L’EMDR : une thérapie efficace et rapide pour soulager les traumatismes

Dernière mise à jour: septembre 2021
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L’EMDR : une thérapie efficace et rapide pour soulager les traumatismes

dossier Accidents de la route, abus sexuels, catastrophes naturelles... Certains événements peuvent marquer durablement et se traduire par un profond mal-être au quotidien. Utilisée avec succès depuis les années 90 et pourtant encore méconnue, l’EMDR peut s’avérer être d’une aide précieuse.

L'EMDR, comment ça fonctionne ?

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Les initiales EMDR signifient « Eye-Movement Desensitization and Reprocessing », c’est-à-dire « Désensibilisation et Retraitement par les Mouvements Oculaires ». En 1987, quand la psychologue américaine Francine Shapiro développe cette nouvelle approche psychothérapeutique, l’EMDR repose effectivement uniquement sur l’utilisation des mouvements oculaires. Depuis, on a découvert que l’on obtenait les mêmes résultats via des stimulations tactiles (le praticien tapote les genoux de son patient) ou sonores (il lui fait entendre des bips).

En effet, le principe de l’EMDR repose avant tout sur la stimulation bilatérale sensorielle alternée. Tandis que le thérapeute demande au patient de se concentrer sur les souvenirs sensoriels de l’événement qui l’a traumatisé et sur les ressentis actuels qui lui sont associés, il procède à des séries de stimulations bilatérales alternées qui vont stimuler tour à tour le côté gauche et droit du cerveau.

Pour résumer, l’EMDR aide à traiter et digérer un événement traumatisant. Ce n’est pas un lavage de cerveau. Les souvenirs sont toujours là, mais ils ne sont plus sources de mal-être. Comment expliquer ces résultats, qui perdurent dans le temps et ont été validés par plus d’une vingtaine d’études ? On ne le sait pas encore avec précision. Une des hypothèses avancées serait que cette stimulation neurologique favorise la production d’un neurotransmetteur, l’acétylcholine, connu pour abaisser le degré d’angoisse et de tension interne.

Que peut-elle soigner ?

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Depuis 2013, l’EMDR est recommandée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour traiter les états de stress post-traumatique. Ces derniers se traduisent par des crises de panique, des insomnies, des cauchemars, de l’irritabilité, un état dépressif, des comportements violents, des addictions... Les états de stress post-traumatique peuvent survenir chez les vétérans de guerre, les victimes de guerre, d’attentats, d’abus sexuels, de catastrophes naturelles...

Mais l’EMDR peut aussi être d’une grande aide après une fausse couche, une maladie ou un accident grave, un deuil, une perte d’emploi... Enfin, elle peut être un outil thérapeutique complémentaire dans la prise en charge de l’anxiété, du burn-out, des troubles de la libido, des troubles psychosomatiques...

La durée du traitement dépend en grande partie de l’intensité du traumatisme subi. Même les jeunes enfants, à partir d’un an, peuvent être pris en charge. La séance a alors le plus souvent lieu en présence d’un ou des parents.

Trouver un thérapeute

L’EMDR donne de très bons résultats, à condition d’être pratiquée avec un thérapeute rigoureusement formé. En effet, si ce dernier doit amener son patient à se remémorer le traumatisme pour permettre à son cerveau de le digérer, il doit veiller à ne pas le réactiver pour autant. Sur l’annuaire en ligne de l’ASBL EMDR Belgium, vous trouverez des praticiens ayant suivi le cursus complet de la formation EMDR et s’étant ensuite perfectionnés lors de supervisions. Ils portent le titre de « EMDR Europe Practitioner » et sont reconnus pas EMDR Europe.

Témoignage

Amélie, 40 ans.

« En 2014, mon ex-mari m’a séquestrée, menacée de mort et a tenté de m’étrangler. J’étouffais, je me voyais mourir, j’ai littéralement fait pipi sous moi sous l’effet de la peur. Après l’intervention de la police, les pompiers m’ont emmenée en état de choc. Le psychiatre m’a prescrit des antidépresseurs et des somnifères mais ils n’ont eu aucun effet sur mes angoisses. Pendant deux mois, j’ai fait des cauchemars, des crises de spasmophilie, je ne pouvais pas rester dans une pièce fermée, je n’avais plus aucun contrôle sur ma vessie... On m’a alors conseillé de tenter l’EMDR. La séance n’a pas été particulièrement agréable. Devoir me remémorer ce qui s’était passé a même déclenché une crise de tétanie. J’étais sceptique, mais j’avais confiance dans mon thérapeute. J’avais raison. Le jour même, j’ai recommencé à uriner normalement. J’ai retrouvé un sommeil paisible. Je peux désormais en parler sans rien ressentir de particulier. Comme si c’était cette séance d’EMDR qui avait réellement permis de mettre fin à l’agression. »

auteur : Aurélia Dubuc - journaliste santé
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