Cellules NK : les Natural Killers contre le cancer
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Notre système immunitaire est doté d’outils impressionnants pour nous protéger contre les infections et les cellules anormales. Parmi ces défenseurs, les cellules NK, surnommées Natural Killers, jouent un rôle clé. Ces cellules sont capables de détecter et de détruire des cellules cancéreuses, et elles attirent de plus en plus l’attention des chercheurs, notamment en Belgique, pour développer des traitements innovants et personnalisés contre le cancer.
Qu’est-ce qu’une cellule NK ?
© Getty Images / virus et cellules NK.
Les cellules NK sont un type de globules blancs. Elles font partie du système immunitaire inné, notre première ligne de défense rapide contre les infections virales et les cellules cancéreuses. Contrairement à d’autres cellules immunitaires, elles ne doivent pas être « entraînées » pour reconnaître les cellules anormales.
Les cellules NK détectent les cellules infectées ou cancéreuses. Puis, elles libèrent des substances qui détruisent la membrane de ces cellules, les tuant rapidement. Elles occupent donc un rôle majeur dans la première défense contre le cancer, avant même que d’autres parties du système immunitaire n’entrent en action.
NK vs lymphocytes T et B : quelles différences ?
© Getty Images / les lymphocytes T reconnaissent les cellules cancéreuses et tentent de les éliminer.
Le système immunitaire comprend différents types de lymphocytes qui fonctionnement complètement différemment :
- Cellules NK (Natural Killers) : font partie de l’immunité innée. Elles réagissent rapidement et de façon non spécifique contre les cellules anormales.
- Lymphocytes T : font partie de l’immunité acquise. Ils reconnaissent des caractéristiques précises (antigènes) sur les cellules cancéreuses et essaient de les éliminer.
- Lymphocytes B : produisent des anticorps qui se lient aux agents pathogènes ou aux cellules anormales pour les neutraliser.
Les cellules NK sont particulièrement intéressantes pour l’immunothérapie, car elles peuvent agir rapidement et être prélevées chez un donneur sain pour traiter d’autres patients.
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© Getty Images / B-cellen (oranje) die antilichamen (wit) afscheiden tegen virussen (blauw)
Que signifie un taux de cellules NK élevé ou faible ?
Le taux de NK indique le nombre de cellules NK dans le sang ainsi que leur activité fonctionnelle, c’est-à-dire leur capacité à tuer efficacement les cellules anormales.
Faible activité des NK
Une faible activité des NK peut indiquer un système immunitaire affaibli. Certaines études suggèrent un lien avec une vulnérabilité accrue aux infections, des problèmes de fertilité ou une moindre protection contre le cancer.
Activité élevée des NK
Une activité élevée des cellules NK indique généralement un système immunitaire actif. Cependant, un taux élevé de cellules NK ne signifie pas automatiquement qu'une personne est protégée contre le cancer ou d'autres maladies.
Test sanguin des cellules NK
© Getty Images / Les lymphocytes, parmi lesquels les cellules T, B et NK, constituent une partie essentielle du système immunitaire adaptatif.
Le nombre de cellules NK et leur activité fonctionnelle sont mesurés par prise de sang. Ce test est principalement utilisé en recherche scientifique, dans certaines études sur la fertilité et en oncologie expérimentale. Il ne fait pas partie des examens de routine en médecine générale et est généralement réalisé dans des centres spécialisés.
Natural killers et grossesse (fausses couches)
Pendant la grossesse, des cellules NK spécifiques sont présentes dans la muqueuse utérine. Elles jouent un rôle dans la nidation du placenta et le développement précoce de la grossesse. Un déséquilibre dans l'activité des cellules NK est parfois associé à des fausses couches à répétition. Cela reste toutefois un domaine scientifiquement controversé. Il n'existe encore aucune preuve formelle et les traitements ne sont envisagés que dans des centres spécialisés.
Cellules NK et cancer
Les cellules NK jouent un rôle majeur dans le dépistage et la liquidation des cellules anormales, avant même qu’elles ne puissent se muer en tumeur. Certaines cellules cancéreuses parviennent toutefois à échapper à l’attention du système immunitaire ou à inhiber le fonctionnement des cellules NK. La recherche actuelle se concentre donc actuellement sur :
- le renforcement de l’activité des cellules NK
- l’amélioration du dépistage des cellules cancéreuses
- l'association de la thérapie par cellules NK à d'autres traitements tels que la chimiothérapie, la radiothérapie et l'immunothérapie
Ces perspectives ouvrent la voie à des traitements personnalisés du cancer, chaque patient bénéficiant d’une approche individuelle.
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Cellules NK et traitement personnalisé du cancer
En Belgique, une étude novatrice sur la thérapie par cellules NK est en cours à l'Université d'Anvers, sous la direction de la professeure Evelien Smits et avec le soutien de la Fondation contre le cancer. Les recherches portent sur le gliome de haut grade, une tumeur cérébrale agressive. Les cellules NK sont modifiées en laboratoire afin de mieux reconnaître les cellules cancéreuses et peuvent être administrées localement, au plus près de la tumeur. « En attaquant simultanément le cancer sous plusieurs angles, nous réduisons le risque que la tumeur échappe au traitement », explique la professeure Smits.
Selon la Fondation contre le Cancer, cette étude couvre deux axes de recherche essentiels : une meilleure compréhension de la résistance aux traitements et une meilleure prédiction de l'efficacité des différentes thérapies. « Ensemble, ces axes de recherche ouvrent la voie à un avenir où les personnes atteintes de cancer recevront précisément le traitement le plus adapté à leurs besoins », affirment-ils.















