer l'absorption de tout médicament pris par voie orale, y compris la pilule contraceptive.

Voir aussi l'article : Effets secondaires de l’Ozempic : nausées, visage, fesses, « dents Ozempic »…

Voir aussi l'article : Pilule contraceptive : interactions médicamenteuses et risque de grossesse

Que faire en cas d'exposition, volontaire ou accidentelle, aux GLP-1 durant la grossesse ?

  • Si le traitement a été arrêté dès la découverte de la grossesse, les auteurs estiment qu'un suivi obstétrical classique est généralement suffisant. Ils recommandent néanmoins une surveillance de la croissance fœtale, au moins au cours du troisième trimestre.
  • Si le traitement a été suivi au-delà du premier trimestre, une surveillance échographique plus rapprochée de la croissance fœtale est recommandée.
  • Les auteurs suggèrent également que le médecin déclare cette exposition dans le registre de grossesse ou de pharmacovigilance du laboratoire concerné et qu'un dépistage précoce du diabète gestationnel puisse être envisagé après une exposition en début de grossesse.
  • Ils recommandent également de surveiller la prise de poids pendant la grossesse, car l'arrêt du traitement peut entraîner une reprise pondérale parfois importante.
  • Enfin, les spécialistes rappellent l'importance d'une alimentation équilibrée et d'un apport suffisant en vitamines, notamment en acide folique et en vitamine D, avant toute grossesse.

Et après l’accouchement ?

Concernant l'allaitement et la reprise du traitement, les données sont quasi inexistantes.

GLP-1 et allaitement

Une seule petite étude portant sur le sémaglutide n'a pas retrouvé de médicament dans le lait maternel, mais ce résultat est insuffisant pour conclure à une utilisation sans risque.

Faute de preuves solides, les experts recommandent d'évaluer chaque situation individuellement, en tenant compte des bénéfices de l'allaitement, des besoins de la mère et du risque potentiel pour le nourrisson.

Quand reprendre le traitement ?

Le moment optimal pour reprendre un traitement après l'accouchement reste, là encore, inconnu. Il dépendra notamment de la durée de l'allaitement, du risque de reprise de poids et d'un éventuel projet de nouvelle grossesse.

Beaucoup de questions encore sans réponse

Malgré cette importante synthèse, près d'une question clinique sur deux reste aujourd'hui sans réponse. Les chercheurs souhaitent notamment mieux comprendre :

  • Quelle est la meilleure période pour arrêter le traitement avant une grossesse ?
  • Quelles sont les conséquences d'une reprise rapide du poids sur le développement de la grossesse après l'arrêt des GLP-1 ?
  • Les GLP-1 influencent-ils le développement de l'enfant à long terme (après la naissance) ?
  • Dans quelles situations les GLP-1 pourraient éventuellement être réintroduits après l'accouchement ?

Autrement dit, ces nouvelles recommandations constituent une première feuille de route plutôt qu'un point final.

Conclusion : GLP-1 et grossesse


Pour les femmes sous Ozempic, Wegovy, Mounjaro ou un autre médicament de la famille des GLP-1, le message est finalement assez simple :

  • ces traitements restent déconseillés pendant la grossesse,
  • une contraception efficace est recommandée si une grossesse n'est pas souhaitée,
  • si un projet de bébé existe, il est important d'en parler avec son médecin afin d'organiser l'arrêt du traitement,
  • une grossesse découverte sous GLP-1 n'est pas une raison de paniquer : les données disponibles sont rassurantes et ne montrent pas d'augmentation des malformations congénitales, même si un suivi médical reste indispensable.

Les auteurs espèrent désormais que ces premières recommandations permettront d'accompagner les femmes en âge de procréer qui utilisent aujourd'hui ces médicaments, tout en encourageant les recherches indispensables pour répondre aux nombreuses zones d'ombre qui persistent.

Sources : 
news-medical.net, "First consensus guidelines outline GLP-1 medication use during pregnancy", 3 août 2026
Maslin K. et al., "Incretin-Based Medications in Women and Reproduction: A Systematic Scoping Review and Consensus Guidelines for Clinical Practice", Obesity Reviews, 29 juillet 2026
eurekalert.org, communiqué Marshall University Joan C. Edwards School of Medicine
AFMPS, Risque de grossesse lors de l'utilisation d'Ozempic

auteur : Olivia Regout - journaliste santé

Dernière mise à jour: août 2026

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