Les ampoules LED sont-elles mauvaises pour la santé ?

Dernière mise à jour: octobre 2019 | 12616 visites
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news Certains rapports scientifiques évoquent les risques potentiels pour la santé liés à l’utilisation d’ampoules LED, dont la lumière pourrait affecter notre horloge biologique, alors qu'elle serait nocive pour les yeux. Qu'en est-il ?

L’horloge biologique

Notre horloge biologique a un rythme d’environ un jour, appelé rythme circadien. La lumière (aussi bien du jour qu’artificielle) est le principal agent qui assure ce rythme.

Le système circadien contrôle divers processus comme le cycle veille - sommeil, la libération de certaines hormones comme la mélatonine et le cortisol, le système immunitaire, la gestion de l’énergie…

L’horloge biologique est principalement influencée par la lumière dans la partie bleue du spectre. Les ampoules LED ont donc un effet plus important que les ampoules incandescentes et les lampes fluorescentes, qui produisent moins de lumière bleue. Certains récepteurs de lumière dans notre œil, qui transmettent des signaux à l’horloge biologique, sont plus sensibles à cette lumière à courte longueur d’onde.

L’exposition à la lumière naturelle et artificielle, qu’elle provienne ou non de LED, soutient le rythme circadien durant la journée alors qu’elle le perturbe le soir et la nuit. Avec la lumière bleue des LED, ces effets sont renforcés. Outre la longueur d’onde de la lumière (la quantité de lumière bleue) et le temps d’exposition (en journée ou le soir), l’intensité de la lumière et la durée d’exposition ont également une influence sur le rythme circadien. On ne sait cependant pas dans quelle mesure.

Une perturbation de l’horloge biologique peut entraîner à court terme une réduction du temps de sommeil, de l’insomnie, une diminution de l’attention et un risque accru d’accident.

Une interruption prolongée du rythme circadien (décalage horaire, travail de nuit) peut avoir des effets négatifs sur la santé, comme un surpoids, un maladie cardiovasculaire, le cancer du sein et la maladie mentale. Les mécanismes précis qui agissent ici ne sont pas encore connus.

• Selon divers rapports, une exposition à la lumière avec une relativement grande quantité de lumière bleue (comme avec les smartphones, tablettes, etc.) durant une à deux heures le soir ou la nuit peut perturber le rythme circadien et avoir des effets négatifs sur la santé.

À l’heure actuelle, on ignore si la perturbation du rythme circadien par la lumière (bleue) LED a des effets sur la santé et si oui, lesquels et à quelle intensité et durée d’exposition. Mais on ne peut pas non plus l’exclure.

Les enfants, les adolescents et les personnes âgées sont plus sensibles aux perturbations de leur horloge biologique par une exposition (nocturne) à la lumière.

• Si la lumière LED a plus d’effet sur l’horloge biologique qu’une autre source lumineuse artificielle, cela ne concerne que les LED bleues (le blanc « froid »), avec une « température de couleur » supérieure à 4000 kelvins). Le blanc « chaud » (avec une « température de couleur » autour de 3000 kelvins) est à cet égard similaire à celui d’une lampe à incandescence. C’est la « température de couleur » (en kelvins) qui doit être indiquée sur l’emballage.

Les yeux

L’exposition à la lumière peut provoquer des lésions oculaires. La rétine peut être endommagée si on regarde une lumière forte de trop près ou trop longtemps et la vision peut en être affectée. La lumière bleue est plus nocive.

• Une exposition de courte durée à une lumière intense (bleue) peut provoquer une inflammation rétinienne photochimique avec des taches aveugles temporaires ou permanentes. Cette réaction est comparable à ce qui se passe quand on regarde le soleil (par exemple lors d'une éclipse) sans protection.

• Une exposition chronique à la lumière (bleue) peut contribuer à un vieillissement prématuré de la rétine, avec perte de netteté de la vision, comme lors d’une dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA). Cette affection est irréversible. Elle touche principalement les personnes âgées et est une cause majeure de déficience visuelle et de cécité.

Bien que ces risques ne puissent pas être exclus, ils sont extrêmement faibles lors de l’utilisation normale des produits LED qu’on trouve dans le commerce.

• Tous les luminaires et lampes vendus sur le marché européen doivent être conformes aux normes de sécurité internationales et européennes, ce qui signifie qu’ils ne devraient pas être dangereux pour les yeux et qu’ils sont sans danger pour leurs utilisateurs. Même si ces normes ne sont pas spécifiquement établies pour la lumière LED, des tests récents effectués en Suisse ont montré qu’elles étaient valables dans ce cas aussi.

• La plupart des ampoules sont à risque 0 (sur une échelle de 3). Il n’y a donc pas de risque, même quand on fixe l’ampoule, à moins de le faire durant une centaine d’heures !

• Les ampoules à risque 1 présentent un faible risque de lésions oculaires quand on fixe la lumière plus de 100 secondes. Cela doit figurer sur l’emballage. Ces ampoules sont utilisées pour certains spots et lampes de poche.

• Les ampoules à risque 2 peuvent être dangereuses quand on les fixe brièvement. Cela doit également être indiqué de manière explicite sur l’emballage et dans les instructions. Il est préférable de ne pas les utiliser pour un usage domestique.

• Les ampoules à risque 3 (qui sont presque exclusivement utilisées pour des applications industrielles ou médicales) présentent un gros risque pour les yeux, même après une courte exposition. Cela doit bien sûr être indiqué sur l’emballage et dans les instructions.

• Ces normes concernent uniquement les effets de l’exposition directe à la lumière (bleue) intense. Concernant une exposition indirecte fréquente et/ou sur un longue période, le risque est très improbable.

• Certains groupes de personnes sont plus sensibles aux effets de la lumière (bleue) :

- Les jeunes enfants, en particulier parce qu'ils n’ont pas le réflexe de détourner immédiatement les yeux, et parce que leurs yeux filtrent moins bien la lumière.
- Les patients qui ont subi une opération de la cataracte et/ou portent une lentille artificielle.
- Les personnes souffrant d'une maladie qui augmente la sensibilité à la lumière (photosensibilité).


publié le : 17/10/2019 , mis à jour le 28/10/2019
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