Zona : causes, symptômes, traitements

Dernière mise à jour: avril 2018 | 11500 visites
Dans cet article
Zona : causes, symptômes, traitements

dossier Le zona est une éruption cutanée douloureuse, généralement sur un côté du corps, causée par le virus herpes zoster, ou virus varicelle zona (VVZ). Ce virus déclenche la varicelle chez l'enfant, mais il peut se réactiver chez l'adulte et provoquer un zona. Quels sont les symptômes et les traitements ?

La grande majorité (95%) de la population adulte a déjà été infectée par le VVZ, qui est responsable de diverses maladies.

• L'infection primaire cause la varicelle, une maladie cutanée contagieuse qui survient généralement chez l'enfant. Plusieurs vaccins contre la varicelle sont disponibles sur le marché belge.

• Le VVZ « sommeille » ensuite dans les ganglions nerveux, mais il peut se réveiller après plusieurs décennies et provoquer le zona, qui concerne surtout les seniors.

• Le zona peut entraîner des complications parfois graves (lire ci-dessous) : douleurs chroniques (douleurs post-zostériennes), atteintes des yeux et des oreilles, séquelles neurologiques...

On ignore les raisons pour lesquelles le virus redevient actif après de nombreuses années, même si on a identifié des facteurs de risque. Il se propage le long des nerfs jusqu'à la peau, où il provoque une éruption cutanée douloureuse.

Une personne qui a développé un zona peut en souffrir à nouveau, mais c'est rare. En cas de crises répétées, des examens plus approfondis sont requis.

Les facteurs de risque

123-man-ouder-psyche-sepr-moe-bureau-170_01.jpg
L'âge

L'âge qui avance est un facteur de risque important. Les personnes de plus de 60 ans sont proportionnellement deux à trois fois plus nombreuses à en souffrir que les moins de 40 ans (12 pour 1.000 au-delà de 60 ans et 4 / 1000 en dessous de 40 ans). Ceci est probablement lié à une immunité moins efficace chez les seniors et les personnes âgées.

Le sexe

Selon certaines études, les femmes seraient plus à risque que les hommes, mais d'autres recherches disent le contraire.

L'immunité

Une immunité affaiblie ou perturbée est un facteur de risque important. Ainsi, il est plus fréquent chez les patients avec une maladie auto-immune et/ou inflammatoire (lupus systémique, polyarthrite rhumatoïde, granulomatose de Wegener, maladie de Crohn, rectocolite hémorragique, sclérose en plaques), souffrant d'un cancer (lymphome de Hodgkin, tumeur adhérente), du sida, ou ayant subi une greffe d'organe (le traitement immunosuppresseur augmente le risque).

Les autres facteurs

• Le rôle des facteurs génétiques n'est pas encore élucidé.

• Il est possible qu'une intervention chirurgicale ou un traumatisme (par exemple une fracture de la jambe) puissent provoquer un zona.

• La place du stress physique ou mental en tant que facteur de risque n'est pas claire.

Le zona est-il contagieux ?

Oui pour les personnes qui n'ont jamais eu la varicelle. Le liquide provenant des vésicules est contagieux pendant 1 à 2 semaines. Les croûtes ne sont plus contagieuses.

Pour les personnes qui n'ont jamais eu la varicelle, il est donc important d'éviter l'infection. Ceci concerne principalement les nouveau-nés et les femmes enceintes (le virus peut également causer des dommages à l'enfant à naître au cours des trois premiers mois de la grossesse).

Chez les personnes ayant une immunité réduite, le contact avec le virus peut provoquer une rechute.

• Assurez-vous que les vésicules sont couvertes, par exemple avec de la gaze.

• Lavez-vous soigneusement les mains avec de l'eau et du savon si vous avez été en contact avec les vésicules (non sèches).

Les symptômes

123-herpes-zoster-zona-gordelroos-10-17.jpg
Le zona n'est pas toujours grave : chez l'enfant et le jeune adulte, l'infection est généralement plus légère.

• Le zona commence habituellement par des démangeaisons et des picotements, ou brutalement par des douleurs intenses, brûlantes et persistantes sur une partie de la peau (abdomen, poitrine, dos...). Un mal de tête, de la fièvre et une sensation de grippe (syndrome grippal) peuvent également survenir.

• Après quelques jours, la peau devient rouge et des vésicules (ampoules) douloureuses apparaissent en grappe, habituellement sur le ventre ou la taille, la poitrine ou le dos, parfois sur les membres (bras, jambe), au cou ou sur le visage. Les vésicules forment un amas ou une bande (ceinture).

• L'éruption peut être marquée par de vives douleurs, notamment en cas de frottement, au contact des vêtements, en position assise... Un zona au visage est souvent accompagné d'un mal de tête très sévère, et les muscles faciaux peuvent temporairement s’affaisser.

Après 10 à 14 jours, les vésicules sèchent en formant des croûtes. Après 2 à 4 semaines, le rétablissement est généralement complet, sans symptômes résiduels sérieux, sauf évidemment en cas de complication.

• Parfois, il y a une sensibilité permanente réduite ou accrue à la douleur et / ou une dépigmentation de la peau.

Les complications

123m-man-brandende-pijn-maag-01-17.jpg
Les complications les plus sérieuses du zona sont la névralgie post-zostérienne et les atteintes oculaires, sachant qu'une infection bactérienne secondaire aux lésions cutanées peut survenir.

La névralgie post-zostérienne

La névralgie post-zostérienne (NPZ) se caractérise par une douleur sévère et tenace dans la zone de la peau affectée. Elle peut persister des mois, voire des années. Cette douleur neuropathique résulterait de l'inflammation et de la lésion du nerf.

• Le risque que cette complication survienne augmente avec l'âge : chez les personnes de moins de 50 ans, il est inférieur à 2%, puis passe à 20% chez les plus de 50 ans et à 30% au-delà de 70 ans.

• Les patients dont les symptômes (fièvre, douleur, nombre de vésicules...) ont été importants avant et pendant la phase aiguë présentent un risque plus élevé de souffrir d'une NPZ.

• La NPZ est également plus fréquente si le zona a affecté le visage.

Les complications oculaires

Le nerf optique peut être abîmé chez les patients atteints de zona à la tête et au cou. Cela se produirait chez environ 15% des patients.

Il existe également un risque élevé de kératite (inflammation de la cornée), d’iridocyclite (inflammation de l'iris), de conjonctivite (inflammation des muqueuses), de glaucome secondaire ou de panophtalmie (inflammation de toutes les parties de l'œil).

Des éruptions sur la pointe et sur le côté du nez indiquent des dommages à la branche nerveuse qui innerve l'œil. Si le nez est affecté, une attention particulière doit être portée à l'œil.

Les complications à l'oreille

Si le virus se trouve dans le nerf de l'oreille, un herpès zoster oticus peut se développer, avec la formation d'ampoules dans le conduit auditif. Les complications possibles sont la perte auditive, les problèmes d'équilibre (vertiges) et la paralysie du nerf facial.

La dissémination virale

La dissémination du virus peut survenir chez les personnes atteintes d'une immunité (cellulaire) altérée. C'est une affection sérieuse qui peut mener à la mort.

La méningite

Si le système nerveux central est touché par la maladie (ce qui est rare), une méningo-encéphalite ou une parésie peuvent survenir.

Le diagnostic

L'éruption cutanée typique est suffisante pour établir le diagnostic. Occasionnellement, il est possible que les atteintes de la peau (comme les ampoules) soient très discrètes, voire inexistantes, et des recherches plus approfondies sont alors nécessaires (une analyse de sang peut aider à montrer si le virus est actif ou l'a été récemment).

En cas de zona dans la région du trijumeau, il faut chercher des anomalies oculaires. En cas d'éruption cutanée sur le nez ou dans le coin de l'œil, il faut toujours consulter un ophtalmologue pour un examen supplémentaire.

Les traitements

123-handen-ouder-medic-pil-nemen-10-15.jpg
Le zona guérit spontanément après deux à quatre semaines. Habituellement, un soulagement de la douleur et un traitement de séchage des ampoules sont suffisants. Il faut cependant toujours consulter un médecin, et au plus vite dans certaines circonstances.

• vous êtes affaibli par une maladie grave
• vous avez plus de 60 ans
• vous souffrez d'un trouble immunitaire ou vous prenez des médicaments immunosuppresseurs
• le zona affecte le visage
• vous ressentez des picotement, des démangeaisons ou une douleur à l'œil ou au nez

Le soin des vésicules

Il faut absolument éviter de gratter les ampoules, cela peut causer des cicatrices permanentes.

• Une douche ou un bain avec une eau pas trop chaude apportent un soulagement.

• Pour éviter l'abrasion, recouvrez les vésicules d'une compresse douce.

• Sur les ampoules, vous pouvez appliquer une pommade de séchage (pommade ou pâte d'oxyde de zinc). Si nécessaire, utilisez aussi un liquide ou une crème pour soulager les démangeaisons.

• L'application de chlorhexidine en solution aqueuse sur les vésicules est utile pour la prévention de la surinfection bactérienne.

• Des lingettes humides ou de la glace peuvent aider contre les démangeaisons et la douleur.

La gestion de la douleur

L'un des plus gros problèmes avec le zona est la douleur, qui peut être très intense.

• Vous pouvez prendre du paracétamol (ne pas dépasser la dose prescrite par le médecin ou mentionnée par le fabricant). Si cela ne suffit pas, un analgésique plus fort peut être nécessaire (demandez l'avis de votre médecin).

• La douleur violente peut être contrôlée par un traitement nerveux au cours duquel des corticostéroïdes sont injectés avec ou sans analgésiques locaux dans le dos (péridurale). Ce traitement est effectué à l'hôpital par un anesthésiste ou un spécialiste de la douleur.

Le traitement antiviral

Les médicaments antiviraux (tels que l'aciclovir) peuvent réduire légèrement le temps de guérison de l'éruption cutanée ainsi que la gravité et la durée de la douleur. Ces médicaments doivent être pris dans les 2 ou 3 premiers jours après le début de l'éruption cutanée. Plus tard, ils n'ont aucun effet, sauf contre les complications oculaires.

Chez les personnes en bonne santé âgées de moins de 50 ans et dont le zona n'est pas trop important, un traitement antiviral n'est pas nécessaire. Un traitement antiviral peut être approprié dans les circonstances suivantes.

• avec zona étendu et / ou très douloureux
• avec zona dans le cou ou sur le visage : sans traitement antiviral, le risque de lésions oculaires (permanentes) est très élevé
• chez les personnes de plus de 60 ans
• chez les personnes présentant une immunité altérée (VIH, après une greffe d'organe, en cours de chimiothérapie ...) : il peut être nécessaire d'administrer ce médicament par voie intraveineuse avec une perfusion, ce qui nécessite une hospitalisation

Le traitement de la douleur post-zostérienne

La névralgie post-zostérienne est très difficile à traiter. Heureusement, cette douleur disparaît chez les personnes de moins de 60 ans dans neuf cas sur dix après un mois, et seulement 1% souffrent encore de douleurs après un an. Chez les personnes âgées de plus de 60 ans, la douleur disparaît dans environ la moitié des cas après un mois, et dans 10% des cas, c'est une douleur légère à modérée qui persiste encore après un an.

En cas de douleur persistante sévère, un traitement dans un centre spécialisé dans la douleur sera parfois nécessaire.

• Les analgésiques simples (aspirine ou paracétamol) procurent un soulagement insuffisant de la douleur. Des analgésiques plus puissants (oxycodone, morphine, méthadone ...) donnent parfois également des résultats insuffisants et présentent de nombreux effets secondaires. Ils peuvent aussi entraîner une dépendance.

• Les anti-épileptiques procureraient un bon soulagement de la douleur chez environ la moitié des patients. Les effets secondaires possibles incluent les vertiges, la somnolence et la rétention d'eau dans les membres (oedème périphérique).

• Certains antidépresseurs tricycliques procurent un bon soulagement de la douleur et une amélioration significative de la qualité de vie chez environ la moitié des patients. Des effets secondaires tels que la bouche sèche, la constipation, les troubles visuels et le gain de poids sont possibles.

• Des patchs de lidocaïne avec une concentration de 5% aideraient certains patients, mais il n'y a pas suffisamment de preuves pour recommander ce traitement.

• Les pansements de capsaïcine aideraient certains patients, mais les risques d'effets secondaires parfois graves et de douleurs locales sévères sont élevés. Ce produit n'est donc pas recommandé.

• Les médicaments antiviraux n'ont pas fait la preuve de leur efficacité sur la survenue ou la durée de la NPZ.

• Les corticostéroïdes n'ont pas démontré leur efficacité dans la phase aiguë du zona ou en cas de NPZ, qu'ils aient été administrés par voie orale ou injectés par péridurale.

L'acupuncture dans le traitement de la névralgie post-zostérienne n'a été étudiée que dans une mesure limitée. En outre, les études donnent des résultats contradictoires. L'effet possible sur la douleur est limité dans tous les cas.

stahnd-dr-geeft-vacc-pat-02-16.jpg
La vaccination

Il existe actuellement un vaccin contre le zona (Zostavax). Dans plusieurs pays (États-Unis, France, Royaume-Uni), ce vaccin est recommandé pour les personnes de plus de 60, 65 ou 75 ans. En Belgique, le Conseil supérieur de la santé a publié une recommandation en juillet 2017 stipulant que le vaccin peut être envisagé pour les personnes âgées de 65 à 79 ans. On ne connaît pas l’efficacité du vaccin chez les plus de 80 ans. Pour les personnes qui doivent subir un traitement immunosuppresseur, ce vaccin peut être envisagé à partir de l'âge de 50 ans (si possible au moins quatre semaines avant le début du traitement immunosuppresseur).

Contrairement au vaccin contre la grippe ou le pneumocoque, par exemple, le Conseil supérieur de la santé ne recommande actuellement aucune vaccination généralisée dans ce cas-ci chez les personnes de plus de 65 ans. Il y a actuellement trop peu d’arguments scientifiques pour cela.

Avez-vous besoin d'être vacciné ? Il est préférable de consulter votre médecin pour vérifier si la vaccination est utile pour vous.

• Le vaccin actuel réduirait le risque de zona de 52% chez les personnes âgées de 50 à 79 ans et le risque de douleur post-zostérienne de 76% pendant au moins cinq ans. Ensuite, cette protection diminue.

• Le vaccin peut être utilisé chez les personnes souffrant d'une maladie chronique (diabète, insuffisance rénale chronique, psoriasis, polyarthrite rhumatoïde).

• Après environ cinq ans, la protection par le vaccin diminue, et après environ 10 ans, la protection ne serait plus que minime.

• Le vaccin ne doit pas être utilisé chez les personnes présentant une immunité altérée.

• Le vaccin ne doit pas être utilisé chez les personnes qui prennent des corticoïdes à haute dose, suivent une chimiothérapie ou une radiothérapie, prennent des immunomodulateurs, ou ont subi un greffe de cellules souches hématopoïétiques.

• Le vaccin ne doit pas être utilisé pendant la grossesse. Après la vaccination, il faut attendre au moins 4 semaines avant de tomber enceinte.

• Le vaccin est assez cher (137,40 €) et n'est pas remboursé.

• Des effets secondaires locaux légers et à court terme sur le site d'injection (rougeur, gonflement, douleur) surviennent dans environ la moitié des cas.

• Environ 1 personne sur 10 souffre de légers maux de tête après la vaccination.

• Les effets secondaires graves sont extrêmement rares.


publié le : 05/04/2018 , mis à jour le 05/04/2018
pub

Restez informés !

Inscrivez-vous à notre newsletter:

Non, merci