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Dépression : le cerveau est trop rempli

Dernière mise à jour: juillet 2012 | 14207 visites
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news Des chercheurs américains affirment que les manifestations de la dépression relèvent d’une hyperactivité cérébrale, avec un processus de saturation.

Perte de motivation, perception sombre de l’avenir, repli sur soi, désintérêt… : nombre de symptômes de la dépression donnent à penser que le cerveau du patient tourne au ralenti, devient passif. Ce n’est pas le cas. Et si le diagnostic de la maladie est relativement simple à poser, la compréhension des mécanismes biologiques qui entrent en jeu dans son développement l’est beaucoup, beaucoup moins.

Question centrale : que se passe-t-il dans le cerveau des patients ? Pour élucider ces processus, une équipe de l’université de Californie (Los Angeles) a eu recours à une technologique nouvelle d’évaluation de l’activité cérébrale, appliquée sur une centaine de patients souffrant de dépression majeure. L’enregistrement de leurs ondes cérébrales a été comparé aux résultats obtenus auprès d’un groupe de volontaires non dépressifs.

Un phénomène de saturation

Premier point (le détail de cette étude est publié dans la revue « PLoS One ») : comme chez les autres, le cerveau des patients dépressifs crée « normalement » des connexions neuronales destinées à s’adapter à la situation du moment (tempérer l’humeur, par exemple). Mais, mais… La différence, c’est qu’en cas de dépression, ces connexions persistent, alors qu’habituellement, elles disparaissent lorsque le problème est surmonté, et font place à d’autres. Pour schématiser, au fur et à mesure que le temps passe, ces connexions a priori temporaires deviennent permanentes, s’accumulent, et empêchent le cerveau dépressif de réagir convenablement, efficacement, aux nouvelles stimulations extérieures. Certaines zones sont plus « saturées » que d’autres, à l’instar du cortex préfrontal, notamment impliqué dans la régulation de l’humeur.

Les chercheurs considèrent que cette « piste neuronale » ouvre des voies intéressantes pour la mise au point de traitements plus efficaces contre la dépression majeure ; par la restauration ciblée de la flexibilité, de la capacité d’adaptation du cerveau.


publié le : 04/07/2012 , mis à jour le 03/07/2012
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