Maladie de Parkinson : une détection dans le nez ?

Dernière mise à jour: août 2021
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news Des chercheurs pensent avoir trouvé un nouveau moyen de détecter la maladie de Parkinson à un stade précoce, ce qui permettrait d’aider au mieux les patients. Ils ont découvert des signes importants de la maladie dans le nez de patients qui ne présentaient pas encore de symptômes évidents. A terme, ces connaissances pourraient déboucher sur un simple test similaire au test Covid.

Cela peut sembler étrange, mais en fait, il n'est pas illogique de rechercher des signes précurseurs de la maladie de Parkinson dans le nez. Les symptômes les plus connus de la maladie sont les tremblements et la difficulté de mouvements, mais ce que l'on sait moins, c'est que la plupart des patients perdent plus ou moins leur odorat, souvent aux premiers stades de la maladie, parfois même des années avant l'apparition d'autres symptômes.

Des protéines mal repliées

Les raisons de cette perte d'odorat sont probablement liées à la cause générale de la maladie de Parkinson. L'odorat fait intervenir le neurotransmetteur dopamine, et la maladie de Parkinson entraîne la mort des cellules cérébrales qui produisent la dopamine, en raison de l'accumulation d'une version défaillante de la protéine alpha-synucléine. Lorsque certaines molécules d’alpha-synucléine sont « pliées » de manière incorrecte, cela se propage à d'autres molécules, comme une rangée de dominos qu’on renverse.

Sur la base de ces informations, des chercheurs autrichiens (université d'Innsbruck) ont soupçonné que des traces précoces de la maladie de Parkinson, à savoir de l’alpha-synucléine mal repliée, pouvaient être trouvées dans le nez. Ils ont testé leur hypothèse sur des patients qui souffraient d'un autre symptôme précoce de Parkinson, le trouble du comportement en sommeil paradoxal, qui empêche le cerveau d’inhiber l’activité des muscles pendant le sommeil, ce qui amène à donner des coups de pied et à crier, par exemple, lorsqu’on rêve.

Les scientifiques ont prélevé des échantillons des cellules situées au sommet des fosses nasales des patients à l'aide d'un écouvillon et les ont analysés. Ils ont constaté que près de la moitié (44 %) des personnes atteintes de ce trouble du sommeil avaient de l’alpha-synucléine mal repliée dans le nez. Cela a été le cas aussi pour un nombre similaire de sujets (46%) dans un autre groupe présentant un Parkinson confirmé. Les personnes atteintes de ce trouble du sommeil qui ont été testées positives par test nasal présentaient également une perte d'odorat plus sévère, ce qui suggère que l’alpha-synucléine mal repliée est bien à l'origine de ce phénomène.

L’espoir d'un test simple

Les chercheurs espèrent que ces résultats permettront à l'avenir de mettre au point un test simple pour le diagnostic précoce de la maladie de Parkinson. Actuellement, l’alpha-synucléine déficiente est détectée par le prélèvement d'un échantillon de liquide céphalo-rachidien (ou cérébrospinal) dans la colonne vertébrale, une méthode beaucoup plus invasive qu'un simple écouvillonnage nasal. La nouvelle méthode pourrait également aider à diagnostiquer la maladie de Creutzfeldt-Jakob, un trouble cérébral beaucoup plus rare qui est également causé par des protéines mal repliées.

Voir aussi l'article : Maladie de Parkinson : les questions que vous vous posez

Source: Andy Furniere - journaliste santé / Brain (https://academic.oup.com/br)
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