Diabète et insuline : si l’injection ne fait plus mal, méfiez-vous

Dernière mise à jour: septembre 2021
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news Les injections d’insuline sur une longue période peuvent provoquer ce qu’on appelle une lipohypertrophie (ou « lipo »), aux conséquences potentiellement sévères, dont des hypoglycémies plus fréquentes. Comment prévenir ou corriger la situation ?

L’administration d’insuline est vitale d’emblée pour les diabétiques de type 1 (DT1), et chez les diabétiques de type 2 (DT2), elle intervient lorsque les médicaments et les adaptations du mode de vie (alimentation, activité physique…) ne permettent pas de contrôler la maladie.

En auto-injection

L’insuline est une hormone produite naturellement par le pancréas. Elle permet au glucose (sucre) d’entrer dans les cellules, où il sera utilisé comme source d’énergie. En cas de diabète, le pancréas ne produit pas (DT1) ou trop peu (DT2) d’insuline, ou celle-ci est mal utilisée par l’organisme (résistance à l’insuline). La glycémie (le taux de sucre dans le sang) est alors trop élevée, et cela peut causer des dommages graves.

Les injections d’insuline sont donc impératives en cas de DT1, et dans le diabète de type 2, elles interviennent en dernier recours. La manipulation est assez simple, et les patients procèdent généralement eux-mêmes à ces injections, en veillant à respecter scrupuleusement les recommandations du médecin (doses, rythme d’administration…). Toutefois, parce que l’équipe soignante ne pense pas toujours à fournir cette information ou parce qu’elle a été oubliée ou négligée par les intéressés, il existe un phénomène assez peu connu, et pourtant relativement fréquent : la lipohypertrophie. Or, il est important de se montrer très attentif, car les conséquences peuvent être sévères.

D'un petit pois à une balle de tennis

La « lipo » se traduit par des modifications du tissu cutané adipeux (graisse) en cas d’injections répétées d’insuline dans une même zone de la peau, durant une longue période. Ce comportement est classique chez de nombreux diabétiques, puisqu’au fil du temps, quand elles sont réalisées au même endroit, les injections sont moins douloureuses qu’en changeant souvent de zone.

Les lipohypertrophies se manifestent par la formation de nodules ou d’épaississements, souvent à l’abdomen, de la taille d’un petit pois jusqu’à celle d’une balle de tennis… mais elles peuvent aussi passer inaperçues. Lorsqu’elles ne sont pas visibles, l’un des indices est la tendance à réaliser les injections dans une zone où la douleur est moins forte, voire inexistante. Le gros problème, c’est que ces modifications sous-cutanées peuvent être à l’origine de variations irrégulières et imprévisibles de l’absorption de l’insuline, d’où un mauvais contrôle glycémique et une augmentation de la fréquence des hypoglycémies.

Que faire ? En prévention, il est utile d’éviter les injections répétées au même endroit : changez de site et établissez un plan de rotation des points d’injections au sein d’une même zone. Pour la détection, l’apparition de grosseurs, bosses ou gonflements sous la peau constitue un indice majeur, mais en leur absence visible, l’insensibilisation doit aussi être prise en compte. Quant au traitement, il faut éviter la zone, sachant que la lipohypertrophie met énormément de temps à se résorber. En cas de suspicion de « lipo », il est nécessaire d’en référer d’abord à son médecin, généraliste ou diabétologue, avant de modifier de manière significative sa routine d’injections.

Voir aussi l'article : Diabète : surveillez bien votre tour de taille

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