Vendre son âme, mais à quel prix ?

Dernière mise à jour: mai 2012 | 5545 visites
rx-mri-hers-170_560_04.jpg

news Lorsque nous avons à prendre des décisions qui relèvent d’un choix moral, des zones spécifiques du cerveau sont sollicitées, et rendent la tâche particulièrement complexe.

« Notre cerveau traite bien différemment les décisions personnelles les plus précieuses, pour lesquelles nous refusons en général de nous désavouer », résume Santé Log, qui rend compte de ces recherches coordonnées par une équipe de l’Emory University (Atlanta).

L’auteur principal de l’étude, le Pr Gregory Bens, explique : « Notre expérience révèle que le domaine du sacré, que ce soit lié à la religion, à l’identité ou encore à l’éthique, relève d’un processus décisionnel particulier. Les valeurs sacrées suscitent dans notre cerveau une activation plus importante d’une zone particulière, associée aux processus de décision mettant en jeu des règles, des principes, le vrai et le faux, le bien et le mal. Ce n’est pas la même zone qui est mobilisée par les décisions que l’on qualifiera de simples ou de courantes, de type coût-bénéfice ».

Le cerveau réagit différemment

Ce constat n’a évidemment pas été posé au hasard. Une quarantaine d’adultes ont été mis en situation de devoir poser des choix « simples » ou « moraux », avec la possibilité de les renier par la suite en échange d’une certaine somme d’argent, ou de les maintenir et alors de se retirer. Leur activité cérébrale était observée par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf). Et donc, il s’avère que le cerveau « travaille » différemment selon que la décision intègre ou non une composante morale ; avec en particulier une forte corrélation entre les valeurs « sacrées » et l’activation des systèmes neuronaux associés à l’évaluation du bien et du mal, et beaucoup plus faible lorsqu’on considère le circuit de la récompense.

Ces processus sont d’autant plus marqués que les participants étaient engagés, au quotidien, dans des pratiques spirituelles, sociales, etc. Les auteurs relèvent que ces caractéristiques interviennent notamment dans les attitudes individuelles face aux incitations ou aux sanctions publiques, lorsqu’elles portent sur des valeurs personnelles sacrées.

Le détail de ces recherches est publié dans la revue « Philosophical Transactions of the Royal Society ».


publié le : 04/06/2012
pub

Restez informés !

Inscrivez-vous à notre newsletter:

Non, merci