Apnées du sommeil chez l'enfant : quels symptômes doivent alerter les parents ?
- Points-clés : apnées du sommeil chez l'enfant
- Qu'est-ce que l'apnée du sommeil chez l'enfant ?
- Les symptômes nocturnes d’apnées du sommeil qui doivent alerter
- Symptômes de l'apnée du sommeil en journée
- Un enfant qui ronfle fait-il forcément des apnées du sommeil ?
- Apnées du sommeil chez le bébé ou le tout-petit ?
- Causes principales de l’apnée du sommeil chez l’enfant
- Quand consulter ?
- Comment se pose le diagnostic ?
- Quels traitements pour l'apnée du sommeil chez l'enfant ?
- Quels risques si l'apnée du sommeil n'est pas traitée ?
dossier
Un enfant qui ronfle régulièrement, surtout si son sommeil semble agité ou s'accompagne de pauses respiratoires, peut présenter un syndrome d'apnées obstructives du sommeil. Ce trouble toucherait entre 1 et 5 % des enfants. Non repéré et non traité, il peut peser sur la croissance, le comportement et les apprentissages. Voici les symptômes qui doivent alerter. Et la marche à suivre, si vous pensez que votre enfant souffre d’apnées du sommeil.
Points-clés : apnées du sommeil chez l'enfant
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Qu'est-ce que l'apnée du sommeil chez l'enfant ?
Le syndrome d'apnées obstructives du sommeil (SAHOS) correspond à des épisodes répétés de rétrécissement ou de blocage des voies respiratoires supérieures pendant le sommeil. La respiration peut alors être interrompue pendant quelques instants (apnée) ou devenir moins efficace (hypopnée). Chez l'adulte, l'obésité et le relâchement musculaire sont les principaux facteurs en cause. Chez le jeune enfant, des amygdales et des végétations adénoïdes volumineuses peuvent provoquer une réduction du passage de l'air pendant le sommeil. Toutefois, le surpoids et l'obésité peuvent également favoriser les apnées, en particulier chez les enfants plus âgés et les adolescents.
Les épisodes respiratoires peuvent provoquer des micro-éveils et fragmenter le sommeil sans que l'enfant se réveille complètement ni en garde le souvenir. Le sommeil peut donc sembler relativement normal aux parents alors qu'il est en réalité perturbé.
Voir aussi l'article : Apnées du sommeil : causes, symptômes, traitements
Les symptômes nocturnes d’apnées du sommeil qui doivent alerter
© Getty Images
Le symptôme principal de l’apnée du sommeil chez l’enfant reste le ronflement. Un ronflement occasionnel, lors d'un rhume par exemple, n'a rien d'inquiétant. En revanche, un ronflement fréquent (au moins 3 nuits par semaine), mérite une évaluation médicale. Surtout, si d'autres symptômes évocateurs l’accompagnent :
- des pauses respiratoires pendant le sommeil, suivies parfois d'une reprise de respiration bruyante,
- une respiration difficile, bruyante ou saccadée,
- une respiration par la bouche pendant le sommeil,
- un sommeil très agité,
- une transpiration importante pendant la nuit,
- des mouvements inhabituels ou des positions de sommeil particulières pour mieux respirer,
- une réapparition du pipi au lit chez un enfant qui était propre la nuit.
Important : l'absence de ronflement n'exclut pas une apnée du sommeil. Certains enfants, notamment les plus jeunes, présentent surtout une respiration irrégulière ou légèrement bruyante, sans ronflement franc. Le ronflement seul ne permet pas non plus de poser un diagnostic. Certains enfants ronflent régulièrement sans présenter d’apnées du sommeil.
Voir aussi l'article : Pourquoi un enfant transpire-t-il la nuit ?
Symptômes de l'apnée du sommeil en journée
En journée, l'apnée du sommeil de l'enfant ne se manifeste pas toujours par de la somnolence. Chez certains enfants, un sommeil perturbé peut plutôt se traduire par :
- de l'irritabilité,
- de l'agitation ou de l'hyperactivité,
- des difficultés à se concentrer,
- une attention fluctuante,
- des difficultés d'apprentissage ou une baisse des performances scolaires,
- une fatigue ou des réveils difficiles,
- plus rarement, des maux de tête au réveil.
Ces symptômes diurnes (irritabilité, agitation, difficultés d'attention) sont souvent attribués à tort à un trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). Cela ne signifie évidemment pas qu'un enfant hyperactif ou inattentif souffre d'apnée du sommeil : ces symptômes sont fréquents et ont de nombreuses causes. Mais lorsqu'ils s'associent à un ronflement régulier ou à des troubles respiratoires nocturnes, il est pertinent d'en parler au médecin.
Dans certaines situations, des apnées du sommeil importantes ou prolongées peuvent également être associées à un ralentissement de la prise de poids ou de la croissance.
Voir aussi l'article : Pourquoi mon enfant est-il fatigué ? Causes fréquentes
Un enfant qui ronfle fait-il forcément des apnées du sommeil ?
Non, le ronflement est fréquent chez l'enfant et peut exister sans apnée du sommeil. Un nez bouché, une rhinite, des allergies ou une hypertrophie des amygdales et des végétations peuvent notamment favoriser le ronflement.
La présence de pauses respiratoires, d'une respiration laborieuse pendant le sommeil ou de symptômes durant la journée augmente en revanche la suspicion d’apnées du sommeil.
Il n'est pas nécessaire que les parents aient observé des « arrêts de respiration » pour consulter. Un enfant qui ronfle régulièrement et présente d'autres signes évocateurs mérite une évaluation médicale.
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Apnées du sommeil chez le bébé ou le tout-petit ?
L’apnée du sommeil peut survenir à tout âge, y compris chez le nourrisson. Chez les tout-petits, les signes peuvent être moins faciles à identifier : respiration bruyante, difficultés respiratoires pendant le sommeil, sommeil très perturbé ou difficultés à prendre suffisamment de poids.
Une attention particulière est nécessaire chez les enfants présentant certains facteurs de risque, notamment une trisomie 21, une anomalie cranio-faciale ou une maladie neuromusculaire. Dans ces situations, une évaluation spécialisée peut être indiquée.
Causes principales de l’apnée du sommeil chez l’enfant
Chez le jeune enfant, la cause la plus fréquente est une hypertrophie des amygdales et/ou des végétations adénoïdes.
D'autres facteurs peuvent favoriser ou aggraver un SAHOS :
- surpoids ou obésité, surtout chez l'enfant plus âgé et l'adolescent,
- certaines anomalies de la mâchoire ou de la structure du visage,
- certaines maladies neuromusculaires,
- la trisomie 21,
- certaines anomalies cranio-faciales,
- une obstruction nasale chronique, notamment en cas de rhinite ou d'allergies.
Plusieurs facteurs peuvent parfois être associés chez un même enfant.
Quand consulter ?
Il est recommandé d'en parler à un médecin ou à un pédiatre lorsque l'enfant :
- ronfle régulièrement,
- fait des pauses respiratoires pendant son sommeil,
- semble faire des efforts pour respirer la nuit,
- a un sommeil très agité ou dort dans des positions inhabituelles pour mieux respirer,
- présente une énurésie secondaire, c'est-à-dire une réapparition du pipi au lit après une période de propreté,
- présente sans explication évidente une fatigue, une irritabilité ou des difficultés d'attention, surtout en présence d'un ronflement régulier,
- présente des difficultés de prise de poids ou un ralentissement de la croissance.
Le médecin pourra examiner l'enfant et déterminer s'il est nécessaire de consulter un spécialiste, notamment un ORL, un pneumologue pédiatrique ou une équipe spécialisée dans les troubles du sommeil.
Quand faut-il consulter en urgence ?
Une difficulté importante à respirer ne doit pas attendre une consultation programmée.
Si l'enfant présente une détresse respiratoire importante, devient bleu autour des lèvres ou semble en grande difficulté pour respirer, il faut demander une aide médicale urgente.
Comment se pose le diagnostic ?
© Getty Images - Un examen visuel de la gorge permet de vérifier le volume des amygdales et de et diagnostiquer une hypertrophie.
Le diagnostic repose d'abord sur les symptômes, l'histoire médicale de l'enfant et l'examen clinique. L'enfant peut être orienté vers un spécialiste, le plus souvent un ORL afin d’examiner le volume des amygdales et des végétations adénoïdes.
Lorsque cela est nécessaire, le médecin peut demander une polysomnographie pour confirmer le diagnostic, c'est-à-dire un enregistrement du sommeil réalisé pendant une nuit. Cet examen permet notamment d'analyser la respiration, l'oxygénation du sang, le rythme cardiaque et les différents paramètres du sommeil. Il s'agit de l'examen de référence pour confirmer un SAHOS et en évaluer la sévérité.
En Belgique, l'évaluation peut être organisée par le médecin généraliste ou le pédiatre, puis par un spécialiste ou une équipe hospitalière spécialisée dans les troubles du sommeil de l'enfant.
Quels traitements pour l'apnée du sommeil chez l'enfant ?
Le traitement dépend de la cause et de la sévérité des apnées.
La chirurgie ORL
Lorsque l'obstruction est due à des amygdales et/ou des végétations hypertrophiées chez un enfant par ailleurs en bonne santé, leur ablation (adéno-amygdalectomie) est généralement le traitement de première intention.
Cette intervention améliore nettement le SAHOS chez de nombreux enfants. Elle ne garantit toutefois pas sa disparition complète : des apnées résiduelles peuvent parfois persister chez certains patients, en particulier en présence de facteurs de risque comme l'obésité ou certaines maladies associées. Un suivi peut donc être nécessaire après l'intervention.
Voir aussi l'article : Amygdales : quand faut-il les faire enlever ?
La prise en charge du surpoids
Lorsque le surpoids ou l'obésité contribue aux apnées, une prise en charge adaptée du poids peut faire partie du traitement. Elle doit être individualisée et, chez l'enfant, s'inscrire dans une approche médicale globale.
La ventilation par pression positive continue (PPC ou CPAP)
La pression positive continue (PPC ou CPAP) utilise un masque qui délivre de l'air sous pression pendant le sommeil afin de maintenir les voies respiratoires ouvertes. Elle peut être proposée lorsque la chirurgie n'est pas indiquée ou n'est pas possible, ou lorsque les apnées persistent après une intervention.
D'autres traitements peuvent être proposés dans certaines situations spécifiques, notamment certains traitements ORL, médicaux ou orthodontiques.
Quels risques si l'apnée du sommeil n'est pas traitée ?
Des apnées du sommeil importantes et prolongées peuvent perturber durablement la qualité du sommeil.
Chez certains enfants, il est associé à :
- des difficultés d'attention et d'apprentissage,
- des troubles du comportement ou de la régulation émotionnelle,
- une fatigue importante,
- des difficultés de croissance,
- et, dans les formes sévères ou prolongées, des conséquences cardiovasculaires.
Voir aussi l'article : Manque de sommeil chez l'enfant : symptômes et conséquences















