Maladies inflammatoires de l’intestin : un additif alimentaire dangereux ?

Dernière mise à jour: décembre 2021
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Une étude menée par l’Inserm établit un lien entre la consommation d’un additif alimentaire courant et une inflammation de l’intestin. Le carboxyméthylcellulose, ou CMC, un émulsifiant destiné à améliorer la texture et la conservation des aliments, perturberait le microbiote intestinal.

Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) regroupent essentiellement la maladie de Crohn et les rectocolites hémorragiques. Taboues et invalidantes, ces maladies sont pourtant loin d’être rares puisque près de 20 millions de personnes seraient touchées dans le monde, selon l’Inserm. En Belgique, 30.000 personnes sont concernées, soit environ 1 personne sur 385.

Alimentation et maladies de l’intestin

On sait que des facteurs génétiques interviennent dans l’apparition de ces inflammations chroniques intestinales, mais ils ne suffisent pas à expliquer à eux seuls la survenue de ces maladies, généralement diagnostiquées entre l’adolescence et la trentaine. Les chercheurs se penchent donc depuis plusieurs années sur les facteurs environnementaux, dont l’alimentation, et en particulier l’alimentation transformée.

De chercheurs de l’institut Cochin à Paris (Inserm/CNRS/Université de Paris) ont ainsi étudié l’impact d’un additif alimentaire sur la flore intestinale, des études antérieures ayant mis en évidence chez les souris un lien entre cet additif (parmi d’autres) et des pathologies inflammatoires chroniques, dont le cancer du côlon. Le carboxyméthylcellulose (CMC), qu’on retrouve sous l’appellation E466 sur les emballages des produits transformés, est un agent de texture couramment utilisé dans toutes sortes de produits alimentaires. Émulsifiant, épaississant, gélifiant, stabilisant, on l’appelle aussi gomme de cellulose, et on le trouve fréquemment dans les margarines, les crèmes dessert, les plats préparés, la boulangerie industrielle, les sauces... 

Pour mener à bien leur étude, les scientifiques ont séparé un petit groupe de volontaires sains en deux groupes. Chaque groupe consommait le même régime alimentaire strictement contrôlé, sans additif pour le premier groupe, avec additif – le CMC – pour le deuxième groupe. 

Lire aussi : Maladie de Crohn : le double jeu des bactéries intestinales

Un microbiote intestinal altéré

Au bout de deux semaines, les chercheurs ont pu constater que les participants ayant consommé du CMC montraient une altération de leur microbiote intestinal, avec une diminution significative de certaines bactéries bénéfiques pour l’organisme. Les échantillons de matières fécales recueillis étaient aussi fortement appauvris en composés organiques qui se produisent lors du métabolisme. Sur le plan clinique, les sujets se plaignaient de maux de ventre et de ballonnements.

« Si la consommation de CMC n’a entraîné aucune pathologie inflammatoire dans cette étude relativement courte, ces résultats (...) suggèrent que la consommation à long terme de cet additif pourrait impacter négativement le microbiote intestinal et par conséquent favoriser les maladies inflammatoires chroniques ainsi que des dérégulations métaboliques chez l’humain », conclut l’article de l’Inserm. 

Des études supplémentaires sont donc nécessaires, sur des échantillons plus larges et à plus long terme, mais aussi pour comprendre l’hétérogénéité des réponses au CMC entre les participants. « Pourquoi seulement certains individus développent des marqueurs inflammatoires à la suite de la consommation de ces additifs ? Certaines personnes sont-elles plus sensibles à certains additifs que d’autres ? Voici les questions auxquelles nous voulons répondre et pour lesquelles nous sommes en train de concevoir diverses approches », précise Benoît Chassaing, auteur principal de l’étude. 

Lire aussi Cancer du côlon : quel délai entre le « test des selles » et la coloscopie ?

Sources
Inserm
Gastroenterology

auteur : Amélie Micoud - journaliste santé
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