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Mononucléose : grosse fatigue et ganglions gonflés… combien de temps ça dure ?
- Qu'est-ce que la mononucléose infectieuse ?
- Quels sont les symptômes de la mononucléose ?
- Combien de temps dure une mononucléose ?
- Comment attrape-t-on la mononucléose ?
- Mononucléose : combien de temps reste-t-on contagieux ?
- Comment le diagnostic de la mononucléose est-il posé ?
- Quel traitement en cas de mononucléose ?
- Quelles sont les complications possibles ?
- Quand consulter un médecin ?
- Mononucléose et grossesse : faut-il s'inquiéter ?
- Quand peut-on retourner au travail ou à l'école après une mononucléose ?
- Quand reprendre le sport après une mononucléose ?
- Peut-on prévenir la mononucléose ?
dossier
Fatigue intense, angine qui dure, ganglions gonflés : chez un adolescent ou un jeune adulte, ces symptômes évoquent souvent une mononucléose. La maladie évolue spontanément en quelques semaines, mais la fatigue peut persister plus longtemps.
Si vous avez une mononucléose, le repos est donc important. Il faut également éviter les activités physiques intenses et les sports de contact pendant la période de récupération, en raison du risque, rare mais grave, de rupture de la rate.
Une douleur abdominale brutale et intense, notamment sous les côtes à gauche, ou des difficultés à respirer ou à avaler nécessitent une prise en charge médicale urgente.
Qu'est-ce que la mononucléose infectieuse ?
© Getty Images. Le principal symptôme de la mononucléose est une fatigue intense, parfois écrasante.
La mononucléose infectieuse, surnommée « maladie du baiser », est une infection due dans la grande majorité des cas au virus d'Epstein-Barr (EBV), de la famille des herpèsvirus. En Belgique, on l'appelle aussi souvent maladie de Pfeiffer, du nom du médecin allemand Emil Pfeiffer, qui l'a décrite en 1889. Le virus lui-même n'a été identifié qu'en 1964 par Anthony Epstein et Yvonne Barr.
Le terme « mononucléose » désigne l'augmentation dans le sang de certains globules blancs, les cellules mononucléées (lymphocytes), dont beaucoup ont un aspect inhabituel à l'analyse.
D'autres microbes peuvent donner un tableau très proche, qu'on appelle « syndrome mononucléosique » : le cytomégalovirus (CMV), la toxoplasmose, une primo-infection par le VIH ou certaines hépatites. C'est une des raisons pour lesquelles une prise de sang est souvent nécessaire pour identifier le virus responsable de l'infection.
Virus d'Epstein-Barr (EBV) rencontré chez 90 % des adultes
Environ 90 à 95 % des adultes ont été infectés par le virus d'Epstein-Barr au cours de leur vie, le plus souvent sans le savoir. Une fois dans l'organisme, le virus n'en ressort jamais : il reste en sommeil dans certains globules blancs et peut réapparaître par intermittence dans la salive, généralement sans provoquer de symptômes.
Tout dépend de l'âge au moment de la première rencontre avec le virus :
- Chez le jeune enfant, l'infection passe le plus souvent inaperçue ou ressemble à un banal rhume.
- Chez l'adolescent et le jeune adulte qui n'a jamais été en contact avec le virus, elle provoque une mononucléose bien visible dans une proportion importante des cas. La maladie touche surtout les 15-24 ans.
- Après 40 ans, la mononucléose est rare, car la plupart des gens sont déjà immunisés. Quand elle survient, les signes peuvent être atypiques : fièvre prolongée, peu de mal de gorge, atteinte du foie plus marquée.
En règle générale, on ne fait qu'une seule mononucléose dans sa vie : l'infection laisse une immunité durable.
Quels sont les symptômes de la mononucléose ?
En cas de mononucléose, les ganglions peuvent être gonflés et sensibles, surtout au niveau du cou.
La période d'incubation est longue : 4 à 6 semaines en moyenne entre la contamination et les premiers symptômes. Il est donc presque toujours impossible de savoir qui vous a transmis le virus.
Les premiers symptômes de la mononucléose
Pendant quelques jours, voire une à deux semaines, on peut ressentir : une fatigue inhabituelle, une légère fièvre, des frissons, des maux de tête, des douleurs musculaires ou encore une perte d'appétit. Ces signes ressemblent à ceux d'une grippe.
D’autres symptômes peuvent ensuite apparaître
- une fatigue intense, parfois écrasante : le moindre effort épuise,
- de la fièvre, souvent entre 38,5 et 39,5 °C, plus marquée en fin de journée,
- un mal de gorge qui peut être très douloureux, avec des amygdales gonflées, parfois recouvertes d'un dépôt blanchâtre ou grisâtre. Avaler devient difficile,
- des ganglions gonflés et sensibles, surtout dans le cou (y compris à l'arrière, sous la nuque), parfois aussi sous les aisselles ou dans l'aine,
- des paupières gonflées,
- de petits points rouges sur le palais,
- une rate augmentée de volume, fréquente, parfois ressentie comme une gêne sous les côtes à gauche (mais elle peut aussi être asymptomatique),
- une atteinte du foie, le plus souvent visible uniquement à la prise de sang. Une légère jaunisse (peau et blanc des yeux jaunes) survient chez environ 1 personne sur 20,
- parfois une éruption cutanée.
Voir aussi l'article : Cou, aine, aisselle : pourquoi ces ganglions gonflés ?
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La mononucléose peut être confondue avec une angineUne angine « qui ne guérit pas » malgré les antibiotiques, ou qui s'accompagne de boutons après la prise d'amoxicilline, doit faire penser à une mononucléose.
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Combien de temps dure une mononucléose ?
L'évolution typique de la mononucléose est la suivante :
- Semaines 1 à 2 : phase aiguë. Fièvre, mal de gorge et ganglions sont au maximum.
- Semaines 2 à 4 : la fièvre et le mal de gorge disparaissent progressivement. La plupart des personnes se sentent nettement mieux en 2 à 4 semaines.
- Après : la fatigue peut persister plusieurs semaines. Les ganglions et la rate mettent parfois plus longtemps à retrouver leur taille normale.
Chez une minorité de patients, une fatigue importante persiste au-delà de six mois. Pour certains d’entre eux, cette fatigue prolongée est associée à une encéphalomyélite myalgique / syndrome de fatigue chronique (EM/SFC), dont la mononucléose est un déclencheur connu. Une fatigue qui ne s'améliore pas après 6 mois justifie une nouvelle consultation médicale.
Voir aussi l'article : EM/SFC : épuisement extrême, perte de mémoire, douleurs musculaires
Comment attrape-t-on la mononucléose ?
Le virus se transmet surtout par la salive, d'où le surnom de « maladie du baiser ». Mais le baiser n'est pas le seul mode de transmission :
- partager un verre, une bouteille, des couverts ou une brosse à dents,
- porter des jouets ou tétines à la bouche (chez les petits),
- lors de contacts très rapprochés avec la salive (par exemple en parlant très près, en toussant ou via des objets contaminés par la salive),
- plus rarement : lors de rapports sexuels, transfusion sanguine ou greffe d'organe.
Contrairement à la grippe, la mononucléose ne se transmet pas facilement par l'air.
Mononucléose : combien de temps reste-t-on contagieux ?
Le virus de la mononucléose est excrété dans la salive avant l'apparition des symptômes, pendant la maladie, puis pendant plusieurs mois après.
On peut donc le transmettre déjà au début, sans savoir qu'on est infecté. Mais, c'est pendant la maladie et la convalescence qu'on est le plus contagieux. Le virus reste présent dans la salive plusieurs mois après la disparition des symptômes.
Par la suite, le virus reste en sommeil dans l'organisme à vie. Il peut réapparaître de temps en temps dans la salive, sans aucun symptôme, et être transmis à une personne qui ne l'a jamais rencontré.
Comment le diagnostic de la mononucléose est-il posé ?
Chez un adolescent ou un jeune adulte, les symptômes et l'examen clinique (gorge, ganglions, rate, foie) permettent souvent de suspecter une mononucléose.
- Une prise de sang peut être réalisée lorsque le diagnostic n'est pas évident ou pour rechercher d'autres causes. Elle peut montrer une augmentation du nombre de lymphocytes, dont certains présentent un aspect inhabituel, ainsi qu'une perturbation transitoire des enzymes du foie.
- Le test rapide (MNI-test) peut être faussement négatif, notamment au début de la maladie.
- Lorsque cela est nécessaire, une sérologie du virus d'Epstein-Barr (EBV) permet de préciser s'il s'agit d'une infection récente ou ancienne.
Quel traitement en cas de mononucléose ?
Il n'existe pas de médicament antiviral efficace contre la mononucléose. Le traitement vise à soulager les symptômes le temps que le système immunitaire fasse son travail.
- Le repos. Le repos est essentiel, surtout pendant la phase aiguë. L'alitement strict n'est pas nécessaire : il est conseillé d'écouter son corps et de reprendre progressivement les activités du quotidien (école, travail) à mesure que l'énergie revient
- Des antalgiques contre la fièvre et la douleur. Le paracétamol est le médicament de premier choix.
- Corticoïdes. Ils sont réservés à certaines complications (obstruction importante des voies respiratoires par les amygdales, anémie hémolytique sévère…).
- Pour soulager le mal de gorge : boire régulièrement, par petites gorgées si avaler fait mal, manger des aliments froids et doux (glaces, yaourts, compotes) apaisent la gorge, des pastilles pour la gorge ou des gargarismes d'eau salée tiède (une cuillère à café de sel dans une tasse d'eau) peuvent aider chez l'adulte et l'adolescent.
- Pas d'alcool. Mieux vaut éviter l'alcool pendant la maladie et la convalescence, car le foie peut être temporairement affecté.
Voir aussi l'article : Mal de gorge : faut-il boire chaud ou froid ?
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Pas d’antibiotiques.Les antibiotiques n'ont aucun effet sur un virus. Au contraire, chez une personne atteinte de mononucléose, l'amoxicilline ou l'ampicilline provoquent souvent une éruption de plaques rouges sur tout le corps. Cette éruption n'est généralement pas une véritable allergie à la pénicilline.
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Quelles sont les complications possibles ?
En cas de mononucléose, la rate gonfle et peut se rompre plus facilement.
La mononucléose guérit spontanément dans l'immense majorité des cas. Des complications restent cependant possibles.
La rupture de la rate
Pendant la maladie, la rate gonfle et devient fragile. Dans 0,1 à 0,5 % des cas, elle peut se rompre, parfois spontanément, parfois après un choc (sport, chute). C'est une urgence vitale en raison de l'hémorragie interne que cela engendre.
La majorité des ruptures de la rate surviennent dans les 21 premiers jours après le début des symptômes, mais quelques cas sont décrits jusqu'à environ quatre semaines. C'est pourquoi les activités physiques intenses et les sports de contact doivent être évités pendant la période de récupération
Voir aussi l'article : Splénomégalie : Quelles maladies entraînent un gonflement de la rate ?
Plus rarement d’autres complications
- Gonflement majeur des amygdales gênant la respiration (rare, surtout chez l'enfant),
- hépatite plus marquée, avec jaunisse,
- baisse des globules rouges (anémie) ou des plaquettes,
- atteintes neurologiques exceptionnelles : méningite, encéphalite, paralysie faciale, syndrome de Guillain-Barré,
- très rarement, atteinte du cœur (myocardite).,
- Chez les personnes dont l'immunité est affaiblie (greffe, traitement immunosuppresseur, VIH non traité), l'infection peut être plus sévère et nécessite un suivi spécialisé.
Un lien avec la sclérose en plaques à long terme ?
Une vaste étude publiée en 2022 dans la revue Science, menée sur plus de 10 millions de jeunes militaires américains suivis pendant 20 ans, a montré que le risque de sclérose en plaques est multiplié par 32 après une infection par le virus d'Epstein-Barr. Ce risque n'augmente pas après d'autres infections virales. Le virus d'Epstein-Barr est aujourd'hui considéré comme la principale cause, nécessaire mais pas suffisante, de cette maladie.
Pas de panique pour autant : 9 adultes sur 10 portent ce virus et l'immense majorité ne développera jamais de sclérose en plaques. D'autres facteurs interviennent : génétique, tabac, carence en vitamine D, etc.
Le virus d'Epstein-Barr est aussi impliqué dans certains cancers rares (lymphomes, cancer du nasopharynx), là encore chez une infime minorité de porteurs.
Quand consulter un médecin ?
Consultez votre médecin généraliste si :
- vous avez un mal de gorge avec fièvre et ganglions depuis plus de quelques jours,
- vous êtes extrêmement fatigué(e) et votre état ne s'améliore pas,
- des boutons apparaissent après la prise d'un antibiotique,
- vous êtes enceinte ou votre immunité est affaiblie,
- la fatigue persiste au-delà de 4 à 6 semaines.
Appelez immédiatement le 112 si :
- vous avez une douleur brutale et intense dans le haut du ventre à gauche, parfois irradiant vers l'épaule gauche,
- vous vous sentez faible, pâle, avec le cœur qui bat vite, des vertiges ou un malaise : ce sont des signes possibles d'hémorragie interne liée à une rupture de la rate,
- vous avez du mal à respirer, une respiration bruyante, ou vous ne parvenez plus à avaler votre salive ni à boire,
- vous présentez une forte raideur de nuque, une confusion, des convulsions ou une paralysie du visage.
Mononucléose et grossesse : faut-il s'inquiéter ?
Contrairement à une idée reçue, la mononucléose due au virus d'Epstein-Barr n'est pas associée à des malformations ou à des complications chez le bébé. De plus, la grande majorité des femmes enceintes sont déjà immunisées.
La vigilance porte sur d'autres infections qui ressemblent à une mononucléose : la toxoplasmose et le cytomégalovirus (CMV), eux dangereux pour le fœtus. Une femme enceinte qui présente fièvre, fatigue et ganglions doit donc consulter pour que le médecin identifie précisément le microbe en cause.
Voir aussi l'article : Toxoplasmose : maladie transmise par le chat, danger pour la femme enceinte
Quand peut-on retourner au travail ou à l'école après une mononucléose ?
La reprise dépend surtout de l'état général et de la fatigue. Il n'est pas nécessaire d'attendre la disparition complète de tous les symptômes pour reprendre une activité quotidienne, mais la reprise doit être progressive. En cas de fièvre persistante ou de fatigue importante, un arrêt de travail peut être nécessaire. Pour les enfants et adolescents, le retour à l'école est possible lorsque la fièvre a disparu et qu'ils peuvent reprendre les activités habituelles.
Voir aussi l'article : Enfant malade : on l’envoie à l’école ou pas ?
Quand reprendre le sport après une mononucléose ?
Pendant la phase de récupération, il est recommandé d’éviter les activités physiques intenses, le port de charges lourdes et les sports de contact pendant environ 1 mois. La mononucléose peut en effet entraîner une augmentation du volume de la rate, avec un risque rare mais grave de rupture, surtout au début de la maladie.
Après ce mois de repos, la reprise doit être progressive et dépend de votre état de santé : tant que la fatigue, la fièvre ou un malaise persistent, mieux vaut éviter le sport.
Les sports de contact ou de compétition nécessitent davantage de prudence : demandez l'avis de votre médecin avant de les reprendre. Une douleur brutale et intense sous les côtes à gauche impose une prise en charge médicale urgente.
Peut-on prévenir la mononucléose ?
Il n'existe pas encore de vaccin. Plusieurs candidats sont en cours d'essais cliniques, notamment aux États-Unis : des vaccins à ARN messager développés par Moderna et des vaccins à nanoparticules développés par les Instituts nationaux de santé américains (NIH). L'enjeu dépasse la mononucléose : un vaccin efficace pourrait, à terme, réduire aussi le risque de sclérose en plaques et de certains cancers liés au virus.
En attendant, les gestes simples limitent la transmission : ne pas partager verres, bouteilles, couverts et brosse à dents, et éviter d'embrasser une personne malade ou en convalescence.
Sources :
https://www.merckmanuals.com
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov
https://www.cdc.gov
https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov
https://www.vwvj.be
https://www.gezondheidenwetenschap.be















