Hormones : c’est quoi et quel est leur rôle ?

Dernière mise à jour: mai 2021
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Hormones : c’est quoi et quel est leur rôle ?

dossier Adrénaline, insuline, mélatonine… : vous lisez et vous entendez sans doute souvent ces noms d’hormones, sans peut-être toujours savoir ce que ces termes recouvrent. En fait, à quoi correspondent les hormones et quelles sont leurs fonctions ? Voici les explications sur les plus connues d’entre elles.

Les hormones, c’est quoi ?

Pour le dire très simplement, les hormones sont des « molécules de signalisation » produites par notre corps pour réguler ou influencer la plupart des fonctions et des processus de notre organisme. Elles sont fabriquées par les glandes endocrines (hypophyse, glande pinéale, hypothalamus, thyroïde, glandes surrénales, îlots de Langerhans dans le pancréas, thymus, ovaires et testicules) et elles pénètrent via le sang dans nos organes, tissus et cellules. Elles peuvent parcourir de longues distances avant de se fixer aux récepteurs des cellules. Contrairement au système nerveux, le système hormonal repose sur une régulation lente. Les hormones influencent à la fois les processus à long et à court terme dans notre corps et la glande pituitaire (située dans notre cerveau) joue le rôle principal à cet égard.

Les processus à long terme comprennent la croissance et le développement de l’enfant, la puberté et le développement des organes reproducteurs, la grossesse et la ménopause.

Les fonctions à court terme contrôlées et influencées par les hormones comprennent le métabolisme, la digestion, la soif, la pression artérielle, la sécrétion d'urine, l'équilibre en sel, la menstruation et la production de spermatozoïdes, toutes sortes de fonctions organiques, les réactions de peur, les sentiments et les émotions en général.

Après avoir fait leur travail, les hormones sont finalement décomposées dans notre foie. Par souci d'exhaustivité, il convient également de mentionner qu'en plus des hormones endocriniennes, il existe des hormones autocrines et paracrines, qui agissent localement. Elles ont un effet sur la glande qui les sécrète et sur les cellules voisines de cette glande.

Les types d'hormones

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D'une manière générale, les hormones peuvent être divisées en deux catégories : les hormones protéiques (par exemple l'adrénaline) et les stéroïdiennes (par exemple la testostérone). D'autres sources les divisent en trois catégories : les hormones amines, ou acides aminés modifiés (par exemple l'adrénaline), les hormones peptidiques, une séquence d'acides aminés (par exemple l'insuline), et les stéroïdes, ou cholestérol modifié (par exemple la testostérone).

Selon la fonction qu'elles exercent, les hormones peuvent également être divisées en différentes familles comme les hormones sexuelles, les hormones de croissance, les hormones thyroïdiennes, les hormones digestives et les hormones glycémiques. Chaque glande endocrine de notre corps produit son propre type d'hormones et ces types s'influencent souvent les uns les autres.

La sécrétion et la régulation hormonales sont extrêmement compliquées et elles sont contrôlées non seulement par le système endocrinien (glandes endocrines) mais aussi par notre système nerveux.

14 hormones à la loupe

L'adrénaline et la noradrénaline, appelées ensemble catécholamines, sont produites dans le cortex surrénal par des glandes endocrines qui ne mesurent qu'environ deux centimètres de long et qui sont situées au-dessus des reins.

Les glandes surrénales et les hormones qu'elles produisent sont principalement associées à des situations stressantes comme la peur, la colère et la douleur. Le système nerveux sympathique (partie du système nerveux autonome qui régule les fonctions et processus du corps comme la pression artérielle et la fréquence cardiaque) stimule la production d'adrénaline et de noradrénaline lorsque nous nous sentons menacés et en danger, et prépare ainsi notre corps à l'action. C'est pourquoi ce duo d'hormones s'appelle aussi les hormones de combat et de fuite. Leur production est un réflexe de survie de notre corps. Mais lorsque notre corps semble se déséquilibrer en raison d'un effort physique intense, de la faim, du froid ou de la chaleur…, le taux d'adrénaline peut également culminer.

Différents récepteurs de notre corps réagissent à cette poussée d'adrénaline instantanée. Par exemple, il existe des récepteurs alpha dans les vaisseaux sanguins et les organes digestifs qui provoquent respectivement une vasoconstriction et une digestion plus lente. Dans notre cœur, notre cerveau et nos poumons, on trouve des récepteurs bêta qui affectent notre fréquence cardiaque et notre respiration et nous mettent en alerte. Ceci explique pourquoi en cas de stress (et donc d’augmentation de la production d'adrénaline), le cœur bat plus vite, la respiration s'accélère, les pupilles se dilatent, l'apport sanguin vers les muscles s’accentue, la tension artérielle augmente, la peau réagit (chair de poule) et le corps produit du glucose supplémentaire sous forme d'énergie.

L'aldostérone est produite par la couche externe du cortex surrénal et elle est importante pour la régulation de l’hydratation et de l’équilibre en sel. Elle affecte l'équilibre sodium - potassium et elle joue ainsi un rôle majeur dans la régulation de la tension artérielle. S'il y a trop de potassium ou trop peu de sodium dans le sang, un supplément d'aldostérone est produit. Ceci amène les reins à retenir le sodium et l'eau et à excréter le potassium par l'urine, provoquant une nouvelle élévation de la tension artérielle.

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Le cortisol, ou hormone du stress, est une hormone vitale qui influence les réponses du corps à une variété de maladies, aux blessures, aux lésions tissulaires et au stress. Elle est produite par la couche intermédiaire du cortex surrénalien. Comme l'adrénaline, elle culmine avec le stress physique ou mental (maladie grave, traumatisme, effort extrême, fièvre…), mais elle a un effet à plus long terme. Le cortisol nous permet de libérer de l'énergie supplémentaire en cas de grosse « pression » : il provoque la dégradation de certaines protéines, libérant des acides aminés qui peuvent à leur tour être convertis en glucose. Donc, il augmente la glycémie, mais il augmente également l'appétit et ralentit la combustion des graisses. Le taux de cortisol dans le sang, l'urine ou la salive est un bon « indicateur de stress ». Dans le même temps, le cortisol agit sur la réaction inflammatoire. C'est pourquoi on tombe parfois malade peu de temps après une période de stress : dès que la production de cortisol est ralentie, l’espace est dégagé pour les inflammations.

Une recherche de l'université de Nimègue (Pays-Bas) montre que le cortisol ne prépare pas seulement notre corps à endurer des situations stressantes, mais il aide aussi ensuite à calmer notre cerveau et notre corps et à compenser la perte d'énergie. Par conséquent, le nom « hormone de réponse au stress » serait un choix plus judicieux.

De plus, le cortisol permet à notre corps de fonctionner au quotidien. Il joue un rôle dans le système immunitaire, la digestion des aliments, la régulation du cholestérol et le rythme veille - sommeil. La production de cortisol n'est pas uniformément répartie tout au long de la journée, mais elle suit notre rythme biologique (rythme circadien). Par exemple, au réveil, une quantité supérieure de cortisol est libérée, ce qui éveille notre appétit.

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La ghréline, comme la leptine, est impliquée dans la sensation de faim. La ghréline est principalement sécrétée dans l'estomac et elle stimule l'appétit. C'est pourquoi on l'appelle aussi l'hormone de la faim. La leptine est produite dans notre tissu adipeux et elle stoppe la sensation de faim.

Un manque de sommeil affecte la production de ces hormones et perturbe ainsi leur équilibre. Une étude montre que la concentration de ghréline dans le sang des petits dormeurs est environ 15% plus élevée et que la concentration de leptine diminue de manière équivalente. En conséquence, ils ressentent davantage la sensation de faim, et une proportion importante affiche un indice de masse corporelle (IMC) plus élevé que ceux qui profitent d'une nuit de sommeil normale. Si vous dormez trop peu (en moyenne vous avez besoin de 7 à 8 h de sommeil par nuit), le risque de prendre du poids s'élève.

La ghréline agit aussi sur la glande pituitaire pour qu'elle sécrète l'hormone de croissance et elle joue un rôle dans l'hippocampe où elle stimule l'apprentissage et l'adaptabilité. Elle intervient également dans le rythme veille - sommeil et le métabolisme des glucides. Si vous voulez perdre du poids, assurez-vous que votre taux de ghréline n'est pas trop élevé. Vous pouvez influer dessus en dormant suffisamment, en développant votre masse musculaire et en mangeant beaucoup de protéines saines.

La quantité de leptine dans notre sang est régulée par l'hypothalamus et elle vise à maintenir autant que possible l'équilibre énergétique (apport et dépense d'énergie). Les personnes obèses et celles avec un excès de graisse non seulement présentent des concentrations de leptine plus élevées mais elles développent progressivement une insensibilité.

Le glucagon est une hormone qui, comme l'insuline, est produite par le pancréas. Lorsque la glycémie (taux de sucre) n’est pas satisfaisante, le glucagon augmente la concentration de glucose dans le sang. Pour ce faire, il libère du sucre stocké dans le foie. Selon sa forme, le sucre est traité différemment dans notre foie. Le fructose est immédiatement converti en énergie pour notre corps, le glucose peut être temporairement stocké. C’est le glycogène.

Les patients diabétiques ont souvent une seringue de glucagon avec eux au cas où ils développeraient une hypoglycémie (faible taux de sucre dans le sang).

L'insuline permet aux cellules de notre corps d'éliminer le glucose du sang et ainsi de stocker le carburant nécessaire.

Sans insuline, nos cellules ne peuvent pas absorber le glucose. Une personne diabétique ne produit pas ou trop peu d'insuline ou ses cellules sont insuffisamment sensibles à l'action de d'insuline (résistance à l’insuline). La glycémie est alors trop élevée.

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L'œstrogène, comme la testostérone, est une hormone sexuelle principalement produite dans les organes génitaux féminins (ovaires), ainsi qu’en partie dans la couche la plus interne du cortex surrénal. Il existe différents types d'œstrogènes (estriol, estradiol et estrone), chacun ayant sa propre fonction. Ils jouent un rôle important dans la grossesse, dans le développement des organes sexuels féminins pendant la puberté et dans la régulation du cycle menstruel. L'œstrogène, avec la progestérone, permet qu’un seul œuf mature soit présent dans le corps de la femme au cours d'un cycle en supprimant les hormones qui déclenchent la maturation d'un ovule et l'ovulation ultérieure. Si la fécondation ne suit pas, la concentration d'oestrogène et de progestérone diminue et un nouveau processus de maturation peut se produire. Les contraceptifs contiennent de la progestérone et souvent aussi des œstrogènes, précisément pour empêcher un ovule de mûrir.

Ils jouent aussi un rôle important dans la production de mucus utérin et dans le maintien de la souplesse du vagin. Pendant la ménopause, la production d'œstrogènes (estradiol) s'est arrêtée, ce qui a une influence directe sur les organes génitaux (par exemple une sécheresse du vagin), la régulation de la température corporelle, l'humeur et les émotions, ainsi que sur de nombreux organes et processus corporels. Le développement de l'ostéoporose y est également lié. Les hommes produisent des oestrogènes, mais dans une très faible mesure.

L'œstrogène est connu comme l'hormone « positive » : elle rend optimiste, énergique et permet de mieux gérer le stress. Lorsque la concentration en œstrogènes atteint un point bas pendant la semaine prémenstruelle (la quatrième semaine du cycle menstruel), de nombreuses femmes souffrent du syndrome prémenstruel : mauvaise humeur, fatigue, dépression, maux de tête...

La progestérone est produite dans les ovaires et les glandes surrénales, où elle joue également un rôle dans la production de cortisol et d'adrénaline. Avec l'oestrogène, elle est responsable de la régulation du cycle menstruel. Dans la deuxième phase de ce cycle, elle est libérée par le corps jaune.

Elle prépare entre autres l'endomètre à l'implantation d'un ovule fécondé. Elle est produite en grande quantité par le placenta pendant la grossesse et elle joue un rôle important dans le développement du bébé tout au long de la grossesse.

La testostérone est « l'hormone masculine » produite dans les testicules et les glandes surrénales. Les femmes produisent également de la testostérone, mais dans une bien moindre mesure. C'est l'hormone qui stimule la libido. Chez l’embryon, elle déclenche le développement des caractères sexuels primaires et pendant la puberté, elle provoque la croissance du pénis, des poils pubiens (y compris chez la femme), des testicules, des muscles squelettiques et elle influence le développement de la voix. Elle est également nécessaire pour produire le sperme.

Chez l'homme, la production de testostérone diminue pendant l'andropause (à partir de 50 ans environ).

L'ocytocine, ou hormone de l’amour, est produite par l'hypothalamus et stockée dans l'hypophyse. Elle tire son surnom du fait qu'elle est libérée lorsque vous vous embrassez. Cela crée un sentiment d'attachement et de bien-être. Elle joue un rôle important dans la reproduction : elle régule l'éjaculation chez l'homme et les contractions musculaires du vagin et de l'utérus chez la femme, elle provoque les contractions de l'utérus lors de l'accouchement et le réflexe d’écoulement du lait lors de l'allaitement.

Les hormones thyroïdiennes (T3 et T4) régulent le métabolisme énergétique (combustion) afin que l'énergie soit libérée pour permettre à notre corps de fonctionner ou de se développer.

La mélatonine, ou hormone du sommeil, est sécrétée par la glande pinéale dans le cerveau et régule notre rythme veille - sommeil (rythme circadien). La quantité sécrétée est régulée par la lumière du jour que les yeux perçoivent : dès que les yeux voient la luminosité, ils donnent un signal pour ralentir la production de mélatonine. Lorsque la lumière du jour baisse pour faire place à la pénombre, vous devenez somnolent. Notre biorythme joue un rôle à cet égard : juste avant de nous réveiller, les cellules nerveuses de notre hypothalamus libèrent des protéines qui activent notre corps et nos glandes surrénales produisent une forte dose de cortisol (hormone du stress) qui nous rend alertes et éveillés.

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