Migraine menstruelle : que faire contre ce mal de tête avant ou pendant les règles ?
- Points-clés : migraine menstruelle (cataméniale)
- Qu’est-ce que la migraine menstruelle ?
- Symptômes de la migraine menstruelle
- Migraine hormonale : à quel moment du cycle ?
- Causes de la migraine menstruelle
- Diagnostic de la migraine menstruelle
- Comment soulager une crise de migraine menstruelle ?
- Prévention de la migraine menstruelle
- FAQ
dossier
La chute brutale des oestrogènes avant les menstruations peut causer chez certaines femmes des maux de tête intenses. Ces migraines menstruelles surviennent souvent entre 2 jours avant et 3 jours après le début des règles. Elles sont souvent plus intenses et plus difficiles à calmer qu’une migraine classique. Comment les soulager ?
Points-clés : migraine menstruelle (cataméniale)
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Qu’est-ce que la migraine menstruelle ?
La migraine menstruelle est une crise de migraine directement liée aux fluctuations hormonales du cycle féminin. On parle aussi de migraine cataméniale ou de migraine hormonale – trois termes qui désignent la même réalité.
Un point souvent mal expliqué : toutes les migraines pendant les règles ne sont pas des migraines menstruelles au sens médical du terme. Beaucoup de femmes migraineuses ont des crises à ce moment-là, parce que les hormones ou la fatigue agissent comme déclencheurs. Mais la vraie migraine menstruelle répond à une définition précise : elle survient dans une fenêtre allant de J-2 à J+3 du cycle (à partir de deux jours avant le début des règles jusqu'au troisième jour des saignements), et ce pendant au moins deux cycles sur trois.
On estime que 10 % des migraines chez la femme sont des migraines cataméniales – à distinguer des 50 à 60 % de femmes migraineuses qui ont des crises pendant les règles, sans pour autant souffrir de migraine menstruelle au sens strict.
Il existe 2 formes de migraine menstruelle :
- La migraine menstruelle pure, qui désigne les crises survenant exclusivement entre J-2 et J+3, sans aucune crise à d'autres moments du cycle. La forme la moins courante.
- La migraine relative aux menstruations regroupe les crises qui surviennent dans cette même fenêtre, mais aussi à d'autres moments du cycle. La forme la plus courante. i vous avez des migraines aussi en dehors de vos règles, mais que celles pendant les règles sont systématiquement les pires, vous entrez probablement dans cette catégorie.
Cette distinction n'est pas qu'un détail médical : elle permet au médecin d'orienter le traitement.
Voir aussi l'article : Migraine : douleurs pulsatiles à la tête et autres symptômes
Symptômes de la migraine menstruelle
Les migraines font leur apparition chez de nombreuses jeunes filles dès les premières règles, au moment où les fluctuations hormonales du cycle commencent. Pour qu'on parle de migraine menstruelle, il faut que certains critères soient réunis.
La douleur doit avoir au moins deux des caractéristiques suivantes :
- un mal de tête unilatéral ou bilatéral,
- douleur souvent pulsatile,
- douleur d'intensité modérée à sévère, pouvant perturber ou empêcher les activités quotidiennes,
- une aggravation des maux de tête en cas d’effort physique
Et au moins un de ces symptômes associés :
- des nausées et/ou des vomissements,
- une photophobie (intolérance à la lumière) et/ou une phonophobie (intolérance au bruit).
Une crise non traitée dure entre 4 et 72 heures, souvent davantage dans la forme menstruelle.
Différence entre migraine menstruelle et mal de tête lié aux règles
Toutes les femmes qui ont mal à la tête pendant leurs règles ne souffrent pas nécessairement de migraine. La migraine menstruelle se distingue de la simple « céphalée menstruelle » par la présence de nausées, de vomissements et d'une hypersensibilité à la lumière ou au bruit. Il est également difficile pour les patientes de fonctionner normalement et les antalgiques simples sont généralement insuffisants pour la soulager. En cas de céphalée ordinaire, le mal de tête est moins douloureux, plutôt diffus, en étau et bilatéral. Un mal de tête ordinaire répond mieux aux antidouleurs classiques.
Différence entre migraine menstruelle et migraine classique
Les études montrent que les crises de migraine menstruelle sont généralement plus violentes, plus invalidantes, plus longues, et plus difficiles à soulager avec des antidouleurs que les épisodes migraineux qualifiés de « classiques ». Autre caractéristique utile : les migraines hormonales ou menstruelles sont la plupart du temps sans aura (points scintillants, taches lumineuses, vision floue, engourdissement autour de la bouche, désorientation). Toutefois, des formes avec aura sont possibles mais beaucoup moins fréquentes.
Certaines femmes souffrent de maux de tête à l’approche ou durant les règles, mais il ne s'agit pas de migraine à proprement parler. La distinction n’est d’ailleurs pas toujours simple à effectuer. La migraine menstruelle cause souvent des nausées et des vomissements, ainsi que de la photophobie ou de la phonophobie, des troubles qui ne surviennent pas en cas de « simple » (tout est relatif !) céphalée menstruelle, celle-ci répondant mieux que la migraine aux antidouleurs classiques.
Migraine hormonale : à quel moment du cycle ?
La période la plus typique de survenue de migraine hormonale reste juste avant les règles et pendant les premiers jours des règles. Mais ce n’est pas le seul moment.
- Avant les règles (J-2). C’est le moment classique. La chute des œstrogènes en fin de cycle agit comme un déclencheur biologique chez certaines femmes migraineuses.
- Pendant les règles (J+1 à J+3). Pendant les premiers jours des saignements, les œstrogènes restent bas. S’y ajoute la production de prostaglandines, molécules impliquées dans les contractions utérines et dans l’inflammation, qui peuvent contribuer aux douleurs et à la sensibilisation du système nerveux.
- Autour de l’ovulation. Certaines femmes rapportent aussi des migraines au milieu du cycle, autour de l’ovulation, probablement en lien avec une autre variation hormonale. Ce n’est pas la forme la plus typique de migraine menstruelle, mais cela existe.
- À l’arrêt de la pilule. La semaine sans comprimé des contraceptifs combinés peut déclencher une migraine dite de privation hormonale, causée par la baisse brutale des hormones.
- En périménopause. Avant la ménopause, les hormones deviennent souvent plus irrégulières, ce qui peut aggraver les migraines pendant quelques années avant une éventuelle amélioration après l’arrêt définitif des règles.
Causes de la migraine menstruelle
- La migraine cataméniale est surtout liée à une chute des œstrogènes juste avant les règles.
- Pendant les règles, les prostaglandines augmentent également et contribuent à la douleur en sensibilisant les voies nerveuses.
- Chez certaines femmes, le cerveau est plus sensible à des molécules comme le CGRP, un neuropeptide libéré lors des crises de migraine.
- Il existe aussi une prédisposition familiale : le risque est plus élevé si d’autres femmes de la famille sont migraineuses.
- Facteurs aggravants non hormonaux : le stress, le manque de sommeil, la déshydratation, le jeûne ou la fatigue peuvent amplifier la survenue des crises pendant cette période de vulnérabilité.
Voir aussi l'article : Top 13 des déclencheurs de migraine et comment les gérer
Diagnostic de la migraine menstruelle
La meilleure façon d'établir le diagnostic est de tenir un journal des migraines pendant au moins 3 mois, dans lequel vous noterez votre cycle menstruel et vos crises de migraine. Si vos épisodes se produisent exclusivement dans la fenêtre J-2/J+3 pendant au moins deux cycles sur trois, vous souffrez probablement de migraine menstruelle.
Ce journal doit idéalement inclure : le jour du cycle concerné, la date et l'heure de début et de fin de chaque crise, les symptômes et leur intensité, les traitements pris et leur efficacité, ainsi que les facteurs déclenchants potentiels (stress, manque de sommeil, alimentation). Il existe des applications dédiées qui facilitent ce suivi et permettent de générer des rapports à partager avec votre médecin.
Pour valider le diagnostic, il est nécessaire que la patiente présente une migraine au minimum deux fois tous les trois cycles. En cas de doute, votre médecin généraliste peut vous orienter vers un neurologue ou un gynécologue.
Comment soulager une crise de migraine menstruelle ?
Pour soulager une migraine cataméniale, agir vite est la règle d'or : plus vous attendez pour prendre un traitement, moins il sera efficace.
Quand la crise commence
- mettez-vous si possible au calme, dans l’obscurité ;
- hydratez-vous ;
- appliquez une compresse froide sur le front ou la nuque ;
- prenez le médicament prescrit par votre médecin sans attendre (le plus tôt possible au début de la crise).
Médicaments contre la migraine menstruelle
- AINS. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens — ibuprofène, naproxène, diclofénac — sont plus utiles que le paracétamol seul, qui a peu d'effet sur cette forme de migraine. Ils agissent à la fois sur la douleur et sur les prostaglandines impliquées dans les crampes menstruelles.
- Triptans. Si les AINS ne suffisent pas, les triptans sont des médicaments spécifiquement conçus pour la migraine. Ils agissent sur certains récepteurs de la sérotonine et freinent la cascade migraineuse. Ils existent sous plusieurs formes : comprimés, spray nasal, suppositoire ou injection sous-cutanée.
- Traitements anti-CGRP. Quand les triptans ne conviennent pas, ou en cas de migraines plus fréquentes, il existe désormais des traitements ciblant la voie du CGRP. Le rimégépant appartient à la classe des gepants, antagonistes des récepteurs du CGRP. Il est indiqué à la fois pour le traitement des crises aiguës et pour la prophylaxie chez les adultes présentant au moins quatre crises par mois. Le rimégépant n'est pas encore remboursé en Belgique. Les anticorps monoclonaux anti-CGRP (fremanezumab, galcanezumab, erenumab) sont quant à eux utilisés principalement en prévention chez les personnes souffrant de migraine fréquente.
- Antiémétique. Lorsque la crise migraineuse s’accompagne de nausées ou de vomissements, un antiémétique comme la dompéridone ou du métoclopramide (par voie orale ou en suppositoire) peut être indiqué. Le médicament sera pris dix à quinze minutes avant l'antidouleur pour en améliorer l'absorption.
Voir aussi l'article : Nouveau médicament contre la migraine : un spray nasal à action rapide
Prévention de la migraine menstruelle
Quand les crises reviennent presque à chaque cycle, on peut envisager une prévention ciblée.
Prévention à court terme (mini-prophylaxie)
C’est souvent l’option la plus logique quand les migraines sont prévisibles. Elle peut commencer 1 à 2 jours avant les règles et durer 5 à 6 jours. Les options les plus utilisées sont :
- AINS préventifs : naproxène ou ibuprofène, deux à trois fois par jour, à commencer deux à quatre jours avant les règles et à poursuivre jusqu'au 3e jour des menstruations.
- un triptan préventif : le frovatriptan est celui qui dispose des meilleures données pour la prévention à court terme (2,5 mg, une à deux fois par jour pendant six jours, à débuter deux jours avant les règles). Le naratriptan est une alternative validée.
- parfois un gel ou patch d’estradiol : destinés à atténuer la chute hormonale en fin de cycle. Un patch d'estradiol (10 µg/24 h) est posé au 20e jour du cycle et renouvelé deux fois. Attention : une crise peut survenir après le retrait du dernier patch.
- dans certains cas, du magnésium : une supplémentation de 3 x 360 mg/jour, débutée environ une semaine avant les règles et poursuivie jusqu'à leur fin, peut réduire la fréquence des crises chez certaines femmes. Le niveau de preuve est modéré, mais ce complément est bien toléré et peut s'intégrer dans une stratégie globale.
Voir aussi l'article : Comment prévenir l'apparition d'une crise de migraine ?
Prévention à long terme
- certains bêta-bloquants ;
- la flunarizine ;
- certains antiépileptiques ;
- les anti-CGRP ;
- parfois le Botox si la migraine est chronique.
Voir aussi l'article : Le Botox contre la migraine : est-ce vraiment efficace ?
La contraception peut-elle aider ?
Oui, dans certains cas. Une pilule en continu ou une stratégie qui évite la chute hormonale peut aider certaines patientes. Les progestatifs seuls sont parfois préférés selon le profil.
Mais attention : chez les femmes souffrant de migraine avec aura, surtout si elles fument ou ont d’autres facteurs de risque vasculaire, les contraceptifs combinés œstroprogestatifs peuvent augmenter le risque d’AVC ischémique. Ce risque reste rare à l’échelle individuelle, mais il doit être évalué sérieusement avec un médecin.
Riboflavine (vitamine B2), CoQ10 : utiles ou non ?
Ces compléments peuvent modestement réduire la fréquence des crises chez certaines femmes. Ils ne remplacent pas un traitement si les crises sont sévères, mais peuvent faire partie d'une stratégie globale mieux tolérée.
Voir aussi l'article : Migraine : la thérapie par la lumière verte donne des résultats décisifs
Hygiène de vie pour réduire les crises
On ne « guérit » généralement pas des migraines menstruelles uniquement par des changements d'hygiène de vie. Cependant, certaines mesures peuvent jouer un rôle important dans la fréquence et la sévérité des crises :
- dormir suffisamment et à horaires réguliers ;
- ne pas sauter de repas ;
- boire suffisamment ;
- éviter l’alcool si vous savez qu’il déclenche des migraines ;
- anticiper la semaine des règles en limitant le stress.
Voir aussi l'article : Migraine : quel rôle joue l’alimentation ?
FAQ
Conclusion :















