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Cancer du pancréas : un diagnostic tardif et un faible taux de survie
- A quoi sert le pancréas ?
- Différents types de cancer du pancréas
- Causes et facteurs de risque du cancer du pancréas
- Le cancer du pancréas est-il héréditaire ?
- Symptômes du cancer du pancréas : difficiles à détecter
- Taux de mortalité du cancer du pancréas
- Diagnostic du cancer du pancréas
- Traitement du cancer du pancréas
- Vivre avec un cancer du pancréas
dossier
Le cancer du pancréas est l'un des cancers avec le taux de mortalité le plus élevé. Il est souvent diagnostiqué à un stade avancé, car les symptômes sont peu spécifiques. Près de 87 à 90 % des patients décèdent dans les 5 ans qui suivent le diagnostic. Comment reconnaître les symptômes ? Quels sont les traitements existants ?
A quoi sert le pancréas ?
Le pancréas est un organe allongé situé dans l'abdomen derrière l’estomac et devant la colonne vertébrale. Il remplit deux fonctions principales : il aide à décomposer les aliments dans vos intestins et régule votre taux de sucre dans le sang.
- Fonction exocrine : La glande produit des enzymes digestives qui sont libérées dans le duodénum, où elles aident à décomposer les graisses, les glucides et les protéines sous une forme qui peut être absorbée par l'organisme.
- Fonction endocrine : Le pancréas produit également de l'insuline et du glucagon, deux hormones essentielles à la régulation de la glycémie.
Différents types de cancer du pancréas
Le type de cancer du pancréas le plus courant est l'adénocarcinome (90 %). Cette forme de cancer se développe dans les cellules glandulaires de la paroi des canaux pancréatiques et se propage ensuite aux tissus avoisinants.
Les tumeurs neuroendocrines du pancréas (5 %) se développent dans les cellules endocrines, qui produisent principalement des hormones telles que l'insuline et le glucagon. Ces tumeurs se développent plus lentement que les adénocarcinomes.
D’autres formes beaucoup plus rares existent, comme certaines tumeurs acineuses ou le pancréatoblastome.
Causes et facteurs de risque du cancer du pancréas
En Belgique, on dénombre plus de 1 600 nouveaux cas de cancer du pancréas par an. Bien que les chercheurs ne connaissent pas encore les causes exactes du cancer du pancréas, des études ont identifié plusieurs facteurs de risque :
- L'âge : la maladie touche surtout les personnes de plus de 60 ans, elle reste rare avant 50 ans.
- Le tabagisme : c’est l’un des principaux facteurs de risque évitables. Les fumeurs ont environ deux fois plus de risque de développer un cancer du pancréas que les non-fumeurs.
- Le surpoids ou l'obésité : le surpoids, surtout lorsqu’il s’accompagne de sédentarité et de troubles métaboliques, semble favoriser le développement de la maladie.
- Diabète de type 2 : un diabète de longue durée, en particulier le diabète de type 2, est associé à un risque plus élevé de cancer du pancréas. l’inverse, l’apparition récente d’un diabète, surtout après 50 ans et sans surpoids marqué, peut parfois être un signe d’alerte d'une atteinte pancréatique.
- Antécédents familiaux : les antécédents familiaux peuvent indiquer des mutations génétiques qui confèrent un risque accru de développer la maladie.
- La pancréatite chronique : une inflammation chronique du pancréas augmente le risque de développer un cancer du pancréas, en particulier lorsqu’elle évolue depuis plusieurs années.
- L'alcool : une consommation importante et régulière est associée à une hausse du risque. Elle peut aussi agir indirectement en favorisant une pancréatite chronique.
- L'alimentation : une consommation élevée de viandes rouges, de charcuteries et d’aliments très transformés est associée à un risque accru de cancer du pancréas.
- L’exposition professionnelle à certaines substances chimiques – comme certains solvants, hydrocarbures, pesticides ou produits utilisés dans l’industrie métallurgique – pourrait aussi augmenter le risque.
Voir aussi l'article : Pancréatite aiguë et chronique : inflammation du pancréas et complications
Voir aussi l'article : Quel lien entre l'obésité et le risque de cancer du sein ?
Le cancer du pancréas est-il héréditaire ?
Dans la plupart des cas, le cancer du pancréas n'est pas héréditaire. Cependant, chez environ 5 à 10 % des patients, il existe bien une prédisposition génétique héréditaire. Les indicateurs suivants justifient une consultation en oncogénétique :
- plusieurs membres de la famille sont atteints d'un cancer du pancréas,
- le cancer a été diagnostiqué à un jeune âge (avant 50 ans),
- la présence d'autres cancers dans la famille, tels que le cancer du sein, de l'ovaire, du côlon ou de la peau
- certaines mutations ou syndromes héréditaires sont associés à un risque accru, notamment BRCA1, BRCA2, PALB2, CDKN2A, le syndrome de Lynch, le syndrome de Peutz-Jeghers ou certaines formes de pancréatite héréditaire.
Symptômes du cancer du pancréas : difficiles à détecter
Les symptômes du cancer du pancréas peuvent varier selon la localisation et la taille de la tumeur. De plus, ils ne sont pas spécifiques à ce cancer et peuvent également survenir dans d'autres affections, souvent moins graves. Il est néanmoins important de consulter un médecin en cas de symptômes persistants ou inexpliqués.
Les signaux possibles sont :
- Jaunisse sans fièvre, avec jaunissement de la peau et des yeux, urines foncées, selles pâles et parfois démangeaisons,
- douleurs abdominales ou dorsales persistantes,
- perte de poids inexpliquée, sans changement des habitudes alimentaires,
- problèmes digestifs, tels qu'une diminution de l'appétit, des nausées, de la diarrhée ou des selles grasses,
- détérioration soudaine de l'état général, par exemple une fatigue prononcée,
- apparition récente d’un diabète ou déséquilibre inexpliqué d’un diabète existant,
- selles pâles, grasses, flottantes ou difficiles à évacuer sont des signes de stéatorrhée, révélant une mauvaise digestion des graisses due à un manque d'enzymes pancréatiques.
Quand le cancer du pancréas est détecté, il a souvent envahi les tissus environnants ou d’autres organes, ce qui limite les chances de survie.
Voir aussi l'article : Quels sont les causes et les symptômes de la jaunisse (ictère) ?
Taux de mortalité du cancer du pancréas
Le cancer du pancréas reste l’un des cancers au plus mauvais pronostic. En Belgique, la survie à 5 ans reste faible, autour de 10 à 13 % selon le sexe. Ce mauvais pronostic s’explique surtout par le fait que la maladie est souvent diagnostiquée tardivement, lorsque la tumeur s’est déjà étendue localement ou a donné des métastases.
Le pronostic dépend toutefois fortement du type de cancer, du stade au moment du diagnostic et de la possibilité ou non d’une chirurgie. 30 % des patients opérés de façon curative sont encore vivants à 5 ans, tandis que pour les patients non opérables et métastatiques, la survie médiane est de seulement 6 mois.
Les métastases se localisent fréquemment dans le foie, les poumons, le péritoine ou les ganglions lymphatiques environnants. Une fois les métastases présentes, le traitement curatif n'est généralement plus possible et la prise en charge vise alors à prolonger la vie et à soulager les symptômes.
Voir aussi l'article : Peut-on encore guérir d’un cancer métastatique ?
Diagnostic du cancer du pancréas
Il n’existe actuellement pas de programme de dépistage du cancer du pancréas pour la population générale. En revanche, une surveillance spécialisée peut être discutée chez certaines personnes à très haut risque génétique ou familial.
En cas de suspicion de cancer du pancréas, il faut consulter votre médecin traitant. Il proposera une analyse du sang (notamment pour évaluer la fonction hépatique, la bilirubine, la glycémie et parfois certains marqueurs comme le CA 19-9), avant d’orienter vers des examens d’imagerie.
Le diagnostic repose généralement sur l’imagerie et, dans la majorité des cas, sur une confirmation histologique par biopsie, souvent réalisée lors d’une écho-endoscopie.
Traitement du cancer du pancréas
Le traitement du cancer du pancréas dépend surtout de l’extension de la tumeur, de son emplacement, de la présence ou non de métastases, mais aussi de l’état général du patient. En pratique, il n’existe donc pas un seul traitement, mais plusieurs stratégies possibles. Le choix se fait généralement au sein d’une équipe multidisciplinaire spécialisée.
Pour simplifier, les médecins classent souvent la maladie en trois grandes situations :
- la tumeur peut être enlevée par chirurgie ;
- la tumeur est localement avancée, c’est-à-dire trop proche ou trop collée à certains vaisseaux importants pour être opérée d’emblée ;
- le cancer s’est propagé à distance (métastases), par exemple au foie, au péritoine ou aux poumons.
Le traitement sera très différent selon le cas.
La chirurgie : le seul traitement potentiellement curatif
Lorsque la tumeur est encore localisée et que son ablation semble possible, la chirurgie reste aujourd’hui le seul traitement pouvant offrir une chance réelle de guérison. Mais tous les patients ne peuvent malheureusement pas en bénéficier, car le cancer du pancréas est souvent découvert trop tard.
Ces opérations sont lourdes et généralement réalisées dans des centres spécialisés. Après une chirurgie étendue, surtout si tout le pancréas a été retiré, le patient peut développer un diabète nécessitant de l’insuline, des troubles de la digestion et malabsorption. Le suivi post-opératoire est donc très important.
La chimiothérapie : souvent utilisée avant ou après l’opération
La chimiothérapie peut être proposée :
- avant l’opération, pour essayer de faire diminuer la tumeur ou de traiter d’éventuelles cellules cancéreuses déjà parties ailleurs mais encore invisibles ;
- après l’opération, pour réduire le risque de rechute ;
- ou comme traitement principal lorsque la tumeur n'est pas opérable.
La radiothérapie
La radiothérapie peut être utile pour tenter de réduire la tumeur localement ou pour soulager la douleur dans le cadre de soins palliatifs. Elle est parfois associée à une chimiothérapie : on parle alors de chimioradiothérapie.
En cas de métastases : ralentir la maladie et préserver la qualité de vie
Lorsque le cancer s’est propagé à distance, une guérison complète est malheureusement rarement possible. Le traitement vise alors surtout à ralentir l’évolution de la maladie, réduire les symptômes et préserver la meilleure qualité de vie possible. La chimiothérapie est souvent le traitement principal, si l’état général le permet.
Thérapies ciblées
Dans certains cas, les médecins peuvent analyser plus précisément la tumeur pour voir si elle présente des particularités génétiques ou biologiques. Cela peut parfois permettre de proposer un traitement plus ciblé, mieux adapté au profil du cancer. Mais ce type de traitement ne convient pas à tout le monde et reste réservé à certaines situations.
Un espoir dans la recherche : trithérapie anti-KRAS efficace chez la souris
Début 2026, des chercheurs espagnols du CNIO ont publié des résultats prometteurs chez la souris avec une combinaison ciblant les tumeurs pancréatiques porteuses d’une mutation de KRAS, très fréquente dans ce cancer. Ces résultats restent toutefois précliniques : il ne s’agit pas encore d’un traitement disponible chez l’être humain.
Voir aussi l'article : Cancer du pancréas : un nouveau traitement prometteur
Vivre avec un cancer du pancréas















