Embolie pulmonaire : symptômes et dangers de la thrombose pulmonaire

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Un essoufflement qui survient brutalement, une douleur dans la poitrine qui s'accentue en respirant : ces symptômes ne doivent jamais être pris à la légère. Ils peuvent être les premiers signes d'une embolie pulmonaire, une urgence médicale provoquée par un caillot sanguin qui bloque la circulation dans une artère du poumon.

Prise en charge rapidement, elle se soigne aujourd'hui très bien. Non traitée, elle peut engager le pronostic vital en quelques heures.

Voir aussi l'article : Thrombose et embolie : quels symptômes ?

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Si vous ou un proche présentez un ou plusieurs des symptômes suivants, appelez immédiatement les secours :

  • Essoufflement soudain, même au repos.
  • Douleur dans la poitrine, souvent plus intense à l'inspiration.
  • Respiration rapide.
  • Palpitations, malaise ou perte de connaissance.
  • Toux avec des crachats teintés de sang.
  • Jambe gonflée, chaude et douloureuse, surtout si elle s'accompagne des symptômes ci-dessus.

Qu’est-ce qu’une embolie pulmonaire ?

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© Getty Images - L'embolie pulmonaire correspond à l'obstruction d'une ou de plusieurs artères pulmonaires par des caillots sanguins.

L'embolie pulmonaire correspond à l'obstruction d'une ou plusieurs artères des poumons par un caillot sanguin (thrombus). Ce caillot ne se forme pas dans le poumon lui-même : il se détache le plus souvent d'une veine profonde de la jambe ou du bassin, puis migre par la circulation sanguine jusqu'aux poumons, où il bloque le passage du sang.

Cette obstruction empêche le sang d'être correctement oxygéné et met le cœur sous pression. Selon l'étendue du blocage, les conséquences vont d'un essoufflement modéré à un choc cardiovasculaire potentiellement mortel.

L'embolie pulmonaire et la thrombose veineuse profonde (phlébite) sont aujourd'hui considérées comme les deux visages d'une même maladie, la maladie thromboembolique veineuse (MTEV) : dans 7 à 9 cas sur 10, on retrouve une thrombose veineuse à l'origine de l'embolie, avec ou sans symptômes associés dans la jambe.

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Quels sont les symptômes de l’embolie pulmonaire ?

L’embolie pulmonaire peut passer inaperçue, en particulier lorsque le caillot est petit. Elle n’engendre alors que peu ou pas de symptômes. Mais elle peut aussi se déclarer de manière brutale et impressionnante.

Ses symptômes sont aussi trompeurs, car ils ressemblent souvent à d'autres affections cardiaques et pulmonaires.

Les symptômes qui peuvent évoquer une embolie pulmonaire sont :

  • un essoufflement d'apparition rapide (dyspnée), au repos ou à l'effort, 
  • une douleur thoracique, souvent augmentée par l'inspiration profonde,
  • une respiration rapide et superficielle (tachypnée),
  • une toux sèche parfois assortie des crachats striés de sang (hémoptysie),
  • un point de côté,
  • des palpitations ou un pouls anormalement rapide,
  • parfois, une légère fièvre,
  • dans les formes graves, un malaise, des vertiges ou une perte de connaissance liés à une chute de tension.

Chez une minorité de patients, l'embolie pulmonaire est découverte « par hasard », à l'occasion d'un scanner réalisé pour une autre raison, sans qu'aucun symptôme ne se soit manifesté.

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Quelles sont les causes de l’embolie pulmonaire ?

La cause de très loin la plus fréquente est la thrombose veineuse profonde (TVP), généralement localisée dans une jambe. Une partie du caillot se détache, remonte par la veine cave jusqu'au cœur droit, puis se loge dans une artère pulmonaire. Un caillot formé dans les jambes ne peut en revanche jamais remonter vers le cerveau ou provoquer un AVC : la circulation l'entraîne obligatoirement vers les poumons en premier.

Voir aussi l'article : Comment reconnaître une thrombose veineuse superficielle (phlébite superficielle) et la traiter ?

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© Getty Images - Le caillot se détache le plus souvent d'une veine profonde de la jambe pour remonter jusqu'à une artère pulmonaire.

Les autres causes possibles, mais plus rares, d'une embolie pulmonaire sont les suivantes :

  • une bulle d'air introduite accidentellement lors d'une perfusion intraveineuse : ma bulle d’air peut bloquer la circulation du sang vers les poumons, comme un caillot.
  • des cellules cancéreuses qui s’amassent dans la circulation sanguine, 
  • des emboles graisseux issus de la moelle osseuse, généralement à la suite à une fracture d’un os long,
  • du liquide amniotique durant un accouchement.

Quels sont les facteurs de risque de l’embolie pulmonaire ?

Les facteurs de risque de l'embolie pulmonaire sont les mêmes que ceux de la thrombose veineuse profonde (phlébite). Le risque augmente lorsque plusieurs facteurs se cumulent. Ils favorisent la formation d'un caillot en ralentissant la circulation dans une veine, en augmentant la coagulation ou en fragilisant la paroi des veines.

Les principaux facteurs de risque sont :

  • une immobilisation prolongée (alitement, plâtre, long trajet en avion ou en voiture, période très sédentaire),
  • une opération récente, surtout au niveau des jambes, de la hanche, du bassin ou après une chirurgie importante,
  • une lésion d'une veine (après une blessure, une perfusion ou une inflammation),
  • des antécédents personnels de phlébite ou d'embolie pulmonaire,
  • des troubles de la coagulation héréditaires ou acquis,
  • le cancer, en particulier pendant certains traitements,
  • la grossesse et les semaines qui suivent l'accouchement,
  • la pilule contraceptive, le traitement hormonal de la ménopause et d'autres traitements hormonaux, surtout lorsqu'ils sont associés au tabagisme,
  • le tabagisme,
  • l'obésité (IMC supérieur à 30),
  • la déshydratation,
  • certaines maladies chroniques (insuffisance rénale, maladie de Crohn, etc.),
  • l'âge, le risque augmentant avec les années.

À noter : la plupart des embolies pulmonaires surviennent après une thrombose veineuse profonde, souvent dans une jambe, même si celle-ci passe parfois inaperçue.

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Comment le diagnostic est-il posé ?

Le diagnostic d'une embolie pulmonaire peut être difficile à poser, car ses symptômes ne sont pas spécifiques : ils peuvent notamment être similaires à ceux d'autres maladies du cœur ou des poumons. En cas de suspicion, le médecin évalue d'abord les symptômes et les facteurs de risque afin d'estimer la probabilité d'une embolie. Selon cette évaluation, différents examens peuvent être nécessaires.

  • Une prise de sang : le dosage des D-dimères peut aider à écarter une embolie pulmonaire chez certaines personnes. Un taux élevé de D-dimères ne signifie toutefois pas nécessairement qu'une embolie est présente. D'autres analyses peuvent également être réalisées, notamment pour évaluer l'oxygénation du sang et le fonctionnement des organes.
  • Un électrocardiogramme (ECG) : il peut montrer des signes indirects d'une embolie pulmonaire ou de ses conséquences sur le cœur, et sert aussi à rechercher d'autres causes possibles des symptômes. Un ECG normal n'exclut pas une embolie pulmonaire.
  • Une échocardiographie : cet examen utilise des ultrasons pour observer le fonctionnement du cœur. Dans les formes importantes ou graves d'embolie pulmonaire, il peut montrer une surcharge ou une atteinte du côté droit du cœur. Il est particulièrement utile lorsque l'état du patient est instable.
  • Une échographie Doppler des veines des jambes : elle permet de rechercher une thrombose veineuse profonde, c'est-à-dire un caillot dans une veine profonde de la jambe. Sa présence peut renforcer la suspicion d'embolie pulmonaire.
  • Une radiographie du thorax : elle ne permet généralement pas de visualiser une embolie pulmonaire, mais peut aider à rechercher d'autres maladies pulmonaires ou cardiaques susceptibles d'expliquer les symptômes.
  • Un angioscanner pulmonaire (angiographie par tomodensitométrie) : c'est l'examen d'imagerie le plus couramment utilisé pour confirmer ou exclure une embolie pulmonaire lorsqu'une imagerie est nécessaire. Un produit de contraste est injecté dans une veine afin de rendre les vaisseaux pulmonaires visibles au scanner. L'examen peut également mettre en évidence d'autres causes possibles des symptômes.
  • Une scintigraphie ventilation-perfusion des poumons : elle compare la circulation du sang (perfusion) et celle de l'air (ventilation) dans les différentes zones des poumons. Elle peut être proposée lorsque l'angioscanner n'est pas possible ou ne permet pas de conclure.
  • Une artériographie pulmonaire : cet examen, invasif, consiste à introduire un cathéter dans un vaisseau sanguin afin d'injecter un produit de contraste et de visualiser les artères pulmonaires. Il est aujourd'hui rarement utilisé pour le diagnostic, mais peut être envisagé dans certaines situations, notamment lorsqu'un geste thérapeutique doit être réalisé dans la foulée.

Voir aussi l'article : Douleurs thoraciques : angine de poitrine ou infarctus du myocarde ?

Traitement de l’embolie pulmonaire

Le traitement d'une embolie pulmonaire dépend de sa gravité et de l'état général de la personne. Une embolie pulmonaire grave nécessite une prise en charge urgente à l'hôpital. Certaines embolies pulmonaires à faible risque peuvent toutefois, après évaluation médicale, être traitées sans hospitalisation prolongée.

L'objectif principal du traitement est d'empêcher le caillot de grossir et de prévenir la formation de nouveaux caillots.

Traitement initial

Le traitement repose le plus souvent sur des anticoagulants, qui empêchent les caillots de s'étendre et réduisent le risque de récidive. Selon la situation, il peut s'agir d'une héparine administrée par injection ou d'un anticoagulant oral. Certains anticoagulants oraux peuvent être utilisés dès le début du traitement, tandis que d'autres nécessitent quelques jours de traitement par héparine au préalable.

Dans les formes les plus graves, lorsque l'embolie entraîne une chute importante de la tension artérielle ou une défaillance circulatoire, un traitement visant à rétablir rapidement la circulation dans les artères pulmonaires peut être nécessaire. Une thrombolyse peut alors être administrée pour dissoudre le caillot. Si cette solution est contre-indiquée ou inefficace, une intervention par cathéter ou une chirurgie visant à retirer le caillot peut être envisagée.

Chez les personnes dont l'état est stable mais qui présentent une atteinte importante du ventricule droit, une thrombolyse n'est généralement pas administrée systématiquement, notamment en raison du risque de saignement. Elle peut être utilisée comme traitement de secours en cas d'aggravation.

Traitement de fond pour éviter la rechute

Après l'épisode aigu, un traitement anticoagulant est poursuivi pendant au moins 3 mois dans la plupart des cas. La durée totale dépend notamment de la cause de l'embolie, du risque de récidive et du risque de saignement.

Une durée plus longue peut être proposée lorsque l'embolie est survenue sans cause temporaire identifiable, en cas de récidive ou lorsque certains facteurs de risque persistent. Dans certaines situations, un traitement anticoagulant prolongé, parfois à long terme, est recommandé. La décision est prise au cas par cas par le médecin.

Intervention par cathéter ou chirurgie

Dans certaines embolies pulmonaires graves, le caillot peut être retiré ou traité à l'aide d'un cathéter introduit dans un vaisseau sanguin. Selon la technique utilisée, il peut s'agir d'une thrombectomie mécanique ou d'une thrombolyse administrée directement au niveau du caillot.

Une embolectomie chirurgicale peut également être réalisée dans certaines situations graves, notamment lorsque la thrombolyse est contre-indiquée ou lorsque l'état du patient continue à se détériorer.

Un filtre dans la veine cave inférieure peut exceptionnellement être placé pour empêcher un caillot provenant des jambes d'atteindre les poumons. Il est surtout envisagé lorsque les anticoagulants ne peuvent pas être utilisés ou dans certaines situations particulières malgré un traitement anticoagulant.

Prévention de l’embolie pulmonaire

La prévention vise principalement à éviter la formation d'une thrombose veineuse profonde, à l'origine de la plupart des embolies pulmonaires.

À l'hôpital et après une opération

Un traitement préventif par anticoagulant peut être proposé aux personnes présentant un risque élevé de thrombose, notamment après certaines opérations importantes, en particulier les interventions orthopédiques telles que la pose d'une prothèse de hanche ou de genou.

Le médecin tient compte à la fois du risque de thrombose et du risque de saignement. La prophylaxie peut être poursuivie plusieurs jours ou plusieurs semaines selon le type d'intervention et le risque individuel.

D'autres mesures contribuent à réduire le risque :

  • se lever et marcher dès que possible après une opération ou une période d'alitement,
  • faire régulièrement bouger les jambes lorsque la mobilité est limitée,
  • utiliser, dans certaines situations, des bas de compression ou un autre dispositif de compression.

En cas d'alitement

Chez une personne immobilisée ou alitée, le médecin évalue le risque de thrombose et le risque de saignement avant de décider d'un éventuel traitement préventif.

Lorsque cela est possible, il est conseillé de bouger régulièrement les pieds et les jambes, même au lit : fléchir et étendre les chevilles ou contracter puis relâcher les muscles des jambes peut aider à maintenir la circulation veineuse.

Grossesse et après l'accouchement

La grossesse et les semaines qui suivent l'accouchement augmentent le risque de thrombose veineuse. Chez certaines femmes présentant des facteurs de risque importants, un traitement préventif par anticoagulant peut être recommandé pendant la grossesse et/ou après l'accouchement. La prévention est adaptée à chaque situation.

Contraception et traitements hormonaux

Les contraceptifs contenant des œstrogènes et certains traitements hormonaux augmentent le risque de thrombose veineuse. Ce risque est particulièrement important chez les femmes qui présentent d'autres facteurs de risque, notamment le tabagisme, l'obésité ou des antécédents de thrombose.

Après une thrombose veineuse ou une embolie pulmonaire, le choix d'une contraception ou d'un traitement hormonal doit être discuté avec un médecin.

Voir aussi l'article : Pilule contraceptive et thrombose

Lors de longs voyages

Un long voyage, notamment en avion, en voiture, en train ou en autocar, peut augmenter le risque de thrombose en raison de l'immobilisation prolongée. Le risque est surtout plus important lorsque le voyage dure plusieurs heures et lorsqu'il existe d'autres facteurs de risque.

Pour réduire le risque :

  • bouger régulièrement les jambes et, lorsque c'est possible, se lever et marcher toutes les 1 à 2 heures,
  • faire des mouvements de flexion-extension des chevilles et des pieds pendant le trajet,
  • éviter de rester immobile pendant de longues périodes,
  • chez certaines personnes à risque, porter des bas de compression adaptés, après avis médical.

Chez les personnes présentant un risque particulièrement élevé, un médecin peut parfois proposer un traitement préventif par anticoagulant. Celui-ci ne doit pas être pris de sa propre initiative. L'aspirine n'est pas recommandée pour prévenir une thrombose liée à un long voyage.

Voir aussi l'article : Bas de contention : que sont les bas élastiques thérapeutiques ?

Sources :
www.bsth.be
www.trombosestichting.nl
www.lumc.nl
www.uzleuven.be 
www.hartstichting.nl
www.nhg.org



Dernière mise à jour: septembre 2026

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