Quels sont les symptômes d’une méningite bactérienne et d’une méningite virale?

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Les méningites sont le plus souvent virales (70-80% des cas) ou bactériennes. Si leurs symptômes peuvent se ressembler au début, ces deux formes de méningite évoluent différemment. La méningite bactérienne est une urgence médicale qui nécessite un traitement rapide, alors que la méningite virale est souvent moins grave et guérit généralement spontanément (bien que certaines formes puissent être sévères).

Causes de la méningite : virus, bactérie ou champignon

La méningite correspond à une inflammation des méninges, les membranes qui entourent le cerveau et la moelle épinière. Cette inflammation peut être provoquée par différents agents infectieux. Chez l’être humain, les causes les plus fréquentes sont les virus et les bactéries. Plus rarement, certains champignons ou mycobactéries peuvent aussi être en cause.

1. Méningite bactérienne

La méningite bactérienne est plus rare que la méningite virale, mais elle est aussi beaucoup plus dangereuse. Les principales bactéries responsables sont :

  • Neisseria meningitidis (méningocoque),
  • Streptococcus pneumoniae (pneumocoque),
  • Haemophilus influenzae type b.

D’autres bactéries peuvent aussi être en cause, notamment Listeria monocytogenes, surtout chez les nouveau-nés, les personnes âgées, les femmes enceintes et les personnes immunodéprimées. La tuberculose peut également provoquer une méningite.

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© Getty Images - Méningite bactérienne à Neisseria meningitidis

2. Méningite virale

La méningite virale est la plus fréquente. Elle est souvent causée par des entérovirus, mais d’autres virus peuvent être responsables, comme le virus herpès simplex, le virus varicelle-zona, ou plus rarement les virus de la rougeole ou des oreillons.

3. Méningite fongique

Des méningites fongiques existent également, mais elles sont rares et concernent surtout les personnes immunodéprimées. Des levures tels que les cryptocoques ou le candida albicans peuvent en être à l'origine.

Voir aussi l'article : De quelles infections fongiques devez-vous vous méfier ?

Symptômes d’une méningite bactérienne et d’une méningite virale

Au début, les symptômes d’une méningite bactérienne et d’une méningite virale peuvent être proches. Les signes fréquents sont :

  • une forte fièvre,
  • des maux de tête importants,
  • une raideur de la nuque,
  • des nausées et vomissements,
  • un teint gris ou marbré,
  • une sensibilité à la lumière et au bruit,
  • une somnolence inhabituelle,
  • une confusion ou un état mental altéré.

Dans certains cas, des convulsions peuvent survenir. Chez certaines personnes, notamment en cas d’infection invasive à méningocoque, une éruption cutanée rouge-violette (purpura) peut apparaître. Cette éruption est un signe d’alerte de méningite bactérienne, mais son absence n’exclut pas une méningite grave.

Quels signes chez le bébé et le jeune enfant ?

Chez le nourrisson, les symptômes sont souvent moins typiques que chez l’adulte. Il faut être attentif à :

  • une irritabilité inhabituelle,
  • des pleurs faibles ou continus,
  • un refus de boire ou de manger,
  • des vomissements,
  • une somnolence importante ou un bébé difficile à réveiller,
  • une fontanelle bombée,
  • parfois un corps mou ou, au contraire, raide.

Méningite : une urgence médicale absolue

Une suspicion de méningite doit être considérée comme une urgence médicale absolue. Une méningite bactérienne peut engager le pronostic vital en quelques heures.

Signes d’alerte immédiats

  • forte fièvre soudaine,
  • violents maux de tête (accentuées par le bruit et la lumière),
  • vomissements,
  • raideur de nuque et du tronc (impossibilité de pencher la nuque vers l'avant),
  • confusion,
  • somnolence marquée,
  • convulsions,
  • un teint gris ou marbré,
  • ou taches rouges-violettes sur la peau qui ne disparaissent pas à la pression (purpura).

Chez le nourrisson, une irritabilité inhabituelle, une fontanelle bombée, un refus de boire ou une difficulté à réveiller le bébé doivent aussi alerter.

Appelez immédiatement le 112.

Différences entre méningite bactérienne et méningite virale

La différence principale tient à la gravité et à la vitesse d’évolution.

La méningite bactérienne peut s’aggraver en quelques heures et mettre la vie en danger rapidement. Même traitée, elle peut entraîner des séquelles durables, comme une perte auditive, des troubles neurologiques, des difficultés cognitives ou d’autres handicaps.

La méningite virale est généralement plus bénigne et évolue souvent favorablement en 7 à 10 jours, parfois en une à deux semaines selon le virus en cause et l’état de santé du patient. Mais certaines infections virales peuvent aussi être sévères, surtout si le cerveau est touché en même temps, ce qui relève alors d’une méningo-encéphalite.

Autre différence importante : la méningite bactérienne nécessite un traitement urgent par antibiotiques, tandis que les antibiotiques sont inefficaces contre une méningite virale. La prise en charge d’une méningite virale repose surtout sur la surveillance, le repos, l’hydratation et le traitement des symptômes, sauf dans certains cas particuliers où un antiviral peut être indiqué.

Voir aussi l'article : Streptocoques du groupe A (SGA) et du groupe B (SGB) : quelles sortes d’infections ?

1. Méningites bactériennes : quelles bactéries ?

Les méningites bactériennes sont donc des infections graves voire mortelles. En voici, les principales bactéries responsables.

Méningite à Haemophilus influenzae de type b

Haemophilus influenzae type b (Hib) est une bactérie naturellement présente dans les voies respiratoires supérieures. L'infection survient généralement par inhalation de gouttelettes respiratoires ou par contact direct avec le mucus. Les nourrissons sont protégés par les anticorps maternels durant les premiers mois. 

Haemophilus influenzae type b (Hib) a longtemps été une cause majeure de méningite bactérienne chez les jeunes enfants. Depuis l’introduction de la vaccination, le nombre de cas a fortement diminué dans les pays où la couverture vaccinale est élevée. La transmission se fait par les sécrétions respiratoires.

Méningite à méningocoques (Neisseria meningitidis)

Les infections à méningocoques sont dues à la bactérie Neisseria meningitidis. Elles se transmettent par les gouttelettes respiratoires et les contacts rapprochés. Certaines personnes peuvent porter la bactérie dans le nez ou la gorge sans être malades. Plus rarement, 

Après avoir colonisé les voies respiratoires supérieures, le méningocoque reste le plus souvent sans conséquence. Plus rarement, il passe dans la circulation sanguine et peut provoquer une infection invasive grave, comme une méningite ou une septicémie. Les nourrissons et jeunes enfants sont particulièrement à risque, avec un autre pic observé chez les adolescents et les jeunes adultes.

Il existe plusieurs sérogroupes de méningocoques. En Belgique, les infections invasives à méningocoques sont majoritairement causées par le sérogroupe B (environ 60 % des cas), suivi par le C. Depuis 2018, une recrudescence des souches W et Y est observée. Le vaccin contre les méningocoques ACWY est recommandé et gratuit en Belgique, pas celui contre le méningocoque B. 

Voir aussi l'article : Méningite : la vaccination est plus importante que jamais

Méningites à pneumocoques

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© Getty Images

Streptococcus pneumoniae est un diplocoque Gram positif et l’une des principales causes de méningite bactérienne. Le pneumocoque colonise fréquemment le nasopharynx sans provoquer de symptômes. Après cette colonisation, la bactérie peut rester asymptomatique ou provoquer des infections plus fréquentes comme une otite ou une pneumonie. Plus rarement, elle envahit des sites normalement stériles et entraîne une infection invasive, comme une bactériémie ou une méningite. La transmission se fait par les sécrétions respiratoires et les contacts étroits.

Les méningites à pneumocoque comptent parmi les formes les plus sévères de méningite bactérienne. Elles touchent particulièrement les jeunes enfants, les personnes âgées et certaines personnes fragiles. Elles sont associées à un risque important de décès et de séquelles neurologiques, notamment des troubles auditifs.

Voir aussi l'article : Pneumocoque : qui doit se faire vacciner ?

Méningite néonatale

Les méningites néonatales sont rares mais ont un taux de mortalité élevé. Chez le nouveau-né, les bactéries en cause sont souvent différentes de celles observées chez l’enfant plus grand ou l’adulte. Les principales sont :

  • Streptococcus agalactiae (streptocoque du groupe B),
  • Escherichia coli,
  • parfois Listeria monocytogenes.

La transmission peut avoir lieu pendant la grossesse, l’accouchement ou dans la période néonatale.

2. Méningites virales : quels virus ?

Les méningites virales sont plus fréquentes que les méningites bactériennes. Les méningites virales sont le plus souvent dues à des entérovirus, parmi lesquels les Coxsackievirus. Plus rarement, elles peuvent aussi être liées au virus herpès simplex (HSV), au virus varicelle-zona (VZV), ou à des infections comme les oreillons ou la rougeole.

Elles sont en général moins graves et évoluent le plus souvent favorablement, même si la sévérité peut varier selon le virus en cause, l’âge du patient et l’éventuelle atteinte du tissu cérébral. Lorsque l’inflammation touche aussi le cerveau, on parle plutôt de méningo-encéphalite, une situation plus sérieuse.

Dans les formes purement virales, la mortalité est globalement faible, mais certaines personnes peuvent présenter une fatigue prolongée, des céphalées persistantes ou des troubles de la concentration après l’épisode aigu. 

Les antibiotiques sont inefficaces contre une méningite virale. Dans certains cas (par exemple, en cas d'infections par le virus de l'herpès), un traitement antiviral peut être indiqué.

La vaccination contre certaines infections virales, notamment la rougeole, les oreillons, la varicelle et la poliomyélite, contribue à réduire le risque de certaines atteintes neurologiques, y compris certaines méningites associées à ces virus.

Voir aussi l'article : Rougeole, rubéole, oreillons : aucun lien entre le vaccin et l’autisme

Voir aussi l'article : Pour qui le vaccin contre la polio est-il obligatoire ?

La vaccination pour quelles méningites ?

La vaccination permet de prévenir certaines méningites, mais pas toutes. 

Haemophilus influenzae type b

En Belgique, le vaccin contre Haemophilus influenzae type b est administré dans le cadre d’un vaccin hexavalent chez le nourrisson. En Fédération Wallonie-Bruxelles, le calendrier vaccinal prévoit des doses à 8 semaines (2 mois), 12 semaines (3 mois), 16 semaines (4 mois) et un rappel à 15 mois. Ce vaccin fait partie du programme de vaccination de base.

Méningocoques

En Fédération Wallonie-Bruxelles, la vaccination contre les méningocoques ACWY est recommandée et proposée dans le programme de vaccination. Il s’agit d’un vaccin conjugué qui protège contre les sérogroupes A, C, W et Y. Le calendrier vaccinal prévoit une dose à 15 mois et une autre à 15-16 ans.

Il existe aussi un vaccin contre le méningocoque B. En Belgique, ce vaccin n’est pas inclus à ce jour dans le calendrier de base de l'ONE. Il est surtout recommandé chez les personnes à risque d’infections invasives à méningocoques, quel que soit l’âge. Chez les nourrissons, la vaccination peut aussi être discutée avec le médecin ou le pédiatre au cas par cas.

Pneumocoques

Le vaccin antipneumococcique (Prevenar 20) ne protège pas contre tous les sérotypes de pneumocoques, mais il couvre plusieurs des souches les plus souvent impliquées dans les infections graves. En Fédération Wallonie-Bruxelles, la vaccination des nourrissons prévoit des doses à 8 semaines (2 mois), 16 semaines (4 mois) et 12 mois. Elle fait partie du calendrier vaccinal de base.

Méningites virales 

Il n’existe pas de vaccin contre toutes les causes de méningite virale. En revanche, certaines vaccinations du calendrier permettent de réduire indirectement le risque de méningite ou d’atteinte neurologique liée à certains virus, notamment les vaccins contre la rougeole, les oreillons, la varicelle et la poliomyélite.

Sources :
https://www.hersenstichting.nl
https://www.one.be



Dernière mise à jour: mars 2026

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