Le sport et les menstruations

Dernière mise à jour: août 2015 | 60196 visites

dossier Les jeunes filles et les femmes qui pratiquent une activité sportive de manière intensive sont souvent confrontées à des problèmes de menstruations, comme des règles douloureuses ou une aménorrhée. Les règles peuvent aussi avoir une incidence, positive ou négative, sur les prestations sportives.

L'absence de règles

L'aménorrhée primaire

Il s’agit d’un retard des premières règles. On parle d’aménorrhée primaire lorsque la jeune fille n’a pas encore été indisposée à l’âge de 16 ans. C’est souvent le cas chez les adolescentes qui ont démarré un sport intensif dès leur plus jeune âge. Cela peut également être lié à un régime alimentaire très strict (hypocalorique, pauvre en hydrates de carbone...) ou à la pratique d'un sport d'endurance depuis de nombreuses années. Des antécédents familiaux peuvent également entrer en ligne de compte.

L'aménorrhée secondaire

C'est-à-dire l’absence de menstruations durant au moins six mois. Si elle s’accompagne d’un taux très bas d'œstrogènes, cela pourrait signaler une ostéoporose juvénile, une probabilité plus élevée de souffrir de fractures de stress, de scoliose, d’incontinence urinaire, un risque de grossesse extra-utérine ou de sécheresse vaginale. La grossesse non désirée doit aussi être prise en considération.

Le sport et le syndrome prémenstruel

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Les athlètes qui souffrent du syndrome prémenstruel (SPM) observent une influence importante de ce syndrome sur leur cycle hormonal et sur leurs performances intellectuelles et sportives.

Le syndrome prémenstruel est défini comme l’apparition de symptômes cycliques très perturbants pour la vie quotidienne. Un déséquilibre hormonal a été longtemps mis en cause. Aujourd’hui, on pense que ce syndrome est causé par une sensibilité aux taux normaux de l’hormone progestérone au cours du cycle menstruel. Mais on n’a jamais pu établir de véritable influence hormonale dans le déclenchement du SPM. On a récemment aussi évoqué le fait que le SPM pourrait être une sorte de réponse à un trouble du taux de sérotonine dans le cerveau.

Les symptômes débutent généralement quelques jours après l’ovulation quand le niveau de progestérone augmente. Certaines femmes manifestent des symptômes pendant les deux semaines complètes entre l’ovulation et le début des règles. D’autres n’en souffrent que quelques jours avant les règles. De nombreuses femmes constatent que les symptômes vont en empirant à mesure que le jour des règles approche.

Ces symptômes s'expriment par des plaintes tant psychiques que physiques. Et ce ne sont pas tous les mois systématiquement les mêmes. En effet, ils varient d’un cycle à l’autre, d’une femme à l’autre. Parmi les plus fréquents, on relève une tension mammaire qui rend les seins souvent très douloureux, une sensation de ballonnement abdominal, de l’irritabilité voire de l’agressivité, de l'anxiété, une fatigue intense jusqu'à l'épuisement, des accès de boulimie, des mouvements d’humeur, de la tension nerveuse et parfois des accès dépressifs. En psychiatrie, on parle d'un trouble spécifique, le PMDD (premenstrual dysphoric disorder).

On estime que 4 à 5% des femmes âgées de 15 à 45 ans qui souffrent de SPM devront avoir recours à un traitement médicamenteux ou autre. Quelque 90% des femmes déclarent se sentir différemment durant les jours qui précèdent les règles, sans que l’on parle de SPM ou de PMDD.

Comment traiter le syndrome prémenstruel ?

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Les mesures hygiéno-diététiques

• Une activité sportive régulière
• La relaxation
• Combattre le stress
• Prendre des suppléments calciques et/ou du magnésium
• Prendre ses repas à heure fixe
• Une alimentation enrichie en hydrates de carbone et limiter la consommation de sucres, de caféine et de sel.

En cas de symptômes dépressifs

Si les symptômes dépressifs dominent et en cas de PMDD, on pourra administrer des inhibiteurs de la recapture de la sérotonine en phase progestative (lutéale) qui se situe juste après l'ovulation et s'étend jusqu'au dernier jour du cycle ovarien.

La pilule contraceptive comme traitement ?

En cas de nécessité, on peut également faire disparaître l’ovulation. Comment ? Par un traitement médicamenteux. La prise d’une pilule contraceptive oestroprogestative n’est pas particulièrement indiquée à cette seule fin.

Les menstruations et les performances sportives

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Durant les années où elles sont particulièrement fertiles, les athlètes sont soumises à l’influence des oestrogènes et de la progestérone. Ces deux hormones peuvent agir soit de façon interactive, soit de façon opposée. Cela n’est pas sans influence sur les prestations sportives.

Selon des enquêtes, il ressort que 37 à 63% des athlètes ne ressentent pas d’effets négatifs suivant l’évolution de leur cycle hormonal, alors que 13 à 29% ont même affirmé qu’elles enregistraient de meilleurs résultats sportifs durant leurs règles.

On peut affirmer que les sportives d’endurance prestent le mieux les jours qui suivent leurs règles (phase folliculaire) alors que es athlètes qui ont besoin de davantage d’explosivité comme les sprinteuses ou les judokates remportent davantage de succès juste avant ou pendant leurs règles. Les entraîneurs exploitent cette phase du cycle hormonal pour faire travailler encore davantage leurs protégées.

Une évaluation individuelle de chaque athlète à l’aide d’un ménogramme ou d’un calendrier d’entraînements est nécessaire afin de bien encadrer la sportive sur le plan gynécologique.

Plusieurs études scientifiques ont montré l’effet néfaste de la période prémenstruelle en termes de blessures articulaires, musculaires et osseuses, surtout en cas de SPM. La coordination neuromusculaire, les aptitudes manuelles, la vitesse de réaction, la capacité d’anticipation et d’autres aspects qui ont été soumis à des tests en laboratoire et sur le terrain semblent avoir été négativement influencés par le syndrome prémenstruel. Dans ces cas-là, la pilule contraceptive exercerait un effet positif sur les blessures sportives.

Les sportives et la pilule contraceptive

Il ressort de diverses enquêtes que les athlètes seraient bien moins nombreuses à prendre la pilule que les femmes qui ne pratiquent pas de sport de haut niveau.

De nombreuses danseuses classiques, parmi d’autres sportives de haut niveau, sont très concernées par leur silhouette, qu'elles considèrent comme leur outil de travail. Elles auraient peur de grossir en prenant la pilule. D’autres athlètes craignent également les effets délétères de la pilule contraceptive sur leurs prestations, un trop grand apport d’hormones chimiques.

En ce qui concerne la prise de poids sous pilule, diverses études ont montré qu’il est disproportionné de la craindre à un tel point. La prise de poids peut en effet varier d’une personne à l’autre, d’une pilule à l’autre. Il en va de même concernant l’impact qu’elle pourrait avoir sur les prestations sportives.

Il est néanmoins certain qu’il n'est pas recommandé de démarrer un traitement hormonal impliquant la prise d’une pilule contraceptive pour la première fois juste avant une importante compétition sportive. Les effets indésirables les plus fréquents (comme par exemple du spotting durant les premiers mois, une tension mammaire, des maux de tête, des nausées, etc.) consécutifs à la prise de la pilule contraceptive diminuent généralement en quelques mois.

Il conviendra également d’analyser le dosage total en hormones stéroïdiennes des sportives et l’utilisation d’un progestatif (la pilule contient toujours le même type d’oestrogènes mais leur dosage peut varier alors que le type de progestatif varie d’une pilule à l’autre, tant en quantité qu’en qualité).

Les effets bénéfiques de la pilule

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• Amélioration du capital osseux et de la solidité du squelette.
• Diminution des blessures osseuses, articulaires et musculaires.
• Diminution des règles abondantes. On lutte ainsi contre d’éventuelles carences en fer. Le taux d’hémoglobine sera ainsi satisfaisant ce qui pourra notablement améliorer les prestations sportives.
Les règles peuvent être planifiées en fonction des compétitions les plus importantes. Il existe des pilules contraceptives qui réduisent fortement les règles voire qui ne donnent même plus de règles dites « anniversaire ». Une autre méthode consiste à allonger la durée d’un cycle. Ce qui permettrait à l’athlète d’éviter toute rétention d'eau et d’avoir par exemple ses règles en pleine compétition sportive.
• Lorsque la pilule contraceptive est prescrite, il est important que chaque athlète ou sportive de haut niveau soit régulièrement suivie par un gynécologue et que l’on analyse quels sont les avantages que les nouvelles classes de progestatifs et les dosages réduits en oestrogènes offrent en matière de santé. Et aussi, de comparer le tout avec les effets bénéfiques que les progestatifs d’ancienne génération associés à des dosages plus élevés en oestrogènes pouvaient avoir sur les prestations sportives.
• Les athlètes qui ne prennent pas la pilule contraceptive ou qui ne souhaitent même pas en entendre parler peuvent néanmoins de temps à autre réguler leur cycle menstruel. Comment ? En prenant par exemple pendant au minimum cinq jours un progestatif en phase folliculaire. Ce qui aura pour effet de raccourcir le cycle menstruel. Si ce progestatif est pris en continu, le cycle hormonal sera rallongé jusqu’à l’arrêt de la prise de ce progestatif. La femme peut ainsi planifier elle-même l’arrivée de ses règles en dehors des périodes de compétition, à un moment qui lui convient le mieux.


publié le : 25/04/2013 , mis à jour le 08/08/2015
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