Les méduses sont-elles dangereuses ?

Dernière mise à jour: juillet 2022

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Une piqûre de méduse peut provoquer une éruption cutanée douloureuse. La plupart des méduses présentes sur nos côtes sont relativement inoffensives. Quelles méduses peuvent piquer et comment traiter une piqûre de méduse ?

La méduse boussole et la méduse chevelue bleue, présentes au littoral belge du printemps à l’automne, peuvent laisser un souvenir cuisant. Dans certaines régions subtropicales, les méduses peuvent être très dangereuses, voire mortelles, comme la guêpe de mer ou la cuboméduse (Cubozoa). Elles prolifèrent dans le Pacifique et l’Océan indien (Australie, Thaïlande, Philippines mais aussi Caraïbes et Floride).

L’ortie de mer atlantique (Chrysaora quinquecirrha), qu’on trouve notamment sur la côte est de l’Amérique du Nord, peut également causer de sérieux problèmes.

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Certaines méduses exotiques, comme la méduse à croix japonaise, la méduse à croix jaune et la méduse pélagique, surgissent parfois dans nos eaux et peuvent provoquer des douloureuses.

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Quelles sortes de méduses trouve-t-on en mer du Nord ?

1. Méduse bleue ou méduse commune, Aurelia aurita.

L’Aurelia aurita fréquente la côte belge d’avril à septembre. Son corps est translucide, parfois bleu ou rosâtre. Elle possède quatre organes de reproduction, les gonades, en forme de fer à cheval qui forment un trèfle.

La méduse bleue est inoffensive. Le contact avec ses tentacules peut provoquer une irritation mais ses filaments sont trop petits pour percer la peau humaine. Toutefois, s’ils touchent une partie du corps où la peau est fine, ils peuvent avoir un effet urticant.

2. Méduse chou-fleur ou poumon de mer, Rhizostoma pulmo

Le Rhizostoma pulmo, alias méduse chou-fleur ou poumon de mer, est dans nos eaux d’août à novembre.

Cette méduse a une ombrelle en forme de cloche et son diamètre peut atteindre un mètre. Elle est bleu pâle avec un liseré bleu foncé. Elle n’a pas de tentacules mais quatre bras buccaux.

Elle est inoffensive, même si son contact peut provoquer des irritations cutanées (démangeaisons et rougeurs).

3. Méduse boussole, Chrysaora hysoscella

La Chrysaora hysoscella ou méduse boussole est présente en mer du Nord de mai à novembre.

Elle est aisément reconnaissable grâce à ses 16 bandes radiales brunes et à son ombrelle beige clair. Les bandes font penser à la rose d’une boussole. L’ombrelle peut atteindre un diamètre de 10 à 30 cm. Les 24 tentacules translucides peuvent mesurer jusqu’à deux mètres.

Le contact avec les tentacules peut être très douloureux. Il peut provoquer une brûlure, des démangeaisons et des marques qui ressemblent à des coups de fouet. La peau peut gonfler et parfois, il y a formation de minuscules cloques mais ces lésions s’estompent au bout de quelques heures.

4. Méduse chevelue bleue, Cyanea lamarckii

La Cyanea lamarckii ou méduse chevelue bleue est la plus courante au littoral belge. On peut en trouver de mars à août. Son ombrelle plate en forme de champignon est bleu foncé. Ses longs et fins tentacules peuvent mesurer plusieurs mètres de long.

Le contact avec les tentacules est urticant. L’irritation déclenchée est comparable à celle dont on souffre après un contact avec les orties.

5. Méduse chevelue jaune, Cyanea capillata

La Cyanea capillata ou méduse chevelue jaune est, de fait, jaune ou brunâtre et est plus grande (jusqu’à 50 cm de diamètre) que sa comparse bleue. 150 tentacules pouvant faire un mètre sont rattachés à l’ombrelle. On a repéré cette méduse à la côte belge dans le passé mais elle semble avoir disparu depuis une dizaine d’années.

Le contact avec la Cyanea capillata provoque une brûlure suivie d’une douleur aiguë. La peau gonfle et rougit mais ces symptômes ne persistent que quelques minutes. Par contre, les lignes rouge vif restent visibles plusieurs jours. On peut souffrir de symptômes plus généraux : nausées, douleurs abdominales, transpiration abondante et crampes musculaires.

6. Méduse à croix japonaise, Gonionemus vertens

Il s’agit d’une petite méduse de 2 à 4 cm, originaire du Japon et de la Mer d’Okhotsk. Elle se niche généralement entre les algues. Elle doit son nom à la croix qu’on peut distinguer sur son corps. La bordure de l’ombrelle translucide porte plusieurs tentacules. On a repéré cette espèce en Zélande, ces dernières années, ainsi que dans le bassin d’Ostende, depuis 2014.

Le contact avec la méduse à croix japonaise peut être très douloureux. Il s’accompagne d’une sensation de brûlure, de rougeurs et parfois de cloques. Il peut entraîner des symptômes plus généraux : faiblesse, fatigue, douleurs musculaires et articulaires, fièvre. Certaines personnes sont victimes d’une réaction allergique (nez qui coule, yeux larmoyants et problèmes respiratoires).

7. Méduse pélagique, Pelagia noctiluca

La Pelagia noctiluca ou méduse pélagique est une espèce de petite taille, d’un diamètre d’environ 10 cm, avec une bordure rose ou mauve et une ombrelle phosphorescente parsemée de taches brunes.

On la trouve en Méditerranée et dans certaines parties de l’Atlantique, le long des côtes françaises, écossaises et irlandaises. Elle a proliféré sur la côte adriatique dans les années ’80. En septembre 1990, elle a envahi le littoral belge pendant trois jours.

Son contact est très douloureux. Les lésions cutanées peuvent adopter une forme irrégulière. Elles ressemblent à des brûlures. La zone affectée est rouge, gonflée et peut présenter des cloques. L’éruption s’accompagne de démangeaisons et de cicatrices pigmentées (brunes). La douleur peut persister une ou deux semaines. Par contre, la piqûre provoque rarement des symptômes plus généraux tels que vertiges, diarrhée ou vomissements. En revanche, on fait état de réactions allergiques (urticaire, problèmes respiratoires, choc anaphylactique). L’éruption peut ressurgir après quelques semaines, voire quelques années après le premier contact, sans qu’il y en ait eu de nouveau.

8. Galère portugaise ou vessie de mer, Physalia physalis

La Physalia physalis ou galère portugaise, aussi appelée vessie de mer, s’épanouit dans les mers tropicales et subtropicales mais les vents dominants peuvent la déporter sur de longues distances. On a déjà signalé sa présence sur la côte sud-ouest de l’Angleterre et en Aquitaine. Elle est extrêmement rare en mer du Nord. On l’a repérée en 1912 à hauteur de Knokke mais plus depuis.

La galère portugaise n’est pas une vraie méduse, c’est plutôt une sorte de polype. Elle se déplace à la surface de la mer grâce à un flotteur rempli d’air et de monoxyde de carbone. Elle possède des tentacules très urticants, qui peuvent mesure jusqu’à 40 mètres. Ces filaments assurent la chasse et la défense. Ils dérivent sur les vagues et sont difficiles à repérer, ce qui les rend particulièrement dangereux pour les nageurs. Même quand ils échouent sur les rivages et meurent, les tentacules restent très urticants.

Le contact avec la vessie de mer déclenche une douleur vive et immédiate, des démangeaisons et des marbrures de la peau, ainsi que des cloques. Les lésions laissent parfois des taches brunes sur la peau. Le contact est assorti d’autres symptômes généraux, qui surviennent endéans les15 à 60 minutes. Leur gravité est très variable. Il peut s’agir de nausées, de vomissements, de palpitations, de douleurs à la poitrine et dans le ventre, de difficultés respiratoires, de douleurs musculaires et articulaires, de malaises, de vertiges et de fièvre. On relève aussi des réactions allergiques.

Comme dans le cas d’une piqûre de méduse pélagique, l’éruption cutanée peut revenir par la suite.

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Les méduses sont-elles dangereuses ?

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La plupart des méduses de nos eaux sont relativement inoffensives mais pour éviter tout problème, mieux vaut ne pas nager quand on signale la présence de ces animaux. Ne touchez pas non plus celles qui ont échoué sur la plage car tout contact avec leurs tentacules déclenche automatiquement la décharge des cellules urticantes, les nématocystes. Ces capsules microscopiques, au nombre de plusieurs milliers, se trouvent généralement dans les tentacules mais certaines espèces en possèdent aussi dans l’ombrelle. Chaque nématocyste comporte un mince conduit enroulé rempli d’aiguilles microscopiques qui injectent leur poison dans la peau au moindre contact.

La gravité des symptômes dépend du type de venin, qui varie selon les espèces, et de la quantité de venin injectée.

La réaction se limite généralement à la partie de la peau qui a été en contact avec la méduse mais on ne peut pas exclure des réactions allergiques ou l’apparition de symptômes plus généraux.

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Symptômes d’une piqûre de méduse

Réactions locales

  • Eruption cutanée : taches rouges, légers gonflements et/ou cloques, parfois des stries rouges.
  • Démangeaisons, brûlures ou picotements.
  • Douleur modérée à intense. Elle peut durer plusieurs heures. Les démangeaisons certainement 24 heures, voire beaucoup plus. Les lésions peuvent laisser des cicatrices sous formes de taches pigmentées.

Symptômes généraux

Le venin déclenche parfois des symptômes généraux. Les espèces tropicales sont les plus dangereuses de ce point de vue mais n’oubliez pas que certaines, comme la méduse à croix japonaise ou la pélagique, dérivent parfois jusqu’à nos côtes. 

Réaction allergique

Certaines personnes ont une réaction allergique. Un contact répété avec le venin des méduses peut provoquer une réaction allergique. On peut également développer une allergie croisée, provoquée par un contact avec différentes espèces de méduses.

  • Crampes et douleurs musculaires
  • Fort gonflement
  • Yeux larmoyants, nez qui coule
  • Problèmes respiratoires
  • Troubles du rythme cardiaque, chute de tension
  • Choc anaphylactique, perte de conscience

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Comment soigner une piqûre de méduse ?

  • Quittez l’eau le plus vite possible après une piqûre de méduse. 
  • Une douche ou un bain d’eau chaude (jusqu’à 45°) pendant 20 à 30 minutes soulage la douleur. Vous pouvez également utiliser des compresses chaudes ou un pack chaud. La chaleur rend inoffensives les protéines du poison. 
  • Si vous ne disposez pas d’eau chaude, rincez la peau à l’eau de mer. N’utilisez jamais d’eau douce : elle active les cellules urticaires. 
  • En l’absence d’eau chaude ou d’eau de mer, vous pouvez alléger la douleur en refroidissant la peau atteinte, avec de la glace ou un cold-pack. Ne posez jamais un cold-pack au contact direct de la peau. Mieux vaut l’envelopper dans un tissu propre. 
  • Il faut appliquer du vinaigre sur les piqûres de certaines espèces exotiques mais jamais quand il s’agit d’une espèce locale car il active les cellules urticantes. 
  • Essayez d’enlever les restes de tentacules de la peau, par exemple en grattant la peau avec une carte bancaire, le dos d’un couteau ou une pincette. Il peut être utile d’appliquer au préalable un peu de mousse à raser sur la peau, avec prudence. 
  • Un produit anti-démangeaisons, à base de lidocaïne, peut vous soulager. En cas de symptômes sévères, le médecin peut prescrire un antihistaminique ou une crème à base de cortisone.
  • Si la douleur est intense, vous pouvez éventuellement prendre un antidouleur style paracétamol.  
  • Il vaut mieux protéger la zone atteinte du soleil, pour limiter le risque de cicatrices.

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Que faut-il éviter de faire ?

  • Ne frottez pas la peau, sous peine de répandre le venin.
  • Evitez le sable à l’endroit touché.
  • Ne rincez jamais la lésion à l’eau douce car elle active les restes des filaments.
  • N’utilisez jamais de vinaigre suite à un contact avec une méduse de la mer du Nord (mais bien si vous avez été piqué par une espèce tropicale) : il active les cellules venimeuses encore présentes.
  • On déconseille (souvent) le bicarbonate de sodium et le soda. 
  • Il ne faut surtout pas uriner sur la lésion. 

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Quand consulter ?

  • Si des symptômes d’ordre général ou des signes d’allergie se manifestent - migraine, vomissements, problèmes respiratoires, palpitations, perte de conscience -, cherchez immédiatement une aide médicale ou formez le 112.
  • Quand les enfants en bas âge ou les personnes âgées sont touchées.
  • Si vous êtes piqué à plusieurs endroits ou si l’éruption et/ou la douleur concerne une grande surface cutanée.
  • Si vous avez été piqué près des yeux ou des parties génitales.
  • En cas de douleur intense, surtout si elle ne se cantonne pas à l’endroit piqué mais s’étend. 
  • Si les problèmes cutanés (douleur, démangeaisons) n’ont pas disparu au bout de 24 heures.
  • Si vous avez été piqué par une espèce exotique, mieux vaut faire appel sur le champ au poste d’aide médicale ou consulter un médecin.

Sources :
www.rodekruis.nl
www.mayoclinic.org
www.nhs.uk
www.nlm.nih.gov
www.iws.ie

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