Parents et grands-parents : des relations harmonieuses

Dernière mise à jour: août 2015 | 8043 visites

dossier La plupart des grands-parents s'occupent avec énormément de plaisir de leurs petits-enfants. Mais parfois, cela peut créer des tensions et devenir une source de conflits avec les parents. La communication joue un rôle clé.

Il arrive que les grands-parents se voient reprocher d'outrepasser leur rôle, de trop interférer dans l'éducation des enfants, de les gâter exagérément, de céder à tous leurs caprices, de compromettre l'autorité parentale en contestant une décision de la maman ou du papa... Ces accrocs, s'ils restent isolés, ne posent pas de problème. Cependant, la situation peut (beaucoup) s'envenimer au fil du temps. Face à cela, le dialogue et le respect des valeurs de l'autre sont fondamentaux.

Se mettre d'accord sur les principes

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Il est fréquent que les grands-parents se montrent plus laxistes avec les enfants. En soi, ce n'est pas un problème, même si les parents peuvent s'étonner de cette différence de traitement par rapport à ce qu'eux-mêmes ont vécu pendant leur jeunesse. Mais c'est comme cela : entre être dans la peau d'un parent et d'un grand-parent, la différence - liée à la nature de la responsabilité, de la pression et du stress - est considérable.

Lorsqu'ils rendent visite à leur papy et leur mamie, les enfants disposent généralement de plus de libertés : ils peuvent se permettre davantage de choses qu'à la maison. En soi, ce n'est pas un souci : les enfants savent faire la différence entre ce qui est permis dans tel contexte et ce qui ne l'est pas dans un autre (ils connaissent cela avec l'école, le club de sport, quand ils rendent visite à un copain, et ainsi de suite). Ils (re)trouvent naturellement leurs marques en fonction de la situation.

Là où un problème peut survenir, c'est lorsque sur des choses importantes, les messages sont contradictoires entre les parents et les grands-parents. L'enfant peut être déboussolé. Ceci vaut surtout pour les plus petits : ils ne comprennent pas que des personnes proches, pour lesquelles ils ressentent une grande affection, puissent appliquer des règles aussi différentes.

Prenons un exemple simple : les parents considèrent que l'enfant doit finir son repas par un fruit, alors que ses grands-parents lui proposent une glace. Il n'y verra aucun inconvénient (la gourmandise avant tout !), et il n'y a rien de mal à cela une fois de temps en temps, mais si cela devient une habitude, quelque chose va se brouiller dans son esprit. Il est alors bien possible qu'à la maison, il refuse son fruit et exige une glace, « comme chez papy et mamie ». Il en va ainsi des bonbons : une sucrerie oui, mais il ne faut pas laisser l'enfant se servir à sa guise.

Le principe, c'est de tenir un discours commun, sachant que les règles seront plus ou moins strictes chez les parents et les grands-parents (il arrive aussi que ces derniers soient plus sévères !). Pour reprendre l'exemple du fruit, les grands-parents expliqueront à l'enfant qu'il est important d'en manger pour rester en bonne santé, mais que quand il vient dire bonjour, on lui fait plaisir en lui offrant une glace.

Ce qui compte, donc, c'est de communiquer sur les principes, à charge pour les grands-parents de les respecter tout en gardant évidemment un espace d'appréciation et d'autonomie.

Donner des conseils : oui, mais en douceur

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Par définition, pour être passés par là, les grands-parents savent ce que la parentalité signifie. Et comme ils ont assumé ce rôle de parents, il en reste forcément quelque chose.

L'expérience engrangée au fil des ans est précieuse, tout comme la capacité à prendre du recul, à se montrer patient, à faire preuve de compréhension. Contrairement aux parents vis-à-vis de leurs enfants, les grands-parents ne sont pas dans l'instant, pour le dire de cette manière, ne sont pas confrontés aux exigences du quotidien, heure après heure. Leurs conseils peuvent être une vraie source d'enrichissement pour l'éducation de leurs petits-enfants.

Mais attention : prodiguer des conseils à tout bout de champ, voire de manière péremptoire, ce n'est pas une bonne manière d'agir. Cela risque de braquer les parents, qui seront contrariés par cette immixtion permanente, auront l'impression d'étouffer, finiront par en avoir par-dessus la tête, avec une vraie menace de crise.

Le mieux, c'est de donner son avis quand les parents le sollicitent, ou d'aborder les sujets sur un ton interrogatif, sous la forme d'une suggestion (« Ne penses-tu pas qu'il vaudrait mieux que... ? »).

Le respect et la compréhension

Certains grands-parents oublient parfois qu'ils sont... grands-parents, et non parents. Les règles établies par les parents en matière d'éducation des enfants doivent être respectées, ce qui n'empêche évidemment pas que les grands-parents peuvent en appliquer à leur tour lorsque leurs petits-enfants viennent leur rendre visite.

Critiquer son enfant pour ses choix éducationnels n'est pas constructif. Non seulement parce que cela risque de le braquer, mais aussi car il faut garder à l'esprit que la parentalité se construit par tâtonnements, par essais, par découvertes... et par erreurs. De fait, chaque parent défend sa propre approche, ses valeurs, ses règles..., et elles peuvent ne pas correspondre à la vision des grands-parents. Il faut l'accepter.

Ceci n'empêche pas de donner des conseils, bien entendu, et il s'agit surtout, pour le grand-parent, de faire comprendre qu'il est à l'écoute, qu'il est disponible, et qu'il sera ravi de répondre aux questions... sans imposer coûte que coûte son point de vue.

Savoir dire non

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Les grands-parents sont d'une aide précieuse pour les parents, en particulier sur un plan pratique, en acceptant (parfois en dernière minute) de s'occuper de l'enfant pendant quelques heures, de le loger une nuit, ou quelques jours...

Les grands-parents qui travaillent ou qui sont engagés dans des activités de loisirs (club de sport, réunions amicales...) ne doivent pas se laisser déborder. Il faut établir des limites entre ce qui est possible et ce qui ne l'est pas. Dire « Non, excuse-moi mais pas aujourd'hui », ce n'est pas faire preuve d'égoïsme !

Il en va ainsi aussi si l'état de santé est défaillant et qu'il n'est pas facile de s'occuper d'un jeune enfant qui, par définition, ne reste pas en place. Dans ce cas, on expliquera aux parents qu'une demi-journée, oui, mais pas davantage. Le fait d'être clair finit par être profitable pour tous.

Et on ajoutera enfin que ce n'est pas tant le nombre d'heures passées avec son petit-enfant qui crée ce lien si spécial, mais la qualité du temps partagé, fondement d'une relation vraiment unique.


publié le : 26/02/2015 , mis à jour le 08/08/2015
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