La paralysie du sommeil : qu’est-ce que c’est ?

Dernière mise à jour: juin 2021
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news Décrite depuis des millénaires dans la littérature médicale ou à travers l’art, la paralysie du sommeil s’apparente à un rêve, ou plutôt un cauchemar éveillé lors duquel on ne peut pas bouger. Comment explique-t-on ce phénomène ? A quoi est-il dû et peut-on l’éviter ?

Vous êtes en train de dormir quand vous vous réveillez et vivez votre rêve, ou plutôt votre cauchemar, sans pouvoir bouger, parler ou crier. Toute impressionnante qu’elle soit, cette expérience est parfaitement inoffensive, du moins physiquement.

La paralysie du sommeil, c’est quoi ?

La paralysie du sommeil, ou paralysie de réveil, est un phénomène qui intervient lors la phase de sommeil paradoxal, au moment de l’éveil. Elle peut aussi intervenir lors de l’endormissement.

Mais au fait, pourquoi appelle-t-on cette phase sommeil paradoxal ? Eh bien parce que l’on constate un paradoxe entre un état physique caractéristique du sommeil profond – avec une hypotonie musculaire –, et une activité cérébrale intense, avec des mouvements oculaires – les fameux Rapid Eye Movement (REM) – accompagnés de nombreux rêves.

En principe, quand nous dormons, notre cerveau met notre corps sur off, de façon à éviter des mouvements qui pourraient nous mettre en danger, puisque nous ne sommes pas conscient. Mais parfois, il y a comme un bug : « Il arrive qu’il y ait un petit dysfonctionnement qui fait qu’on se réveille du sommeil paradoxal et qu’on reste paralysé alors que notre cerveau est éveillé », explique Françoise Bertran, neurologue spécialiste des troubles du sommeil. Conséquence : vous êtes en état d’éveil mais ne pouvez pas bouger. Tout l’inverse du somnambule, en somme, qui lui est en mouvement alors qu’il dort.

Un cauchemar éveillé

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Le Cauchemar - Johann Heinrich Füssli

Mais ce qui rend le phénomène particulièrement marquant pour ceux qui le vivent, c’est qu’il arrive que cette paralysie éveillée soit accompagnée d’hallucinations auditives ou visuelles impressionnantes voire terrifiantes. Les sujets décrivent une sensation d’oppression, avec la perception de présences inquiétantes tandis qu’ils sont ainsi coincés dans leur lit, allant jusqu’à s’approcher d’eux, les toucher, voire s’assoir sur leur poitrine et même tenter de les étrangler. Comme dans la célèbre peinture Le Cauchemar de Füssli (1781). Le dormeur peut aussi ressentir des sensations telles que chute dans le vide, vibrations, flottement, dissociation du corps et lévitation.

« Je me réveille en ayant l'impression que mon visage est dans l'oreiller », commente un internaute dans un fil dédié sur le forum Reddit. « Mes mains sont coincées sous moi. J'essaie de les bouger, mais elles ne répondent pas. Peut-être qu’en balançant mes épaules d'avant en arrière je pourrais faire glisser mes bras. Mais je ne peux pas. Je commence à paniquer. Je n'arrive pas à avoir assez d'air. J'essaie faiblement d'appeler ma femme à côté de moi. S'il te plaît, réveille-toi, juste une fois. Mais le bruit que je peux faire, s'il y en a un, ne sera pas entendu par ma belle au bois dormant. »

La plupart du temps, ce cauchemar éveillé ne dure que quelques secondes, parfois quelques minutes. Et le rêveur éveillé finit par pouvoir bouger normalement, ou bien se rendort, lorsque l’expérience n’a pas été traumatisante.

Dans l’histoire de l’humanité et le folklore légendaire, la paralysie du sommeil a souvent été associée à des phénomènes ésotériques et paranormaux, comme l’existence de démons ou le voyage astral. Et l’on peut comprendre aisément qu’on puisse imaginer l’existence d’entités surnaturelles lorsqu’on vit une telle expérience sans pouvoir l’expliquer.

Quels sont les facteurs déclencheurs de cette paralysie du réveil ?

Tout le monde peut un jour (ou une nuit) vivre une paralysie du sommeil. C’est un phénomène courant : 20 à 30% de la population en ferait l’expérience au moins une fois. Les dormeurs adolescents et jeunes adultes sont plus susceptibles d’en souffrir. Il est difficile de savoir précisément ce qui cause une paralysie du sommeil, mais vous êtes plus susceptible d’en vivre une si vous dormez sur le dos, si vous faites des siestes, si vous rencontrez des troubles du sommeil (manque de sommeil accru), et, sans surprise, si vous êtes stressé ou anxieux. Enfin, la paralysie du sommeil toucherait environ un tiers de personnes souffrant de narcolepsie.

Lutter ou se laisser aller ?

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Avant tout, il est important (et rassurant) de savoir que, malgré la sensation de mort imminente rapportée par ceux qui la vivent, on ne peut pas mourir d’une paralysie du sommeil. Il s’agit d’un phénomène bénin, pour autant qu’il reste isolé, même s’il intervient de manière récurrente. Mais si ces épisodes de parasomnie sont très fréquents, avec un retentissement dans la vie quotidienne, alors il convient de consulter son médecin.

Si un jour vous vous réveillez paralysé avec la sensation que vous allez mourir étouffé sous le poids d’une présence, gardez en tête qu’il s’agit d’une paralysie du sommeil qui se terminera en quelques secondes. Il est facile de dire de ne pas paniquer (surtout devant une vision cauchemardesque), mais c’est en fait l’idéal. En effet, si vous luttez en essayant de vous débattre, vous risquez de faire perdurer le phénomène en envoyant, en quelque sorte, le message à votre cerveau qu’il doit vous maintenir dans cet état.

Ce que vous pouvez faire : fermer les yeux, vous concentrer sur votre respiration, même si elle est justement difficile. En quelques secondes, vous parviendrez ainsi à détendre vos muscles, et donc à envoyer le bon message à votre cerveau. Vous pouvez aussi essayer de tousser, et si une personne dort à côté de vous, elle peut vous aider à sortir de cet état rapidement, pour vous réveiller complètement. Et vous pourrez même, si vous n’êtes pas trop choqué par ce que vous venez de vivre, vous rendormir comme un bébé.

Voir aussi l'article : Cauchemars : de quoi avons-nous peur ?

Source: Amélie Micoud - journaliste santé
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