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Endométriose : causes, symptômes, traitements

Dernière mise à jour: mars 2020 | 28315 visites

dossier Environ 15% des femmes en âge de procréer sont atteintes d’endométriose, une prolifération de l’endomètre en dehors de l’utérus. Environ la moitié de ces femmes n’en éprouvent aucune gêne ou douleur mais l’endométriose peut souvent occasionner de fortes douleurs chroniques et peut entraîner des problèmes de stérilité.

Qu’est-ce que l’endométriose ?

L’endométriose se caractérise par la présence de muqueuse endométriale en dehors de la cavité utérine (le seul endroit où elle doit normalement se trouver). La plupart du temps, elle se manifeste par des plaques rouges voire brun - noir chocolat, de petites érosions ou des kystes à proximité ou sur les ovaires ou encore dans le péritoine.

Elle peut en fait envahir soit tout le petit bassin, soit un endroit bien particulier de ce même petit bassin. L’endométriose peut également toucher la vessie et les intestins.

Quelles sont les causes ?

Diverses théories sont avancées. Quelle que soit la théorie à laquelle ils se rattachent, les scientifiques sont tous d’accord pour affirmer que la maladie existe dans la plupart des cas suite au fait que durant les menstruations le sang est comme refoulé dans la muqueuse utérine pour aller jusque dans la cavité abdominale (menstruations rétrogrades). Ce phénomène n’aura aucune conséquence chez la plupart des femmes. Il peut arriver que cette muqueuse s’implante dans la cavité abdominale et qu’elle s’y développe. Les plaintes peuvent dès lors se manifester, sous forme surtout de douleurs. Les oestrogènes, des hormones féminines, jouent un rôle important de stimulateur dans l’évolution de ce phénomène.

Qui est concerné ?

Les femmes qui sont en âge de procréer puisque l’endométriose se passe au moment des menstruations avec un pic entre 20 et 40 ans. La grossesse et la prise d’une pilule contraceptive peuvent favorablement influencer le processus. Cette affection toucherait moins les femmes minces et les fumeuses mais ce n’est évidemment pas une raison pour vouloir à tout prix maigrir et se mettre au tabac.

Quels sont les symptômes les plus fréquents ?

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Dans plus de la moitié des cas, l'affection est asymptomatique. Lorsqu’il y a des plaintes, on recense des douleurs abdominales surtout durant les règles (dysménorrhée), des douleurs lors des rapports sexuels (dyspareunie) et une diminution de la fertilité.

Cette dernière plainte est souvent un motif de consultation et c’est lors d’examens approfondis chez la femme qui souhaiterait tomber enceinte et qui n’y parvient pas, que l’on découvre une endométriose.

Notez qu’il n’existe aucun lien entre l’étendue de l’endométriose et la sévérité des douleurs ressenties. En effet, de très petites lésions peuvent entraîner de fortes douleurs et inversement. La prolifération des muqueuses en dehors de l’utérus peut provoquer des kystes sur les ovaires remplis de sang qui, au fil du temps, ressembleront de plus en plus à du chocolat fondu en raison d'une couleur noir - brun chocolat. C’est la raison pour laquelle en cas d’endométriose, on parle de « kystes chocolat ». Ils sont responsables d’une baisse de la fertilité voire de problèmes de stérilité. Ces kystes peuvent également donner de fortes douleurs lorsqu’ils éclatent et ils peuvent former des abcès internes.

Au fil des ans, des abcès plus importants peuvent voir le jour, ils se développeront sur certains organes avoisinants ce qui donnera lieu à de fortes douleurs et à un mauvais fonctionnement des organes touchés comme par exemple de l’incontinence urinaire si la vessie est mise sous pression.

Comment établir le diagnostic ?

• La première étape consiste à se rendre chez son médecin généraliste ou chez son gynécologue afin d'évaluer les symptômes. Suivra ensuite un examen gynécologique durant lequel on pourra découvrir la présence de kystes ovariens ou des petites vésicules sur la paroi vaginale.

• Par la suite, le gynécologue pratiquera une échographie endo-vaginale ou une échographie du petit bassin. Cet examen indolore permet de visualiser le petit bassin et tous les organes qui le composent. On pourra voir avec précision un kyste ovarien mais il sera toujours difficile à ce stade d’établir avec précision s’il s’agit d’un kyste dû à une endométriose ou d’un kyste inhérent à une autre cause.

• Comme le diagnostic de l’endométriose n’est pas toujours facile à établir et que les traitements préconisés ne sont pas dénués d’effets secondaires, on préconise souvent une laparoscopie. Il s'agit d’une petite intervention chirurgicale sous anesthésie générale. Le chirurgien pratique une minuscule incision d’un centimètre et demi à hauteur du nombril afin d’y introduire une mini-caméra qui permet d’observer en profondeur la plupart des organes du petit bassin. De même, au cours de cet examen, si nécessaire, le chirurgien pourra éliminer les tissus « colonisateurs » de l’endométriose. La patiente pourra bien souvent quitter l’hôpital le jour–même ou au maximum après une nuit d’hospitalisation.

Qui doit être traitée et quel est le traitement de référence ?

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• Les patientes qui se plaignent de fortes douleurs abdominales doivent bien entendu être traitées. Lorsque des kystes ovariens ont été diagnostiqués et qu’ils perturbent le fonctionnement ovarien, le traitement s’impose également chez les femmes désireuses d’une grossesse. Le choix du traitement dépend de la sévérité des symptômes, de l’étendue des lésions et donc aussi d’un éventuel désir d’enfant.

• Comme la laparoscopie semble indispensable pour poser le diagnostic, le chirurgien en profite pour traiter chirurgicalement l’endométriose au cours de cette intervention. C’est ainsi qu’il pourra procéder à l’ablation d’un « kyste chocolat » ou éventuellement retirer certaines lésions qui se seraient propagées en divers endroits de la cavité abdominale et du petit bassin. Parfois, il aura même recours à un laser interne.

• Une opération chirurgicale radicale comme une hystérectomie avec ablation complète de l’utérus et des ovaires ne sera envisagée que dans des cas bien précis, surtout chez des femmes avec des lésions très étendues ou des patientes qui se trouvent en fin de vie reproductive.

Les médicaments

Le gynécologue peut prescrire des traitements médicamenteux qui donnent de bons résultats.

• Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (Ains) agissent contre l’inflammation et la douleur. Ils n’ont pas d'effet curatif.

• Parmi les traitements hormonaux, des contraceptifs doivent être pris durant 3 à 6 mois. On opte généralement pour un progestatif (sans les oestrogènes) qui rendent les lésions inactives même s’ils ne les guérissent pas. Les plaintes diminueront de manière significative et la fécondité sera rétablie par la suite. Parmi les effets secondaires, on recense une prise de poids, des troubles de la libido et des pertes irrégulières de sang.

• Certains anti-oestrogènes entraînent une pseudo-ménopause. L’un des effets négatifs est qu’ils on un effet androgénique, donc avec une certaine masculinisation : prise éventuelle de poids et une voix plus grave.

• Enfin, plus récemment, on a vu arriver les agonistes GnRH qui exercent une action sur l’hypophyse (une petite glande située dans le cerveau). Ils entraînent une pseudo-ménopause sans l’effet masculinisant mais avec une prise de poids, une sécheresse vaginale et un risque de décalcification osseuse (ostéoporose).


publié le : 26/03/2020
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