Aérosols, nébuliseurs... Les bonnes techniques d'inhalation chez l'enfant

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Certains médicaments traitant des affections pulmonaires comme la bronchite ou l'asthme nécessitent d'être inhalés. Aérosol, chambre d'inhalation, nébuliseur... Pour qui et pour quoi sont prescrits ces différents procédés d'inhalation? Et comment faciliter leur usage avec un enfant en bas-âge ? Explications.

Pourquoi prescrit-on un médicament à inhaler?

Les aérosols doseurs, communément appelé puff, les poudres à inhaler et les nébuliseurs sont généralement prescrits pour les affections de la sphère ORL (rhume, angine, pharyngite, sinusite...) et pulmonaire (bronchiolite pour les tout-petits, bronchite, asthme...). Dans ce deuxième cas, on parle aussi de bronchodilatateurs : ils empêchent la constriction ou les spasmes des muscles des bronches, et permettent de soulager une gêne voire une détresse respiratoire. Ils sont également utiles dans le traitement de certaines maladies génétiques comme la mucoviscidose. Corticoïdes et antibiotiques peuvent aussi être administrés par inhalation.

Voir aussi l'article : Bronchiolite du nourrisson: symptômes, traitement et prévention

Du bon usage de l'aérosol

Ces médicaments, s'administrant donc via différents dispositifs, peuvent être prescrits à tous, du nourrisson à l'adulte. Bien sûr, leur usage dépendra du patient (âge, habilité, adhésion). Lorsqu'un médecin prescrit un aérosol ou nébuliseur à un patient, enfant ou adulte, il doit faire la démonstration de sa correcte utilisation, pour une prise du médicament optimale. Plusieurs enquêtes ont démontré que la limite de ces dispositifs était principalement due à leur usage, aussi bien chez les enfants que chez les adultes et, parfois, chez les praticiens (médecins, pharmaciens) eux-mêmes.

Pour que le médicament aille dans les poumons, et non dans la bouche, la gorge ou même l'estomac, il est primordial de bien utiliser les dispositifs qui servent à les administrer. Pour les petits patients, bébés et bambins, on facilite la prise grâce à un masque ou un embout buccal.

Nébuliseur, puff, poudres à inhaler... Quelles différences?

L'aérosol doseur pressurisé, ou puff, pour les moins de 4/5 ans

Ce sont les aérosols "classiques", qu'on utilise traditionnellement dans le traitement de l'asthme. Ils fonctionnent par propulsion d'un gaz qui délivre la dose nécessaire de médicament, en l'occurence le salbutamol, bien souvent, en ce qui concerne les bronchodilatateurs. Ils demandent un "travail" du patient qui doit actionner le flacon pompe avec sa main en contrôlant du même coup sa respiration (expiration avant la prise, inspiration au moment de la prise, puis apnée pendant quelques secondes). Pour cette raison, ce type d'aérosol conviendra davantage aux patients plus âgés.

Il existe deux types d'aérosols doseurs:

  • Ceux qui nécessitent une coordination main-respiration: on actionne le spray avec la main tout en inspirant (ceux que les adultes utilisent en général).
  • Les auto-déclenchés: c'est l'inspiration qui génère le déclenchement de l'aérosol. Ceux-là peuvent être prescrits aux enfants à partir de 4-5 ans.

Pour les enfants: la chambre d'inhalation

La coordination main-poumons ou le contrôle de sa respiration pour des enfants en bas-âge étant compliquée voire impossible, on utilise alors une chambre d'inhalation, qui fait l'intermédiaire entre le petit patient et l'aérosol.

  • Pour les plus jeunes (moins de 4 ans) le masque est préconisé.
  • Pour les plus grands, à partir de 4 ans et après essai en présence du médecin, l'embout buccal doit être privilégié (moins de perte du médicament qu'avec le masque).

En cas de crise d'asthme, le recours au masque peut s'avérer utile, même pour des enfants plus grands.

Les poudres à inhaler, à partir de 6 ans

Le médicament se présente sous forme de poudre qu'on introduit en dose (souvent sous forme de gélule) dans le dispositif. Il n'y a pas de gaz propulseur, pas besoin de secouer, et pas de contrôle main-respiration nécessaire. En revanche, sa prise demande une respiration rapide et profonde suivie d'une apnée d'environ 10 secondes. Pour cette raison, les médicaments en poudre conviennent plutôt aux enfants à partir de 6 ans.

Les nébuliseurs

Ici c'est sous forme liquide, par "brumisation", que le médicament est administré. Le nébuliseur traite les maladies pulmonaires mais aussi les affections de la sphère ORL comme le rhume, la sinusite ou laryngite. Il a l'avantage de délivrer une quantité de produit importante et peut combiner deux médicaments (bronchodilatateurs et corticoïdes). Il est donc privilégié pour traiter les asthmes graves et la mucoviscidose.

Le principe est simple et fonctionne un peu comme la chambre d'inhalation. Vous versez la dose (ampoule ou petit flacon) dans le réservoir de l'appareil qui diffusera ensuite le médicament en une fine brume. La séance dure une dizaine de minutes et peut se faire en deux fois, l'enfant doit être calme et respirer normalement. Pas besoin d'une coordination main-respiration ni d'apnée. Le nébuliseur est donc parfois privilégié pour les plus-petits. Contrairement aux aérosols pressurisés, les nébuliseurs sont assez bruyants. L'appareil se loue à la pharmacie, une partie est prise en charge par la mutuelle.

Comment utiliser correctement les inhalateurs avec un enfant?

Pour que la prise du médicament soit efficace, il faut:

  • Une bonne position: l'enfant doit être assis, voire debout s'il le souhaite. Pour la chambre d'inhalation, il peut être en position demi-assise. Pas de position allongée. Les plus petits peuvent être assis sur vos genoux. C'est rassurant pour eux et vous maitriserez peut-être plus facilement le dispositif en étant ainsi installée.
  • Une bonne prise du produit: veillez à ce que le masque soit bien appliqué sur le visage, sans laisser passer d'air. Les lèvres doivent bien entourer l'embout buccal, en cas d'utilisation de ce dernier.
  • Un enfant calme... ce qui peut représenter un sacré challenge! Évitez les séances quand votre tout-petit a faim, est énervé, fatigué, qu'il pleure ou se débat. Ses petites mains doivent être occupées, pour qu'il ne déplace pas le masque lui-même. Essayez de les maintenir, s'il est trop petit pour dessiner ou jouer pendant la séance.
  • Des distractions: quelqu'un qui lui parle, fait des gestes, joue avec des objets, lui chante une chanson ou lit une histoire... Voire un petit dessin animé, le temps de la séance, si le bambin n'est pas trop petit.
  • Un marqueur du temps: si la séance semble longue, et que l'enfant est assez grand, matérialisez la durée avec une frise, un sablier, ou un objet que vous ferez progresser sur n'importe quel support.
  • Des explications ! Dites-lui qu'il a besoin d'être soigné, expliquez chaque étape de la séance, faites-le participer s'il est assez grand à la préparation et l'entretien du dispositif (assemblage, nettoyage...). Votre enfant finira par s'habituer à son traitement.
  • La tétine n'est autorisée que si elle permet de calmer l'enfant. Comme elle limite la bonne prise du produit, il convient de la retirer dès que possible.

Pour les conseils liés à l'usage à proprement dit des dispositifs prescrits (entretien de l'appareil, rinçage de la bouche ou du visage, etc.), référez-vous à ce que vous dit votre médecin. En cas de doute, n'hésitez pas à poser vos questions au médecin ou au pharmacien.

Voir aussi l'article : Le virus respiratoire syncytial (VRS)

Sources :
Société française de pédiatrie
mongeneraliste.be

auteur : Amélie Micoud - journaliste santé

Dernière mise à jour: octobre 2022
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