Comment vous déplacez-vous à travers la foule ?

Dernière mise à jour: août 2012 | 5020 visites
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news Une équipe de chercheurs français et suisses a réussi à simuler la manière dont les piétons se déplacent dans la foule. Leur modèle devrait servir à planifier les risques lors de grands rassemblements.

Jusqu’à présent, le comportement d’un piéton était étudié à l’aide d’une combinaison de forces d’attraction l’attirant vers sa destination, et de forces de répulsion, le repoussant des autres individus et des obstacles. Cependant, ces modèles, difficiles à calibrer, ne reproduisent pas parfaitement la réalité, observe Eos Sciences.

Des chercheurs du Centre national français de la recherche scientifique (CNRS), en collaboration avec l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich, proposent une nouvelle approche. Leur modèle suggère qu’un piéton cherche simplement à minimiser l’encombrement de son champ visuel en se dirigeant vers les espaces libres qu’il perçoit, tout en ajustant sa vitesse afin de conserver une distance de sécurité par rapport à l’obstacle le plus proche. Les simulations montrent que ces deux règles simples sont suffisantes pour reproduire une large palette de comportements collectifs observés dans les foules.

Par ailleurs, à mesure que la densité de piétons augmente, le modèle prédit l’émergence de nouveaux phénomènes, comme l’effet d’accordéon caractérisé par des vagues successives de mouvements vers l’avant, entrecoupées de périodes durant lesquelles les piétons s’arrêtent. Au-delà d’un seuil critique de densité, la combinaison de ces règles avec l’effet de contact physique entre piétons provoque spontanément de gigantesques bousculades collectives. Ce phénomène, appelé turbulence, a été observé lors des accidents survenus à La Mecque en 2006, et caractérise la dynamique d’une foule en situation dangereuse. Les piétons subissent alors des mouvements chaotiques.
« Ces travaux ouvrent la voie au développement de nouveaux outils de planification des risques », commente Eos Sciences. « Ce modèle permet par exemple d’identifier les zones potentiellement dangereuses dans un environnement prévu pour accueillir un grand nombre de personnes. Il pourrait donc servir aux urbanistes pour l’aménagement de zones piétonnes dans les centres-villes, aux ingénieurs pour la conception de bâtiments publics (stades, salles de concert, gares…) ou bien encore aux différents services en charge de la sécurité lors de l’organisation de grands rassemblements. »


publié le : 03/11/2011 , mis à jour le 28/08/2012
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