Témoignages | Séjourner en maternité... mais sans bébé

dossier Annemie, rédactrice de Minimi et mère de trois enfants, a subi une hystérectomie, sur les conseils de son gynécologue. Elle a été hospitalisée en maternité, et a réalisé que celles qui n'avaient pas la chance de tenir leur bébé dans les bras y séjournaient aussi. Parfois, souvent. Celles qui essaient d'avoir un bébé, celles qui ont perdu leur bébé, celles dont l'enfant est dans une couveuse, en néonatologie... Beaucoup de femmes ont un lit en maternité, dans bien des hôpitaux, lorsqu'elles se remettent d'une opération ou après la perte d'un enfant. Bien sûr, si les femmes sont hospitalisées en maternité "classique", c'est en grande partie pour des raisons pratiques, parce que les infrastructures et la présence du personnel soignant le justifient et ne permettent pas de faire autrement. Mais, et cela a d'ailleurs été mis en place dans certaines structures hospitalières, un aménagement qui permette une séparation ne serait-elle pas souhaitable? Les nombreux témoignages qui suivent montrent à quel point l'expérience peut être difficile à vivre, quand on est déjà dans une situation douloureuse ou, à tout le moins, qu'on aimerait ne pas avoir à vivre.

À la maternité sans bébé: les témoignages

Eva: J'ai perdu mon fils à 5 mois de grossesse, après avoir accouché prématurément. Juste après sa naissance, j'ai entendu une autre femme crier en plein accouchement, puis les pleurs de son bébé… Et vous, vous êtes là, dans la pièce d'en face. Valérie: J'ai été admise en maternité lors d'un accident de voiture à 35 semaines de grossesse. Heureusement que tout allait bien, mais j'ai alors pensé à plusieurs reprises: et si ça avait été une mauvaise nouvelle? Me serais-je aussi retrouvée au milieu de nouveaux-nés bien vivants? D'un côté je comprends, mais je me dis qu'une autre solution, pour quand les choses ne se passent pas comme prévues, serait la bienvenue. Sofie: Nous avons perdu notre fils à 22 semaines de grossesse. Heureusement, j'étais au bout du couloir, donc je n'ai pas vraiment été "dérangée" par les bébés qui pleuraient. Ce qui m'a fait mal, c'était les visiteurs heureux dans le couloir, ou la femme de ménage qui m'a accidentellement félicitée en entrant dans la chambre. Je pense qu'il devrait y avoir un lieu séparé pour les personnes qui vivent ça, mais pas dans un département différent, car j'ai eu beaucoup de soutien de la part des sages-femmes de la maternité. Lies: j'ai aussi été hospitalisée en maternité avec les jeunes mamans et les bébés… Ils m'ont prévenue à l'avance et m'ont demandé si cela ne me dérangeait pas de séjourner à la maternité, tout en me disant qu'il n'y avait pas d'autres chambres disponibles. Le lit bébé était également dans la chambre. Je m'en serais bien passée... Elien: J'ai eu une césarienne d'urgence à 32 semaines et 5 jours. Ma fille était en néonatalogie. Après cette césarienne, je me suis sentie tellement bouleversée mentalement et physiquement que le rétablissement a été très difficile. J'entendais les bébés pleurer la nuit alors que j'étais seule. Evi: J'ai toujours séjourné en maternité pour une partie de mon traitement hormonal. Vous attendez dans le couloir, vous entendez des bébés pleurer, une maman passe dans son lit d'hôpital avec une odeur de bébé... Cela fait mal, car vous pensez à ce moment là que peut-être, vous ne connaitrez jamais ça. Après avoir essayé longtemps, j'ai été moi-même enceinte. Quand, à 39 semaines, j'ai attendu dans le hall pour me rendre au monitoring, une femme s'est assise à côté de moi en attendant son traitement hormonal. J'ai senti sa douleur. Il est dommage qu'il n'y ait pas d'autre endroit pour de telles questions que la maternité.
Bien que les hôpitaux essaient d'éviter ce genre de situations, il n'y a parfois pas d'autre option. Nous avons demandé à nos experts de réagir à ces témoignages, ainsi que des conseils pour les femmes qui traversent un tel événement. Lisez l'article ici.
Lieselot: Après une fausse couche suivie d'un curetage, je suis restée en salle de réveil au milieu des mères qui venaient d'accoucher. Vous entendez les bébés pleurer et vous vous dites juste: "Ils ont emmené mon bébé." Être enceinte avait déjà été un long processus pour nous. Alors de telles choses sont extrêmement douloureuses. Ella: Je ne suis pas encore maman, mais il y a exactement un an, j'ai eu une grossesse extra-utérine. J'ai passé la nuit précédant l'opération à la maternité. Après quoi j'ai été placée dans un service de chirurgie. Le mot "erreur" clignote dans ma tête, quand je repense à ce moment au milieu des jeunes mères. Evelien: J'ai aussi séjourné en maternité. En un mot: horrible. Je voulais sortir de là le plus vite possible, ce que j'ai fait. Ma fantastique sage-femme m'a suivie et m'a accompagnée chez moi. C'est fou qu'en 2020, une telle situation n'ait toujours pas été abordée. Alexandra: J'ai été hospitalisée pour hyperémèse gravidique (vomissements intenses avec perte de poids, NDLR) à 8 semaines de grossesse. Très malade, déshydratée et épuisée, je pensais: "J'espère que je pourrai entendre mon bébé pleurer dans quelques mois". Ma fille est maintenant une grande fille de 6 mois, mais à l'époque, elle n'était pas encore vraiment là et j'ai vraiment eu très peur. Marjolein: J'ai été hospitalisée à 17 semaines pour pertes de sang importantes. Je pouvais perdre mon bébé à tout moment et j'entendais les bébés naitre les uns après les autres, autour de moi. Quelques jours plus tard, j'ai perdu les eaux et nous avons effectivement perdu notre fils. Dans les heures où nous nous sommes dit au revoir, nous avons entendu plusieurs bébés naître. Croyez-moi, cela vous ronge. Magalie: J'ai donné naissance à notre première fille à 18 semaines en salle d'accouchement, après un accouchement de 16 heures. J'ai aussi passé la nuit à la maternité, où j'étais réveillée la nuit par des bébés qui pleuraient. Et il y a eu ce matin où j'ai dû partir les mains vides entre les bruits de roucoulement, les Maxi-Cosi, les faire-parts de naissance et les parents heureux... Bref, l'enfer. Anneleen: Je me suis retrouvée deux fois en maternité pour convalescence. Nous ne sommes pas sortis de notre chambre, donc je ne pensais pas que la confrontation serait si pénible. Le plus dur a été de devoir passer à pied dans le même couloir que les autres parents, mais les mains vides au lieu d'un Maxi-Cosi avec un bébé dedans. Catherine: Nous essayons de concevoir depuis près de 4 ans maintenant, et je me suis retrouvée à la maternité deux fois après avoir subi une intervention chirurgicale pour mon endométriose. Tout le monde était très gentil, mais en marchant dans le couloir et en voyant toutes les cartes accrochées aux portes… Les parents qui étaient ravis, les ballons, les bébés qui pleuraient… C'était très difficile. Mon mari a reçu des félicitations dans le couloir, car s'il y marchait, c'était sûrement parce qu'il venait de devenir papa ?! Helena: Ma fille est née avec 7 semaines d'avance. Je venais juste d'accoucher, il était donc logique que je sois à la maternité, mais cela me faisait mal. Ma fille était dans une couveuse à seulement 2 couloirs et moi j'étais assise seule dans ma chambre, avec vue sur une baignoire pour bébé et une table à langer. Dans le couloir, je voyais des jeunes mamans avec leur bébé dans les bras. Auteure: Sofie Van Rossom Suivez Minimi sur Instagram Lire aussi: Témoignage | Le syndrome du ventre vide, « cette sensation de vide, immense, implacable » La peur de faire du mal à son bébé ou phobie d'impulsion Témoignage | « J'avais besoin d’allaiter mon bébé pour sentir que j'étais sa mère » Chronique | Arrêtons de dire aux femmes qu'une fausse couche ce n'est rien

auteur : Amélie Micoud - journaliste santé

Dernière mise à jour: octobre 2020
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