Relations : les effets inattendus des potins

Dernière mise à jour: mai 2021
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news Potins, ragots, commérages… : classiquement, ces bavardages sont perçus de manière négative. Pourtant, la fonction et les répercussions de ces échanges présentent des aspects positifs importants.

La complexité de notre langage et de nos formes de communication distingue l’être humain de la plupart des autres espèces. Et quand nous communiquons, l’écrasante majorité de nos échanges porte sur le fait de parler de soi-même ou des autres. On se retrouve alors très vite dans le champ du potin.

Une connotation négative

La fonction de cette forme de bavardage est assez mal comprise, alors que les recherches menées sur le sujet ont été largement influencées par la connotation négative, voire vulgaire, véhiculée par les potins, ragots et autres commérages. Une équipe américaine (Dartmouth College) a entrepris d’examiner le sujet sans a priori, dans un esprit - disons - ouvert.

Pour cela, elle a réuni un groupe d’adultes (autant d’hommes que de femmes) qui ont participé à un jeu d’argent virtuel, avec la possibilité, selon les scénarios, de garder de l’argent pour soi, de le partager avec l’un ou l’autre, ou de reverser les gains dans un pot commun. Chaque choix impliquait des conséquences positives et négatives. Les participants avaient la possibilité de discuter à deux, à quelques-uns ou en commun. Les chercheurs ont analysé très attentivement les propos qui relevaient du potin.

Des liens sociaux solides

Il apparaît d’abord que les potins surviennent avant tout lorsque les participants ne sont en mesure d’observer le comportement que de quelques membres du groupe, et qu’ils ont donc alors besoin de renseignements sur ce que font les autres. Ceci nous dit déjà que les potins ont une fonction d’information, et pas seulement gratuite. Ensuite, ces informations influencent les réactions ultérieures. Autrement dit, les potins, ragots et commérages ont une fonction d’apprentissage. Et cet apprentissage ne repose pas sur ce que l’individu a observé lui-même, directement, mais sur ce qu’une autre personne a ressenti. Il se crée alors un climat de confiance, qui participe au développement de liens interpersonnels, et qui renforce la coopération. On peut alors parler d’une fonction sociale du potin.

D’ailleurs, après l’expérience, les participants qui avaient échangé de cette manière étaient plus enclins à partager leurs impressions, ce qui était beaucoup moins le cas, et en tout cas de manière aussi spontanée, chez ceux qui n’avaient pas communiqué entre eux. Ainsi que le résument les auteurs, « les informations acquises par le biais des potins participent à l’apprentissage, influencent directement les impressions et les comportements futurs, tout en contribuant à bâtir des liens sociaux solides. Ces données démontrent la richesse et la diversité des fonctions du potin, et les effets de ce comportement humain omniprésent ».

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