Les bienfaits santé de la musicothérapie

Dernière mise à jour: septembre 2021
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dossier Qui n’a jamais fredonné une berceuse pour apaiser un bébé, mis un tube rock pour se défouler ou écouté une chanson mélancolique pour tenter de soulager une peine de cœur ? Intuitivement, l’être humain a depuis toujours recours à la musique pour ses vertus relaxantes ou énergisantes. Aujourd’hui, elle est reconnue comme une thérapie à part entière.

Développée en France dans les années 50

C’est un ingénieur du son français, Jacques Jost, qui émet pour la première fois l’hypothèse que la musique peut soigner. Il s’appuie sur une base clinique avec l’aide du Laboratoire d’Encéphalographie de la Clinique des Maladies Mentales et de l’Encéphale, à la Faculté de Médecine de Paris. On est alors en 1954. Dans les années 70, il s’associe à Edith Lecourt, psychologue et musicothérapeute, pour fonder le Centre International de la Musicothérapie. En 1974, Jacques Jost et le Dr Benezon, psychiatre et psychanalyste, musicien et compositeur, co-organisent le premier congrès mondial de la musicothérapie. Depuis, une foule d’études sont venues confirmer l’intuition de ces pionniers. Mais un fait est resté inchangé. A l’instar de leurs illustres prédécesseurs, les musicothérapeutes actuels possèdent tous une double casquette : une formation dans le domaine de la santé ou du psycho-social ainsi qu’une formation de musicien. Mais que leurs patients se rassurent, inutile d’avoir l’oreille musicale, de savoir chanter ou de jouer d’un instrument pour profiter de la musicothérapie.

Une forme active, une forme réceptive

Comme le rappelle la Fédération Française de Musicothérapie, la musicothérapie s’adresse à tous : nourrissons, jeunes enfants, adolescents, adultes, personnes âgées. Les séances peuvent être proposées de manière individuelle, groupale ou familiale. La musicothérapie se décline sous deux formes. Elle est dite « active » lorsqu’elle propose des dispositifs de travail thérapeutique privilégiant la production sonore et musicale, l’improvisation, la créativité. Les éléments musicaux (rythme, son, timbre, intensité) sont utilisés afin de permettre à la personne de s’exprimer, communiquer, créer des liens tout en accomplissant un travail de structuration identitaire. Elle est dite « réceptive » lorsqu’elle propose, au sein d’une relation thérapeutique, des dispositifs fondés sur l’écoute, faisant appel à une association libre et une élaboration psychique. Elle s’appuie aussi sur les effets psycho-affectifs et psychophysiologiques de la musique.

Elle soulage la douleur et l’anxiété

Parmi le vaste champ d’application de la musicothérapie, on retrouve une action antidouleur et anxiolytique. Ceci s’explique notamment par la production, lors des séances, de sérotonine, baptisée « l’hormone du bonheur », et de dopamine, un neurotransmetteur surnommé « l’hormone du plaisir ». Au CHU de Liège, le musicothérapeute Alain Collinet collabore ainsi au Service d’Algologie. En association avec le Pr Marie-Elisabeth Faymonville qui dirige le Centre de la douleur et participe à l’équipe mobile de soins palliatifs, il a développé un CD pour faciliter l’examen IRM des patients claustrophobes.

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Elle contribue au développement des bébés prématurés

Plusieurs études ont également pointé les bénéfices de la musicothérapie dans les services de néonatologie. Elle fait partie des soins dits de soutien au développement, au même titre que le peau à peau. Plusieurs études, dont une publiée par l’Université de Floride en 2012, montre en effet qu’elle permet de réguler la respiration et le rythme cardiaque des nourrissons, notamment au moment des soins sources d’inconfort, et qu’elle active leur réflexe de succion. C’est primordial pour leur permettre de s’alimenter et de prendre du poids. Autre intérêt, la musicothérapie favorise les interactions parents - enfants. Quand les bébés peuvent passer davantage de temps auprès de leurs parents, les musicothérapeutes guident ces derniers dans le chant de berceuses adaptées.

Elle apaise les malades d’Alzheimer

Ces dernières années, les techniques d’imagerie cérébrale ont permis de visualiser les régions du cerveau activées par l’écoute de musique. Et contrairement à ce que les chercheurs ont longtemps pensé, celle-ci ne se contente pas de stimuler une zone bien précise. Son effet est beaucoup plus diffus, elle se répand un peu partout. Voilà probablement pourquoi, même dans le cas de maladies cognitives dégénératives type Alzheimer, la musique parvient encore à réveiller certains pans de mémoire. Faire écouter des morceaux riches en souvenirs aux malades ne permet pas de les guérir. Mais le temps d’une chanson, beaucoup semblent redevenir eux-mêmes. L’effet cesse dès la fin de la chanson, mais ces quelques minutes sont précieuses pour le malade et ses proches.

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Elle aide les patients souffrant de dépression

La psychothérapie fait partie du panel des traitements de la dépression et la musicothérapie en est une branche reconnue et développée, au même titre que les autres formes d’art-thérapie. Le son, le bruit, la musique peuvent en effet être de bons médiateurs permettant de faciliter la démarche de psychothérapie (exploration de l’inconscient, expression de souffrances difficilement verbalisables…). Dans le cadre des thérapies cognitives - comportementales, une fois identifiés les automatismes négatifs engendrant de la souffrance, l’écoute musicale peut être un support intéressant pour aider les patients à changer leur perception des choses.

Source: Aurélia Dubuc - journaliste santé
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