Blessures aux pieds : comment choisir ses chaussures de sport ?

Dernière mise à jour: janvier 2016 | 9246 visites

dossier Le port de chaussures de sport adaptées permet de prévenir les blessures et de favoriser la récupération en cas de problème. Des modèles de bonne qualité, avec un soutien approprié du pied, constituent des éléments fondamentaux. De quels types de blessures parle-t-on et quels conseils faut-il suivre ?

Les atteintes détaillées ici ne font pas de distinction entre les disciplines sportives. Les chaussures, les semelles et les adaptations ne constituent pas la panacée pour éviter les blessures liées à la pratique sportive. La combinaison avec une prise en charge paramédicale, un encadrement en médecine sportive et la modulation des entraînements est souvent indispensable.

Les ampoules

Les ampoules résultent de la pression et du frottement du pied dans une chaussure mal adaptée.

• La pression à un endroit donné peut être soulagée en étirant la chaussure ou en la débosselant. Une cavité peut aussi être créée dans la semelle, sous la plante du pied.

• En cas de malformation du pied (comme un affaissement de la voûte plantaire), un soutien complémentaire est nécessaire.

• Les irritations liées au frottement peuvent être prévenues par le port de deux paires de chaussettes, de préférence en coton. La première paire épousera les mouvements du pied, tandis que la deuxième suivra ceux de la chaussure, ce qui protège contre les frictions directes sur la peau.

Le tendon d'Achille

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Dans ce contexte-ci, le mollet et le tendon d’Achille sont considérés comme une unité fonctionnelle.

D’un point de vue biomécanique, deux facteurs peuvent jouer un rôle, seuls ou combinés, dans l’apparition de problèmes au tendon d’Achille :

• une traction excessive
• une surcharge : la position du pied lors de la foulée joue un rôle important, on parle de pronation quand il s'affaisse vers l'intérieur et de supination lorsqu'il s'incline vers l'extérieur.

Les conseils

• Une talonnette ou un renforcement de la semelle diminuent la traction en rapprochant les points d’ancrage du muscle.

• Une chaussure avec un renfort pour compenser les problèmes de foulée, selon qu'il y ait pronation ou supination.

L'hallux valgus

L'hallux valgus se traduit par une déviation du gros orteil vers l'extérieur, avec la formation d'une tuméfaction (« l'oignon ») à la base du gros orteil. La déformation peut avoir des conséquences sur les points d'appui du pied, déformer les autres orteils (« orteils en griffe ») et favoriser l'apparition de cors et de durillons. Le handicap à la marche peut être sévère.

La position du pied joue un rôle clé, puisque l'hallux valgus est fortement associé au pied en valgus, c'est-à-dire qui s'écarte vers l'extérieur, ainsi qu'à la pronation.

Le problème ne peut être corrigé que par une intervention chirurgicale. L'évolution peut cependant être ralentie et les symptômes seront soulagés par le port d'une orthèse (attelle) et/ou d'une chaussure anti-pronation.

L'hallux rigidus

L’hallux rigidus est le résultat d'une arthrose et se manifeste par l'enraidissement progressif de l’articulation du gros orteil, avec l'apparition de douleurs, de cors, voire de plaies.

Il peut être provoqué par une activité physique intense où le gros orteil se retrouve régulièrement en hyper-extension lors de l’appui au sol, par une anomalie du pied ou par le port de chaussures trop étroites.

Cette hyper-extension répétitive peut être corrigée en libérant plus d’espace dans la chaussure entre l’avant du pied et le sol. Cela peut se faire en rehaussant l’entièreté de la semelle à l’exception de la zone du gros orteil.

Une orthèse ou un soutien du milieu du pied peuvent diminuer la douleur consécutive à la pression excessive générée par le contact du pied avec le sol.

La maladie de Haglund

La maladie - ou exostose - de Haglund est une affection qui se caractérise par l’apparition d’une protubérance anormale au talon. Ce syndrome s’observe tout particulièrement chez les sportifs qui présentent un pied creux, c’est-à-dire une courbure trop prononcée de la voûte plantaire. Dans ce cas, l’os du talon penche en arrière et vient frotter contre le contrefort du talon de la chaussure. On remarque d’ailleurs une zone d’usure bien visible dans la chaussure.

Afin d'éviter l'irritation, les douleurs et l'augmentation du volume de la déformation (bosse), on peut faire chauffer le contrefort du talon pour le repousser avant d’enfiler la chaussure, ou carrément en retirer une partie pour la remplacer par un matériau plus doux.

La fasciite plantaire

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La fasciite plantaire est une inflammation du fascia plantaire, le ligament fibreux qui soutient la voûte du pied (il rejoint le talon et les orteils). Une vive douleur (talon, arche du pied...) constitue le principal symptôme. Dans le pire des cas (rare), le fascia plantaire peut se rompre. L'intense douleur et la forte gêne à la marche sont des conséquences fréquentes d'une fasciite plantaire.

Les sportifs sont plus exposés en raison des sollicitations imposées aux pieds, avec une surcharge et une hyper-extension du fascia plantaire.

La fasciite plantaire peut être soulagée par le port d’une chaussure stable, avec un très bon soutien de la plante du pied et du talon, ce qui préviendra le déséquilibre biomécanique. Mais le processus de guérison est long et difficile.

Les métatarsalgies

Il s'agit de douleurs qui se manifestent à l'avant-pied, à hauteur des métatarses, les os longs qui s’articulent avec les phalanges des orteils. Elles surviennent suite à une surcharge ou une hyper-pression des métatarses.

L’avant-pied peut être ménagé en améliorant la surface d’appui du pied à l’aide d’un soutien apporté au milieu du pied, ou à l’avant-pied afin de soulever encore plus les métatarses et d’en soulager les têtes. Ceci augmente l’espace entre les métatarses, réduisant ainsi la pression sur les structures nerveuses. Un sportif qui se déplace beaucoup sur l'avant des pieds, comme un joueur de tennis, se sentira plus à l’aise et plus stable dans une chaussure plate.

La périostite du tibia

La périostite tibiale, ou shin splint, est caractérisée par une douleur au tibia provoquée par une inflammation du tissu qui recouvre la surface de l’os.

Elle survient surtout chez les sportifs en début de saison et chez ceux qui commencent une nouvelle activité. Cette périostite peut être causée par une surcharge d’efforts des muscles pour stabiliser le pied, une augmentation trop rapide de l’intensité des entraînements ou encore un sol trop dur. Dans la plupart des cas, les douleurs s’accompagnent d’une sur-pronation et d’un affaissement de l’arche la plus importante du pied (arche longitudinale médiale).

Une chaussure anti-pronation, avec un soutien du milieu du pied, peut y remédier, combinée avec une reprise prudente de l’entraînement sur un sol le moins dur possible.

Les douleurs au genou

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En ce qui concerne le rôle joué par les chaussures de sport dans les blessures au genou, on constate surtout que ce sont les chaussures qui provoquent une sur-pronation ou une sous-pronation qui ont une influence. La conséquence est un mouvement inadapté de l’articulation du genou qui peut provoquer des torsions ligamentaires, une érosion du cartilage et des inflammations du tendon du quadriceps ou du tendon rotulien.

Le syndrome ilio-tibal

Le syndrome de la bandelette ilio-tibiale est un type de tendinite du genou touchant le tendon qui part du haut de la hanche et vient s’insérer dans la face extérieure du genou. Ce tendon, de forme plate, peut venir frotter au passage contre le condyle fémoral (une partie de l'articulation du genou) lors de certaines activités comme la course à pied, le vélo ou la marche en descente en montagne. Ce conflit répété est à l’origine d’une irritation douloureuse et très ennuyeuse.

Ce syndrome peut être traité par une correction de l’appui du talon au sol via le port de semelles orthopédiques ainsi que par une modification de la technique de course, ce deuxième aspect étant évidemment plus compliqué.

L'entorse de la cheville

Si la stabilité de la cheville se trouve diminuée à la suite d’une entorse ou d’une distorsion, il sera judicieux de soutenir l’articulation.

• L’attelle est la méthode la plus commune.

• Si une attelle n’est pas nécessaire, on peut songer au port d’une chaussure plus haute, qui entoure l’articulation, comme c’est le cas pour les basketteurs.

• Quand ce n'est pas possible, une chaussure avec une surface d’appui plus large, surtout sur le plan latéral, peut offrir une solution.

• Une semelle spéciale peut élargir l’assise du pied. Grâce à une plus grande surface de contact, les changements de position seront directement décelés, ce qui permettra de réagir rapidement.

Les ongles noirs

Lorsque les ongles des pieds deviennent bleus, voire noirs, on en impute immédiatement la cause à des chaussures trop petites.

Mais les ongles bleus ou noirs peuvent également apparaître en raison du fait que les orteils se recroquevillent suite à une activité trop intense des doigts de pied, qui appuient très fort sur la semelle de la chaussure. Il s’agit souvent de la réaction d’un avant-pied trop sollicité ou d’une tendance à la recherche d’une meilleure stabilité. Une coloration en dessous des ongles peut alors être observée, de même qu’une empreinte à l’intérieur de la chaussure.

• Porter des chaussures de plus grande taille semble la solution la plus logique.

• Un bon soutien du pied permet aux orteils de plus facilement se détendre.


publié le : 14/01/2016 , mis à jour le 13/01/2016
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