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Méthode kangourou : des bienfaits à long terme

Dernière mise à jour: décembre 2012 | 3933 visites
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news La méthode kangourou agit de manière extrêmement bénéfique sur le développement du cerveau des bébés prématurés, avec des répercussions importantes sur le long terme.

Cette méthode a été développée voici une trentaine d’années en Colombie, dans une maternité de Bogota où le nombre d’incubateurs était insuffisant pour prendre en charge tous les enfants nés prématurément. Un pédiatre a entrepris d’expérimenter cette technique, dont le principe consiste – lorsque l’état du bébé est stabilisé – à maintenir le nourrisson en contact permanent avec la peau de sa maman (le papa intervient périodiquement pour permettre à la mère de se reposer), tout en nourrissant l’enfant au sein.

Des chercheurs de l’université Laval (Québec) viennent de démontrer, en collaboration avec des confrères colombiens, que les grands prématurés qui ont bénéficié de cette méthode présentent, à l’adolescence (vers l’âge de 15 ans), un développement cérébral comparable à celui d’enfants nés à terme, et supérieur aux bébés maintenus en incubateur.

« Pour évaluer les fonctions cérébrales, les chercheurs ont eu recours à la stimulation magnétique transcrânienne », indique l’université Laval. « Cette technique non invasive et sans douleur permet d’activer les cellules de zones ciblées du cerveau, en l’occurrence le cortex moteur primaire. La mesure des réponses à ces stimulations permet d’évaluer des fonctions cérébrales comme le niveau d’excitabilité et d’inhibition du cerveau, la synchronisation des cellules, la rapidité de conduction nerveuse et la coordination entre les deux hémisphères cérébraux. »

Il s’est donc avéré, comme l’explique le neurophysiologiste Cyril Schneider, que « grâce à la méthode kangourou, l’enfant reçoit des stimulations nerveuses – le bruit du cœur, la voix et la chaleur du parent… – pendant une période critique du développement des liens neuronaux. Cela favoriserait le développement immédiat et futur de son cerveau ». De fait, « cette méthode reproduit les conditions naturelles du milieu intra-utérin dans lequel se développerait l’enfant s’il n’était pas né prématurément ».
Le gouvernement canadien vient d’accorder à cette équipe un financement pour conduire des recherches approfondies sur les retombées neurologiques, cognitives et psychosociales de la méthode kangourou chez un groupe de 400 adolescents et jeunes adultes (de 18 à 20 ans), nés prématurément.

Ces travaux ont fait l’objet d’une publication dans la revue « Acta Paediatrica ».


publié le : 31/12/2012 , mis à jour le 30/12/2012
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