Maladies cardiovasculaires : les produits laitiers, risqués ou... conseillés ?

Dernière mise à jour: novembre 2021
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news La consommation élevée de produits laitiers (beurre, fromage, yaourt, lait…) est souvent associée à une hausse du risque cardiovasculaire, en raison de la teneur de ces aliments en matières grasses (acides gras saturés). Mais les choses ne semblent pas aussi simples que cela.

D’une manière générale, les recommandations nutritionnelles invitent à limiter la consommation de produits laitiers riches en matière grasses afin de réduire l’ingestion de graisses saturées, et dès lors de contribuer à prévenir le risque cardiovasculaire. Toutefois, de plus en plus d’études tendent à suggérer que l’impact sur la santé des produits laitiers est plus dépendant du type d’aliment (beurre ou yaourt, par exemple) que de la teneur en matières grasses, ce qui laisse planer certains doutes sur les bénéfices de l’évitement des produits laitiers en prévention cardiovasculaire.

Des sources de nutriments importants

Dans ce contexte, il est nécessaire de rappeler que ces aliments sont une source majeure de nutriments importants, dont des protéines, des minéraux (pensons en particulier au calcium) et des vitamines. Une équipe internationale (sous la coordination de l’université d’Uppsala) a souhaité y voir plus clair.

Dans un premier temps, elle a conduit une étude en Suède, auprès d’une population de quelque 4000 seniors (autant d’hommes que de femmes), suivis durant une période médiane de seize ans. A l’entame, les chercheurs ont évalué la consommation de produits laitiers en mesurant chez chaque participant le taux d’acide pentadécanoïque, un biomarqueur objectif de la consommation de matières grasses d’origine laitière.

En tenant compte d’une série de facteurs (mode de vie, éléments sociodémographiques, état de santé…), l’analyse montre que le risque cardiovasculaire, pendant la période de suivi, est le plus faible parmi ceux et celles qui présentaient les taux les plus élevés d’acide pentadécanoïque. En ce qui concerne la mortalité prématurée, les résultats les plus favorables sont observés en cas de taux proche de la moyenne.

Une alimentation variée et équilibrée

Les auteurs ont complété ces résultats en examinant des données extraites d’une vingtaine d’autres études, notamment réalisées au Royaume-Uni et aux Etats-Unis. Il s’avère qu’ici aussi, un taux élevé de « graisses laitières » est associé à un risque plus faible de maladie cardiovasculaire, mais pas de mortalité toutes causes confondues.

S’agit-il pour autant de lâcher la bride ? Non. Les auteurs expliquent notamment que tous ces travaux, reposant sur l’analyse de biomarqueurs, ne permettent pas de distinguer les différents types de produits laitiers, alors que chacun de ces aliments présente ses propres spécificités nutritionnelles. Ils concèdent que d’autres études sont nécessaires pour confirmer cet effet protecteur potentiel des produits laitiers sur le plan cardiovasculaire, et ensuite de comprendre les mécanismes biologiques qui entrent en jeu.

D’ici là, ils estiment que la réduction drastique des apports en produits laitiers n’est sans doute pas la meilleure approche santé, et que dans le cadre d’une alimentation variée et équilibrée, ces aliments ont toute leur place.

Voir aussi l'article : Produits laitiers : quelle est la bonne quantité par jour ?

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