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Claudication intermittente ou artériopathie périphérique (AOP)
- Qu’est-ce que la claudication intermittente ?
- Quelle est la cause de la claudication intermittente ?
- Quelle est la fréquence de l’AOMI ?
- Facteurs de risque de la claudication intermittente
- Les symptômes de l’AOMI
- L’AOMI est-elle dangereuse ?
- Comment pose-t-on le diagnostic ?
- Traitement : quels sont les traitements réellement efficaces contre la claudication intermittente ?
- Que faire vous-même contre la claudication intermittente ?
dossier
Vous ressentez une douleur ou une crampe dans les mollets quand vous marchez, et celle-ci disparaît dès que vous vous arrêtez quelques instants ? Ce tableau typique correspond à ce que l’on appelle une claudication intermittente ou, en jargon médical, d'une artériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI). Cette maladie est caractérisée par une diminution de l’apport sanguin dans les jambes. Voici ce qu’il faut savoir sur cette affection, ses causes, les personnes à risque et les solutions pour soulager les symptômes et préserver sa mobilité au quotidien.
Qu’est-ce que la claudication intermittente ?
L'artériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI) est une maladie caractérisée par le rétrécissement ou l'obstruction des artères des jambes. Celles-ci se rétrécissent ou se bouchent progressivement, ce qui réduit l’arrivée de sang vers les muscles. À l’effort, notamment lors de la marche, les muscles manquent alors d’oxygène. Il en résulte des douleurs, des crampes ou une fatigue musculaire à la marche, qui disparaissent généralement après quelques minutes de repos. Comme les personnes présentant ces symptômes doivent souvent s'arrêter un instant pour soulager la douleur, cette affection est parfois surnommée « claudication intermittente ».
Voir aussi l'article : Quels sont les symptômes d'une artère bouchée à la jambe ?
Quelle est la cause de la claudication intermittente ?
La cause la plus fréquente d'artériopathie périphérique est l'athérosclérose. Ce phénomène correspond à une accumulation progressive de dépôts graisseux, appelés plaques, sur la paroi des artères. Au fil du temps, ces dépôts rétrécissent le calibre des vaisseaux et entravent la circulation sanguine.
Les symptômes apparaissent surtout lorsque le rétrécissement devient suffisamment important pour limiter l’apport en oxygène pendant l’effort, par exemple lors de la marche ou de la montée des escaliers.
Plus rarement, d’autres causes peuvent être en cause, comme :
- un caillot sanguin obstruant partiellement une artère ;
- une inflammation de la paroi vasculaire ;
- un spasme artériel, c’est-à-dire un rétrécissement brutal d’une artère.
Voir aussi l'article : 10 façons d’améliorer sa circulation sanguine
Quelle est la fréquence de l’AOMI ?
L'artériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI) est loin d’être rare, et sa fréquence augmente avec l’âge. On estime qu’environ 2 adultes sur 10 en sont atteints. Après 75 ans, cette proportion dépasse 3 personnes sur 10.
Le problème, c’est que la maladie reste souvent silencieuse pendant longtemps. De nombreuses personnes présentent en effet une AOMI sans symptômes typiques, ce qui retarde le diagnostic.
L’AOMI touche aussi bien les hommes que les femmes, généralement à partir de la cinquantaine. Chez les hommes, les symptômes sont en moyenne signalés plus tôt. Chez les femmes, le diagnostic est souvent posé plus tard, notamment parce que les signes peuvent être moins typiques ou confondus avec d’autres causes fréquentes de douleurs dans les jambes, comme l’arthrose, les problèmes de dos ou certaines atteintes nerveuses.
Facteurs de risque de la claudication intermittente
Les facteurs de risque de l’AOMI sont globalement les mêmes que ceux des autres maladies cardiovasculaires liées à l’athérosclérose :
- le tabagisme, qui reste le principal facteur de risque
- le diabète
- l’hypertension artérielle
- un taux de cholestérol élevé
- le surpoids
- la sédentarité
- l’âge
- les antécédents familiaux de maladies cardiovasculaires
Souvent, plusieurs de ces facteurs sont associés. Ensemble, ils fragilisent la paroi des artères, favorisent la formation de plaques et réduisent progressivement le débit sanguin.
Voir aussi l'article : Pourquoi l'hypertension est-elle si dangereuse ?
Les symptômes de l’AOMI
Le symptôme typique : la claudication intermittente
Le signe le plus évocateur est une douleur à l’effort, qui :
- survient pendant la marche ;
- siège le plus souvent dans le mollet, parfois dans la cuisse ou la fesse ;
- oblige à ralentir ou à s’arrêter ;
- disparaît au repos ;
- réapparaît à la reprise de la marche.
D’autres signes peuvent également alerter
Certains symptômes peuvent accompagner ou annoncer une AOMI :
- une sensation de jambes lourdes ou de fatigue inhabituelle à la marche,
- des pieds froids,
- une diminution de la pilosité sur les jambes ou les pieds (due à une réduction du flux sanguin vers la peau et les follicules pileux,
- une peau plus fragile,
- des plaies qui cicatrisent lentement ;
- des fourmillements, un engourdissement ou une faiblesse dans une jambe ou un pied, surtout lorsque la circulation est plus sévèrement altérée.
Voir aussi l'article : Insuffisance veineuse chronique (IVC) : des symptômes à ne pas ignorer
L’AOMI est-elle dangereuse ?
Oui, l’AOMI doit être prise au sérieux. Ce n’est pas seulement une maladie des jambes : c’est aussi un marqueur de risque cardiovasculaire global. En clair, lorsqu’il existe une athérosclérose dans les artères des jambes, il y a souvent aussi des lésions dans parties parties du corps, notamment au niveau du cœur ou du cerveau.
Cela augmente le risque :
- d’infarctus du myocarde ;
- d’accident vasculaire cérébral ;
- d’autres complications cardiovasculaires.
La bonne nouvelle, c’est qu’il est possible d’agir efficacement. Dans la majorité des cas, la prise en charge des facteurs de risque – arrêt du tabac, activité physique régulière, traitement de l’hypertension, du diabète et du cholestérol – permet d’améliorer les symptômes et de réduire le risque de complications.
Dans les formes plus avancées, la circulation peut devenir tellement altérée que la douleur apparaît même au repos ou que des plaies ont du mal à cicatriser. Dans ce cas, un suivi médical rapproché s’impose.
Comment pose-t-on le diagnostic ?
Le diagnostic repose d’abord sur l’interrogatoire et l’examen clinique. Pour le confirmer, le médecin peut demander plusieurs examens.
- L’indice de pression systolique cheville-bras : aussi appelé indice cheville-bras, cet examen simple consiste à comparer la pression artérielle mesurée à la cheville à celle du bras. Une valeur anormalement basse évoque une mauvaise circulation dans les jambes.
- Le test de marche : dans certains cas, la mesure est répétée après un effort, afin d’évaluer l’impact de la marche sur la perfusion des membres inférieurs.
- L’échographie Doppler : elle permet de visualiser le flux sanguin et de repérer les zones de rétrécissement ou d’obstruction.
- L’angiographie : cette technique est principalement utilisée lorsqu’une intervention est envisagée, afin de déterminer précisément la localisation et le degré de rétrécissement. Le médecin introduit un produit de contraste dans les vaisseaux sanguins par un cathéter, puis des images sont prises. Ceci permet une visualisation détaillée du flux sanguin, facilitant ainsi la planification du traitement.
Voir aussi l'article : Qu’est-ce qu’une coronarographie (angiographie coronaire) ?
Traitement : quels sont les traitements réellement efficaces contre la claudication intermittente ?
La prise en charge de la claudication intermittente dépend de l’intensité des symptômes, du degré d’atteinte artérielle et du risque cardiovasculaire global. Dans la plupart des cas, la prise en charge repose sur plusieurs piliers.
1. L’arrêt du tabac
C’est la mesure la plus importante. Continuer à fumer favorise la progression de l’AOMI et augmente nettement le risque de complications cardiovasculaires.
2. Revalidation à la marche
La rééducation à la marche, souvent supervisée par un kinésithérapeute, est un traitement de référence. Le principe : marcher régulièrement jusqu’à l’apparition de la douleur ou juste avant, s’arrêter brièvement, puis recommencer. Répété plusieurs fois par semaine, cet entraînement permet souvent d’augmenter progressivement la distance de marche et de mieux tolérer l’effort.
3. L’alimentation et la perte de poids si nécessaire
Une alimentation de type méditerranéen, riche en légumes, fruits, légumineuses, céréales complètes et bonnes graisses, contribue à protéger les artères. En cas de surpoids, une perte pondérale peut aussi améliorer la condition cardiovasculaire globale.
4. Les médicaments
Les médicaments visent surtout à prévenir les complications cardiovasculaires et à ralentir l’évolution de la maladie. Le médecin peut prescrire :
- des statines pour faire baisser le cholestérol,
- un traitement contre l’hypertension,
- un antiagrégant plaquettaire ou un autre traitement antithrombotique pour limiter le risque de caillot.
Dans certains cas, des vasodilatateurs peuvent également être envisagés. Ces médicaments favorisent la dilatation des vaisseaux sanguins, ce qui améliore la circulation sanguine et peut parfois augmenter la distance de marche. Cependant, leur efficacité varie d'une personne à l'autre et ils ne remplacent pas l’activité physique ni les mesures hygiéno-diététiques.
5. Une intervention si nécessaire
Si les symptômes persistent malgré un traitement optimal ou si le flux sanguin est fortement réduit, une intervention peut s'avérer nécessaire. Celle-ci consiste généralement en une angioplastie, qui consiste à élargir le vaisseau sanguin rétréci et parfois à y poser un stent, ou en un pontage, qui consiste à dévier le flux sanguin autour du rétrécissement.
Que faire vous-même contre la claudication intermittente ?
Si vous souffrez de claudication intermittente, voici quelques points essentiels à retenir. L'exercice physique régulier, et notamment la marche, est primordial. Il est préférable de faire de courtes promenades plusieurs fois par semaine plutôt que de pratiquer occasionnellement des exercices longs et intenses. Arrêter de fumer est également une mesure cruciale. Par ailleurs, l'alimentation joue un rôle important. Un régime de type méditerranéen, riche en légumes, fruits, céréales complètes et bonnes graisses, est bénéfique pour votre santé vasculaire. Enfin, il est important de prendre vos médicaments correctement, conformément à la prescription, en particulier ceux destinés à la tension artérielle, au cholestérol ou aux anticoagulants.
Certaines mutuelles proposent un remboursement supplémentaire pour la marche et la rééducation fonctionnelle en cas de claudication intermittente (douleurs aux jambes). Renseignez-vous auprès de votre médecin ou professionnel de santé pour connaître les modalités de remboursement dans votre cas et vérifiez les détails auprès de votre mutuelle, car les conditions varient d'un organisme à l'autre.
Sources :
https://hartenvaatcentrum.mumc.nl
https://www.thuisarts.nl
https://www.hartstichting.nl
https://www.uzleuven.be
https://www.mayoclinic.org















