Prolapsus (descente d'organes) : causes, symptômes, traitements

Dernière mise à jour: avril 2019 | 1331 visites

dossier Au cours de leur existence, près de la moitié des femmes seront concernées par un prolapsus, c'est-à-dire la descente d'un ou de plusieurs organes du pelvis (prolapsus uro-génital). Il peut s'agir de la vessie, de l'utérus ou d'une partie de l'intestin (rectum). Causes, symptômes, traitements : que faut-il savoir ?

Comment se produit un prolapsus ?

Un prolapsus est causé par un défaut ou une déchirure du tissu de soutien autour du vagin (muscles du plancher pelvien, tendons et autres tissus). En d'autres termes, il s'agit d'un problème de structure de la couche musculaire du plancher pelvien (à comparer avec une hernie inguinale ou une rupture de la paroi abdominale). La base du problème est la diminution de la fermeté des ligaments ou de la couche musculaire. Lorsque cela se produit, les organes s’enfoncent dans le vagin et parfois même au-delà de l’entrée vaginale. Cela concerne généralement plus d'un organe. Par exemple : la vessie et l'utérus s’affaissent ensemble. Toutes les combinaisons sont possibles et les degrés de sévérité varient.

Un prolapsus peut survenir si :

• des muscles ou des tissus de soutien sont affaiblis
• les ligaments sont trop étirés
• le dispositif de soutien est arraché des organes pelviens

Quelles causes ?

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• La grossesse et l'accouchement sont les principaux facteurs de risque. Une augmentation de la pression sur le plancher pelvien (pendant la grossesse et certainement lors de l'accouchement) peut affaiblir ou endommager les tissus de soutien. Le prolapsus peut survenir pendant la grossesse ou peu de temps après, mais le plus souvent, il ne se produit que plusieurs années après l'accouchement.

• Age et ménopause : avec l’âge et les modifications hormonales après la ménopause, le plancher pelvien s’affaiblit, ce qui augmente les risques de prolapsus. Plus de 40% des femmes de plus de 40 ans en souffriraient.

• Travail physiquement exigeant et certains sports.
• Constipation chronique.
• Surpoids et maigreur.
• Toux fréquente, par exemple à cause du tabagisme ou d'une maladie pulmonaire.
• Facteurs héréditaires : si votre mère a eu un prolapsus, vous êtes davantage exposée.
• Chez certaines femmes, il existe une faiblesse congénitale des tissus de soutien et donc un risque accru de prolapsus (syndrome d'Ehlers Danlos, syndrome de Marfan...).

Et les hommes ?

Par définition, les hommes ne peuvent bien sûr pas souffrir d’un affaissement dans le vagin. Mais chez eux, l'intestin peut déboucher dans l'anus.

Les symptômes

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Dans environ la moitié des cas, un prolapsus ne produit aucun symptôme notable.

La nature des symptômes dépend, entre autres, du type d'affaissement (de l'organe qui s'est affaissé). Quels sont les symptômes les plus courants ?

• sensation de « boule » ou de pression dans le vagin. Ces symptômes augmentent après une activité physique ou une station debout prolongée et diminuent après le repos

• douleur ou gêne lors d'un rapport sexuel

• difficulté à uriner, perte d'urine, mictions fréquentes

• problèmes de défécation (constipation, sentiment que quelque chose reste dans l’intestin)

• entrave pendant l'activité physique

• parfois douleur ou sensation lancinante dans le bassin ou le bas du dos

• parfois perte de sang

Est-ce dangereux ?

Un affaissement peut être ennuyeux et douloureux, mais il n'est généralement pas dangereux. Dans de rares cas, le prolapsus peut compromettre les fonctions de la vessie, des reins ou des intestins. Dans ces cas, un traitement ne peut pas être différé.

Et les rapports sexuels ?

Un organe affaissé ne peut pas être endommagé au cours d'un rapport sexuel, mais celui-ci peut parfois être douloureux.

Que pouvez-vous faire ?

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Certaines mesures peuvent aider à prévenir le prolapsus ou à en atténuer les désagréments, mais peu de recherches ont été effectuées sur ce point.

• Après une naissance, les exercices de renforcement des muscles du plancher pelvien (kiné postnatale) sont très utiles pour prévenir un prolapsus.

• Une miction trop fréquente est souvent un comportement appris et résulte de l'enfance. Les femmes, plus que les hommes, vont souvent aux toilettes « par habitude ». Essayez d’y faire attention. Aller continuellement aux toilettes n'est pas bon pour la vessie et n’aide pas non plus à prévenir une infection de la vessie. Par contre, quand vous y allez, asseyez-vous tranquillement et videz bien votre vessie.

• Des mesures diététiques peuvent s’imposer. Pour cela, vous pouvez être dirigée vers un spécialiste. Le surpoids contribue aux symptômes d’affaissement et d’incontinence.

• Arrêter de fumer et limiter la consommation de caféine, d'alcool et d'aspartame peut contribuer à améliorer les symptômes de pression sur la vessie et à soulager l'incontinence par impériosité. La nicotine endommage également le tissu conjonctif et la circulation sanguine du plancher pelvien. Les complications et les récidives postopératoires sont plus fréquentes chez les fumeurs que chez les non-fumeurs.

• Évitez les travaux physiques pénibles (en particulier le levage), soyez prudente lorsque vous pratiquez certains sports (par exemple le jogging).

• Traitez la constipation et la toux prolongée.

Un prolapsus doit-il toujours être traité ?

Un prolapsus qui ne provoque pas de symptômes sévères ne doit en principe pas être traité. Cependant, si des symptômes se développent, un traitement peut être nécessaire.

Des exercices des muscles du plancher pelvien ?

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S'il s'avère que vous n'utilisez pas correctement les muscles de votre plancher pelvien ou que ces muscles ne fonctionnent pas comme il faut, la thérapie du plancher pelvien peut être une solution. Le but est de transformer le plancher pelvien et les muscles environnants en un tout coopérant.

La physiothérapie destinée à renforcer les muscles du plancher pelvien est particulièrement efficace chez les patientes présentant une perte d’urine au cours de l’exercice (incontinence de stress). On peut également remédier aux formes bénignes de prolapsus en effectuant régulièrement des exercices des muscles du plancher pelvien. En cas de prolapsus important ou de prolapsus depuis un certain temps, les muscles du plancher pelvien n’aident généralement pas. Un physiothérapeute spécialisé vous apprendra les exercices utiles. L'utilisation d'un appareil de biofeedback peut être utile. Après six à huit semaines, vous devriez remarquer des amélioration.

Un pessaire (anneau vaginal) aide-t-il ?

Un pessaire est un anneau en plastique souple (silicone) qui ressemble à un beignet (il existe aussi d'autres formes) et qui est placé dans le vagin pour repousser les organes qui se sont affaissés. Toutes les femmes souffrant de problèmes de plancher pelvien ne peuvent pas y recourir : le type de prolapsus et la fermeté du plancher pelvien jouent un rôle à cet égard.

Les patientes qui ont déjà subi une intervention chirurgicale pour un prolapsus ou celles qui ont une large ouverture du vagin sont souvent plus difficiles à traiter avec un anneau vaginal, car celui-ci peut être expulsé.

Le pessaire doit être régulièrement enlevé et nettoyé, au moins une fois tous les 3 à 6 mois. Vous pouvez le faire vous-même, ou faire appel à votre gynécologue ou votre médecin généraliste.

Il est recommandé d'utiliser une crème ou des ovules contenant des œstrogènes afin de prévenir l'irritation des muqueuses vaginales. Une irritation grave peut provoquer une perte de sang. Si cela vous arrive, contactez votre médecin.

Habituellement, porter un pessaire ne provoque pas de gêne, à l'exception de quelques pertes blanches par voie vaginale. Il est tout à fait possible d'avoir des rapports sexuels avec un pessaire, même si vous ou votre partenaire pouvez le sentir. Parfois, ce dispositif presse l’urètre et il se peut qu’un peu d’urine reste dans la vessie après avoir été aux toilettes.

Quand la chirurgie est-elle nécessaire ?

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Dans certains cas de prolapsus, la chirurgie sera la meilleure ou la seule solution. Le but consiste à maintenir la fonction de votre vessie et de vos intestins. Le type et la gravité du prolapsus, ainsi que la sévérité des symptômes, détermineront la technique chirurgicale appropriée.

L’opération peut être abdominale ou vaginale. Il existe deux types de chirurgie abdominale : par laparoscopie ou par laparotomie. Parfois, le tissu affaibli ou endommagé sera réparé par des sutures. Le placement d'un filet peut être nécessaire. Cela présente des avantages et des inconvénients. Cette technique n'est utilisée qu'en cas de stricte nécessité.

Si le prolapsus ne concerne que la vessie ou le rectum, il peut être traité par voie vaginale. Lorsque plusieurs organes se sont affaissés, la laparoscopie sera généralement réalisée via l'abdomen.

Pour les opérations dans le vagin, une péridurale ou une anesthésie générale seront envisagées. Les opérations abdominales se font toujours sous anesthésie générale.

Il est important de savoir qu'un prolapsus récidive souvent après une opération, et qu’il faudra peut-être la répéter.


publié le : 04/04/2019 , mis à jour le 03/04/2019
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