La maladie de Crohn et la colite ulcéreuse

Dernière mise à jour: août 2015 | 30300 visites

dossier La maladie de Crohn et la colite ulcéreuse (ou rectocolite hémorragique) sont deux maladies intestinales inflammatoires chroniques. Elles surviennent préférentiellement chez des adultes jeunes. La qualité de vie est notablement affectée et vivre au quotidien avec ces pathologies, en tant que patient ou en tant que proche, suscite de nombreuses questions et incertitudes.

De quoi s'agit-il ?

La maladie de Crohn est une pathologie inflammatoire qui peut toucher tous les segments intestinaux, mais surtout le côlon et une partie de l'intestin grêle. D’autres zones de l’appareil digestif peuvent être concernées. La maladie s’accompagne d’un rétrécissement de l’intestin, d’abcès, de fistules et d’aphtes dans la bouche. Dans de rares cas, elle affecte les articulations, les yeux ou le foie.

La maladie de Crohn se déclare généralement entre 15 et 40 ans, mais elle peut apparaître bien avant ou après. Les hommes sont plus à risque que les femmes. En Europe, on recense chaque année 6 nouveaux cas pour 100.000 personnes. D'aucuns évoquent une maladie de civilisation dans les pays industrialisés.

La colite ulcéreuse est une inflammation chronique et superficielle du gros intestin, avec formation d’ulcérations. L’inflammation ne se propage pas à d’autres parties du tractus gastro-intestinal. Elle survient classiquement entre 20 et 30 ans et les femmes semblent autant atteintes que les hommes.

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1. Normal
2. Crohn
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Quels symptômes ?

Pour la maladie de Crohn : douleurs intestinales, crampes, diarrhée, sensation de malaise, perte de poids et d’appétit. Les plaintes sont fluctuantes dans le temps, elle apparaissent et disparaissent, les poussées alternent avec les phases de rémission. Le patient se sent très bien pendant plusieurs mois, avant de se retrouver brutalement confronté à une crise. On observe aussi souvent une anémie, des douleurs articulaires et des fistules anales.

Pour la colite ulcéreuse : l'intensité des plaintes varie considérablement selon les patients. Ici aussi, on assiste à des périodes de crise et des périodes asymptomatiques. On observe une forte diarrhée avec sang, glaires et pus. L'anémie, la fatigue et l'amaigrissement sont fréquents.

Des causes inconnues

La maladie de Crohn : la cause directe n’est pas connue avec précision. Il s’agit d’une réaction exagérée de l’intestin et on présume une origine génétique, avec une perturbation du système immunitaire.

Des facteurs environnementaux sont cités : les sucres raffinés, les agents conservateurs, les colorants ou encore le tabac.

La colite ulcéreuse : les causes précises sont ici aussi inconnues. La composante génétique paraît manifeste, avec un déséquilibre du système immunitaire.

L'importance de l’alimentation

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, l’observation d’une diète stricte n’est pas recommandée, si ce n’est en cas de troubles de la digestion.

Il convient d’opter pour une alimentation variée. On évitera les fruits, les crudités et les boissons pétillantes lors des crises car ils provoquent davantage de flatulences, de ballonnements et activent le transit. Néanmoins, l’alimentation doit être relativement pauvre en graisses (max. 70 g par jour), mais riche en protéines.

Il convient en tout cas de manger à sa faim. Trop de patients souffrant de la maladie de Crohn sont sous-alimentés et présentent des carences. Des retards de croissance peuvent être observés chez les jeunes patients. L’anxiété, le manque d’appétit, la peur des crises, des crampes ou de la diarrhée peuvent être gérés. Le fractionnement les repas est utile : cela permet de limiter la quantité de déchets que l’organisme doit à chaque fois filtrer et éliminer.

Des fibres ou pas ?

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La question fait toujours débat. Limiter la consommation de fibres présente des avantages chez les personnes souffrant de crampes et de diarrhée aiguë. L’absorption de fibres solubles, comme la pectine de la pomme, va activer le transit. Chez les patients avec des selles très liquides, les fibres permettront de garder de l’eau et de maintenir ainsi une certaine hydratation.

Des vitamines et des minéraux ?

Une supplémentation en vitamine D est conseillée surtout chez des patients qui prennent des corticoïdes afin d’éviter une décalcification osseuse. Une supplémentation en vitamine B12 et en acide folique est recommandée lorsque la fin de l’intestin grêle est particulièrement touchée ou après ablation.

L’anémie est très fréquente chez les patients souffrant de la maladie de Crohn en raison du fer perdu dans les tissus suite aux ulcérations, au sang dans les selles et à une mauvaise absorption du fer par l’intestin.

Les plaintes ne sont pas forcément en relation avec la nourriture ingérée. Il ne faut limiter la consommation de produits laitiers que lorsque la sensibilité est bien établie, car ces aliments sont une source importante de protéines et de calcium. Préférez éventuellement le lait battu ou les yaourts qui contiennent moins de lactose ou alors des produits à base de soja.

L’alimentation par sonde

Lorsque le patient est gravement touché ou suite à l’ablation d’une section de l’intestin, il peut être nécessaire de le nourrir temporairement par sonde (glissée dans le nez vers le tube digestif) : ces aliments prédigérés seront beaucoup plus facilement absorbés par l’intestin. Ces apports sont évidemment extrêmement importants pour fournir à l'organisme l'énergie dont il a besoin.

Et le régime d'élimination ?

Certains pensent que la suppression d'une série d'aliments permet de limiter la fréquence des crises ou d'atténuer la sévérité des symptômes. Ce serait le cas du café, de l’alcool, des épices, des crudités, des fruits, des noix, des choux, des oignons, des poireaux, des tomates et des graisses.

Des études ont été menées sur ce qu’on qualifie de régime (ou diète) d'élimination, mais elles n'ont abouti à aucun résultat concluant. Enfin, des suppléments (en vente en pharmacie) riches en acides gras polyinsaturés, comme ceux que l'on trouve dans l’huile de poisson, pourraient être efficaces grâce à leurs propriétés anti-inflammatoires.


publié le : 28/11/2013 , mis à jour le 08/08/2015
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