Maladie de Parkinson : percée d’un traitement qui agit par l’intestin

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Des chercheurs chinois ont mis au point un nouveau traitement contre la maladie de Parkinson qui agit par l’intestin. Il repose sur des spores bactériennes modifiées, capables d’acheminer des substances protectrices jusqu’au cerveau. Chez des souris atteintes de Parkinson, ce traitement a atténué les troubles moteurs et limité la perte de neurones. Une découverte prometteuse, même s’il reste à démontrer qu’il fonctionne aussi chez l’être humain.

Quel est le lien entre l’intestin et la maladie de Parkinson ?

Dans la maladie de Parkinson, les cellules nerveuses qui produisent la dopamine, une substance qui aide à réguler nos mouvements, meurent progressivement. Il en résulte des symptômes caractéristiques : tremblements des mains, raideur musculaire, lenteur des mouvements (bradykinésie) et troubles de l’équilibre.

Mais Parkinson ne se limite pas aux troubles moteurs. De nombreux patients souffrent aussi de constipation, de douleurs abdominales ou de ballonnements. Les chercheurs soupçonnent depuis longtemps que des modifications du microbiote intestinal, la flore intestinale, pourraient contribuer à l’apparition ou à la progression de la maladie. L’intestin et le cerveau communiquent en effet en permanence par l’intermédiaire de ce que l’on appelle l’axe intestin-cerveau. Le fonctionnement précis de ce dialogue reste toutefois en partie inexpliqué. Des scientifiques de l’université de Zhengzhou, en Chine, ont donc décidé d'étudier la possibilité de traiter la maladie de Parkinson en agissant sur l'intestin.

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Comment fonctionne ce nouveau traitement par voie intestinale ?

Les chercheurs ont utilisé Clostridium butyricum, une bactérie qui produit du butyrate (acide butyrique) dans l’intestin. Cette substance peut agir sur les processus inflammatoires et pourrait également contribuer à protéger les neurones. Ils ont modifié les spores de cette bactérie en y ajoutant deux composés : la lactoferrine, une protéine qui facilite le passage vers le cerveau, et la liproxstatine-1, une molécule qui contrecarre certaines formes de lésions cellulaires.

Les spores bactériennes servent ici en quelque sorte de véhicule. Résistantes à l’acide gastrique, elles parviennent intactes jusqu’à l’intestin. Les protéines de cette enveloppe forment de minuscules particules qui transportent les substances ajoutées. Depuis l'intestin, ces particules pénètrent dans la circulation sanguine et franchissent la barrière hémato-encéphalique, une barrière protectrice qui empêche normalement de nombreuses substances de pénétrer dans le cerveau.

Les composés peuvent ainsi gagner le cerveau, où ils sont censés protéger les neurones des dommages causés par le stress oxydatif. Ce phénomène désigne des réactions chimiques nocives qui altèrent les cellules et peuvent entraîner, dans la maladie de Parkinson, la mort des neurones producteurs de dopamine.

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Une meilleure motricité et moins de neurones perdus

Les chercheurs ont testé ce nouveau traitement sur des souris atteintes de Parkinson. Les résultats se sont montrés prometteurs : les souris traitées se déplaçaient mieux et coordonnaient leurs mouvements plus facilement que les animaux non traités. Leurs performances étaient même comparables à celles des souris traitées à la lévodopa, un médicament couramment utilisé contre la maladie de Parkinson. Mais une autre différence marquante est apparue : le nouveau traitement protégeait mieux les neurones dopaminergiques que la lévodopa.

C’est surtout ce dernier point qui est particulièrement intéressant. Les médicaments actuels contre Parkinson visent avant tout à atténuer les symptômes, comme les tremblements et la raideur musculaire, mais ils ne parviennent pas à enrayer la perte neuronale. Le nouveau traitement pourrait, lui, agir sur le processus même de la maladie, même si cette piste n’a pour l’instant été explorée que chez la souris.

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Quand ce traitement pourra-t-il être utilisé chez l’être humain ?

Pour l’heure, le traitement n’a été testé qu’en laboratoire et chez la souris. Son efficacité et son innocuité chez l’humain restent à démontrer. Par ailleurs, chaque individu possède un microbiote intestinal qui lui est propre. Le traitement pourrait donc ne pas produire le même effet chez tous les patients.

Les chercheurs restent néanmoins optimistes. Leur approche pourrait, à l’avenir, faciliter l’acheminement de médicaments jusqu’au cerveau en passant par l’intestin. Les patients pourraient alors les prendre simplement par voie orale, sans injections ni autres interventions lourdes. Mais avant d’en arriver là, de nombreuses recherches seront encore nécessaires.

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Sources :
https://www.technologynetworks.com
https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov

auteur : Josefien De Bock - journaliste santé

Dernière mise à jour: novembre 2026

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